Mes lectures

Maylis de KERANGAL, Naissance d’un pont

          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre l’année dernière (en bien) et me l’étais fait offrir à Noël après qu’il ait reçu le prix Médicis. Ceux de mon entourage qui l’avaient lu ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. Après avoir longuement attendu pour une raison indéterminée, je me suis donc lancée dans cette lecture avec enthousiasme à peine mon mémoire présenté.

          Eh bien je serai brève : je n’ai pas du tout accroché, mais alors, PAS-DU-TOUT !!! Le style m’a horripilée dès les premières pages. J’ai eu beau tenter de me raisonner, rien à faire, c’est une réaction épidermique totalement incontrôlable. Le livre présente plusieurs personnages, pensant que c’était peut-être simplement le premier qui me dérangeait, j’ai feuilleté la suite, lisant de longs passages au hasard : non, non et non, rien à faire, cette écriture me crispe, j’ai dû refermer le livre aussitôt ouvert.

          Je vous passerai donc l’histoire (la construction d’un pont à travers l’histoire de plusieurs personnages), et ne citerai qu’un court extrait étant donné que je n’ai même pas réussi à avancer assez pour me faire une idée. Il y avait longtemps qu’une plume ne m’avait pas tant rebutée. La déception de l’année.

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Téléporté ainsi de biotope en biotope, à bord de vols long-courrier finissant bien souvent en coucou biturne, il ne reste guère plus de dix-huit mois sur un site et ne voyage jamais, dégoûté de l’exotisme, de sa trivialité.

Club lecture

Club-lecture novembre

          En novembre, nous abordons un genre que nous avions pour le moment laissé de côté : la science-fiction. Nous avons choisi de lire au choix trois grands classiques du roman d’anticipation. Trois contre-utopies qui ont marqué l’histoire de la littérature :

1984 de George Orwell,

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury,

Le meilleur des mondes d’Aldus Huxley.

          Beaucoup d’entre nous lisent peu ou pas de science-fiction, c’est donc l’occasion de découvrir un genre quelque peu délaissé. Pour ma part, je vais tenter de lire les trois. J’ai lu il y a fort fort longtemps Le meilleur des monde et Fahrenheit 451, deux livres que j’avais beaucoup aimé. Ce sera donc pour moi l’occasion de les redécouvrir et de lire celui que je ne connais pas encore.

          Rendez-vous fin novembre pour le compte-rendu. Bonne lecture à tous.

Mes lectures

Lutz BASSMANN, Les aigles puent

          Dans une ville ravagée, Gordon Koum cherche les corps de sa femme et ses enfants dans les décombres. Lui-même irradié, au seuil de la mort, il leur rend un dernier hommage à travers la voix d’un pantin trouvé dans les gravas.

          « Lutz Bassmann appartient à une communauté d’auteurs imaginaires » (paroles de l’éditeur), plus connu sous le pseudonyme d’Antoine Volodine. L’année dernière, il avait réalisé l’exploit de publier trois romans, sous trois noms différents (et chez trois éditeurs) pour la rentrée littéraire. J’en parle ici à l’occasion de la lecture de très très bon Écrivains. L’objectif était de montrer que le texte est indépendant de la biographie (Antoine Volodine est notamment connu pour ses thèses formalistes) et que le même homme pouvait écrire trois textes totalement différents. L’objectif est intéressant et j’avais donc acheté les deux autres livres afin de voir ce qu’il en était.

         J’ai été bien moins convaincue par ce texte que par Écrivains. Le texte est sombre, très sombre, trop sombre. Un texte d’anticipation dans un univers sans espoir, genre avec lequel j’ai beaucoup de mal à accrocher. Ce n’est pas que je tienne beaucoup aux histoires joyeuses, mais tout de même… Toutefois, si je n’ai pas du tout adhéré à l’univers, je suis restée éblouie par ce style magistral. D’un point de vue purement stylistique c’est sans doute encore meilleur que l’ouvrage sus-cité qui m’avait laissée muette d’admiration des jours durant.

          Il m’a semblé voir dans ce texte quelques points communs avec le livre précédent (dans l’ordre de mes lectures, en réalité, ils sont parus en même temps). Sans doute est-ce uniquement parce que j’ai inconsciemment cherché cette ressemblance. Quelques vagues réminiscences mises à part, c’est un ouvrage totalement différent de celui que j’avais lu, tant par l’univers que par l’écriture. Bien que je n’aie pas tellement apprécié ce livre, je ne peux que m’incliner devant un tel talent. Reste à savoir si le troisième roman vient confirmer la réussite de l’incroyable entreprise de l’auteur. La réponse bientôt.

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Renoncer à ce qui suscite la protestation des vivants, à leurs petites indignations qui, la plupart du temps, sont insultantes pour les morts. Accepter le contact épuisé, non poétique, avec les morts.

Mes lectures

Ernest HEMINGWAY, Une drôle de traversée

        A Cuba en 1933, Harry fait un peu de contrebande pour gagner sa vie entre deux locations de son bateau de pêche à des touristes. Après s’être fait arnaquer par un client, il se voit contraint de travailler avec Mr. Sing qui lui propose d’embarquer des clandestins chinois…

          Cette nouvelle inédite a donné naissance à un roman de l’auteur : En avoir ou pas. Je n’ai pas lu le roman mais la nouvelle se suffit à elle-même. J’ai retrouvé dans ce livre l’ambiance du Vieil homme et la mer. Ici tout est plus condensé. L’écriture va droit au but, simple et efficace. L’histoire est accrocheuse, un homme, un bateau, de la contrebande. Des pages assez animées donc. L’amour de la mer, de Cuba et de la pêche au gros transpire de ces pages. Il n’y a rien à redire à ce petit livre. C’est très bon, une lecture qui vaut le détour.

Ca faisait trois semaines qu’on trimballait cet oiseau-là pour pêcher dans le golfe, et je n’avais toujours pas vu la couleur de son fric, à part cent dollars qu’il m’avait donnés pour payer le consul et le droit de sortir du port.

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Si vous ne donnez pas du fil quand ils accrochent comme ça, ils le cassent. Aucun fil ne peut les retenir. Quand ils en veulent, il faut leur en donner. Il faut freiner en douceur.

Mes lectures

Fan WU, Une si jolie robe

     Ming est une adolescente introvertie, lorsqu’elle rencontre Yan, elle tombe immédiatement sous le charme de la jeune femme, aussi extravertie qu’elle est discrète. Rien ne semble les rapprocher et pourtant toutes deux vont devenir inséparables. Mais est-ce seulement une belle amitié qui vient de naître ou serait-ce plutôt le début d’une histoire d’amour ?

          Un livre très prenant. Il est intéressant d’un point de vue culturel, montrant bien le fonctionnement des universités chinoises et insistant sur le poids des traditions et de la société. Un aspect de livre particulièrement prenant. Les personnages sont attachants. L’écriture est plutôt simple mais agréable. Les sentiments sont décrits avec finesse. On se laisse prendre dans cette histoire et on ne referme ce livre qu’à regret. Un bon premier roman.

Nous étions au petit matin d’une chaude journée de printemps. Les premières lueurs rougeoyantes du soleil levant se diffusaient dans la pièce par la porte entrebâillée. Elle était là, tourbillonnant dans la lumière de l’aube. Elle m’apparut tel un ange, si délicate, je n’avais jamais rien vu de plus beau. J’étais assise sur le bord de mon lit, mon coeur bondissait dans ma poitrine. je l’admirais, sans voix.

Puis, avec la soudaineté d’une porte qui claque, elle s’arrêta tout net.