Cinéma

Eh oui, moi aussi j’ai vu Intouchables d’Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE

Comédie française d’Eric Toledano et Olivier Nakache avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny.

          Suite à un accident, Philippe est devenu paraplégique. Il cherche un aide à domicile, et Driss, tout juste sorti de prison, se présente pour le poste. Il décide de l’engager et une amitié improbable va naître.

         Il semblerait que la France entière ait vu ce film. J’avais envie d’aller le voir avant sa sortie mais cette liesse m’avait refroidie. Finalement, le hasard à fait que je suis rentrée dans un cinéma au moment où il passait et je me suis laissée tenter. Après tout, c’est la fin de l’année, le Père Noël a été sympa, j’ai un nouveau travail que j’adore, l’heure est à la légèreté !

          Le film a été commenté et re-commenté, je vais donc vous la faire courte. Eh bien j’ai bien aimé ! Je me suis franchement marrée et pourtant dieu sait que je ne suis pas très bon public pour les comédies ! Bon, certes, mon amour inconditionnel pour Omar Sy (et plus généralement pour les grands blacks qui dansent comme des cons) doit y être pour quelque chose. François Cluzet est impeccable, comme d’habitude. Le duo fonctionne plus que bien. Ils ont l’air de s’amuser et nous avec.

          L’histoire est parfaite pour Noël. Même si la musique est parfois un peu lourde et que ça essaie un peu trop de nous tirer des larmes par moments, on aurait pu s’attendre à pire vu le sujet. Ca reste relativement subtil (oui bon, c’est très relatif quand même). En tout cas on ne tombe pas trop dans le pathos et la caricature. Ce n’est certes pas le film du siècle mais c’est le genre qui plaît à tout le monde. Juste parce que ce c’est bien fait, que les personnages sont sympathiques et que l’humour joue sur plusieurs registres, englobant un large public. Un très bon divertissement.

Divers

Message pour un visiteur anonyme

          Aujourd’hui, quelqu’un a visité ce blog en cherchant « auteur similaire à Folco ». Ayant moi-même désespéremment essayé de trouver un équivalent à ce génie trop peu connu, je me suis sentie dans l’obligation de laisser un petit mot pour répondre à cette recherche.

          J’ai écumé les sites internet, erré dans les librairies, demandé conseil à des lecteurs en tous genres, spécialistes ou non : il n’existe aucun équivalent à la plume acérée de Michel Folco. Son style est unique et nulle part ailleurs on ne retrouve une telle érudition mêlée à un humour aussi corrosif. Je sais que la déception est rude, mais il en est ainsi.

          Il y a bien Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis, dans le genre humour décapant, mais il y manque le solide de fond historique qui fait qu’on se sent quand même beaucoup plus cultivé à la lecture de Folco. Coté roman historique, le style est souvent un peu tristounet. Et s’il y a bien quelques auteurs à l’humour grinçant, aucun ne mêle les genres avec autant de bonheur. Vous me voyez désolée d’annoncer de si tristes nouvelles, et si quelqu’un découvre un auteur digne de tenir la comparaison, qu’il n’hésite pas à faire partager sa trouvaille. D’ici-là, attendons sagement le prochain ouvrage du génial écrivain et relisons pieusement les anciens.

Série tv

Misfit

          Aujourd’hui, je vais inaugurer une nouvelle catégorie d’articles à laquelle je pense depuis longtemps : les séries télé. Les séries sont devenues un vrai phénomène de société. Elles font de plus en plus d’adeptes. Seule devant ma télé, j’en suis moi-même quelques unes (beaucoup à vrai dire) de manière plus ou moins régulière. Certaines sont de vrais bijoux et méritent largement le détour. La première série dont je vais vous parler est une des dernières que j’ai eu l’occasion de découvrir.

          Une série anglaise (ce sont toujours les meilleures) pour le moins surprenante et totalement addictive. Le synopsis ne me tentait guère : de jeunes délinquants accomplissent leurs travaux d’intérêt généraux lorsqu’un terrible orage éclate. Ils vont acquérir de super pouvoirs qui vont bouleverser leur vie…

          Admettons-le, l’idée de départ est fumeuse. Pourtant, dès le premier épisode on est totalement conquis. La véritable idée de génie réside dans les pouvoirs donnés aux personnages. Chacun acquiert un pouvoir (parfois totalement inutile) en lien avec sa personnalité qui au lieu de lui faciliter la vie va plutôt la lui rendre impossible : le meilleur exemple en est le garçon totalement effacé qui peut se rendre invisible. Ce n’est donc pas à une bande de super héros que nous avons affaire mais à une bande de super zéros. Et ça change tout !

          L’histoire est très prenante. Les personnages sont des ratés extrêmement attachants. Leurs défauts font tout le sel de la série. Derrière un premier degré un peu potache se cache une critique intéressante de la société. C’est délicieusement cruel : chacun en prend pour son compte, nul n’est épargné. L’histoire, pleine de rebondissements, ne cesse de surprendre. C’est plein d’idées, toujours inattendues, parfois dérangeantes. Un hommage (un peu moqueur tout de même) aux comic’s américain des plus réussis. Chaque épisode arrive à nous surprendre et se clôture sur un suspens insoutenable.

          Une série qui sort largement du lot. Une sorte d’OVNI télévisuel. La bande-son est excellente, les acteurs aussi. Le scénario, contre toute attente, tient bien la route. Le ton décalé est un régal. Le tout est à la fois profond et subtil, sous de faux-airs de trivialité, une petite merveille qui étant donné le sujet tient du miracle. Avant même sa sortie en France, la série cartonne déjà et se transmet de disque dur externe en clef USB (version moderne du bouche-à-oreille). Il y a de l’humour, il y a des idées, il y a du suspens : on ne peu que devenir accro. 

Mes lectures

Serge JONCOUR, Que la paix soit avec vous

          Un homme vit seul dans un studio parisien. Sans emploi, il regarde le monde changer et suit à la télé le début de la guerre en Irak. De la lumière dans l’appartement voisin du sien va venir troubler son quotidien.

           Dès les premières pages, la situation est claire : on est face à un Joncour grand cru ! On retrouve ici encore son cynisme si caractéristique dont je ne me lasse pas. Le style m’a semblé plus abouti que ce que j’avais pu lire jusque-là. C’est extrêmement bien écrit et j’ai été happée par l’histoire dès les premières pages. Il faut dire que je me sens certaines affinités avec ce personnage un peu grinçant…

          Je me suis assez vite lassée des passages sur la guerre en Irak. En revanche, j’ai beaucoup aimé ceux relatifs à la deuxième guerre mondiale. La fin m’a un peu laissé sur ma faim, justement, mais n’a pas pour autant gâché mon plaisir. Quelques longueurs peut-être mais c’est un peu le principe même du roman qui veut ça puisqu’il porte sur une (quasi) absence d’action. La vivacité de l’écriture est un régal, on ne le dira jamais assez, Serge Joncour est un auteur à découvrir !

Je suis bien la personne au monde avec laquelle j’aurai passé le plus de temps, il n’y a pas de quoi sourire ou s’apitoyer, on en est tous là, à s’accompagner du mieux qu’on peut, à se suffire, il y en a même que ça éblouit.

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Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.

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C’est encombrant d’en apprendre sur les autres, c’est prendre le risque de s’en rapprocher.

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C’est toujours favorable d’avoir un ami riche, on en escompte une forme de contamination,on s’en imprègne comme d’une émanation. L’ami riche c’est le répit du fauché, rien que de le voir ça rassure sur son compte, ça ferait même dire que c’est possible, que si le monde est mal fait il a ses largesses tout de même.

Club lecture

Club lecture octobre

          Au mois d’octobre, une petite nouveauté pour notre club-lecture. Ce mois-ci, les participants auront le choix entre deux livres. En effet, l’un pouvant décourager par son sujet, l’autre par sa longueur, il nous a semblé opportun de laisser chacun décider de ce qui lui convenait le mieux. C’est donc avant tout à la découverte d’un auteur que nous partirons. Un de mes auteurs fétiches, quelqu’un que j’aime, que j’admire, que dis-je ? que je vénère même ! Un humour corrosif et une culture immense, le tout servi par un style d’une fluidité sans égale, sans jamais se prendre au sérieux. Je ne ferai pas durer le suspens plus longtemps, c’est de Michel Folco qu’il s’agit.

     Au menu donc, Dieu et nous seuls pouvons, la biographie (imaginaire) d’une lignée de bourreaux : vous suivrez tout des difficultés du métier et découvrirez que oui, les bourreaux sont aussi des hommes comme les autres au fond. Un livre aussi drôle qu’érudit malgré un sujet difficile. Ou alors, Un loup est un loup, l’histoire de quintuplés, dont un choisi de vivre parmi les loups. Cinq petits monstres pour le moins attachants qui connaîtront bien des mésaventures.

          Deux livres plein d’humour que j’aime tous deux pour des raisons différentes. Je suis heureuse de faire découvrir un auteur qui pour moi a été une réelle révélation. Je suis un peu inquiète aussi : les autres vont-ils aimer ? La réponse le 25 octobre. Nous avons décider de nous retrouver à date fixe : le dernier mardi du mois. Ce mois-ci, nous nous réunirons à L’Imprévu, 7 rue Quincampoix dans le 4°. Bonne lecture à tous !