Mes lectures

Top ten tuesday (07/08)

        Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 livres de la rentrée littéraire que vous attendez avec impatience

Serge Joncour, L’amour sans le faire

JK Rowling, Une place à prendre

Laurent Gaudé, Pour seul cortège

Mathias Enard, Rue des voleurs

Olivier Adam, Les lisières

Jim Harrison, Grand maître

Hubert Mingarelli, Un repas en hiver

Flaurence Aubenas, La banlieue quand elle ne brûle pas

Amélie Nothomb, Barbe Bleue

Nicolas Rey, L’amour est déclaré

          Bon, à vrai dire, je ne les attends pas tous avec une égale impatience. Il me tarde surtout de lire enfin le Joncour. Il y a finalement assez peu d’auteurs que je suis avec régularité. Je ne lis généralement pas le Nothomb de la rentrée mais je dois admettre qu’une réécriture de Barbe Bleue est très tentante. Et le Nicolas Rey c’est parce que la critique en dit plutôt du bien alors ma foi, peut-être est-ce l’occasion de se réconcilier avec cet auteur. Cette liste manque cruellement de littérature étrangère mais il faut dire aussi que je n’ai pas réussi à trouver la liste exhaustive des 646 romans de cette rentrée. J’espère surtout découvrir un ou deux nouveaux romans de qualités dans le lot. Et vous, y a-t-il des romans dont vous attendez le sortie ?

Mes lectures

Patrick DEVILLE, Kampuchéa

          « Kampuchéa », c’est l’actuel Cambodge. C’est son histoire que son narrateur nous livre, à travers les révolutions successives qui ont bouleversé le pays, et l’histoire des hommes qui en ont été témoins.

          J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre. Je n’ai qu’une très vague (voire inexistante, avouons-le) connaissance de la géopolitique en Asie du Sud-Est et je n’ai strictement rien compris au pourquoi du comment de cette histoire. Le narrateur relate plusieurs révolutions successives, dans le désordre, un évènement en évoquant un autre. Je ne connais rien à l’histoire du Cambodge (ce que j’ai déploré) et je m’y suis totalement perdue. L’écriture est assez décousue et à aucun moment je n’ai compris qui était qui, faisait quoi et à quelle époque.

          Il m’a semblé par moment que cette histoire devait être intéressante et que l’écriture avait un petit quelque chose qui sortait du lot et devait contenir un brin de génie. Mais j’étais tellement perdue que je n’aurais pu l’affirmer. J’ai fini par abandonner ma lecture, dépitée, n’ayant pas compris un traître mot de cette affaire. Je me suis sentie profondément inculte face à cette lecture qui m’a totalement dépassée. Un texte qui m’a fait osciller entre frustration et perplexité mais m’a cependant donné l’envie de me pencher de plus près sur l’histoire complexe de ce pays.

Douch s’est appelé Kaing Guek Eav. Il utilisera d’autres identités. C’est un enfant un peu chétif, les dents de travers, un sourire timide qu’il conserve sur les photographies prises avant la victoire, alors qu’il dirige un camp de prisonniers M-13.

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Plus de médecins, de bonzes, de putes, d’avocats, d’artistes, de professeurs, d’étudiants.

De tout cela, le peuple est enfin libéré.

Mes lectures

Jean-Claude LALUMIERE, Le Front russe

          Oyez ! Oyez, braves gens ! Ouvrez grands vos oreilles et vos yeux. Voici LE roman de la rentrée littéraire ! Même la critique s’est levée en choeur pour saluer cet illustre inconnu, c’est dire !

          Rêvant de voyages, le narrateur décide d’épouser la carrière diplomatique et de passer le concours d’entrée au ministère des affaires étrangères. Il se voit déjà allant d’ambassade en ambassade dans des contrées lointaines et magiques… Malheureusement, un terrible coup de sort (son nouveau chef trébuchant sur une mallette offerte par sa bienveillante mère) l’enverra sur le front russe. La Russie, ce n’est pas si terrible me direz vous. Sauf que le front russe n’est pas en Russie (comme son nom ne l’indique pas), c’est une annexe du ministère située dans le 13° arrondissement de Paris où on relègue les fonctionnaires indésirables. Le début d’une aventure bien différente de celle qu’il avait imaginée…

          Le Front russe est le premier roman de Jean-Claude Lalumière. Et quel roman ! Enlevé, bien écrit, et extrêmement drôle. Une critique acerbe de l’administration servie par une bonne dose d’humour. Parfois, on se laisse séduire par le souffle d’un livre sans vraiment se soucier de l’écriture ; ici elle est irreprochable. Un style soutenu sans être lourd, une construction intéressante et un rythme infernal tenu de bout en bout. J’aurais aimé être capable d’une telle prouesse ! Si seulement mes déboires administratifs eussent pû m’inspirer de la sorte ! Peut-être ce livre ne révolutionne-t-il pas la littérature (quoi que^^). Certes, on en a déjà vu du même genre (peut-être). D’aussi réussis ? J’en doute fort ! Jean-Claude Lalumière est éblouissant (sans mauvais jeu de mots). Monsieur Lalumière, je n’ai qu’une chose à dire : Bravo, et vivement votre prochain roman !

Devant moi, se trouvaient trois niveaux de dossiers suspendus répartis en trois couleurs : marron, jaune et beige. J’eus soudainement la vision du séjour de mes parents. Ces trois étagères étaient presque assorties au décor du pavillon familial. […]

– Pourquoi ces couleurs

– C’est mon idée, répondit-il en bombant le torse. C’est en fonction de la couleur de peau des habitants du pays. Les plus clairs pour l’Europe de l’Est, les plus foncés pour le Moyen-Orient et les jaunes pour l’Asie. Simple, logique, imparable.

Je le regardai, un peu interdit par ce qu’il venait de me dire, puis lui fit remarquer que le procédé, s’il révélait des qualités pratiques et mnémotechniques incontestables, souffrait cependant d’une méconnaissance des régions dont il était question et que nous nous approchions des frontières du racisme. […] Il se tendit, se froissa, se crispa, passa par toutes sortes de manifestations physiques de l’énervement dont certaines m’étaient tout à fait inconnues, mais je venais de province et j’avais encore tant à découvrir.

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Et une phrase qui deviendra culte :

Je vis venir la fin des vacances avec la lenteur d’un courrier transmis par voie hiérarchique.