La grâce des Brigands – Véronique Ovaldé

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          Maria Christina est un auteur à succès qui vit à Los Angeles. Mais quand sa mère l’appelle après plus de 10 ans de silence pour lui demander de venir chercher son neveu dont elle ignorait jusqu’à l’existence, son passé la rattrape et elle songe au chemin parcouru pour en arriver là.

la-grace-des-brigands-4378013          Je n’avais jamais rien lu de Véronique Ovaldé dont j’ai pourtant beaucoup entendu parler. J’avais donc hâte de découvrir ce style qu’on vante tant avec son dernier roman, tout juste paru. Le sujet me semblait de plus prometteur. Toutefois mes espoirs ont bien vite tourner court. Dès les premières lignes, j’ai su que ça n’allait pas être possible entre le style de Véronique Ovaldé et moi. Que c’est plat ! Le nom du personnage est répété à chaque phrase où presque, le décor semble en carton, j’ai eu l’impression d’entendre la voix off d’une mauvaise série B américaine. J’ai bien cru que j’allais abandonner ce roman tant cette fadeur me semblait insoutenable. Mais on en disait tellement de bien, ça devait bien s’arranger à un moment ou un autre tout de même… Cette idée méritait bien d’essayer d’aller au moins disons, jusqu’à la page 50.

          Sans aller jusqu’à dire qu’une révélation s’est opérée pendant ces quelques pages, je dirais toutefois qu’une nette amélioration s’est fait sentir : le style s’allège un peu et l’histoire gagne en intérêt. J’ai donc finalement réussi à entrer dans ce texte et à avoir envie d’en connaître la suite. Le parcours de Maria Christina est pour le moins chaotique et ne manque pas de rebondissements. J’aurais sans doute aimé un peu plus de sensibilité, le texte reste assez froid, on pénètre peu dans les émotions des personnages et c’est un dommage, il y avait pourtant là un beau potentiel. Une petite bizarrerie de construction à noter : le narrateur est un « je » qui ne correspond à aucun personnage et forme comme une légère incohérence dans le récit. Toutefois, j’ai pris plaisir à lire ce texte, malgré un début très faible et une fin bâclée. Ce roman est assez agréable à lire mais quelque peu insipide, j’ai eu l’impression de voir réunis tous les ingrédients du succès programmé mais qu’il y manquait du travail et une pointe d’inspiration, me laissant sur ma faim.

3100957_opale-31111-1_545x341Pour s’endormir Maria Christina projetait son propre enterrement et imaginait le regret qu’on aurait d’elle.
Et quand elle regardait le calendrier elle songeait qu’elle passait chaque, insouciante, la date anniversaire de sa future mort, cette date funeste qui marquerait sa fin, cette date qu’elle vivait à chaque fois dans l’ignorance.

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Il est fasciné par la vieillesse des femmes. Il se demande en substance comment font les femmes pour vivre quand elles sont devenues totalement invisibles. Non désirables donc invisibles.

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Elle se dit que c’était amusant ces gens qui vous proposent des choses qu’ils ne peuvent pas tenir alors même que vous ne leur avez rien demandé.

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  1. Je l’ai dans ma bibliotheque celui la, mais je me suis pas résolu à le lire car moi par contre j’ai un gros probleme avec le style de Véronique Ovaldé avec lequel j’ai énormément de mal à accrocher…un mélange pour moi de poésie factice et de lieux communs, j’avoue ne pas trop comprendre ce que tout le monde lui trouve… cela dit j’étais pret à revoir ma position avec cette grace des brigands mais ce que tu en dis ne plaide pas énormément en sa faveur … bonne journée à toi

    • J’ai justement trouvé le style assez commun et creux. Je vois ce que tu veux dire pour la « poésie factice », même si je ne l’ai pas trop ressentie dans celui-ci où c’est plutôt l’histoire que j’ai trouvée un peu artificielle (l’enfance malheureuse, la rencontre avec un grand écrivain un peu dérangé, le succès… en un mot le rêve américain !). J’ai eu l’impression que l’auteur voulait plaire et en oubliait d’être elle-même pour un résultat assez froid, qui manque d’émotion.

  2. Bon ! ben je m’apprête à le lire…J’ai découvert Ovaldé avec « Déloger l’animal » qui à mon avis était assez loin des lieux communs, j’ai beaucoup aimé « Ce que je sais de Vera Candida » et son influence sud-américaine…Je verrai bien !

    • Je n’avais rien lu d’elle mais je pense que si tu avais apprécié ses précédents romans il n’y a pas de raison pour que celui-ci ne te plaise pas. Il y a des auteurs comme ça qui ont des styles assez marqués avec lesquels soit on accroche, soit on n’aime pas du tout ! Pour ma part j’ai été un peu partagée. C’est surtout le début qui m’a gênée et la toute fin est un peu expéditive à mon goût mais finalement je me suis assez laissée prendre par l’histoire de ce personnage et si je n’ai pas adoré ce livre, je l’ai quand même lu avec un certain plaisir. C’est un libraire qui adore l’auteur qui me l’avait conseillé, il l’a adoré ! J’espère que tu me diras ce que tu en as pensé. Bonne lecture.

      • Mon libraire aussi, adore, il l’a reçue dans sa librairie, et c’est vrai que j’ai aimé ce que j’ai lu auparavant. Mon mari vient de le finir, il a trouvé pas mal mais sans plus., « Ce que je sais de Vera Candida » est vraiment très beau. Ovaldé a un imaginaire, un univers mental à part, je crois. Là je vais lire d’abord « Animaux solitaires » de Bruce Holbert, histoire de voyager chez mon éditeur préféré du moment, et je prendrai « La grâce des brigands » après !

      • Je ne connais pas du tout ! Je note le titre dans un coin (encore un !). Je pense que je lirai un autre Ovaldé, celui-ci ne me semble pas être la meilleur approche qu’il soit 🙂

      • ça a l’air, oui ! « déloger l’animal » est aussi assez étrange, c’est le premier que j’ai lu, ça ne ressemble à rien d’autre…Vous me direz !

    • Je comprends tout à fait ! Au début j’ai cru que j’allais l’abandonner tellement je le trouvais sans intérêt mais finalement j’ai fini par m’y faire. Pas que ce soit un grand roman mais j’y ai trouvé un charme un peu désuet, je crois que ça m’a rappelé certains romans que je lisais à l’adolescence entre deux classiques. Le début est mauvais et la fin bâclée mais le reste se laisse lire. Mais bon, même si j’y ai finalement pris un certain plaisir, le tout reste quand même pauvre et ne me marquera pas des masses.

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