Mes lectures

Purge, de Sofi OKSANEN

          Un matin, la vieille Aliide trouve dans  la cour de sa petite ferme estonienne une jeune fille apeurée, Zara. La jeune fille ne semble pas arrivée là tout à fait par hasard. Fait-elle partie de la mafia ? est-elle venue tendre un piège à la vieille femme ? Et Aliide, est-elle si généreuse qu’il y paraît ? Pourquoi refuse-t-elle de quitter sa maison ? Chacune garde jalousement les secrets que l’autre cherche à découvrir.

          J’avais entendu parler tant et plus de ce livre. Une telle unanimité quant à sa qualité, venant de personnes très différentes (et pas toujours très fiables en matière de jugement littéraire), m’avait quelque peu laissée perplexe. J’avais donc décidé de laisser décanter tout ça avant de m’y mettre moi aussi. La première surprise est venue du style. Un peu sec, bancal parfois, en un mot pas terrible. Pas mauvais non plus cela dit, mais assez banal et un peu âpre. L’histoire quant à elle commence assez mal et sent à plein nez les bons sentiments…

          Et c’est là que ce livre est génial ! L’auteur échappe à toutes les conventions et nous livre un récit aussi inattendu que cruel. On s’attache peu à peu à ces personnages, en même temps qu’on découvre l’horreur des secrets qu’elles gardent jalousement. La nature humaine n’est décidément pas belle à voir. Je ne vous raconte pas l’histoire, ce serait dommage, mais le tableau se noircit peu à peu, nous laissant toujours un peu plus stupéfaits. Les retours en arrière, mêlant différentes époques, est particulièrement agréable. Une histoire brillamment menée qui mérite le Femina étranger.

Elle inspira si profondément qu’elle se fit mal aux poumons. Elle s’était trompée. Le soulagement lui coupa les jambes et elle trébucha sur les marches.

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La veille; Aliide avait rincé ses cheveux au vinaigre, ils brillaient dans la pénombre, et elle essaya de donner à ses yeux l’air innocent du veau nouveau-né, sans défense et sans repère, de nature à allumer tout de suite chez Martin le désir de lui apprendre à voir, pour que Martin trouve en elle un terrain fertile où semer ses paroles.

Mes lectures

Génération mal logée, YATUU

          On le sait, les étudiants ont souvent le plus grand mal à se loger. Dans la capitale, les prix atteignent des sommets pour des logements pour le moins exigus et parfois insalubres. Heureusement, certains ont choisi d’en rire et nous faire partager ses expériences. Ca va sans doute rappeler des souvenirs à bon nombre d’entre vous…

          J’ai bien aimé la fraîcheur des dessins et la manière dont les situations sont envisagées. J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD et j’ai trouvé un peu dommage que finalement, les situations évoquées soient tristement banales. Je me suis bien sûr retrouvée dans beaucoup de ces scènes mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement convaincue. Une BD divertissante qui m’a un peu laissée sur ma faim.

Actualité

L’actualité de la semaine (14/07)

J’ai été un peu paresseuse dans ma prise de note sur l’actualité du moment. Voici tout de même ce que j’en ai retenu :

– Après la fusillade de la semaine dernière dans le Nord, nouvelle fusillade dans une boîte de nuit. Elle a fait 10 blessés, le tireur a été interpellé.

– Roger Federer gagne son 7° Wimbledon et redevient le n°1 mondial, prouvant ainsi si besoin était qu’il est un joueur de légende.

– Encore un rebondissement dans l’affaire Merah. TF1 a diffusé des extraits de l’enregistrement des négociations de Mohamed Merah avec le Raid. Il y tient des propos qui ont choqué les familles des victimes. Cette affaire a lancé un vif débat sur ce qu’il est possible ou non de diffuser à la télévision.

L’initiative originale du moment : un jeune diplômé d’école d’ingénieur a décidé de partir 33 semaines, dans 33 pays différents, pour y essayer 33 emplois. On peut suivre son voyage ici.

          Les sorties de la semaine : Mains armésde Pierre Jolivet, une histoire dans le milieu de la police. Les kaïrade Franck Gastambide, comédie des cités dont je vais me dispenser. Les enfants de Belle Villed’Asghar Farhadi, l’histoire d’un jeune homme condamné à mort à Téhéran.

Mes lectures

Les larmes de Tarzan, de Katarina MAZETTI

          Lui c’est Janne, elle Mariana, elle lui est tombé dessus (littéralement) un jour où elle jouait à Tarzan. Elle est maman de 2 enfants dont le père schizophrène a un jour quitté la maison, et elle peine à joindre les deux bouts. Lui est un jeune premier cousu d’or à qui tout réussi. Ils ne peuvent pas se supporter et pourtant, bientôt ils ne pourront plus se quitter.

          L’auteur reprend ici le thème qui avait fait le succès du Mec de la tombe d’a côté : deux personnes que tout oppose et qui s’aiment pourtant tant bien que mal. Autant j’avais apprécié le premier, aux personnages attachants et à l’écriture d’une fraîcheur reposante, autant là, je suis restée sur ma faim. Non seulement l’histoire est à la fois déjà vue et improbable, mais l’écriture est bâclée et les personnages aussi épais qu’une chips. Tout est téléphoné et le Happy end ne fait que rajouter une couche à la médiocrité ambiante. Certes, ça se laisse lire, sans déplaisir, mais guère plus.

Un jour j’ai trouvé son bulletin de salaire dans la boite à courrier sur le plan de travail de la cuisine… Non, ce n’était pas une petite prime, c’était vraiment son salaire ! Il aurait peut pu faire manger une famille de canaris, mais certainement pas elle et ses enfants !

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Ce soir là, il m’est clairement apparu que ce qui me manquait le plus dans la vie était un compagnon avec fonction de vide-sauce. On peut manifestement vivre sans sexe, mais il est indispensable de disposer d’un évier à vider ses petites agressions quotidiennes.

Cinéma

Tomboy

          Drame français de Céline Sciamma avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson.

          Lorsque la famille de Laure déménage, la petite fille très garçon manqué décide de se présenter à ses nouveaux amis sous une fausse identité. Pour eux, elle sera Mickaël. Un changement qui ne sera pas sans conséquences, pour elle comme pour son entourage.

          La thématique est intéressante et traitée habilement. On voit l’histoire des yeux de cette jeune fille qui se fait passer pour un garçon. On la voit donc jouer avec ses nouveaux amis, se disputer avec sa soeur ou tomber amoureuse. On en vient totalement à oublier qu’une petite fille se cache derrière ce petit garçon si plein de vie. Du moins jusqu’à ce que sa mère découvre ce qu’il se trame…

          J’ai bien aimé ce film qui montre sans porter de jugement. On ne tombe jamais dans le Pathos. Ce que je reprocherais peut-être à ce film c’est de suggérer les questions sans vraiment les poser, et encore moins y répondre. J’aurais peut-être préféré un traitement un peu moins frontal. Toutefois ce film est très réussi : sobre, il va droit à l’essentiel. Sur un sujet dérangeant, un film qui échappe aux clichés en choisissant un traitement un peu froid. A voir.