Club lecture·Mes lectures

Aldous HUXLEY, Le meilleur des mondes

          Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un ouvrage lu dans le cadre du club lecture avant que celui-ci ne se tienne. Nous avons choisi 3 livres au choix pour ce mois-ci, et il me semble difficile de les présenter tous à la fois. Je vais donc en parler au fur et à mesure de mes lectures et je m’attacherai aux considérations plus générales et aux avis de chacun pour le compte rendu de novembre.

         Le monde a changé, les hommes ne sont plus vivipares mais se reproduisent en éprouvettes (mis à part quelques sauvages parqués dans des réserves). Ils sont répartis en castes et conditionnés en fonction de leur place dans la société. Dans les couches les plus basses, les groupes de « jumeaux » jusqu’à 80 individus sont privilégiés pour accomplir le travail, quand les dirigeants sont eux uniques et capables de réflexion (dans une certaine mesure). Chacun apprend quelle est sa place dès son plus jeune âge grâce à l’instruction pendant le sommeil. Un conditionnement qui rend chacun heureux…

         J’avais lu ce livre il y a fort longtemps et, si j’avais trouvé le style un peu sec, j’avais adoré l’histoire. Eh bien, à la deuxième lecture c’est plus où moins pareil. Avec en plus une conscience du contexte d’écriture que je n’avais pas du tout lors de ma précédente lecture. Aldous Huxley était sans nul doute un grand visionnaire, ce qui est à la fois fascinant et terrifiant. Bien éléments de ce livre se sont vus réalisés (l’omniprésence de la télévision par exemple) et il semble incroyable qu’il ait été rédigé en 1932 tant il est criant de modernité. Ce classique de l’anticipation mérite sa renommée. Un livre politique qui pose des questions aussi dérangeantes qu’essentielles. A lire absolument.

Et c’est là, dit sentencieusement le Directeur en guise de contribution à cet exposé, qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper.

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L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir (sous une forme plus douce, et symbolique), les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.

Mes lectures

Prix littéraires, cuvée 2011

            Après une longue hésitation, j’ai décidé de ne pas déroger à la règle et de, moi aussi, dédier un petit article aux prix de cette rentrée littéraire 2011. Sait-on jamais, au cas où l’un de vous aurait totalement échappé aux médias cette dernière semaine…  

          Le Prix Goncourt a été remis pour la première fois depuis des lustres à premier roman, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni, chez Gallimard (je vous présente tout de même l’auteur rapidement : professeur de biologie à Lyon, 48 ans, écrivait jusque-là de « petites choses » qu’on retrouve dans son blog, Voyages pas très loin). Un texte sur les restes du colonialisme dont la rédaction a pris cinq ans et que Gallimard a choisi de tirer à 60 000 exemplaires d’emblée de jeu. La critique a salué cet ouvrage dès sa sortie et il a connu un beau succès près du public. Il a donc vite été pressenti pour le prix suprême, d’autant qu’il fallait bien fêter le centenaire de la maison ! Ce livre m’avait découragée de par son épaisseur (idéal pour caler une porte), mais je pense que je finirai tout de même pas le lire (quand, à la recherche d’un emploi, je croulerai sous le temps libre).

          D’un naturel curieux, j’ai voulu aller voir depuis quand le Goncourt n’avait pas été attribué à un premier roman (surtout qu’il y a le Goncourt du Premier roman pour cela…). J’avais entendu dans une émission « culturelle » que ce n’était pas arrivé depuis Françoise Sagan et son célèbre Bonjour tristesse. Je suis donc allée jeter un oeil sur Internet pour voir. Eh bien aucun journaliste ne semble s’être demandé si des premiers romans avaient déjà eu cet honneur et, si oui, lesquels. Tous (oui, je dis bien TOUS) ont repris la dépêche AFP sans y ajouter une seule information de leur cru. J’ai même trouvé un article (dans un journal tellement prestigieux que je n’ose même citer son nom) qui se contentait de faire un copié-collé de la dite dépêche. Je comprends que la rapidité de l’information sur les versions Internet des quotidiens est importante, voire essentielle, et qu’il est donc normal que dans l’urgence chacun ait repris le travail prémâché mais tout de même, en une semaine, peut-être eut-il été possible de compléter cette première information par un article pour fourni. Et, oserai-je le suggérer ?, n’était-il pas possible qu’un journaliste consciencieux effectue le travail en amont, effectuant un minimum de recherches sur les 4 derniers candidats, que nous connaissions depuis belle lurète ? Bref, pourrait-on espérer que les journalistes fassent leur travail ???

          Visiblement, non. J’en reviens donc après cette digression au résultat de mes recherches : personne pour parler du dernier Goncourt accordé à un premier roman. Seuls 2 ou 3 articles reprenaient le nom de Françoise Sagan. Cela nous ramenant plus de 50 ans en arrière, je me suis dit que ça méritait d’être vérifié tout de même. Je suis donc allée faire un tour sur le site du Goncourt pour voir si par le plus grand des hasards, un titre d’un possible premier roman ne me sauterait pas aux yeux. Bon, évidemment, la réponse est non étant donné que je ne connais pas la moitié (le quart ?) des titres primés, et quand bien même je connaîtrais leurs auteurs, je suis pour la plupart bien incapable d’établir la chronologie de leurs publications. Je n’étais donc pas plus avancée. En revanche, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est l’absence de Françoise Sagan dans cette liste (j’ai vérifié 5 fois), et pour cause ! elle n’a jamais obtenu le prix tant convoité. On peut donc en déduire que les seuls journalistes qui ont tenté de faire leur travail l’ont mal fait. C’est bien la peine de payer des études aussi cher… (et avec tout ça, je n’ai toujours pas la réponse à ma question).

           Bref, pour en revenir à nos oignons (ou nos moutons, ce qui d’ailleurs va bien ensemble), Gallimard obtient ainsi son 38° Goncourt en près de 110 ans d’existence du prix, ce qui représente un record. Un juré avoue même faire une pile pour Gallimard, et une « pour les autres » (ce qui explique que la maison gagne à peu près une année sur deux ?). L’occasion de revenir sur le fabuleux parcours de la mythique maison dans un article ? Sans doute (si je n’oublie pas, bien sûr…).

             Le Prix Renaudot (décerné le même jour et qui ne peut être remis au même auteur, étant une sorte de contre Goncourt), a quant à lui été remis à un auteur déjà reconnu, Emmanuel Carrère, pour Limonov. Un ouvrage également salué par la critique lors de sa sortie. J’avais failli l’acheter avant de me rétracter, n’étant pas une grande adepte des biographies (surtout quand je ne connais pas le personnage). L’ouvrage est publié chez P.O.L., filiale de Gallimard (et très bonne maison au demeurant)… Un livre que je pense lire aussi, à la fois parce que je n’ai rien lu de l’auteur et que ça fait longtemps que j’y songe, et parce que le résumé de l’éditeur est tout de même tentant.

          Je n’en ai pas parlé cette année, alors je le fais maintenant, le prix Nobel de littérature a été remis à Tomas Tranströmer, poète suédois. Pour l’histoire du prix Nobel, c’est ici, et  (allez jeter un oeil, c’est instructif). Pour le reste, la Bnf a récompensé Patrick Modiano pour l’ensemble de son oeuvre. Cette année je vous passe le résumé de chaque ouvrage et l’historique de chaque prix mais le Grand Prix Roman de l’Académie Française va à Sorj Chalandon pour Retour à Killybegs (Grasset)Le prix Femina revient quant à lui à Simon Liberati pour Jayne Mansfield 1967, paru chez Grasset. Et les lycéens ont aujourd’hui même décerné leur Goncourt à Carole Martinez pour Du Domaine des Murmures, chez Gallimard (autre grande favorite du grand Goncourt, vaincue à 3 voix contre 5). Enfin, le Prix Médicis revient à Mathieu Lindon pour Ce qu’aimer veut dire (P.O.L.). Un dernier grand prix reste à décerner, l’Interallié, et c’est pour le 15 novembre. Si vous souhaitez retrouver le palmarès de l’année dernière et une brève histoire des principaux prix littéraires, c’est ici.

           Un cru sans grandes surprises mais qui, plus classique peut-être que les années précédentes, semble de bonne facture. Une bonne année pour P.O.L., qui fait jeu égal avec les plus grands, mais aussi pour Gallimard qui, après une année 2010 pauvre en récompenses, fête avec brio son centenaire (d’autant que la seule « petite » maison qui se détache lui est affiliée). Dans le pur respect de la tradition, Grasset fait également une récolte honorable. Le grand absent de cette année reste Le Seuil, qui repart bredouille (notons que depuis quelques années, la maison semble moins représentée que ses deux consoeurs dans la trio infernal des perpétuels gagnants). Rendez-vous l’année prochaine, pour la prochaine moisson.

Mes lectures

Martin WINCKLER, Le Choeur des femmes

        Jean est une jeune et brillante interne qui se destine à la chirurgie. Quand elle apprend qu’elle va devoir passer six mois dans le service du Docteur Karma, dans le service de « Médecine de la femme », où le travail consiste essentiellement à écouter et conseiller, elle voit rouge. N’est-ce pas gâcher son talent et ses compétences que d’écouter des problèmes de bonnes femmes ? Mais peu à peu, malgré son agacement, elle va commencer à changer et à remettre en question sa vocation.

        Je ne sais trop que dire de ce livre. Pour commencer, j’ai lu ses 660 pages en moins d’une semaine, ce qui est plutôt bon signe. Les premières pages m’ont quelque peu déstabilisée. Le style est plus que trivial. C’est écrit avec plus de grossièreté que je n’en emploie dans mes jours les plus sombres, ce qui n’est pas peu dire étant donné ma fâcheuse tendance à employer un langage par trop fleuri. J’ai donc eu beaucoup de mal avec la vulgarité qui s’insinue jusque dans la narration. Je suis vieux jeu, la littérature doit rester un lieu où le langage est sublimé (même si de nos jours on peut déjà s’estimer heureux lorsqu’il n’est pas maltraité), au moins en dehors des dialogues. Un style qui m’a donc refroidie.

          J’ai toutefois poursuivi ma lecture à la fois parce que c’était facile à lire, parce que ce livre était un cadeau et parce que j’avais déjà abandonné lâchement deux romans d’affilée et que je me sentais le devoir de ne pas lâcher celui-ci si facilement. Les personnages sont assez attachants. On se laisse vite prendre à l’histoire. J’ai parfois trouvé le milieu médical trop présent. Je sais, ça se passe dans un hôpital, c’est donc normal, mais le compte rendu de chaque consultation dans le détail n’était peut-être pas indispensable. Mais n’oublions pas que l’auteur est médecin, c’est donc pour lui l’occasion de placer des informations sur la contraception, souvent bienvenues.

         Malheureusement, l’aspect informatif prend souvent trop le pas sur le romanesque de manière pas toujours très subtile. J’ai donc sauté pas mal de passages. C’est en plus dégoulinant de bons sentiments qui, comme chacun le sait, ne sont pas mon point fort. Enfin, la fin est totalement tirée par les cheveux, digne du pire nanar américain. Toutefois, malgré ses nombreux défauts, ce livre reste agréable à lire et j’y ai pris plaisir. J’ai appris deux ou trois choses au passage qui plus est. Un peu maladroit mais touchant.

Les filles qui déballent leurs états d’âme pour attendrir les mecs, très peu pour moi, et puis je suis en fin de cinquième année et je suis l’interne la mieux notée du service et même du CHU alors merde.

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Là, j’ai envie (une fois encore) de l’étrangler. C’est le mot « employeur » qui me fait bouillir. Je ne suis employée par personne. Je ne suis le jouet de personne. Je suis mon propre maître. Et si cet abruti pense que…

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Tantôt il me vole dans les plumes, tantôt il m’écoute. Qu’est-ce qu’il veut à la fin ? Il me fait perdre mes moyens. Et moi, j’oublie ma pilule le soir et je fais n’importe quoi, je décide de l’arrêter sans réfléchir aux conséquences. Si j’ai une migraine pas possible, c’est de sa faute !

Mes lectures

Maylis de KERANGAL, Naissance d’un pont

          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre l’année dernière (en bien) et me l’étais fait offrir à Noël après qu’il ait reçu le prix Médicis. Ceux de mon entourage qui l’avaient lu ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. Après avoir longuement attendu pour une raison indéterminée, je me suis donc lancée dans cette lecture avec enthousiasme à peine mon mémoire présenté.

          Eh bien je serai brève : je n’ai pas du tout accroché, mais alors, PAS-DU-TOUT !!! Le style m’a horripilée dès les premières pages. J’ai eu beau tenter de me raisonner, rien à faire, c’est une réaction épidermique totalement incontrôlable. Le livre présente plusieurs personnages, pensant que c’était peut-être simplement le premier qui me dérangeait, j’ai feuilleté la suite, lisant de longs passages au hasard : non, non et non, rien à faire, cette écriture me crispe, j’ai dû refermer le livre aussitôt ouvert.

          Je vous passerai donc l’histoire (la construction d’un pont à travers l’histoire de plusieurs personnages), et ne citerai qu’un court extrait étant donné que je n’ai même pas réussi à avancer assez pour me faire une idée. Il y avait longtemps qu’une plume ne m’avait pas tant rebutée. La déception de l’année.

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Téléporté ainsi de biotope en biotope, à bord de vols long-courrier finissant bien souvent en coucou biturne, il ne reste guère plus de dix-huit mois sur un site et ne voyage jamais, dégoûté de l’exotisme, de sa trivialité.

Club lecture

Club-lecture novembre

          En novembre, nous abordons un genre que nous avions pour le moment laissé de côté : la science-fiction. Nous avons choisi de lire au choix trois grands classiques du roman d’anticipation. Trois contre-utopies qui ont marqué l’histoire de la littérature :

1984 de George Orwell,

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury,

Le meilleur des mondes d’Aldus Huxley.

          Beaucoup d’entre nous lisent peu ou pas de science-fiction, c’est donc l’occasion de découvrir un genre quelque peu délaissé. Pour ma part, je vais tenter de lire les trois. J’ai lu il y a fort fort longtemps Le meilleur des monde et Fahrenheit 451, deux livres que j’avais beaucoup aimé. Ce sera donc pour moi l’occasion de les redécouvrir et de lire celui que je ne connais pas encore.

          Rendez-vous fin novembre pour le compte-rendu. Bonne lecture à tous.