Mes lectures

Volia Volnaïa de Victor Remizov

          Un roman russe fulgurant, une plongée dans l’immensité sibérienne, qui conte l’éternel affrontement entre désir de liberté et asservissement au pouvoir. Porté par une seule devise, Volia volnaïa, « Libre liberté », une très forte quête identitaire, avec, en toile de fond, le tableau contrasté de la Russie d’aujourd’hui, tiraillée entre tradition et modernité.

          J’aime généralement beaucoup la littérature russe, même si je connais plus les classiques que les contemporains et j’avais bien envie de découvrir ce roman. La vie au cœur de la taïga me fascine, les grands espaces, la nature, la vodka qui coule à flots, je ne sais pas, ça me fait toujours un peu rêver. J’avais donc hâte de commencer ma lecture. Etrangement, je n’ai pas accroché plus que ça. J’ai trouvé que c’était plutôt bien écrit et agréable à lire mais je ne sais pas, je ne suis pas rentrée dedans. Ca partait plutôt bien : la nature, un homme solitaire avec ses chiens, je me voyais déjà au milieu des paysages enneigés.

couverture

          Et puis le reste n’a pas suivi. On change de personnage d’un chapitre à l’autre. La plupart ne m’ont pas été très sympathiques, j’ai eu du mal à m’intéresser à leur histoire, et surtout, j’ai commencé à les confondre. Pourtant j’ai l’habitude des romans russes avec les noms à rallonge, les surnoms, tout ça. D’habitude je m’aide des caractères des personnages pour me repérer mais là j’ai trouvé qu’ils se ressemblaient trop pour cette méthode fonctionne vraiment, mais passer mon temps à douter de qui était qui et avait fait quoi? Exténuant.

          Le rythme est très lent, ce qui en soi n’est pas particulièrement un problème, mais comme je n’accrochais pas trop avec les personnages, j’ai vite trouvé le temps long. C’est un peu bizarre, quelque part j’aimais bien cette lecture, simplement je n’arrivais pas à suffisamment m’y intéresser pour avoir envie de rouvrir ce livre après l’avoir refermé. Je n’avais pas non plus spécialement envie de l’arrêter mais puisque je n’avançais pas, que je n’étais pas plus intriguée que ça par la suite de l’histoire et que j’en venais à toujours trouver mieux à faire que lire, je l’ai finalement laissé de côté. Trop de lectures qui m’attendent. Je regrette un peu de ne pas avoir aimé ce roman plus que ça, je pense qu’il aurait pu me plaire à une autre période, il y a des livres qui ne tombent pas au bon moment. Dommage.

Victor Remizov

La solitude dans la taïga est une drogue accrocheuse. Celui qui y a goûté, s’il vaut quelque chose, ne peut plus s’en passer et, s’il y renonce contre son gré, il en souffre comme d’une perte irréparable.

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Le matin, il se découvrit face au soleil levant et resta longtemps à le contempler. C’était sa façon de prier.

Mes lectures

Jeux de miroir

Un agent littéraire reçoit un manuscrit qui l’intrigue immédiatement. L’un des personnages n’est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ? Persuadé d’avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l’intrigue, l’agent tente d’en savoir plus.

E.O. Chirovici

On continue avec la rentrée littéraire de janvier, plus trop dans les temps. Je n’avance pas beaucoup dans mes lectures en ce moment et je commence à reprendre du retard dans mes articles. C’est en janvier dernier que je me suis mise à ne lire quasiment que des nouveautés, l’occasion s’étant présentée. Je n’ai pas vraiment arrêté depuis. Et janvier m’avait réservé de très bonnes surprises. De gros gros coups de coeur. Bon, cette année, je dois avouer que malgré des lectures agréables il y a peut-être eu moins d’enthousiasme que l’année dernière. Ce sont des choses qui arrivent. Une petite phase de lassitude je suppose.

Après des lectures sympas mais pas joyeuses joyeuses, un petit polar pour se détendre. J’avais lu des critiques très élogieuses sur celui-ci, je le sentais bien. Malheureusement, ça ne s’est pas avéré aussi formidable que ce que j’attendais. J’ai trouvé la construction compliquée et artificielle. L’histoire aurait dû me plaire, il y est question de manuscrit perdu et de manipulation psychologique, le genre de truc qui marche à tous les coups. Sauf qu’allez savoir pourquoi, j’ai eu un mal fou à m’y intéresser. J’ai trouvé que c’était assez lent à se mettre en place. Il y a bien un mystère et de nombreuses zones d’ombres mais le suspens n’a pas du tout fonctionné pour moi à aucun moment je n’ai eu particulièrement envie de découvrir la suite.

Je ne saurais pas trop dire au fond pourquoi je n’ai pas été plus emballée que ça. C’est plutôt bien écrit, pas vraiment de soucis de ce côté-là, mais ça manque un peu de rythme. Les personnages s’avèrent plus insaisissables que ce qu’on pourrait croire au premier abord mais ça arrive tellement tard dans le roman que ça peine à réveiller un intérêt déjà largement émoussé. Il faut dire aussi que dans l’ensemble les protagonistes ne sont pas particulièrement sympathiques, ça n’aide pas. Dans l’ensemble, ce n’est pas si mal, ça manque simplement beaucoup de rythme. Une lecture qui ne m’a pas trop convaincue malgré de bonnes bases, dommage.

Jeux de miroir

Le souvenir des choses passées n’est pas nécessairement le souvenir des choses telles qu’elles furent.

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J’avais finalement décidé de lui faire confiance : il y a des moments où on a juste envie de croire qu’un éléphant peut sortir d’un chapeau.

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Mes lectures

Par amour, Valérie Tong Cuong

          L’histoire de deux familles havraises emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. D’un côté, Joffre et Emélie, concierges d’école durs au mal, patriotes, et leurs enfants ; de l’autre, le clan de Muguette, dont l’insouciance sera ternie par la misère et la maladie.

          Je n’avais jusqu’alors lu qu’un seul roman de Valérie Tong Cuong. J’avais bien aimé le style, très agréable, ainsi que le sujet. Pourtant, il m’avait manqué quelque chose pour être totalement convaincue. Si la base était bonne, l’histoire manquait de crédibilité sur la longueur, pour un résultat finalement plutôt moyen. J’étais curieuse de lire autre chose d’elle, afin d’affiner mon premier avis sur cet auteur. Je ne m’attendais pas forcément à un grand roman mais à une lecture agréable entre deux textes plus ardus. Finalement, j’ai été agréablement surprise.

Par amour, couverture

          J’ai beaucoup aimé le style, assez sobre et touchant. Quant à l’histoire, elle est très intéressante. Comme dans le roman que j’avais lu précédemment de cet auteur, les relations familiales sont très bien traitées. Le fait que les points de vues soient alternés d’un chapitre à l’autre permet de s’attacher un peu plus aux différents personnages qui ont ainsi des caractères prononcés et acquièrent une belle profondeur. J’ai bien aimé les relations des uns envers les autres, leur attachement, leurs petits travers, leur rancune parfois. Leurs convictions et leurs valeurs aussi. J’ai trouvé ça extrêmement réaliste. Ca sonne juste.

          C’est d’ailleurs la grande force de ce roman : sonner juste. J’ai lu pas mal de romans sur le Seconde guerre mondiale, presque tous sur la déportation ou, plus rarement, sur l’exil. Assez rares sont ceux qui s’intéressent à ceux qui restent. On ne parle pas tant de collaboration ou de résistance ici que de la vie d’une famille ordinaire dans une ville bombardée où la survie devient chaque jour plus difficile. Je trouve que cette ambiance d’apocalypse est bien rendue et on compatit aux sacrifices consentis, même si l’auteur est parfois à la limite d’en faire trop. Un roman émouvant et bien écrit sur une famille dans la tourmente.

portrait d'écrivains

La guerre était une immense vague qui nous portait de creux en crêtes, gare à ceux qui quittaient l’écume, ils seraient envoyés par le fond.

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En l’entendant, j’avais pensé que ce devait être ça, l’ivresse, une porte qui s’ouvre en grand dans la poitrine, un vent qui vous renverse de l’intérieur, la sensation de marcher sur l’air.

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Mes lectures

Magasin général

          J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD mais je n’avais jusque-là jamais eu l’occasion de la lire. J’ai donc entamé cette lecture avec un enthousiasme certain. Je dois avouer que le premier tome m’a un peu déçue. Si je n’avais eu que celui-là sous la main, je n’aurais sans doute pas poursuivi ma lecture. C’est un peu long à démarrer et je n’ai pas vu de suite ce que ça avait d’exceptionnel. Comme souvent dans les premiers tomes, l’histoire met un peu de temps à se mettre en place.

Magasin général

         Le dessin est classique et très soigné. On ne peut pas dire qu’il soit très original mais j’ai apprécié sa précision et son côté un peu rétro qui cadre si bien avec l’histoire. Comme j’avais les neuf tomes sous la main, j’ai continué ma lecture. L’univers est un peu long à se construire mais on s’attache peu à peu aux personnages en apprenant à les découvrir. Chacun a son caractère, ses qualités, ses défauts et ses failles : ils sont terriblement humains. Leurs relations ne manquent pas d’intérêt… et de surprises !

Magasin général

         Il y a beaucoup de charme dans les expressions typiquement québecoises qui jalonnent ce texte et lui donnent une touche toute particulière. Les petits travers de chacun les rendent terriblement attachants et les relations entre les uns et les autres sont plus vraies que nature, avec leurs bons et leurs mauvais moments. On croirait presque faire nous aussi partie de cette vie de village.

Magasin général

         Certains tomes sont plus réussis que d’autres, il y a des personnages qu’on aime plus au moins mais dans l’ensemble on prend plaisir à lire cette BD pleine de rebondissements. Tripp et Loisel parviennent à nous amener mans leur monde délicieusement rétro qu’on ne quitte qu’à regrets. Une série qui nous fait souvent sourire et nous immerge dans un Québec d’un autre temps : c’est drôle et plein de tendresse, on en redemande.

Mes lectures

Mes lectures de janvier

          Pour la rentrée littéraire de janvier, je comptais vous faire de jolis articles thématiques, avec les polars d’un côté, les romans étrangers de l’autre et même peut-être un petit article sur la littérature française. Bref, je voulais faire les choses bien. Tout avait bien commencé, on était à peine mi-janvier que j’avais déjà lu la moitié des titres reçus, j’étais dans les temps, la vie était belle. Et puis, j’ai commencé un nouveau roman sur ma liseuse, sans bien savoir de quoi il s’agissait. Ca me plaisait mais ma lecture semblait ne jamais avancer alors je suis allée voir sur internet de quoi il retournait… 960 pages ! J’avais commencé un monstre de 960 pages en grand format ! C’était il y a 2 semaines et je suis encore bien loin de la fin. Heureusement, j’aime beaucoup, mais ça a ruiné mes chances d’en finir vite avec la rentrée de janvier. Si j’avais su je l’aurais gardé pour la fin, le mal est fait. Je ne me vois pas attendre un mois de plus pour vous parler de livre lus il y a déjà un mois, on va donc revenir à la bonne vieille méthode chronologique : premier arrivé, premier servi. Voici donc mes lectures de janvier.

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.

Danser au bord de l'abîme, couvertureJe n’avais jamais rien lu de Grégoire Delacourt mais j’en avais bien sûr pas mal entendu parler. A vrai dire, ses romans ne m’avaient jamais réellement tentée mais en entendant parler de celui-ci, je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de tenter. Le sujet ne m’inspirait pas plus que ça mais bon, pourquoi pas, on ne sait jamais. J’ai bien aimé le début. L’écriture est agréable et sans que je sache bien pourquoi je me suis attachée à ce personnage et à ses failles. Il y a une certaine fragilité dans ce texte que j’ai trouvée touchante. J’ai un peu moins accroché avec la deuxième partie. Je n’y ai pas retrouvé le même équilibre. Je ne veux pas trop vous en dévoiler mais la fin m’a également un peu déçue, j’ai trouvé que ça manquait de finesse. Dans l’ensemble tout de même, ce roman réserve de bonnes surprises et n’est pas dépourvu de délicatesse. Un peu inégal mais touchant.

Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée.

No home, Yaa Gyasi

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, nées à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

No home, couvertureVoici un de mes coups de cœur de cette rentrée de janvier. Le roman suit deux sœurs qui ne se connaissent pas. Deux lignées qui connaîtront des destins bien différents. Le roman alterne les histoires de la famille d’une sœur et de l’autre, passant au fil du temps d’une génération à l’autre. J’ai mis un peu de temps à m’accoutumer au procédé mais finalement ça fonctionne plutôt bien. Ce roman est très ambitieux et le résultat est assez convaincant. A travers ces deux branches d’une même famille, l’auteur revient sur l’esclavage : à la fois ceux qui l’ont subi et les conséquences sur leurs descendants, mais aussi ceux qui y ont contribué et l’impact sur leur culture. C’est tout simplement passionnant ! Bien sûr, étant donnée l’ampleur du sujet, les différents aspects mériteraient parfois d’être approfondis, tout comme on aimerait que certains personnages (la plupart à vrai dire tant ils sont tous réussis) aient plus de place dans l’histoire, il aurait fallu une véritable saga pour cela. On arrive tout de même à saisir les enjeux de ce sujet extrêmement complexe, ce qui est déjà énorme. Un roman passionnant et nécessaire, fort et émouvant.

Tu veux savoir ce qu’est la faiblesse? C’est de traiter quelqu’un comme s’il t’appartenait. La force est de savoir qu’il n’appartient qu’à lui-même.

Solovski, Claudio Giunta

Ils étaient trois amis florentins, partis pour cet archipel au nord de la Russie afin de restaurer un monastère pour le compte de l’Unesco. Ils ne sont jamais revenus.

Solovski, couvertureCommencer un polar qui se passe au nord de la Russie un jour de tempête de neige, voilà qui semblait pour le moins adapté. Au moins j’ai de suite été plongée dans l’ambiance ! Le pitch de départ me tentait bien, c’était plutôt alléchant. Quant au résultat… je suis plus mitigée. La bonne nouvelle, c’est que c’est bien écrit, c’est très agréable à lire. Je ne connaissais pas les îles Solovski et j’ai été contente d’en apprendre un peu sur ce petit bout de Russie. En effet, le livre semble bien documenté et j’ai apprécié ses aspects historiques, même s’ils ne sont pas au centre du récit. Dans l’ensemble il ne se passe pas grand chose, il faut bien le dire. Et les personnages ne sont pas très sympathiques, mais ils sont en revanche assez fouillés et « humains » (c’est bien ce qui les rend agaçants d’ailleurs). L’intrigue prend un tout plutôt inhabituel. En effet, plus que le mystère de la disparition de ces trois jeunes hommes, c’est le journaliste qui est au cœur du récit, c’est à peine si l’enquête passe avant ses peines de cœur. Ca donne un roman particulier, qui manque un peu de rythme à mon goût mais parvient à attiser notre curiosité. Pas un grand polar mais un livre assez original qui nous place dans une belle ambiance hivernale.

Comment se fait-il qu’à partir du moment où un être humain montre qu’il a peu ou vraiment besoin d’un de ses semblables, celui-ci s’éloigne ?

Canicule, Jane Harper

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Terrassée par une sécheresse sans précédent qui désespère les fermiers. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti.

Canicule, couvertureAprès le grand froid, j’ai plongé dans la canicule : changement total d’ambiance. Je ne savais pas trop qu’attendre de ce roman (les a priori hein…) mais ç’a été une très bonne surprise. Je suis de suite rentrée dans cette ambiance de fournaise, dans une petite ville où les rumeurs vont bon train et où tout le monde est sur les dents à cause de la sécheresse. Avec les deux pieds dans la cheminée, je m’y croyais presque. Le point de départ est simple : une famille assassinée, seul le bébé a survécu, le père est accusé d’avoir procédé au carnage avant de se suicider, son meilleur ami vient pour l’enterrement et décide à contre-coeur d’enquêter. J’avoue être très vite rentrée dans cet univers particulier qui regorge de secrets plus ou moins bien cachés. Les personnages sont complexes et ne manquent pas de nous surprendre. Au fil des pages, les pistes se multiplient et il semble de plus en plus difficile de désigner un coupable, d’autant plus que le passé s’en mêle. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman très bien ficelé qui sait brouiller les pistes : haletant.

La mort modifie rarement les sentiments que l’on éprouve pour quelqu’un. Et quand c’est le cas, la plupart du temps, elle ne fait que les renforcer.