Mes lectures

Dai SIJIE, L’acrobatie aérienne de Confucius

          En 1521, la Chine est dirigée par un empeureur extravagant qui se cache au milieu de quatre parfaits sosies. Des parties de chasse géantes, des aventures amoureuses incroyables. La Quinte Souveraine ne cesse de surprendre.

           Que dire de ce livre ? Eh bien pour commencer, c’est dur à lire. Le style varie sans cesse, c’est foisonnant, on a du mal à suivre. Ensuite, je n’ai pas réellement réussi à me m’intéresser à l’histoire. Le personnage principal n’est pas un mais 5, ce qui n’aide pas tellement à s’y identifier. Impossible de rentrer un tant soit peu dans l’intimité des personnages qui semblent dépourvus de toute psychologie. Un roman surprenant qui me laisse totalement perplexe. Malgré une histoire qui semblait passionnante (celle d’un fou de plus), je n’ai pas du tout accroché. Dommage…

Le jour où mes sosies parviendront à contrefaire ma pensée, demanda un jour l’Empeureur à un devin, pourrai-je enfin connaître la paix ?

Le devin :

– Majestée, je ne le crois pas. ce jour-là vous deviendrez un sosie de vos sosies.

________________

Moi, je veux être vénéré de mon vivant, ne serait-ce que par des prostituées, comme le dieu protecteur de leur profession, et que mon culte se perpétue après ma mort.

Club lecture·Mes lectures

Club lecture 6°, mai : Atiq RAHIMI, Terres et cendres

          Au mois de mai, nous nous sommes retrouvés autour de Terres et cendres d’Atiq Rahimi. L’histoire se passe en Afghanistan, un vieil homme dont le village a été détruit et la famille tuée part avec son petit-fils annoncer la triste nouvelle à son fils, qui travaille à la mine. Une épreuve qui s’annonce difficile, tant physiquement que moralement.

          Nous avons été plus ou moins d’accord sur cette lecture. Nous avons tous plutôt aimé. Le texte est très court, bien écrit et facile à lire. L’histoire, est intéressante. Cependant cette lecture ne m’a pas enchantée. Aussitôt lu, aussitôt oublié. J’aurais aimé y trouver plus de profondeur. J’apprécie les romans plus développés (je ne suis pas une adepte non plus du style haché) et aurait aimé apprendre des choses sur la culture du pays et sa situation. Les rêves du personnage m’ont paru inutiles et m’ont gênée. J’aurais également aimé que les mythes persans dont il est question dans l’histoire soient mieux expliqués dans les notes de bas de page. Dans la même veine, nous avons nettement préféré L’attentat de Yasmina Khadra.

          Cependant, certains d’entre nous ont apprécié l’aspect poétique de ce texte et sa sensibilité. Notamment la très jolie fin. Les personnages sont attachants et la simplicité de l’écriture nous permet de nous y identifier facilement. Le fait que le contexte soit très peu décrit rend ce texte plus universel. L’auteur a une écriture maîtrisée et efficace. Dans l’ensemble, nous irons certainement voir ce qu’il a écrit d’autre, en particulier le livre pour lequel il avait obtenu le prix Goncourt, Singue Sabour. Nous serions également curieux de voir l’adaptation cinématographique.

Il faudrait pouvoir dormir comme un enfant, comme Yassin. Comme Yassin ?

Non, pas comme lui ! Comme tout autre enfant excepté Yassin.Yassin gémit et pleure dans son sommeil. Son sommeil n’est guère différent du tien.

Il faudrait pouvoir dormir comme un nouveau-né, sans images, sans souvenirs, sans rêves. Comme un nouveau-né, reprendre la vie au commencement.

_______________

Tu poursuis. Tu parles de Mourad. mourad à quoi tu ne sais comment annoncer la mort de sa mère, de sa femme et de son frère. Shahmard se tait toujours. Que veux-tu qu’il dise ?

Mes lectures

Jean-Claude IZZO, Vivre fatigue

          Un court recueil de nouvelles. Jean-Claude Izzo est marseillais, il croque ici des instants de vie dans les quartiers populaires. Racisme, amour déçu, autant de tragédies pour les héros de ces textes.

          Le style est un peu âpre. Les phrases simples, le verbe cru, comme les scènes qu’ils décrivent. Les histoires sont celles de la vie quotidienne. Jean-Claude Izzo nous décrit avec talent la vie du port et de ses habitants, sans en ajouter des tonnes. Le titre résume très bien l’esprit du texte, emprunt d’une certaine langueur. J’ai apprécié cette simplicité si efficace et ses histoires si proches de nous. Sans être exceptionnel, un livre agréable, indémodable. J’ai particulièrement aimé la nouvelle qui a prêté son nom au recueil.

Ils avaient parlé, et elle avait bu. Les marins parlent facilement. De leurs voyages. De la mer. Théo parla de la vie. De lui. Il naviguait contre la mort. Il avait raconté beaucoup de choses, mais elle avait retenu ça. Elle avait levé les yeux vers Théo. Son regard était posé sur elle. Un regard absent. Elle s’était reconnue dans ce regard.

Mes lectures

Luis SEPULVEDA, Le vieux qui lisait des romans d’amour

          Antonio José Bolivar connaît la forêt amazonienne mieux qu’aucun autre blanc. Aussi bien même que les indiens qui l’habitent. Le vieil homme qui fait passer le temps de sa vieillesse en lisant des romans d’amour va devoir repartir en chasse lorsqu’une panthère s’attaque aux hommes.

          Dans ma série « je lis mes classiques », je me suis attaquée cette fois à un petit livre. Tout le monde ou presque l’a lu, souvent au collège ou au lycée, et j’avais un a priori quelque peu négatif (quand un livre a un trop grand succès, je m’en méfie toujours). J’ai finalement pris plaisir à cette lecture. Ce n’est peut-être pas un grand roman, mais ça se laisse lire. Un style clair et simple, efficace. Une histoire prenante, quoique pas bien originale. Rien d’exceptionnel, c’est classique mais bien fait.

          Derrière cette apparente simplicité se cache quand même une réflexion sur la vie, la vieillesse, l’amour, la mort. L’histoire de cet homme est touchante et pleine de sagesse. Un bel hommage à la vie rude dans la nature, qui recèle plus de richesses qu’il n’y paraît. Un joli petit livre, rude et sensible à la fois.

Antonio José Bolivar Proano comprit qu’il ne pouvait retourner à son village de la Cordillère. Les pauvres pardonnent tout, sauf l’échec.

_______________

Mais ce qu’il aimait par dessus tout imaginer, c’était la neige.

Enfant, il l’avait vue comme une peau de mouton mise à sécher au balcon du volcan Imbabura, et ces personnages de romans qui marchaient dessus sans crainte de la salir lui semblaient parfois d’une extravagance impardonnable.

Mes lectures

Ivàn THAYS, Un lieu nommé Oreille-de-Chien

          Un jeune journaliste est envoyé par son journal couvrir un évènement dans le petit village d’Oreille-de-Chien, dans les Andes péruviennes. Pendant la « guerre sale », les habitants ont été tués aussi bien par les militaires que les guérilleros. C’est pour cette raison que le village a été choisi par le président pour inaugurer des programmes sociaux destinés aux populations andines. Dans ce coin reculé du Pérou, il va découvrir un nouveau visage de son pays et de lui-même.

          La quatrième de couverture était très alléchante : le Pérou, les Andes, un village indien… Je me voyais déjà embarquée pour un grand voyage. Malheureusement, le bateau a vite fait naufrage. Le village andin n’est qu’un décor en carton pâte. L’histoire aurait aussi bien pu se dérouler n’importe où ailleurs. L’aspect historique et social n’apparaît qu’en pointillés, ce qui m’a grandement déçue. Arrivé à la moitié du livre, le personnage principal en est toujours à ressasser le fait que sa femme l’ait quitté. Le seul contact qu’il a eu avec les autochtones était purement sexuel. La grande classe…

          Le style est lapidaire. Tout ça manque de rondeur, de poésie, de sentiment. C’est sec et plat comme des cheveux après une journée sur la plage. Je me suis donc arrêtée en plein milieu, pour cause d’ennui mortel. J’aurais quand même aimé savoir en quoi ce personnage changeait, pourquoi c’était important que son histoire se passe dans ce bled paumé. Malheureusement, je n’avais plus la patience d’attendre. Peut-être que je jetterai un oeil à la suite dans quelques jours, qui sait… Toujours est-il que je ne vous conseille pas cette lecture à laquelle je n’ai pas trouvé le moindre intérêt. Une grande déception. Merci quand même à ma maman pour le cadeau, l’idée semblait bonne.

Monica.

Comprendre Monica.

Poir comprendre Monica, il faut imaginer une Mercedes Benz. Plus précisément une Mercedes Benz rouge.

Quand je pense à elle, à sa famille, à son histoire, une peinture murale de Diego Rivera me vient à l’esprit.

_______________

Elle me prend par la main. Je ne peu sans doute pas éviter ce geste, bien que ça ne me fasse pas plaisir. Nous sommes deux personnes qui viennent de faire l’amour et maintenant, main dans la main, nous sommes à la recherche d’une cigarette.

_______________

Les phrases toutes faites ont plus de valeur que les phrases extraordinaires : elles cachent des vérités absolues, persistantes.