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Edward Hopper au Grand Palais

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         Le Grand Palais propose jusqu’au 28 janvier un rétrospective consacrée à l’oeuvre d’Edward Hopper. Ce célèbre peintre américain est né à Nyach (état de New-York) en 1882. Il s’est très tôt intéressé à l’art et a suivi les cours de Robert Henri à New-York. Il se rend plusieurs fois à Paris où il sera influencé par les impressionnistes. Tardant à rencontrer le succès, il sera contraint pendant près de 20 ans à illustrer des magasines pour gagner sa vie. Mais en 1923, son talent est enfin reconnu et sa renommée va alors grandir rapidement. Son oeuvre dresse un portrait de la classe moyenne américaine et ses huiles sont considérées comme le symbole empreint de nostalgie d’une Amérique passée. 

          L’exposition est conçue de manière chronologique, ce qui permet de découvrir différents aspects de l’oeuvre d’Hopper ainsi que l’évolution de son art. La première partie présente les années de formation. Les réalisations d’Hopper y sont mises en parallèle avec des toiles d’artistes parisiens qui l’ont inspiré lors de ses voyages en France. On y croise notamment Degas ou Van Gogh dont il a admiré le travail. La seconde partie est celle de la maturité, avec les oeuvres qui ont fait son succès et restent emblématiques du style qu’il a peu à peu développé. L’exposition propose un grand nombre de toiles, qui retracent toute la vie d’artiste de l’auteur. Ce large éventail chronologique permet la découverte des différents styles auxquels s’est essayé l’artiste ainsi que d’appréhender son évolution à travers le temps.

          Je ne connaissais pas du tout le travail d’Hopper (mis à part une ou deux toiles aperçues à l’occasion), je me suis donc rendue à cette exposition par curiosité. J’ai beaucoup aimé la première partie. Certaines gravures sont très belles et assez originales. Il y a aussi des encres que j’ai particulièrement aimées, avec un dessin épuré et des couleurs des plus réussies. Viennent ensuite les aquarelles. Sans doute ce que j’ai préféré dans cette longue exposition. Elles ne sont pas très nombreuses mais je les ai trouvées pour la plupart absolument splendides (évidemment, je n’ai pas réussi à vous dégoter un visuel de celle que j’ai préféré…).

          Si j’ai trouvé très intéressant son travail plus tardif, assez mélancolique, il m’a moins touchée visuellement parlant, le tout me paraissant plus « statique » que les réalisations antérieures. Il y a toutefois quelques toiles, notamment un vieux wagon abandonné, que j’ai beaucoup appréciées (là encore, je ne vous la montrerai pas, faute d’avoir pu trouver une photo digne de ce nom). Tout ne m’a pas emballée parmi les oeuvres exposées, la désolation qui se dégage de certaine toiles ne me parlant pas nécessairement beaucoup, un peu trop pessimiste et nostalgique à mon goût sans doute, mais j’ai cependant découvert un artiste complet au projet que j’ai trouvé ambitieux autant que réussi. Notons aussi que j’ai apprécié l’incroyable profusion de femmes à la fenêtre et de liseuses, thèmes que j’aime particulièrement. Une très belle exposition, complète et bien conçue, qui nous plonge dans l’univers d’Edward Hopper et dans l’Amérique du début de siècle dernier. A voir pour découvrir ou redécouvrir. 

Edward Hopper

Grand Palais, Galeries Nationales

10 octobre 2012 – 28 janvier 2013

10h – 20h (22h mercredi et samedi), fermé le mardi sauf pendant les vacances scolaires

3 avenue du Général Eisenhower – 75008 Paris

          Hubert Félix Thiéfaine a rendu hommage à Edward Hopper dans une chanson de son dernier album, Supplément de mensonge. En effet, Compartiment C, voiture 293 est un titre qui fait directement référence à un tableau du peintre portant le même nom. Le Grand Palais a interviewé l’artiste sur ce choix et sur son admiration pour l’artiste. Vous pouvez la découvrir et écouter le titre ici.