Mes lectures

Comment voler une banque ?

          John Dormuntder, habitué des vols en tous genres, en est réduit à vendre des encyclopédies pour gagner péniblement ça vie. Une situation qui n’a rien pour le réjouir. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu de son ami Andy Kelp est sur un gros coup. Il ne propose rien moins que de voler une banque. Oui oui, la banque entière. Mais parviendront-ils à mener à bien cette opération des plus périlleuses ?

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          J’aime beaucoup les romans de Donald Westlake et son humour désopilant. Les aventures de son héros favori, John Dormuntder sont l’assurance de passer un agréable moment de lecture aux côtés de ce voleur raté qui joue systématiquement de malchance. Ce roman-ci ne déroge pas à la règle. L’histoire ne manque pas de sel. Nos compères veulent voler une banque installée dans un mobil-home ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes d’organisation : des repérages au vol d’un camion en passant par la recherche d’une planque, les questions à régler ne vont pas manquer et les complices auront parfois bien du mal à se mettre d’accord.

          Le style de Donald Westlake est très agréable : très fluide et avec un humour qui me ravit. J’adore retrouver Dortmuntnder d’un livre à l’autre et cette histoire-ci est particulièrement réussie, pleine de rebondissements, on se demande de bout en bout comment ça va bien pouvoir finir. Les personnages sont très attachants, une bande d’anti-héros assez touchante qu’on aime suivre et voir évoluer. On est loin du polar traditionnel et cette manière de le revisiter est aussi originale que réussie. Donald Westlake est un auteur avec une pâte vraiment particulière qu’on retrouve ici. Un roman plein d’humour et très agréable à lire qui confirme si besoin était mon amour pour cet auteur.

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Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l’entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l’impression de vivre là toute l’histoire de sa vie. Sa chance n’était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d’un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement.

Mes lectures

Barbe bleue – ou quand Amélie Nothomb adapte les classiques

          Un homme riche passe une petite-annonce pour trouver une colocataire. Ne sortant jamais, il cherche une jeune femme avec qui partager sa vie pour tromper son ennui. Selon lui, « la colocataire est la femme idéale ». Mais d’étranges rumeurs circulent sur la mystérieuse disparition des jeunes femmes qu’il a hébergées ? Serait-il un meurtrier ?

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          Je ne suis pas une inconditionnelle d’Amélie Nothomb qui a certes écrit d’assez bonnes choses à ses débuts mais a une certaine tendance à se répéter et à sombrer dans la facilité. Pourtant, avec ce roman qui reprend la légende Barbe-Bleue, l’un de mes contes préférés lorsque j’étais enfant, j’ai eu envie pour la première fois depuis très longtemps, de me plonger dans l’un des livres de la célèbre dame au chapeau, d’autant plus que j’en avais plutôt entendu dire du bien. Si ma maman l’avait acheté à sa sortie, je n’ai toutefois pas eu l’occasion de le lire de suite et l’avais un peu oublié jusqu’au mois dernier où je l’ai retrouvé dans la bibliothèque et ai décidé de profiter de quelques jours de vacances dans le Sud pour me lancer dans cette lecture.

          Les premières pages m’ont plutôt surprise. On s’éloigne quand même assez de l’histoire du Barbe-Bleue d’origine. Pourtant si cela m’a un peu déroutée, j’ai quand même trouvé cette réinterprétation assez intéressante. Elle essaie clairement de moderniser le conte en plaçant l’histoire de nos jours et en intégrant à l’histoire des pratiques modernes comme la collocation. L’idée est originale et plutôt intéressante. Je trouve généralement l’écriture d’Amélie Nothomb agréable même si elle mériterait parfois d’être un peu plus travaillée mais là, j’ai franchement été déçue. Ce n’est pas à proprement parler mal écrit mais c’est assez limite quand même… Un style d’une platitude qui m’a étonnée venant d’elle. Ca a quand même largement gâché mon plaisir.

          D’autant plus que du côté de l’histoire aussi, ça a fini par se gâter. J’ai trouvé que l’auteur se perdait un peu dans sa réécriture du mythe. Finalement, après des débuts assez originaux, on finit par retomber sur un schéma plus classique. Les dialogues m’ont bien souvent agacée, ils sonnent creux et ne font guère avancer le récit. Quant aux personnages, je n’y ai pas cru une seconde, aussi outranciers l’un que l’autre, et ça ne fait qu’empirer au fur et à mesure que le texte avance. Finalement, ce roman qui avait tout me plaire et qui commençait plutôt bien n’a pas tenu toutes c’est promesses et c’est avéré assez médiocre même s’il demeure plutôt agréable à lire.

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Une seule consigne : ne pas prendre de champagne rosé.
– Cela va de soi. Préférer la mièvrerie du rose au mysticisme de l’or, quelle absurdité !
– L’inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes : il a transformé l’or en grenadine.

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Tomber amoureux est le phénomène le plus mystérieux de l’univers. Ceux qui aiment au premier regard vivent la version la moins inexplicable du miracle : s’ils n’aimaient pas auparavant, c’est parce qu’ils ignoraient l’existence de l’autre. Le coup de foudre à retardement est le plus gigantesque défi à la raison.

Mes lectures

BW – Le portrait d’un éditeur voyageur par Lydie Salvayre

          Un jour BW perd la vue. Il est alors contraint de rester alité et sa compagne, Lydie Salvayre, recueille ses confessions. Récits de voyages aux quatre coins du monde mais aussi expérience malheureuse dans le milieu de l’édition qu’il a quitté à contre-cœur. Portrait d’un homme hors du commun.

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          Je dois avouer que bien qu’ayant fait des études d’édition, je ne connaissais rien du parcours de Bernard Wallet, le fondateur des éditions Verticales pour lesquelles j’ai pourtant une affection toute particulière. Je n’avais jamais rien lu non plus de Lydie Salvayre, sa compagne. Je plongeai donc en plein inconnu en parcourant ces pages. Ce fut une excellente surprise. Je retrouvais avec grand plaisir une vision de l’édition assez élitiste et idéaliste, où la qualité du texte devrait primer sur sa valeur marchande et où les mondanités ne seraient pas un mal nécessaire. Inutile de vous dire qu’avec pareilles prétentions, BW ne pouvait qu’être déçu et finir par quitter ce milieu surfait qui le passionnait pourtant. C’est vraiment avec joie que j’ai découvert son parcours professionnel, ses rêves et ses désillusions.

          Mais le plus passionnant dans ce texte, ce sont les nombreux et fascinants voyages de BW. L’homme semble avoir une soif d’inconnu inextinguible. Ses aventures en Afghanistan ou au Liban sont palpitante et la vision du monde qui en découle est pour le moins enrichissante. J’ai trouvé qu’il y avait dans ce texte de très belles réflexions sur la vie. Quant au style, il est assez nerveux, soutenu et non dénué d’humour, ce qui le rend particulièrement agréable, même si certains le trouveront peut-être un peu décousu. J’ai beaucoup apprécié de trouver un vocabulaire choisi avec soin et employé pourtant avec un grand naturel : ça se fait tellement rare ! J’ai dévoré ce livre avec un réel plaisir. Une forme agréable et un contenu intéressant, que demander de plus ?

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Je me trouve pris en tenaille entre la génération de ceux pour qui la réussite financière venait couronner (et quelquefois longtemps après) la qualité d’un texte, et la génération de ceux pour qui la qualité d’un texte est immédiatement jugée à son triomphe financier. […] et lorsque je rappelle aux jeunes écrivains qu’il fut une époque (héroïque) où la finance ne dictait pas le choix des éditeurs, ils me regardent comme une vieille barbe, un inadapté, un ringard.

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os vies sont ainsi faites que les livre, lorsqu’ils les affectent, ne les affectent que peu, happées qu’elles sont (nos vies) par mille choses hypnotiques qui nous prennent à leur piège.
Nos vies sont ainsi faites…

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Je pars.
Toujours il dit Je pars, je me tire.
Il aime le mouvement de partir. Il se fout de l’endroit à atteindre, ce qu’il aime c’est partir, c’est déclarer qu’il part.

Mes lectures

La scierie, un texte anonyme qui ne passe pas inaperçu

          Un jeune homme qui vient de rater son bac s’engage dans une scierie en attendant d’être appelé pour son service militaire. Deux ans durant lesquels il va découvrir un métier dur et éreintant qui va le transformer en profondeur.

          J’avais entendu le plus grand bien de ce petit livre qui a fait l’unanimité auprès de mes libraires (oui oui, je fais partie de ces gens qui ont une librairie attitrée et font une confiance presque aveugle à leur(s) libraire(s)). Et puis un texte découvert par Pierre Gripari, dont les contes m’ont bercée depuis mon enfance – rien que d’y penser j’ai envie de les relire, c’est vous dire – ça suffisait amplement à me donner une folle envie de le lire. Il m’aura tout de même fallu quelques mois pour m’y mettre pour une raison assez obscure à vrai dire. Finalement, j’ai profité d’une frénésie de lecture ces dernières semaines pour m’attaquer à ce roman assez énigmatique. Je dois avouer que j’ai été assez surprise par le contenu. Si je ne savais pas trop à quoi m’attendre, à aucun moment je n’avais envisagé une telle dureté.

          Je crois que je pensais trouver une certaine émotion dans ce texte j’ai donc été assez étonnée par le côté très direct et extrêmement cru du style. Le narrateur, assez effacé au début, s’affirme peu à peu et semble perdre en humanité au fur et à mesure qu’il gagne en force. Il se livre sans détour et ses pensée les plus sombres sont couchées sur le papier. Il s’exprime sans détour, dans un style sec et sans fioritures pour un effet saisissant. Certaines scènes mettent franchement mal à l’aise tant il est rare de trouver un style aussi direct. C’est ce qui fait la grande force de ce texte d’un réalisme incroyable. Une histoire somme toute assez banale mais dans laquelle on se retrouve totalement immergé par une écriture dure et directe qui frappe comme un uppercut. On a rarement l’occasion de lire des textes de cette trempe. A découvrir.

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Tout ça me fait penser à un champ de bataille du douzième siècle. Ca devait faire le même bruit, ça devait être la même activité. Cette ambiance de bagarre est réelle. On a l’impression que l’équipe veut exterminer le bois, le hacher, le bouffer. Ici, on ne pose pas, on jette, on lance.

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Ce qui me coûte surtout, ce n’est pas le coup de collier pendant lequel on donne tout ce qu’on a dans le ventre, c’est le recommencement du travail qui paraît chaque jour plus monotone.

Mes lectures

Chimère(s) 1887, 2 : Dentelles écarlates – Melanÿn, Peling, Vincent

          Chimère est une jeune fille de 13 ans qui a été vendue par ses tuteurs à la Perle Pourpre, un célèbre tripot parisien. Mais si la jeune fille semblait incarner l’innocence à son arrivée, elle apprend vite et se montre particulièrement futée. Un comportement qui pourrait bien lui attirer des ennuis dans un milieu où il vaut mieux faire profil bas.

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          J’avais bien aimé le premier tome de cette série (qui en compte trois), lu il y a déjà un certain temps. Le sujet me plaisait bien et j’avais trouvé le dessin très agréable, l’histoire était toutefois son point faible. Très longue à démarrer, elle laissait finalement assez peu de place à la petite Chimère, qui en est pourtant l’héroïne. Mais c’est souvent le défaut des premiers tomes, ce sont ceux où l’univers se met en place et ils sont bien souvent d’une extrême lenteur. De ce point de vue, ce deuxième tome est bien meilleur. On est cette fois directement placés au cœur de l’histoire et le rythme est beaucoup plus soutenu, avec de nombreux rebondissements.

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          Si cette suite tient dans l’ensemble les promesses faites par le premier tome, je suis toutefois un peu restée sur ma faim. J’ai un peu regretté que les personnages, et notamment celui de Chimère, ne soient pas un peu plus fouillés. Ce n’est évidemment jamais simple d’aller à l’essentiel d’un personnage en quelques bulles à peine, c’est l’une des difficultés à laquelle se heurte bien souvent la BD. En intégrant des faits et personnages historiques ainsi que l’amorce d’une trame policière, j’ai eu l’impression que l’histoire se dispersait et perdait un peu de vue l’essentiel : Chimère. Malgré tout, cette BD reste très agréable à lire et ce tome-ci se concluant sur un moment particulièrement fort, on a hâte d’en lire la suite, en espérant que le troisième toma viendra clôturer cette série en beauté.

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