Actualité

Prix Renaudot, première sélection

          Après le Goncourt il y a quelques jours, c’est le Renaudot qui nous livre sa première sélection avec une petite originalité, 7 essais sélectionnés en plus des 12 romans. Voici la liste des heureux élus :

Romans :

– Etienne de MontétyLa Route du salut (Gallimard)
– Chistophe Ono-Dit-BiotPlonger (Gallimard)
– Yann MoixNaissance (Grasset)
Patricia ReznikovLa Transcendante (Albin Michel)
Philippe VassetLa Conjuration (Fayard)
Thomas ClercIntérieur (Gallimard, coll. « L’Arbalète »)
Romain PuertolasL’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa (Le Dilettante)
Pierre LemaitreAu revoir là-haut (Albin Michel)
Philippe JaenadaSulak (Julliard)
Cloé KormanLes Saisons de Louveplaine (Seuil)
Frédéric VergerArden (Gallimard)
Metin ArditiLa confrérie des moines volants (Grasset)

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Essais :

Gabriel MatzneffSéraphin c’est la fin (La Table ronde)
Frédéric SchiffterLe Charme des penseurs tristes(Flammarion)
Pierre JourdeLa première pierre (Gallimard)
Jean-Paul et Raphaël EnthovenDictionnaire amoureux de Proust (Plon/Grasset)
Lydie SalvayreSept femmes (Perrin)
Bernard QuirinyMonsieur Spleen (Seuil)
Serge SanchezLa lampe de Proust (Payot)

Verdict dans quelques semaines !

Actualité

La première sélection de Goncourt est tombée

          Septembre, la rentrée littéraire, des centaines de romans sur les tables (555 exactement cette année, soit quand même bien moins que les années précédentes) et bien sûr, les sacro-saints prix littéraires. Parmi eux, le plus convoité d’entre tous a dévoilé sa première sélection aujourd’hui, j’ai nommé bien sûr le prix Goncourt. 

          L’année dernière j’avais lu de nombreux romans de la rentrée littéraire que j’avais suivie d’assez près avec une vingtaine de livres lus, même si je dois admettre qu’il m’en reste quatre ou cinq en réserve auxquels je ne me suis pas encore attaquée craignant l’overdose. Cette année en revanche, je n’ai rien suivi du tout, c’est à peine si je suis au courant de quelques sorties intéressantes parmi lesquelles le dernier Jean-Philippe Toussaint, Nue. Difficile donc pour moi d’avoir un avis critique à ce stade de la rentrée et il y peu de chances que s’arrange étant donné l’état de mes finances. Mais à défaut de commenter les sorties du moment, je peux au moins essayer de vous tenir au courant des sélections pour les prix. Voici donc la première sélection Gongourt encore toute chaude :

Jean-Daniel BaltassatLe divan de Staline (Seuil)

David BoscLa claire fontaine (Verdier)

Sorj ChalandonLe quatrième mur (Grasset)

Marie DarrieussecqIl faut beaucoup aimer les hommes(POL)

Sylvie GermainPetites scènes capitales (Albin Michel)

Pierre JourdeLa première pierre (Gallimard)

Pierre LemaîtreAu revoir là-haut (Albin-Michel)

Yann MoixNaissance (Grasset)

Boris RazonPalladium (Stock)

Thomas B ReverdyLes Evaporés (Flammarion)

Laurent SeksikLe cas Eduard Einstein (Flammarion)

Chantal ThomasL’échange des princesses (Seuil)

Jean-Philippe ToussaintNue(Minuit)

Karine TuilL’invention de nos vies (Grasset)

Frédéric VergerArden (Gallimard)

          Ces titres sont aussi en lisse pour le Goncourt des lycéens qui sera remis le 12 novembre, quand à son aîné, ce sera quelques jours plus tôt, le 4.

Actualité·Culture en vrac

Le Goncourt des lycéens

          Le célèbre prix Goncourt est accompagné depuis des années déjà le jeudi suivant son annonce de son cousin germai, le Goncourt des lycéens. Les deux prix récompensent rarement le même ouvrage, même si cela est déjà arrivé par le passé. Cette année, l’heureux élu a déjà pas mal fait parler de lui. l s’agit de Joël Dicker pour La vérité sur l’affaire Harry KleberUn second roman dont on a déjà beaucoup parlé et qui a notamment reçu le Prix de l’Académie Française il y a quelques semaines.

          Cette seconde récompense me donne encore plus envie de lire le jeune auteur (qui a d’ailleurs rejoint ma bibliothèque depuis peu). En effet, le Goncourt des lycéens est souvent d’assez bonne qualité et a par le passé fréquemment récompensé des livres que j’apprécie. Un joli doublet pour cet auteur suisse visiblement prometteur dont vous pouvez découvrir l’ouvrage ici.

Actualité·Culture en vrac

Prix Interallié

          Le dernier des grands prix de cette rentrée littéraire, le Prix Interallié, a été décerné aujourd’hui. Il revient à Philippe Djian pour « Oh… » (Gallimard). Encore une fois, je trouve que cette année il y en a un peu pour tous les goûts parmi les lauréats, ce qui est fort appréciable. Pour le plaisir, voici le résumé de l’éditeur : « Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent… » « Oh… » raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

          Rendez-vous maintenant à la rentrée prochaine pour une nouvelle cuvée. D’ici-là, peut-être aurai-je le courage de vous faire dans quelques jours un petit résumé de cette rentrée que j’ai trouvé fort intéressante. Et vous, l’avez-vous aimée ?

Mes lectures

La vie sans fards – Maryse Condé

          Maryse Condé est née en 1937 en Guadeloupe. Après un bref séjour à Paris, elle part en Afrique à la rencontre de ses racines. Une quête d’identité qui se fera dans la souffrance. Elle la mènera peu à peu vers sa vocation d’écrivain. Elle nous livre ici une réflexion sur sa vie, son parcours, sans jamais chercher à se montrer sous un meilleur jour ; les faits bruts, avec tout ce qu’ils peuvent avoir de cruel : une vie sans fards.

          Je ne connaissais pas Maryse Condé et n’en avait même jamais entendu parler, bien qu’elle ait publié de nombreux ouvrages. Mon libraire m’ayant dit le plus grand bien de son dernier livre et ayant insisté très lourdement, j’ai fini par céder à ses avances. Maryse Condé est née en 1937, elle a commencé des études à Paris, est tombée enceinte ; le père de l’enfant l’ayant quittée, elle a épousé un autre homme qu’elle n’aimait pas vraiment pour sauver quelque peu les apparences. Elle aura 3 autres enfants, pas tous de son mari. Elle partira très tôt vivre en Afrique afin d’y chercher ses racines et y sera enseignante. Une vie qui s’avérera extrêmement compliquée, d’autant plus qu’elle partira sans son mari. Une quête de liberté et d’indépendance pas toujours facile à assumer, seule sur un continent inconnu, à l’heure où le féminisme n’est pas pas encore de mise. Cette vie qu’on retrouve en filigrane dans ses romans, Maryse Condé voulait la livrer brute, sans se prêter d’intentions plus louables que celles qu’elle avait sur le moment, sans faire passer ses erreurs comme des choix assumés. Cette vie, elle l’a subie et c’est comme un fardeau qu’elle nous la dépeint.

          La vie de l’auteur, pleine de rebondissements, me semblait pouvoir faire une excellente histoire. D’un autre côté, je trouvais cette volonté de remettre les choses à plats et de ne pas s’inventer de bonnes intentions qu’elle n’avait pas sur le moment très intéressante. Je me suis donc lancée dans cette lecture pleine d’espoir. Eh bien honnêtement, j’ai été assez déçue. Cette femme a eu une vie exceptionnelle et elle nous la dépeint comme une histoire d’une banalité sans nom et du plus grand sordide. Je n’ai pas trouvé là la conteuse d’exception que j’espérais mais une plume plutôt médiocre et sans grand charme. Elle a un véritable don pour faire d’une situation romanesque une succession d’évènements plats et sans saveur. Un vrai mystère. Je dois aussi avouer que j’ai eu beau essayer de remettre les choses dans leur contexte (années 60, Afrique, femme seule…), ce qui se dégage du personnage m’a exaspérée. Il m’a semblé avoir affaire à une jeune écervelée qui reproduit sans cesse les mêmes erreurs et gémis sur son propre sort, dont elle est en grande partie responsable. J’ai toujours plus de mal à pardonner aux femmes qu’aux hommes leur bêtise. Ce livre m’a donc grandement frustrée. Toutefois il y a des choses positives : la vision de l’Afrique est intéressante, ainsi que la réflexion sur l’identité. La difficulté de conjuguer son propre bonheur avec ses devoirs maternels m’a également interpellée. C’est avant tout le ton général du texte qui texte qui m’a gênée, un rien geignard à mon goût, il y manque le recul et la touche d’humour qu’offrent habituellement le temps et la distance. Toutefois, on doit reconnaître à Maryse Condé de respecter à la lettre son projet initial et de ne chercher en rien à nous être agréable : elle est sans pitié avec elle-même. C’est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de son texte.

Je n’étais pas seulement orpheline ; j’étais apatride, une SDF sans terre d’origine, ni lieu d’appartenance. En même temps, cependant, j’éprouvais une impression de libération qui n’était pas entièrement désagréable : celle d’être désormais à l’abris de tous jugements.

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Tu philosophes trop, se plaignait-elle, tu fais trop de réflexions personnelles. Ce qu’on te demande, c’est de raconter ! Un point, c’est tout !