Mes lectures

Génération mal logée, YATUU

          On le sait, les étudiants ont souvent le plus grand mal à se loger. Dans la capitale, les prix atteignent des sommets pour des logements pour le moins exigus et parfois insalubres. Heureusement, certains ont choisi d’en rire et nous faire partager ses expériences. Ca va sans doute rappeler des souvenirs à bon nombre d’entre vous…

          J’ai bien aimé la fraîcheur des dessins et la manière dont les situations sont envisagées. J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD et j’ai trouvé un peu dommage que finalement, les situations évoquées soient tristement banales. Je me suis bien sûr retrouvée dans beaucoup de ces scènes mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement convaincue. Une BD divertissante qui m’a un peu laissée sur ma faim.

Mes lectures

Les larmes de Tarzan, de Katarina MAZETTI

          Lui c’est Janne, elle Mariana, elle lui est tombé dessus (littéralement) un jour où elle jouait à Tarzan. Elle est maman de 2 enfants dont le père schizophrène a un jour quitté la maison, et elle peine à joindre les deux bouts. Lui est un jeune premier cousu d’or à qui tout réussi. Ils ne peuvent pas se supporter et pourtant, bientôt ils ne pourront plus se quitter.

          L’auteur reprend ici le thème qui avait fait le succès du Mec de la tombe d’a côté : deux personnes que tout oppose et qui s’aiment pourtant tant bien que mal. Autant j’avais apprécié le premier, aux personnages attachants et à l’écriture d’une fraîcheur reposante, autant là, je suis restée sur ma faim. Non seulement l’histoire est à la fois déjà vue et improbable, mais l’écriture est bâclée et les personnages aussi épais qu’une chips. Tout est téléphoné et le Happy end ne fait que rajouter une couche à la médiocrité ambiante. Certes, ça se laisse lire, sans déplaisir, mais guère plus.

Un jour j’ai trouvé son bulletin de salaire dans la boite à courrier sur le plan de travail de la cuisine… Non, ce n’était pas une petite prime, c’était vraiment son salaire ! Il aurait peut pu faire manger une famille de canaris, mais certainement pas elle et ses enfants !

_______________

Ce soir là, il m’est clairement apparu que ce qui me manquait le plus dans la vie était un compagnon avec fonction de vide-sauce. On peut manifestement vivre sans sexe, mais il est indispensable de disposer d’un évier à vider ses petites agressions quotidiennes.

Mes lectures

Une vie à coucher dehors, Sylvain TESSON

         L’arrivée d’une route dans un village reculé, des femmes qui prennent leur indépendance, des marins à la recherche de trésors… Autant d’histoires qui nous entraînent à ses trousses à travers les grands espaces et nous font vivre à ses côtés maintes aventures palpitantes. 

          J’ai été très agréablement surprise par ce recueil. Les histoires esquissées sont diverses et ont pourtant en commun la même incroyable force, qui n’est pas sans rappeler la brutalité des textes de London. J’avoue porter un amour tout particulier aux nouvelles à chute, et j’ai été servie. Si les univers dépeints sont divers, de l’Afghanistan à la Grèce, chacune de ces tranches de vie connaît une fin surprenante. J’ai également aimé que ces histoires s’inscrivent dans l’Histoire avec un grand H, s’intégrant ainsi à un univers plus vaste. On dépasse l’anecdote pour découvrir des morceaux de cultures, proches ou lointaines. Des nouvelles très réussies par lesquelles Sylvain Tesson confirme si besoin était son talent d’écrivain. Un Goncourt de la nouvelle amplement mérité.

Les pistes de poussière sont à sens unique : les enfants les dévalent et ne reviennent pas. Pour les humains, les transhumances sont sans retour.

_______________

Piotr avait un chien pour n’être pas seul, un fusil pour n’avoir pas faim, une hache pour n’avoir pas froid. Ce jour-là, il caressa le premier, graissa le second, aiguisa la troisième. La vie n’est pas compliquée quand on a tiré le rideau de la forêt sur toute ambition.

Mes lectures

L’homme qui ne savait pas dire non, Serge JONCOUR

          Beaujour a un problème, il y a un tout petit mot qu’il ne peut plus prononcer, un problème en apparence sans gravité : il ne sait pas dire non. Et pourtant, ces trois lettres qu’il ne peut plus dire lui seraient bien utile, d’autant plus qu’il travaille dans un institut de sondage où il côtoie le fameux vocable chaque jour. Mais la situation va devenir vraiment critique quand on va lui proposer une promotion qu’il n’a aucune envie d’accepter. Arrive-t-il à trouver l’origine du problème pour le résoudre ?

         Dès les premières pages, on retrouve tout l’univers de Serge Joncour : ses personnages décalés, son cynisme, sa tendresse aussi. Cette situation cocasse est pour l’auteur l’occasion d’aborder des sujets bien plus profond qu’il n’y paraît, sous le vernis de légèreté, notamment le milieu du travail, la famille, les relations humaines… Il nous propose une fois de plus une peinture très fine de notre société. Et bien sûr, son humour me ravit toujours. Des romans que j’ai lus de cet auteur (et tous aimés), celui-ci est sans doute le plus aboutit, le plus subtil. J’ai apprécié la finesse de son humour, la poésie des situations qu’il imagine pour notre plus grand plaisir. Un Joncour grand cru, on en redemande !

Le passé est à chacun ce que le brouillard est à l’accident ; responsable de rien mais cause de tout cependant.

_______________

C’est à chacun d’apprécier selon ses propres critères si c’est grave ou pas, de parler seul. En même temps on trouve toujours un peu curieux de surprendre un autre en train de le faire, alors que soi-même, on ne s’en étonne pas.

Mes lectures

A la santé d’Henri Miller

          Balthazar Saint-Cene est un antiquaire reconnu sur la place de Paris. Alors qu’il est invité à un mariage qui ne l’enchante guère, il fait la rencontre d’Alma, une femme énigmatique qui se présente comme son ange gardien. Celle-ci va le conduire sur le chemin d’une nouvelle vie, la vita nova : il quitte famille, femme, enfant, activité professionnelle, à la recherche du mystère qui le relie à elle. Ce sera l’occasion de découvrir un milieu inconnu, ainsi que le courage et le don de soi.

          J’ai beaucoup aimé le début de ce roman. Le style est très agréable et on se laisse porter par la fluidité de l’écriture. Le narrateur raconte une rencontre qui a changé sa vie au cours d’un mariage auquel il s’est rendu à contre-coeur. Il fat preuve d’un certain humour et même si parfois il en fait un peu trop (il y a par moment une sorte de course au bon mot ou à la belle tournure qui manque quelque peu de naturel), on se retrouve finalement tous un peu dans ce texte. J’ai moins apprécié les longues explications sur pourquoi Henry Miller ? Des passages poussifs et qui ne font pas réellement avancer l’histoire. On aurait aimé plus de subtilité. Erreur de débutant, l’auteur veut trop en dire et dans son désir d’être compris, enlève un peu du mystère qui fait toute la magie d’un texte.

          Je ne suis pas très portée sur ce type de texte, où l’introspection tient une grande place. Si on peut noter la présence de quelques clichés, dans l’ensemble ce texte se tient bien. Bien construit, servi par une écriture agréable, ce roman est assez réussi et évite malgré quelques maladresses la plupart des écueils du genre. Dommage que l’auteur manque parfois un de confiance en lui et prenne sans cesse ses distances avec son propre texte. Si cela peut être appréciable à petite dose, cette distanciation nuit un peu au texte. On le déplore d’autant plus qu’un véritable style se dégage de ce roman. Un auteur prometteur.

A la santé d’Henry Miller, d’Olivier Bernabé

Persée, 320 pages, 21 €