Cinéma

Hijacking

Drame danois de Tobias Lindholm avec Pilou Asbæk, Søren Malling, Dar Salim

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          Le « MV Rosen », un navire danois, est pris d’assaut par des pirates somaliens en plein Océan Indien. Ils prennent en otage l’équipage et demandent une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes à bord, Mikkel, le cuisinier, va se retrouver au centre des négociations. A terre, c’est Peter, le PDG de la compagnie qui va avoir la lourde charge de ramener ses hommes sains et saufs.

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            La bande-annonce de ce film me tentait bien. J’aime généralement ces sujets difficiles et il me semblait qu’en quelques minutes déjà des tensions intéressantes étaient mises en place, j’avais donc hâte d’en voir un peu plus. Je dois admettre que si sur le fond, ce film a tout a fait répondu a mes attentes, sur la forme, il m’a sans doute laissée plus mitigée. En effet, le réalisateur ne s’attarde pas trop sur les sentiments et la psychologie de ses personnages. Je n’aime pas qu’on sombre dans le larmoyant, pourtant, un minimum d’émotion est bienvenue, un équilibre difficile à trouver, j’en conviens. Ici nous avons affaire à un film froid comme un iceberg, tant par la manière dont est traitée l’histoire que par l’esthétique, par ailleurs intéressante et typique du cinéma nordique. Un cinéma qui me surprend à chaque fois par sa sobriété, quelque soit le type de film à l’écran !

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          Toutefois, si cette distance peut s’avérer surprenante, on ne eut nier la qualité de la réalisation. L’histoire est centrée essentiellement sur le cuisinier du bateau et le meneur des négociations. Ce parti pris permet de ne pas trop perdre le spectateur dans le foule des personnages et de voir une évolution subtile des protagonistes au fil du temps, qui passe plus par la physionomie qui par la parole. Les acteurs sont d’ailleurs excellents et le personnage du cuisinier, remarquablement campé, est le véritable atout sympathie du film. Les pirates sont constamment dans la brutalité et on craint le pire à tout instant. Pourtant, si je m’attendais à une véritable tension, tout à fait palpable dans la bande-annonce, je la trouve un peu diluée dans le film. La violence est très présente on peine à imaginer une issue favorable sans pour autant que le suspens soit constant. Cette mise en scène tout en retenue, loin du mélodrame à la française, peut surprendre ; si cette distance peut s’apparenter à de la froideur, elle permet aussi au spectateur une prise de recul intéressante et qui finalement est peut-être bien la force de ce film autant que sa faiblesse. Une histoire forte, de très bon acteurs, une belle réalisation ; malgré une certaine froideur, un très bon film.

Cinéma

Trance

Thriller britannique de Danny Boyle avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson

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          Simon est commissaire priseur. Pour payer ses dettes de jeu, il s’associe à Franck et son gang pour voler un célèbre tableau. Au dernier moment, il essaie de le doubler et cache la toile. Ayant reçu un violent coup sur la tête au moment du braquage, il est incapable de se rappeler où il a mis la toile. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de lui faire retrouver la mémoire.

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          Que dire, que dire, que dire ? Ce film me tentait bien, j’aime assez les histoires labyrinthiques, à condition bien sûr qu’elles soient bien construites. La bande-annonce me donnait l’impression d’un polar assez efficace et Vincent Cassel en gangster, ça marche toujours. Pourtant, j’ai vu ce film il y a une dizaine de jours et j’ai dû aller voir sur Allociné pour me rappeler de quoi il était question. Mon seul souvenir était qu’il y avait quelques bons acteurs, une ambiance chargée et une histoire extrêmement compliquée. La lecture du synopsis m’ayant quelque peu remis les idées en place, je vais tenter de vous en parler sans en dévoiler les ressorts : c’est pas gagné !

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          Je suis très mitigée sur ce film. Je dirais que dans l’ensemble il est extrêmement compliqué et un peu confus. L’intrigue prend des tours et des détours, on ne sait pas qui manipule qui et ce genre d’histoires sur les méandres de l’esprit demande une mécanique parfaitement huilée pour fonctionner. Malheureusement ici ce n’est pas vraiment le cas. La complexité de scénario n’est pas toujours maîtrisée et au moment où tout devrait se mettre en place, le spectateur peine un peu à éclaircir le dénouement. Un léger manque de clarté dû au côté un peu brouillon de ce film qui se perd dans ses propres ramifications. Le réalisateur ne parvient pas vraiment à se dépêtrer de son affaire et peine à dégager une trame nette. C’est bien dommage car le film avait un beau potentiel, le résultat est quant à lui tout à fait dispensable.

Cinéma

Argo

Thriller américain de et avec Ben Affleck, avec Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin.

          Novembre 1979, en pleine révolution iranienne, l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran est envahie par des militants et 52 Américains sont pris en otage. Six employés arrivent à s’échapper et trouvent refuge chez l’ambassadeur canadien. Un expert de la CIA va devoir monter en urgence un plan d’exfiltration osé pour les sortir de là avant qu’ils ne soient découverts.

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          J’avais vu le dernier film de Ben Affleck, The Townque j’avais plutôt aimé, et bien que celui-ci ne m’inspire qu’à moitié, j’étais curieuse de voir si son talent comme réalisateur se confirmait. N’allant que peu au cinéma en ce moment, il m’aura fallu un peu de temps, mais l’occasion de voir ce film a fini par se présenter et j’ai sauté dessus. Dès les premières minutes, j’ai été conquise. Le film démarre en plein feu de l’action, lors de la prise d’otage, et commence très fort. Ce rythme soutenu va d’ailleurs perdurer jusqu’au dénouement. On suit six fugitifs dans une ville à feu et à sang d’un côté, et de l’autre, l’espion chargé de les sortir de ce bourbier. Un scénario qui pourrait laisser attendre des scènes d’action mémorables et des moments d’émotion tout hollywoodiens à l’arrivée du sauveur. Il n’en est rien. Ben Affleck n’est pas là pour en mettre plein la vue et s’intéresse bien plus à la psychologie des personnages et à la complexité de leurs relations qu’au côté grand spectacle que pourrait avoir la situation.

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          Et c’est là tout l’intérêt de ce film, qui prend le parti de ne pas délaisser les personnages au profit de l’action. Certains regretteront peut-être que l’aspect politique ne soit pas plus prononcé, étant donné le sujet des plus délicats. Pour ma part, j’ai trouvé que Ben Affleck ne s’en tirait pas trop mal de ce côté-là, conservant une certaine neutralité et s’en tenant à ce qu’ilsait faire, à savoir, de bons thrillers. Je me suis laissée prendre à cette histoire dont on connaît pourtant la fin (forcément puisqu’il s’agit d’une histoire vraie…), avec un vrai suspens qui se met en place tout au long du film. La distribution est excellente avec notamment Bryan Cranston (inoubliable père de Malcolm et plus récemment héros de Braking Bad) qu’on retrouve toujours à l’écran avec le même plaisir. Ben Affleck est quand à lui un peu terne mais ça colle plutôt bien avec son personnage. Au final, si ce film ne me marquera sans doute pas plus que ça, il est impeccablement réalisé et j’ai passé un excellent moment. 

Cinéma

Time Out, d’Andrew MURPHY

          Science-fiction/thriller américain de Andrew Niccol avec Justin Timberlake, Amanda Seyfried, Cillian Murphy.

          L’histoire se déroule dans un futur où l’argent n’existe plus, il est remplacé par du temps. Comme l’argent, le temps se gagne et se dépense, il peut même s’échanger. Quand il n’y a plus de temps, c’est la mort. Le jour de ses 25 ans, chacun se voit attribuer une année. Certains ont rapidement des siècles devant eux quand d’autres vivent au jour le jour « pour une poignée d’immortels, beaucoup doivent mourir ».

          Vous l’aurez compris nous sommes dans un film d’anticipation. Le scénario est somme toute assez classique, cependant, l’idée de départ, quoiqu’un peu dure à mettre en oeuvre dans un film, n’était pas mauvaise. Le personnage principal est une espèce de Robin-des-bois moderne (il vole les riches pour donner aux pauvres) escorté par sa  Marianne (une riche qui le suit par amour).Malheureusement, le résultat est un peu léger. Certes, je ne m’attendais pas à voir un chef-d’oeuvre, mais j’espérais au moins avoir affaire à un bon film d’action (avec Justin Timberlake, j’avoue, c’était optimiste).

          Je me suis ennuyée devant ce film. C’est plat et un peu mollasson. On voit venir chaque rebondissement avec 1/4 d’heure d’avance. C’est très très convenu. Si au moins c’était parodique, mais même pas ! C’est très américain : tout le monde est beau (ça m’a outrée, ce n’est pas parce qu’on arrête de vieillir à 25 ans qu’on a nécessairement un physique de mannequin…), il y a moults sauvetages (et une mort) à la dernière seconde, des gentils très gentils et des méchants très méchants. Schéma classique quoi.

          Alors, qu’est-ce qui m’a dérangée ? J »aurais aimé un peu plus de fantaisie dans la réalisation. Ce genre de film nécessite un minimum de recul pour être réussi, un peu d’auto-dérision, un brin d’humour, il faut qu’on s’amuse. Là ça se prend très au sérieux et il n’y a vraiment pas de quoi, du coup, ça vire limite au ridicule par moments. Ensuite, côté action, on ne vibre pas tellement. Ca bouge pas mal, c’est vrai, ça gigote, ça s’agite mais ça manque surtout de suspens. Enfin, pour être bon, un film d’anticipation doit être politique. Ici la critique de la société est noyée sous une épaisse couche de bons sentiments, le tout manque cruellement de profondeur (la seule question que je me suis posée pendant tout le film est « Mais comment diable peuvent-elles courir des kilomètrse comme des dératées avec leurs talons aiguilles ?! »). C’est dommage, il y avait pourtant de quoi faire. Un film sans grand intérêt, un médiocre divertissement.

Cinéma

Drive, de Nicolas WINDING REFN

           Film d’action-thriller américain de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston.

       Cascadeur pour le cinéma, mécanicien, mais aussi conducteur dans des casses, « The driver » est le meilleur au volant d’un bolide. très professionnel, avec un code d’honneur à part, il n’a jamais pris part aux crimes et se contente de conduire. Jusqu’à ce qu’il rencontre Irene, dont le mari sort de prison, et a besoin d’aide pour régler ses dettes…

            Un film pour le moins surprenant. Je suis entrée dans la salle sans savoir où je mettais les pieds, persuadée d’avoir affaire  un bon vieux film d’action à l’américaine. Que nenni ! Drive est un film à part. Très esthétique, assez lent, peu d’effets spéciaux, une bande originale fabuleuse… On évite tous les pièges du genre, même celui de la romance. La violence est en revanche très présente, et parfois gratuite, âmes sensibles s’abstenir.

           Un film qui rappelle le cinéma asiatique, tant par sa violence que par ses ralentis très esthétisants (dont le réalisateur abuse un peu à mon goût). Le résultat est surprenant. La mise en scène est impeccable et a d’ailleurs été primée à Cannes. Les acteurs sont également excellents (l’acteur principal qui est ici aussi ouvert qu’une huître et charismatique comme une vieille chaussette – mais je vous rassure, c’est le rôle qui veut ça – est à découvrir absolument dans Half Nelson). Un film beau et bien fait, qui sort totalement des normes du genre. Surprenant mais très réussi.