Barbara a 17 ans. Elle aime pour la première fois. Il est séropositif et elle ne le sait pas. Elle apprendra quelques mois plus tard qu’elle a été contaminée. Elle témoigne ici pour partager son expérience, pour faire connaître cette maladie qui fait des ravages depuis quelques années (le livre paraît en 1994) et informer le grand public.
Soyons honnête, ce livre n’a qu’un intérêt très limité. Sur le moment, il a fait pleurer dans les chaumières : une jeune fille de 17 ans condamnée à mort, ça a de quoi émouvoir. L’histoire est plus contrastée. La jeune fille est en réalité dépressive et a fait plusieurs tentatives de suicide. Elle apprend très vite que son amoureux est un ancien toxicomane (qui va bien vite replonger) séropositif mais décide de continuer sa relation avec lui sans pour autant prendre les précautions qui s’imposent, dans une volonté avouée de jouer avec la mort. Après des mois de relation, ce qui devait arriver arriva : elle découvre qu’elle est aussi porteuse du virus.
Bien sûr, l’histoire reste tragique. Elle pointe également du doigt une désinformation certaine qui a fait des ravages au début des années 90. Cependant, il est assez difficile aujourd’hui qu’on connaît mieux la maladie de se replonger dans le contexte. La jeune fille est une adolescente absolument insupportable, et s’il me semble possible de comprendre ce mal-être et cette propension à faire n’importe quoi au péril de sa vie, il me paraît plus problématique de rejeter la faute sur la Terre entière une fois qu’on a trouvé les ennuis qu’on cherchait (même si en effet, les responsabilités sont multiples, en assumer sa part aurait donné de la force au propos). Un témoignage qui a mal vieilli donc et qui est difficile à appréhender aujourd’hui. Une histoire sordide, qui parle bien plus des ravages de la drogue, de l’amour et de la bêtise – pour une fois, aucune critique à y voir, je compatis au plus haut point, on se montre tous stupides un jour ou l’autre, avec des conséquences plus ou moins funestes – que de ceux de la maladie (en grande partie parce que celle-ci n’est pas déclarée au moment de l’écriture). Ce récit possède peu d’attrait littéraire, ni l’écriture ni la construction ne vous éblouiront. Barbara Samson a toutefois été l’une des premières inconnues à parler de sa maladie au grand public et à oeuvrer pour la lutte contre les idées reçues. J’ai pu noter en me promenant sur différents blogs que beaucoup d’articles récents circulent sur ce livre, tous très positif : un témoignage qui émeut encore et ravive les consciences sur ce fléau qu’est la sida. Un livre qui semble donc remplir encore sa fonction malgré ses faiblesses. Ce récit sans détour et cette volonté de ne rien cacher de ses erreurs, quitte à se rendre antipathique au lecteur, est un des points forts de ce témoignage.
Cet amour-là était à mort. Une volonté, consciente ou non, de détruire, de tuer.
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La mort me tente toujours comme un galop de liberté sur un cheval fou.
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C’est le plus dur. Personne ne pourra comprendre qu’après avoir appris du médecin du centre qu’il était séropositif je l’aie rejoint quand même, aimé quand même. Pas même moi, je ne comprends pas.
Le témoignage de la jeune fille commence après 4 min. On peut noter que la version qu’elle donne dans la vidéo est bien plus larmoyante que celle du livre et manque un brin d’honnêteté, à choisir, se fier donc plutôt au livre qui a au moins le mérite de présenter un personnage complexe, qui même s’il est agaçant, pointe du doigt les aspects sombres de la nature humaine. Le récit a été adapté pour la télévision et le théâtre.
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