BW – Le portrait d’un éditeur voyageur par Lydie Salvayre

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          Un jour BW perd la vue. Il est alors contraint de rester alité et sa compagne, Lydie Salvayre, recueille ses confessions. Récits de voyages aux quatre coins du monde mais aussi expérience malheureuse dans le milieu de l’édition qu’il a quitté à contre-cœur. Portrait d’un homme hors du commun.

9782020997119

          Je dois avouer que bien qu’ayant fait des études d’édition, je ne connaissais rien du parcours de Bernard Wallet, le fondateur des éditions Verticales pour lesquelles j’ai pourtant une affection toute particulière. Je n’avais jamais rien lu non plus de Lydie Salvayre, sa compagne. Je plongeai donc en plein inconnu en parcourant ces pages. Ce fut une excellente surprise. Je retrouvais avec grand plaisir une vision de l’édition assez élitiste et idéaliste, où la qualité du texte devrait primer sur sa valeur marchande et où les mondanités ne seraient pas un mal nécessaire. Inutile de vous dire qu’avec pareilles prétentions, BW ne pouvait qu’être déçu et finir par quitter ce milieu surfait qui le passionnait pourtant. C’est vraiment avec joie que j’ai découvert son parcours professionnel, ses rêves et ses désillusions.

          Mais le plus passionnant dans ce texte, ce sont les nombreux et fascinants voyages de BW. L’homme semble avoir une soif d’inconnu inextinguible. Ses aventures en Afghanistan ou au Liban sont palpitante et la vision du monde qui en découle est pour le moins enrichissante. J’ai trouvé qu’il y avait dans ce texte de très belles réflexions sur la vie. Quant au style, il est assez nerveux, soutenu et non dénué d’humour, ce qui le rend particulièrement agréable, même si certains le trouveront peut-être un peu décousu. J’ai beaucoup apprécié de trouver un vocabulaire choisi avec soin et employé pourtant avec un grand naturel : ça se fait tellement rare ! J’ai dévoré ce livre avec un réel plaisir. Une forme agréable et un contenu intéressant, que demander de plus ?

salvayre

Je me trouve pris en tenaille entre la génération de ceux pour qui la réussite financière venait couronner (et quelquefois longtemps après) la qualité d’un texte, et la génération de ceux pour qui la qualité d’un texte est immédiatement jugée à son triomphe financier. […] et lorsque je rappelle aux jeunes écrivains qu’il fut une époque (héroïque) où la finance ne dictait pas le choix des éditeurs, ils me regardent comme une vieille barbe, un inadapté, un ringard.

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os vies sont ainsi faites que les livre, lorsqu’ils les affectent, ne les affectent que peu, happées qu’elles sont (nos vies) par mille choses hypnotiques qui nous prennent à leur piège.
Nos vies sont ainsi faites…

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Je pars.
Toujours il dit Je pars, je me tire.
Il aime le mouvement de partir. Il se fout de l’endroit à atteindre, ce qu’il aime c’est partir, c’est déclarer qu’il part.

"

  1. Bon souvenir de lecture. Ce monsieur mériterait d’etre rencontré. Je crois juste après cette lecture avoir acheté un autre roman de L. Salvayre, Il faut que je vérifie dans ma bibliothèque, je ne crois pas l’avoir lu.

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