Comédie policière américaine de Gary Ross avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway
Cinq ans, huit mois, 12 jours… C’est le temps qu’il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu’il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son « associée » Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d’expertes. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l’objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l’événement de l’année. C’est donc un plan en béton armé. À condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours.

J’étais très curieuse de découvrir ce film étant donné que j’apprécie assez la série des Ocean’s. Le 11 a ma préférence mais malgré leurs faiblesses je trouve que les suivants restent divertissants et agréable à regarder (et c’est bien tout ce qu’on leur demande !). J’ai leur casting, leur humour et leur décontraction. Une recette qui tombe parfois un peu dans la facilité mais n’en demeure pas moins efficace. J’étais très intriguée par cette version féminine et j’en attendais beaucoup. Enfin, beaucoup, disons que je m’attendais simplement à la même chose avec des femmes et donc à voir un film léger avec de beaux rôles féminin de « gentlewomen » cambrioleuses. Je peux vous le dire de suite : j’ai été déçue. Très déçue. A vrai dire, sur le moment, malgré ma déception, je comptais toutefois dire un bien relatif de ce film. Mais visiblement, j’ai changé d’avis après coup. J’ai la rancune tenace.

Dès le début, j’ai su que ça allait être compliqué. On commence par miss Ocean, la sœur de feu Danny (qui va probablement ressortir de sa tombe à un moment ou un autre) qui se débrouille pour sortir de prison en embobinant son psy. Jusque-là tout va bien. On en est à environ 3 minutes de film quand elle sort de prison et que je commence à m’agacer (à vrai dire je suis plus au bord de l’implosion version centrale nucléaire en surchauffe). Parce qu’un scénariste qui s’est cru malin s’est dit « que peut bien faire une femme en sortant de prison ? » Hum… question difficile. S’enfiler un burger ? descendre une pinte avec des potes ? aller faire un bisou à sa maman ? Non. Évidemment. Une femme commence par aller voler du parfum, du maquillage et des fringues voyons. Voilà. C’est à peu près le moment où on m’a perdue… Le casting était pourtant impressionnant, c’était bien parti, mais là j’ai surtout eu l’impression d’une brochette de nez refaits et de têtes creuses assez perturbante.

Un jour il faudrait qu’on se mette d’accord sur la question. Grosso modo, une femme a les mêmes besoins qu’un homme. Voire les mêmes envies. Vu que celle-ci était déjà maquillée à la truelle en sortant du prison, a priori il y avait plus de chances qu’elle aille siffler un daïquiri avec les copines (vous avez vu, je concède même que la femme chic boit parfois des cocktails plutôt que de la bière, je fais un effort) plutôt que de se jeter sur le premier mascara venu. Le ton était donné : le sexisme est le fond de commerce de ce film. Parce que visiblement une femme ne peut pas à la fois être sexy ET sortir des clichés. Bah non. Soit belle et tais toi. Point. Et donc, pour continuer sur cette lancée, un gang de femmes ne vole pas des banques (tous ces chiffres, ça donne teeeellement mal à la tête…), non, il vole des bijoux. Évidemment, quoi d’autre ? Peut-être des robes Chanel pour le prochain opus ? Je sais, ça peut sembler insignifiant mais ça m’a gonflée au plus haut point. Voilà. J’attendais des personnages un peu plus charpentés.

Je suis extrêmement bon public pour ce type de film, vraiment. Mais le sexisme ordinaire me met de plus en plus hors de moi, j’ai donc eu un peu de mal à me mettre dans l’ambiance. C’est allé un peu mieux avec l’arrivée de personnages féminins un peu plus hauts en couleurs. Malheureusement, ils sont sous exploités et finalement seuls trois rôles sortent vraiment du lot. Ceux des femmes fatales, ça va de soi. Passé un long moment d’agacement, j’ai quand même fini par m’intéresser un peu à l’histoire voire à y prendre un plaisir vaguement coupable. Le montage est efficace et on finit par s’attacher à ces garces matérialistes malgré tout. Au final, passée la (grosse) déception du début, j’ai quand même fini par trouver un certain charme à cette bande de choc. Mais j’ai trouvé qu’elles n’avaient toutefois pas pas l’envergure de leurs compères masculins. La faute à un scénario trop lisse qui se contente du minimum syndical, sans suspens ni caractère. Quelques blagues font sourire malgré tout et sauvent un peu le spectateur de l’ennui. Loin d’être le film féministe espéré, un divertissement plutôt moyen qui n’est pas au niveau des autres opus de la saga.





Encore un roman qui m’intriguait. On est cette fois sur un roman policier au résumé original. On découvre l’histoire à travers le récit de la seule survivante d’un tueur en série. Vu l’intrigue ça pouvait aussi bien être génial que complètement raté. J’ai très vite accroché avec cette histoire au parti pris assez inhabituel. On alterne entre la vie du personnage plusieurs années après les faits et son récit juste après le traumatisme. Le côté un peu névrosé du personnage est particulièrement intéressant et très réussi, ça la rend plus humaine tout en créant par moments un doute quant à la véracité de son récit. On soupçonne assez rapidement une partie de la vérité (disons que mes doutes ont commencé vers la moitié du roman) mais on n’en reste pas moins pris dans cette histoire tortueuse. Ca fonctionne très bien, avec un aspect psychologique soigné. Le style est plutôt simple mais soigné et l’auteur ne va pas chercher de développement extravagant à son histoire qui se suffit amplement à elle-même. Une fois ce roman entamé, je l’ai lu d’une traite, comme ça m’arrive trop peu souvent en ce moment. Une lecture extrêmement prenante.
Je n’avais pas lu le précédent roman de Tony Parsons, dont on avait pourtant beaucoup parlé. C’est donc avec ce roman que j’ai découvert l’auteur et je dois dire que j’ai de suite été conquise ! Le style est efficace et on plonge de suite au cœur d’une intrigue policière des plus sombres. L’ensemble reste assez classique avec son héros fort et fragile à la fois (le flic en plein divorce est une valeur sure) et son enquête à rebondissements. Pourtant, s’il n’y a rien de bien original tant sur la forme que sur le fond, la vieille recette fait ici des miracles. Le style est agréable à lire et la construction redoutablement efficace. On est pris dès les premières lignes dans la violence de cette enquête et on n’a qu’une hâte : connaître la suite ! Là encore, j’ai lu ce roman à une vitesse folle, y consacrant même avec délices une nuit d’insomnie. Encore un livre qui m’a donné envie de lire plus de polars. L’auteur sait nous rendre sympathiques ses personnages et éveiller notre curiosité. Il manie avec brio les codes du genre. Un roman plutôt classique à l’univers très noir qui parvient à nous tenir en haleine de bout en bout. Le polar dans ce qu’il a de meilleur.
Pour être tout à fait franche, je n’attendais rien de ce roman. Je ne connaissais pas l’auteur, je n’en avais absolument pas entendu parler, ça ne m’évoquait pas grand chose. Le sujet me tentait assez mais je suis loin d’être calée en musique, j’étais donc assez circonspecte. Finalement, si ça n’a pas été le gros coup de cœur comme pour les deux précédents, j’ai quand même plutôt accroché et j’ai pris un certain plaisir à cette lecture. Si le roman a bien une réelle trame policière, elle tourne en revanche quasi exclusivement autour de la guitare, sujet que ne suis malheureusement guère en mesure d’apprécier étant données mais faibles connaissances en la matière. L’auteur décrit la guitare électrique avec un enthousiasme assez contagieux et bien que tout cela ne m’évoque pas grand chose, dans l’ensemble, ça ne m’a pas trop empêché d’apprécier le roman, ce qui est un tour de force étant donné que ça ne parle à peu près que de ça (avec beaucoup de références au vieux rock où là je suis un peu moins paumée). L’histoire est efficace et on a envie de connaître la suite. L’écriture fonctionne plutôt bien également, elle possède une certaine fraîcheur et pas mal d’énergie. Bien que je n’aie pas été en mesure d’apprécier pleinement les connaissances que l’auteur met en œuvre, j’ai trouvé ce roman divertissant et agréable à lire. Prometteur.