Club lecture

Club lecture : 1, 2, 3…partez !

          Voici officiellement le début de notre grande aventure de lectrices !

Un club lecture entre parisiennes. Nous nous retrouverons une fois par mois autour d’une lecture commune que nous choisirons chacune notre tour. Pas de contrainte quant au style de l’ouvrage, le choix est libre ! En revanche nous demandons juste que le roman soit suffisamment court pour que chacune puisse le lire en 3 semaines (pas d’histoires en plusieurs tomes donc, ni de pavés de plus de 1000 pages) et qu’il soit paru en poche pour ne pas défavoriser les plus à la dèche d’entre nous.

          C’est à moi que revient la lourde tâche de choisir le 1° ouvrage ! Il est extrêmement difficile de choisir un livre que l’on a pas lu et que l’on pense pouvoir plaire à tous. Comment faire lorsqu’on ne sait même pas soi-même exactement quel en sera le contenu et la qualité ? J’ai d’abord pensé à un ouvrage symbolique sur la lecture et les lecteurs, comme Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino. Cependant, je n’en ai trouvé aucun qui me tente, que je n’aie déjà lu et qui ne soit mondialement connu. Je me suis donc tournée vers un choix bien différent…

         Il y a peu, Serge Joncour m’a fait l’immense honneur de laisser un petit mot sur mon blog. J’ai pensé qu’il était temps de le remercier à ma façon en le mettant à l’honneur. Tous ses livres n’étant pas parus en poche, le choix a été difficile. Finalement, j’ai choisi L’Idole (sur les conseils de l’auteur lui-même) pour notre 1° lecture ensemble. Drôle de coïncidence, aujourd’hui, grand ménage dans les ouvrages au travail, beaucoup de livres en libre service. J’y jette un oeil et que vois-je ? Un Joncour qui m’attend ! L’idole en poche, précisément. J’ai décidé d’y voir la confirmation de mon choix.

          L’Idole est un roman satyrique sur la célébrité. Il raconte l’histoire d’un homme qui du jour au lendemain devient célèbre sans savoir pourquoi. J’espère que nous prendrons toutes (et tous ?) plaisir à cette lecture. Pour la date, je propose le mardi 14 décembre à 19h. Dites-moi si cela vous convient. Si ce n’était pas le cas, n’hésitez pas à me le faire savoir. Nous ne devons pas être loin d’être au complet  (je n’ai pas fait les comptes) mais si vous êtes intéressées, faites nous le savoir, on essaiera de trouver une solution ! Pour celles qui sont loin, qui ne peuvent pas se déplacer, que nous ne pouvons accueillir parmi nous faute de place : les ouvrages à lire et la date de la rencontre seront sur mon blog dès le choix effectué. Vous pouvez nous suivre à distance à travers vos commentaires ! Je publierai ensuite les comptes rendus après les réunions pour vous tenir au courant. Il est donc possible de nous suivre à distance !

          J’espère que vous serez nombreux à partager avec nous cette aventure, de près ou de loin, de manière régulière ou épisodique. Bonne lecture à tous !

Mes lectures

Arthur DE PINS, Péchés mignons

          Une BD sur les relations amoureuses plutôt réussie. Il y avait longtemps que je la voyais un peu partout sans l’avoir jamais feuilletée. C’est finalement une bonne lecture. Des scènes cocasses qui font sourire, des dessins agréables et un humour qui fait mouche : un bon moment de détente.

Mes lectures

Martin PAGE, Comment je suis devenu stupide

          Antoine est extrêmement intelligent, mais aussi complètement inadapté socialement. Il en vient à supposer que ce sont ses capacités intellectuelles hors normes qui le rendent malheureux et décide donc avec une logique imparable de devenir stupide.

          L’idée de départ n’était pas mauvaise et l’écriture plutôt agréable. Malheureusement, le livre ne tient pas ses promesses. C’est finalement assez convenu et bien pensant. Sans grand intérêt.

C’est ce que je veux ! martela Antoine en frappant le comptoir de son petit poing. Je n’ai plus la force d’être moi, plus le courage, plus l’envie d’avoir quelque chose comme une personnalité. Une personnalité c’est un luxe qui me coûte trop cher. Je veux être un spectre banal. J’en ai assez de ma liberté de pensée, de toutes mes connaissances, de ma satanée conscience !

Mes lectures

Lang et Polinsot, Le Donjon de Naheulbeuk

          Les aventures d’aventuriers tout droits sortis d’un jeu de rôle aventureux.

                             

          J’aimais l’émission radio, le jeu de rôle, les anecdotes sur le net, cet humour ne se retrouve pas vraiment dans la BD, c’est lourd, c’est beauf.

Mes lectures

Antoine VOLODINE, Ecrivains

          Encore un excellent ouvrage de cette rentrée littéraire décidément réjouissante. Un auteur dont j’avais entendu parler et que je pensais difficile, quoique de qualité, trop proche des thèses arides du formalisme. Verdict après lecture : une écriture peut-être pas très grand public en effet, mais pas réellement obscure non plus. Une littérature exigente qui reste toutefois accessibe. Je regrette de n’avoir pas avoir osé sauter le pas plus tôt !

          Ecrivains est un recueil de nouvelles dans lequel Antoine Volodine nous livre sa vision de l’auteur. Bien loin des clichés habituels, ni poètes maudits, ni figures médiatiques. Ici l’écrivain est un personnage qui oeuvre dans l’ombre. Il n’est pas toujours publié, pas nécessairement cultivé non plus. Les personnages de Volodine sont des femmes politiques, des fous et des ouvriers, ils ne sont personne et tout le monde à la fois. Loin de la figure romantique et fantasmée de l’auteur.

          Sept nouvelles et autant de personnages forts, autant de styles aussi. Dans l’ensemble on retrouve dans les textes une certaine noirceur, un univers très sombre. Tous ne m’ont pas emballée. Pourtant, on ne peut que s’incliner devant pareille écriture. Dans Comancer, j’ai trouvé une phrase de plus de deux pages d’une limpidité sans pareille, un vrai petit miracle littéraire, le tout assorti d’une grande poésie. Remerciement est la nouvelle la plus lumineuse du recueil, avec un humour féroce, Volodine nous livre des remerciements fictifs extrêmement drôles. Enfin, le début de Demain aura été un beau dimanche est splendide, avec une réflexion sur la mémoire et la quête des origines très intéressante.

          Ce livre n’est sans doute pas de ceux dont j’ai le plus apprécié la lecture en cette rentrée, trop sombre à mon goût, déroutant parfois ; mais je pense pouvoir affirmer que c’est pourtant le meilleur. Un livre comme on en croise trop peu. Une voix à part, loin des clichés, loin de la mode. En quelques lignes, Antoine Volodine sait créer un univers et nous emporter loin des sentiers battus. Il fait partie des Grands, de ceux dont on ne peut que reconnaître la valeur et à qui la Postérité fera sûrement une place.

          Une petite note pour la fin. J’ai fait une recherche rapide sur les sites internet des grands journaux littéraires. Tous ont parlé de la sortie de ce recueil. Tous parlent de roman (comme indiqué contre toute logique sur la couverture), ce qui laisse supposer qu’ils ne l’ont pas réellement lu ou n’ont en tout cas pas pris la peine de faire leur travail et de noter cette contradiction. Pas un n’a fait de critique de ce livre. Certes, il a eu des étoiles à la pelle (pour ceux qui utilisent ce mode de notation), mais pas un seul article qui parle de son contenu. Non, parce que tous étaient trop occupés par un sujet bien plus vendeur. En effet, Antoine Volodine a marqué cette rentrée littéraire par un exploit : 3 romans, parus chez 3 éditeurs, sous 3 noms différents. Tous de qualité visiblement. Pour ceux que ça intéresse, les deux autres sont Les aigles puent de Lutz Bassmann chez Verdier et Onze rêves de suie de Manuela Draeger à L’Olivier. Le débat de la rentrée a donc porté sur l’éventuelle schizophrénie de l’auteur (dont Volodine n’est également qu’un pseudonyme), oubliant totalement l’oeuvre pour se consacrer au potentiel scandale. Volodine, également connu pour ses travaux formalistes, souhaitait à travers l’emploi simultané de plusieurs pseudonymes démontrer que l’oeuvre est indépendante de la biographie. Le message a visiblement du mal à passer. Espérons qu’en dépit de ce lamentable raté journalistique, ce livre rencontrera non pas le succès, ce dont je ne doute pas, mais l’attention qu’il mérite.

Une ultime palabre qui répondrait au premier mot de la toute première histoire, à ce « comancer » […], clore son édifice littéraire […] sur le verbe « finir » ou « terminer » […], puis il se dit que son projet était puéril […], et que de n’avoir pas pu écrire « finir » ou « terminer » sur une dernière page avant sa mort n’est qu’une défaite de plus.

Pardon d’avoir dénaturé cette phrase splendide mais sa longueur hors norme, passée inaperçue à la lecture, m’a forcée à faire quelques coupes, je vous conseille d’aller la lire en intégralité dans l’ouvrage.

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Il semblerait injuste de ne pas mentionner, en bonne place parmi les personnes à qui je veux exprimer ici ma gratitude, le chien Ramsès de ma soeur Brigit, qui plusieurs fois m’a averti de l’approche d’importuns, et, avec une intelligence rare, les a tenus à distance, le temps que je me cache dans la chambre d’amis pour y faire le mort.

Qui eut crû que 20 pages de remerciements pussent être drôles ? Merci à Monsieur Volodine pour cette expérience unique et le plaisir inattendu qu’elle m’a procuré.

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Il n’avait rien d’un écrivain, et d’ailleurs le niveau d’éducation qu’il avait atteint aux alentours de vingt ans ne l’aurait guère aidé s’il avait voulu se livrer aux activités fallacieuses et arrivistes que l’on regroupe habituellement sous le terme pompeux de littérature.