Mes lectures

Ernest HEMINGWAY, Une drôle de traversée

        A Cuba en 1933, Harry fait un peu de contrebande pour gagner sa vie entre deux locations de son bateau de pêche à des touristes. Après s’être fait arnaquer par un client, il se voit contraint de travailler avec Mr. Sing qui lui propose d’embarquer des clandestins chinois…

          Cette nouvelle inédite a donné naissance à un roman de l’auteur : En avoir ou pas. Je n’ai pas lu le roman mais la nouvelle se suffit à elle-même. J’ai retrouvé dans ce livre l’ambiance du Vieil homme et la mer. Ici tout est plus condensé. L’écriture va droit au but, simple et efficace. L’histoire est accrocheuse, un homme, un bateau, de la contrebande. Des pages assez animées donc. L’amour de la mer, de Cuba et de la pêche au gros transpire de ces pages. Il n’y a rien à redire à ce petit livre. C’est très bon, une lecture qui vaut le détour.

Ca faisait trois semaines qu’on trimballait cet oiseau-là pour pêcher dans le golfe, et je n’avais toujours pas vu la couleur de son fric, à part cent dollars qu’il m’avait donnés pour payer le consul et le droit de sortir du port.

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Si vous ne donnez pas du fil quand ils accrochent comme ça, ils le cassent. Aucun fil ne peut les retenir. Quand ils en veulent, il faut leur en donner. Il faut freiner en douceur.

Mes lectures

Fan WU, Une si jolie robe

     Ming est une adolescente introvertie, lorsqu’elle rencontre Yan, elle tombe immédiatement sous le charme de la jeune femme, aussi extravertie qu’elle est discrète. Rien ne semble les rapprocher et pourtant toutes deux vont devenir inséparables. Mais est-ce seulement une belle amitié qui vient de naître ou serait-ce plutôt le début d’une histoire d’amour ?

          Un livre très prenant. Il est intéressant d’un point de vue culturel, montrant bien le fonctionnement des universités chinoises et insistant sur le poids des traditions et de la société. Un aspect de livre particulièrement prenant. Les personnages sont attachants. L’écriture est plutôt simple mais agréable. Les sentiments sont décrits avec finesse. On se laisse prendre dans cette histoire et on ne referme ce livre qu’à regret. Un bon premier roman.

Nous étions au petit matin d’une chaude journée de printemps. Les premières lueurs rougeoyantes du soleil levant se diffusaient dans la pièce par la porte entrebâillée. Elle était là, tourbillonnant dans la lumière de l’aube. Elle m’apparut tel un ange, si délicate, je n’avais jamais rien vu de plus beau. J’étais assise sur le bord de mon lit, mon coeur bondissait dans ma poitrine. je l’admirais, sans voix.

Puis, avec la soudaineté d’une porte qui claque, elle s’arrêta tout net.

Mes lectures

Edward ABBEY, Le feu sur la montagne

        Billy passe ses vacances d’été chez son grand-père, comme chaque année, dans un ranch du Nouveau-Mexique entouré par le désert. L’immensité des étendues arides, le marquage des animaux, les longues discussions à l’ombre de la véranda et les promenades à cheval semblent immuables. C’était sans compter sur l’arrivée de l’US Air Force qui décide d’y installer un champ de tir de missiles. Le vieil est prêt à se battre pour défendre sa terre, jusqu’à la mort s’il le faut.

        J’avais déjà lu de cet auteur les excellents Le gang de la clef à molette et sa suite, Le retour du gang de la clef à molette, tous deux publiés aux excellentes éditions Gallmeister (parce qu’on ne répétera jamais assez à quel point cette maison gagne à être connue). Deux livres dont l’action se déroulait dans le Grand Canyon et où l’écologie tenait une place centrale. On retrouve dans cet ouvrage l’attachement la terre d’Edward Abbey, l’amour des grands espaces et le respect de la nature. Et toujours aussi sa critique acerbe des dérives de la société capitaliste et des méfaits de la connerie humaine. Un combat désespéré pour préserver une nature éblouissante.

          J’ai beaucoup aimé les personnages, forts en caractère et très attachants. Le style est également très agréable, sans circonvolutions inutiles et laissant une grande place aux dialogues, rendant le tout très vivant. Une large place est accordée à l’immensité des paysages et à la nature : on peut presque sentir le vent brûlant sur sa peau à la seule lecture de ce livre. Du côté du fond, l’auteur prône des valeurs simples et pointe du doigt les incohérences d’un système à la dérive. Comme souvent dans la littérature américaine (celle que j’aime et que j’admire du moins) une vive critique de la société qui s’accompagne d’une admiration sans borne pour la terre qui l’a vu naître. Un livre qui donne envie de sauter dans le premier avion pour aller découvrir une autre Amérique. Magistral.

– Mais à qui appartient cette lumière ? Cette montagne ? Cette terre ? Qui possède cette terre ? Répond à ça vieux cheval. L’homme qui en a le titre de propriété ? L’homme qui la travaille ? L’homme qui l’a volée en dernier ?

Le soleil brillait dans notre dos tandis que nous chevauchions vers la montagne, la montagne de Grand-père, et devant nous nos ombres s’étiraient de manière grotesque […].

– je suis la terre, dit Grand-père. Ca fait soixante-dix ans que je bouffe cette poussière. Qui possède qui ? Il faudra qu’ils me labourent.

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– Prends ton chapeau, dit-il.

– Je viens aussi dit tant Marian.

– Non, dit Lee, tu restes ici. C’est un boulot d’hommes. Prends ton chapeau, Billy.

Et nous partîmes en la laissant à sa vaisselle.

Mes lectures

Rupa BAJWA, Le vendeur de saris

           Ramchand est vendeur de saris. Il sert chaque jour des clientes cultivées face à qui sa propre ignorance lui fait honte. Il décide un jour d’acheter deux grammaires anglaises afin  de parfaire son éducation. Peu à peu, il va par la lecture s’ouvrir au monde extérieur et réfléchir à la société qui l’entoure.

          Ne connaissant que très peu la culture indienne, j’ai trouvé la lecture de ce livre très instructive. Je suis vite entrée dans cet univers très coloré et ai trouvé les personnages intéressants. Une lecture qui m’a emballée. L’écriture est plutôt simple mais efficace, la société y est décrite par petites touches, les personnages sont bien dépeints : une belle réussite pour ce premier roman. L’idée de départ me plaisait et l’auteur évite les écueils d’un trop grand pathos. Toutefois, la fin m’a un peu gênée. Si j’ai apprécié les 3/4 du livres, la chute m’a laissée sur ma faim. J’aurais aimé quelque chose de plus tranché, dans un sens ou dans l’autre (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous dévoiler la fin) et de plus engagé. L’auteur ne se positionne pas de manière claire ce qui m’a un peu désarçonnée. Un bon roman tout de même pour l’ensemble et une jeune auteur prometteuse.

Une femme doit savoir se tenir à sa place. Celle-là apeut-être eu des ennuis ou des problèmes, mais il reste que le devoir d’une femme, c’est d’abord de s’occuper de son mari et de sa maison, ensuite d’elle-même, si elle en a le temps.

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« L’aptitude n’est rien si elle n’a pas l’occasion de s’exercer. » Napoléon

Comme c’était vrai, pense tristement Ramchand, tout en se demandant qui pouvait bien être ce Napoléon. Un poète étranger peut-être. L’occasion, tout était là !

Club lecture

Club lecture, la reprise

          C’est la rentrée, et avec elle le club lecture reprend ses activités. Nous nous retrouverons jeudi à 20h au Café-Livres (dans le 4° arrondissement) autour de Kyoko de Ryu Murakami. Un livre que nous avions lu en juillet mais autour duquel nous n’avions pas eu le temps de nous réunir. Deux nouvelles recrues se joindront à nous, n’hésitez pas à suivre leur exemple et à venir grossir nos troupes.

A très bientôt pour le compte rendu et bonne lecture à tous !