Mes lectures

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Il y avait très longtemps que je voulais lire ce roman. Dans l’ensemble, j’avais entendu dire le plus grand bien de ce classique de la littérature américaine. J’avais quand même entendu quelques personnes dire qu’elles avaient eu du mal à rentrer dedans et qu’elles avaient trouvé le style un peu vieillot, j’étais donc assez pressée de voir par moi-même ce qu’il en était. Eh bien franchement, je n’ai pas du tout été déçue. J’ai de suite accroché avec le style et je me suis très vite attachée au personnage principal qui ne manque pas de caractère. Cette petite fille vive et intelligente ne peux que nous faire fondre. Le début lui est essentiellement consacré et paraîtra peut-être un peu long à certains, avec beaucoup de jeux d’enfants qui pourraient sembler futiles quand on sait que le roman traite avant tout de racisme. Pourtant j’ai trouvé que ça permettait de se familiariser avec les personnages, leur caractère et leur univers, ce qui aide également à comprendre le contexte, les remarques de notre petite héroïne n’étant pas toujours aussi anodines qu’il y paraît.

Vers la moitié du roman, l’ambiance change peu à peu. Atticus, le papa de Scoutt, est avocat et accepte de défendre un homme noir accusé du viol d’une jeune fille blanche, tout en sachant que c’est perdu d’avance. Les tensions montent dans leur petite communauté et la famille se retrouve au centre des quolibets. Il est intéressant de voir la situation à travers les yeux d’une petite fille qui n’a pas du tout les mêmes a priori ni la même vision des choses que les adultes. Son innocence fait paraître la situation plus cruelle encore et fait ressortir la bêtise des gens qui l’entourent. Le procédé est pour le moins habile est très efficace, d’autant plus qu’il offre une certaine légèreté à l’ensemble tout à fait bienvenue. Si ce roman dénonce avant tout la ségrégation, il n’est pas tendre non plus quant à la place laissée aux femmes. Aujourd’hui cela peut sembler anodin mais à l’époque de la publication de ce texte, il fallait un certain courage pour s’attaquer au sujet et ce livre a fait grand bruit. Il a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Dans ce roman (son premier et longtemps unique), Harper Lee dénonce le racisme avec humour et sensibilité. J’ai reposé ce livre bouleversée. Une réputation de chef-d’oeuvre qui est loin d’être usurpée. 

Harper Lee

Je voudrais que tu comprennes ce qu’est le vrai courage. C’est savoir que tu pars battu d’avance, et malgrè cela, agir quand même et tenir jusqu’au bout.

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Avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.

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Il y a des gens qui … qui sont si préoccupés par l’autre monde qu’ils n’ont jamais appris à vivre dans celui-ci et tu n’as qu’à descendre la rue pour en voir les résultats.

Cinéma

Mon amie Victoria, un drame qui passe à côté de son sujet

Drame français de Jean-Paul Civeyrac avec Guslagie Malanda, Pierre Andrau, Nadia Moussa

          Victoria une petite fille d’un milieu modeste. Une nuit, elle dort chez Thomas. Elle est impressionnée par le luxe qui règne chez lui. Quand elle le retrouve des années plus tard, elle a une aventure avec lui de laquelle naîtra Marie. Elle lui dévoile l’existence de cet enfant 7 ans plus tard. L’arrivé dans la famille ne sera pas sans conséquences. 

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          Le synopsis de ce film me tentait assez. L’histoire me semblait pouvoir être intéressante, j’en avais entendu dire beaucoup de bien, j’étais enthousiaste à l’idée de voir de quoi il retournait. Dès le début j’ai senti que ça n’allait pas être le petit bijou dont dont tout le monde parlait. Les voix off et moi sommes assez fâchées, je trouve ça horripilant. On y a droit ici tout le long du film et je l’ai trouvée particulièrement pesante. Partant de là, il y avait peu de chances que j’accroche outre mesure. Quant à l’histoire, elle s’est avérée pour le moins décevante. Je m’attendais à un drame social, il s’agit d’un destin tristement banal qui ne nous épargne guère les clichés les plus rebattus. Le film est tourné dans mon quartier et j’ai passé mon temps à essayer de repérer à quel endroit exactement avait été tournée telle ou telle scène, dans quel café, quel coin de rue. Passionnant n’est-ce pas ?

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          Toutefois, il faut souligner que le casting relève le niveau. Les petites filles sont assez géniales et l’ensemble des prestations est tout à fait honorable. Malheureusement, ça ne parvient pas à combler une impression de vide persistante. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ça assez inconsistant. Il faut dire aussi que les films sur l’intime ne sont pas particulièrement ma tasse de thé et que là on n’y va pas de main morte sur le pathos pour une histoire somme toute assez banale. Je vous passe le côté mélo qui est aussi inutile que ridicule et finit de décrédibiliser ce film qui n’avait clairement pas besoin de ça. L’ensemble s’avère assez lent et franchement moyen. Pas exactement mauvais, juste terriblement maladroit. Une preuve supplémentaire si besoin était que les bons sentiments ne font pas les bons films.