Mes lectures

Fan WU, Une si jolie robe

     Ming est une adolescente introvertie, lorsqu’elle rencontre Yan, elle tombe immédiatement sous le charme de la jeune femme, aussi extravertie qu’elle est discrète. Rien ne semble les rapprocher et pourtant toutes deux vont devenir inséparables. Mais est-ce seulement une belle amitié qui vient de naître ou serait-ce plutôt le début d’une histoire d’amour ?

          Un livre très prenant. Il est intéressant d’un point de vue culturel, montrant bien le fonctionnement des universités chinoises et insistant sur le poids des traditions et de la société. Un aspect de livre particulièrement prenant. Les personnages sont attachants. L’écriture est plutôt simple mais agréable. Les sentiments sont décrits avec finesse. On se laisse prendre dans cette histoire et on ne referme ce livre qu’à regret. Un bon premier roman.

Nous étions au petit matin d’une chaude journée de printemps. Les premières lueurs rougeoyantes du soleil levant se diffusaient dans la pièce par la porte entrebâillée. Elle était là, tourbillonnant dans la lumière de l’aube. Elle m’apparut tel un ange, si délicate, je n’avais jamais rien vu de plus beau. J’étais assise sur le bord de mon lit, mon coeur bondissait dans ma poitrine. je l’admirais, sans voix.

Puis, avec la soudaineté d’une porte qui claque, elle s’arrêta tout net.

Jeunesse·Mes lectures

P. B. CHERCOT, La fille qui chante

          Lorca est une jeune fille qui aime les animaux et possède une voix fabuleuse qui a le don de les calmer. Quand ils vont décider de se rebeller contre les humains qui les maltraitent, elle seule pourra les arrêter.

      Cet ouvrage m’a été gracieusement offert par les éditions Gründ que je remercie pour cet envoi. Le roman de beau format et à la quatrième de couverture intrigante me tentait assez. Les premières pages furent plutôt une bonne surprise. C’est assez bien écrit et on entre directement dans le vif du sujet, ce qui est fort appréciable. Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché avec la suite.

           Le côté fantastique du texte m’a gênée et j’ai trouvé le message écologique introduit de manière très maladroite. Un texte qui manque de finesse mais qui malgré tout me semble pouvoir intéresser le public visé. Je l’aurais sans doute moi-même plus aimé lorsque j’étais adolescente et férue de fantastique sur fond moralisateur. Un texte qui m’a déçue mais me paraît toutefois assez adapté à son lectorat.

Il fit claquer sa langue et s’envola sur son perchoir.

Laure prit sa valise et partit sans se retourner. Elle ne voulait pas pleurer. Est-ce qu’on pleurait pour un perroquet ? Non, elle n’avait jamais entendu quelqu’un le faire. Laure renifla et baissa la tête pour rejoindre la sortie.

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Ils ne firent que quelques pas sur le chemin. Des ombres silencieuses se glissèrent hors des bois et se placèrent en travers du sentier. Des ombres à quatre pattes qui formèrent bientôt face à eux un arc de cercle mouvant, menaçant. Des chiens.

Mes lectures

Charles BUKOWSKI, Contes de la folie ordinaire

          Tout le monde connaît les frasques de Bukowski, notamment chez Bernard Pivot. Pourtant, je n’avais jamais ouvert un de ces livres. Une erreur que j’ai souhaité réparer en m’attaquant à ces nouvelles au titre évocateur. 

           Ces nouvelles collent dans l’ensemble très bien à l’image quelque peu stéréotypée que j’avais de l’auteur : un génie alcoolique imbu de lui-même. La plupart de ses personnages sont ses doubles littéraires. Dans l’ensemble, des nouvelles très dures et sans espoir. Sexe, violence et misère, décrits sans compromis avec une grande brutalité.

             Une littérature qui refuse la concession et semble nous mettre sans cesse au pied du mur. Quelques très belles nouvelles mais le tout se répète un peu trop pour ne pas lasser à la longue. A ne pas lire d’une traite donc. Un recueil qui m’a moyennement emballée mais sort largement du lot et mérite le détour, loin de la littérature aseptisée qui nous envahit.

– Ouais ! Tu me frappes mais tu frapperais jamais un mec ! T’as rien dans le ventre !

– Je veux, que je frapperai jamais un mec ! Tu me prends pour un cinglé ? Où est le rapport ?

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Le poésie en dit long et c’est vite fait ; la prose ne va pas loin et prend du temps.

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Il n’y a rien que des mauvais ou des très mauvais gouvernements.

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– Et toi, tu es paranoïaque ?

– Evidemment, comme tous les gens normaux.

Mes lectures

Olivia ELKAIM, Les graffitis de Chambord

         Trois histoires croisées : celle de Trevor, banquier, qui en 2006 reçoit une enveloppe qui va changer sa vie ; celle de Simon, son père, un écrivain juif qui après la guerre cherche ses parents ; et celle d’Isaac, le pre de Simon, résistant appartenant au réseau « Chambord ». Trois hommes unis par une histoire qui ne demande qu’à être racontée. 

          Un roman très bien construit qui alterne entre le vécu de trois hommes, trois générations d’une même famille. L’histoire d’un homme qui a résisté, d’un fils qui cherche à comprendre, à lutter contre l’oubli, et un petit fils qui semble sans histoire, loin des drames du passé. Mais peut-on vraiment échapper aux secrets de famille ?

        Un premier roman admirable. C’est bien écrit et l’histoire est finement menée. L’auteur mêle sans cesse les petites et la grande histoire, entre intime et universel. Un récit sensible et touchant. Une belle réussite.

Un fils doit rendre hommage aux traces qu’a laissées son père.

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Il faudra recenser tous les graffitis sur les murs de Chambord, avec l’aide du vieux Juif. Il faudra recenser les vies perdues. Il faudra raconter leurs vies, une par une, dans le détail, pour qu’elles ne se dissolvent pas dans le chiffre, dans l’Histoire et dans l’oubli.

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Sais-tu qui sont les mauvais pères ? Ce sont ceux qui ont oublié les fautes de leur jeunesse.

Mes lectures

John Maxwell COETZEE, L’âge de fer

          Elizabeth est atteinte d’un cancer. Elle veut laisser une trace à sa fille avant de mourir et lui écrit son quotidien. Un sans -abris s’installe dans son jardin, et elle accueille également le fils de sa domestique noire et un de ses amis pendant que la ville est à feu et à sang. 

          L’auteur sud-africain Prix Nobel depuis quelques années m’intriguait. Après avoir lu plusieurs livres intéressants sur l’Afrique-du-Sud, je me suis donc lancée. La 4° de couverture était alléchante : « elle découvre le corps criblé de balles du fils de sa domestique noire, et assiste à l’exécution par la police d’un autre adolescent… »

          À vrai dire je n’ai pas réussi à aller assez loin pour voir poindre cette histoire. Après 50 pages d’un ennui mortel, j’ai lâchement capitulé… En reprenant ce livre pour vous en parler, voilà qu’un regret me vient. J’aurais peut-être dû insister encore. Je devrais eut-être retenter, quelques pages de plus, en ouvrant le livre à la page 65, j’ai vu qu’il semblait enfin se passer quelque chose…

          Toujours est-il que je me suis ennuyée ferme. Une bonne mère de famille qui héberge un SDF qu’elle ne connaît pas, qu’elle ne peut pas sentir (au figuré, au propre, elle le sent trop au contraire) et dont elle ne semble même pas avoir pitié me semble un peu gros et mériterait un peu plus d’explications. Mais peut-être est-ce là un problème dû à un certain décalage culturel.

          Pour le reste, le style ne m’a pas emballée, c’est bien écrit mais un peu plat, ça manque de relief. L’histoire est longue, très longue à démarrer. Je n’ai pas bien vu où l’auteur voulait en venir. La révolte en toile de fond m’a parue lointaine. Le point de vue interne m’a gênée. L’introspection d’une femme sans histoire m’a laissée assez indifférente et en se plaçant du point de vue d’une femme blanche de la classe moyenne, on a forcément une vision tronquée des choses. Cela peut être intéressant mais est aussi un handicap quand on ne connaît pas suffisamment l’histoire du pays (pour ma part, j’en connais uniquement les grandes lignes, j’ai un peu manqué d’éléments de repère).

          Un livre qui ne m’a pas du tout emballée mais qu’après réflexion je vais peut-être reprendre. Ne serait-ce que pour arriver au coeur de l’histoire. En espérant que l’effort en vaudra la peine.

Il est aussi difficile de recevoir que de donner.

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Pour la paix de l’esprit, pour la paix de l’âme, il nous faut savoir qui vient après nous, quelle présence emplit les pièces où nous avons naguère été chez nous.

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Il ne veut pas faire de promesse. Et même s’il promet, il fera au bout du compte, que ce qui lui plaira. Dernières instructions, jamais contraignantes. Car les morts ne sont pas des personnes. Telle est la loi : tous les contrats peuvent devenir caducs. Les morts ne peuvent être trompés, ne peuvent être trahis, à moins que vous ne les portiez avec vous, dans votre coeur, et que ce ne soit là que vous commettiez ce crime.