Cinéma

Les marches du pouvoir, de George CLOONEY

          Drame de et avec George Clooney. Avec Ryan Gosling et Philip Seymour Hoffman.

      Pendant les primaires démocrates américaines, le conseiller d’un des candidats observe les jeux de pouvoir. Idéaliste, passionné par la cause qu’il sert, il va peu à peu découvrir les coulisses d’une élection. Entre manipulation et compromission, ses illusions vont être mises à mal.

         C’est le premier film de Georges Clooney que j’ai l’occasion de voir : la réalisation lui va bien. L’atout majeur de ce film réside dans son casting impeccable. Trois grands acteurs dans les rôles principaux (le talent de Ryan Gosling ne cesse de se confirmer), incroyablement convaincants, et des seconds rôles soignés. On n’a aucun mal à y croire. Le scénario est bien ficelé, c’est filmé plutôt sobrement et la musique est assez réussie. Une base solide donc.

           Le deuxième point fort est un regard quasi documentaire. Clooney est démocrate, chacun le sait et le film ne laisse aucun doute à ce sujet. C’est son propre camp qu’il a choisi de filmer, en montrant les faiblesses, accentuant le fait qu’il n’est guère plus honnête que le camp adverse. Ce sont les rouages de la politique, dans ce qu’elle a de plus noir, qui sont mis en avant. Un choix judicieux, qui laisse de côté les considérations purement affectives : adhérer aux idées d’un parti ne doit pas empêcher d’être conscient de ce qui se trame en coulisse.

        Au passage, on a quand même un beau pamphlet politique en toile de fond : mariage homosexuel, port d’armes, peine de mort… Les grands thèmes sont abordés de manière détournée, amenant avec finesse les opinions du réalisateur. Un film intelligent et subtil qui, s’il manque peut-être un peu de force, est toutefois un très bon cru.

Mes lectures

Maylis de KERANGAL, Naissance d’un pont

          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre l’année dernière (en bien) et me l’étais fait offrir à Noël après qu’il ait reçu le prix Médicis. Ceux de mon entourage qui l’avaient lu ne tarissaient pas d’éloges à son sujet. Après avoir longuement attendu pour une raison indéterminée, je me suis donc lancée dans cette lecture avec enthousiasme à peine mon mémoire présenté.

          Eh bien je serai brève : je n’ai pas du tout accroché, mais alors, PAS-DU-TOUT !!! Le style m’a horripilée dès les premières pages. J’ai eu beau tenter de me raisonner, rien à faire, c’est une réaction épidermique totalement incontrôlable. Le livre présente plusieurs personnages, pensant que c’était peut-être simplement le premier qui me dérangeait, j’ai feuilleté la suite, lisant de longs passages au hasard : non, non et non, rien à faire, cette écriture me crispe, j’ai dû refermer le livre aussitôt ouvert.

          Je vous passerai donc l’histoire (la construction d’un pont à travers l’histoire de plusieurs personnages), et ne citerai qu’un court extrait étant donné que je n’ai même pas réussi à avancer assez pour me faire une idée. Il y avait longtemps qu’une plume ne m’avait pas tant rebutée. La déception de l’année.

_______________

Téléporté ainsi de biotope en biotope, à bord de vols long-courrier finissant bien souvent en coucou biturne, il ne reste guère plus de dix-huit mois sur un site et ne voyage jamais, dégoûté de l’exotisme, de sa trivialité.

Club lecture

Club-lecture novembre

          En novembre, nous abordons un genre que nous avions pour le moment laissé de côté : la science-fiction. Nous avons choisi de lire au choix trois grands classiques du roman d’anticipation. Trois contre-utopies qui ont marqué l’histoire de la littérature :

1984 de George Orwell,

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury,

Le meilleur des mondes d’Aldus Huxley.

          Beaucoup d’entre nous lisent peu ou pas de science-fiction, c’est donc l’occasion de découvrir un genre quelque peu délaissé. Pour ma part, je vais tenter de lire les trois. J’ai lu il y a fort fort longtemps Le meilleur des monde et Fahrenheit 451, deux livres que j’avais beaucoup aimé. Ce sera donc pour moi l’occasion de les redécouvrir et de lire celui que je ne connais pas encore.

          Rendez-vous fin novembre pour le compte-rendu. Bonne lecture à tous.

Divers

Bon week-end

Je prends quelques jours de « vacances » et vais donc quelque peu abandonner le blog. On se retrouve dans le courant de la semaine prochaine. Bon week-end à tous !

Mes lectures

Lutz BASSMANN, Les aigles puent

          Dans une ville ravagée, Gordon Koum cherche les corps de sa femme et ses enfants dans les décombres. Lui-même irradié, au seuil de la mort, il leur rend un dernier hommage à travers la voix d’un pantin trouvé dans les gravas.

          « Lutz Bassmann appartient à une communauté d’auteurs imaginaires » (paroles de l’éditeur), plus connu sous le pseudonyme d’Antoine Volodine. L’année dernière, il avait réalisé l’exploit de publier trois romans, sous trois noms différents (et chez trois éditeurs) pour la rentrée littéraire. J’en parle ici à l’occasion de la lecture de très très bon Écrivains. L’objectif était de montrer que le texte est indépendant de la biographie (Antoine Volodine est notamment connu pour ses thèses formalistes) et que le même homme pouvait écrire trois textes totalement différents. L’objectif est intéressant et j’avais donc acheté les deux autres livres afin de voir ce qu’il en était.

         J’ai été bien moins convaincue par ce texte que par Écrivains. Le texte est sombre, très sombre, trop sombre. Un texte d’anticipation dans un univers sans espoir, genre avec lequel j’ai beaucoup de mal à accrocher. Ce n’est pas que je tienne beaucoup aux histoires joyeuses, mais tout de même… Toutefois, si je n’ai pas du tout adhéré à l’univers, je suis restée éblouie par ce style magistral. D’un point de vue purement stylistique c’est sans doute encore meilleur que l’ouvrage sus-cité qui m’avait laissée muette d’admiration des jours durant.

          Il m’a semblé voir dans ce texte quelques points communs avec le livre précédent (dans l’ordre de mes lectures, en réalité, ils sont parus en même temps). Sans doute est-ce uniquement parce que j’ai inconsciemment cherché cette ressemblance. Quelques vagues réminiscences mises à part, c’est un ouvrage totalement différent de celui que j’avais lu, tant par l’univers que par l’écriture. Bien que je n’aie pas tellement apprécié ce livre, je ne peux que m’incliner devant un tel talent. Reste à savoir si le troisième roman vient confirmer la réussite de l’incroyable entreprise de l’auteur. La réponse bientôt.

_______________

Renoncer à ce qui suscite la protestation des vivants, à leurs petites indignations qui, la plupart du temps, sont insultantes pour les morts. Accepter le contact épuisé, non poétique, avec les morts.