Archives de Catégorie: Club lecture

Les rendez-vous de notre club-lecture

Ray BRADBURY, Fahrenheit 451

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          Guy Montag est pompier. Dans un monde où les livres sont interdits, les pompiers n’éteignent plus les incendies mais les allument. 451 degrés Fahrenheit, c’est la température à laquelle le papier s’enflamme. Dans une société où le questionnement et la réflexion sont découragés, il va peu à peu commencer à rêver à un monde différent, mettant en péril sa sécurité.

          J’avais lu ce livre il y a très longtemps. Il avait été pour moi une vraie révélation. Je me souviens avoir tremblé face au sort incertain du pompier pyromane qui m’inquiétais quelque peu. J’avais adoré cette histoire et s’il me semblait en garder des souvenirs assez nets, j’avais peur qu’ils soient faussés par le temps. Et plus encore, j’avais peur de ne pas y retrouver ce que j’avais tant aimé la première fois.

          J’ai vite été rassurée. J’ai retrouvé la même émotion qu’à la première lecture, et j’en ai sans doute bien plus apprécié le style. Je trouve ce texte d’une modernité déconcertante et l’écriture est limpide et agréable, ce qui vient encore renforcer ce sentiment de modernité. Je pense que j’aurais été bien incapable de dire à quelle date a été écrit ce texte si je n’avais pas lu la 4° de couverture. On y retrouve les ingrédients classiques des romans d’anticipation, notamment les réflexions sur le bonheur, la place de l’individu dans la société, l’importance de la culture, etc ; avec en plus une manière de traiter le sujet novatrice et une fraîcheur qui rend la lecture agréable.

          Le sujet me parle bien sûr tout particulièrement, ce qui ajoute à mon enthousiasme. J’aime aussi le côté ambivalent du personnage principal, qui est bien loin d’être un héros. L’action se déroule rapidement, on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer, et je trouve cette histoire particulièrement prenante. Parmi les 3 grands classiques de l’anticipation au programme du club-lecture de novembre, celui-ci est mon préféré. Un roman qui mérite largement son titre de chef-d’oeuvre de l’anticipation et qui restera pour moi un grand moment de ma vie de lectrice.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous laisse tranquilles. Nous avons besoin de vrais tourments de temps en temps.

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Nous ne naissons pas libres et égaux., comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l’image de l’autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison.

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Je ne parle pas des choses, avait dit Faber. Je parle du sens des choses. Là, je sais que je suis vivant.

Georges ORWELL, 1984

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      En 1984, dans un monde où aucune liberté de pensée n’est admise, Wintson commence la rédaction d’un journal intime. Il sait qu’il ne pourra échapper longtemps à la Police de la Pensée mais espère pouvoir d’une manière ou d’une autre pouvoir laisser une trace de son passage et de ses idées.

          Le deuxième livre au programme du club lecture du mois de novembre (qui, je vous le rappelle, se tiendra le mardi 29 novembre). Ici aussi, un classique de l’anticipation. Depuis longtemps j’avais le projet de lire ce roman, sans jamais m’être lancée. Voilà qui est chose faite ! J’ai eu beaucoup de mal à démarrer. L’écriture est assez aride, j’ai peiné avant de me prendre à l’histoire.

           J’ai retrouvé dans ce livre beaucoup de choses déjà présentes dans Le meilleur des mondes, trop peut-être. Orwell décrit un monde totalitaire, où l’individu n’a d’existence qu’au sein du groupe, pas réellement d’identité propre. Un homme seul détient le pouvoir. Le passé n’existe plus, chacun doit oublier ou changer ses souvenirs selon le bon vouloir de Big Brother. Ce livre est écrit en 1950 et les traces du III° Reich y sont clairement visibles.

          Le moins qu’on puisse dire c’est que le style ne m’a pas éblouie. J’avais aimé la légèreté et la verve de La ferme des animaux, ici, l’écriture est bien plus austère, nulle trace de fantaisie. Ce livre répond aux standards de l’anticipation, mais s’il développe ce qui existait déjà, je n’y ai pas vu de nouveautés majeures, ce qui m’a un peu déçue étant donné sa grande renommée. Malgré cette petite déception face à l’austérité du texte, je l’ai toutefois trouvé plein de bon sens. Il pose des questions intéressantes, notamment sur le pouvoir, et les travers de la société comme de la nature humaine y sont bien mis en exergue. Un texte difficile mais intéressant.

Comment communiquer avec l’avenir ? C’est impossible intrinsèquement. ou l’avenir ressemblerait au présent, et on ne l’écouterait pas, ou il serait différent, et son enseignement, dans ce cas, n’aurait aucun sens.

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Ils se révolteront quand ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés.

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Les meilleurs livres, se dit-il, sont ceux qui racontent ce que l’on sait déjà.

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Rien n’existe que par la conscience humaine.

Aldous HUXLEY, Le meilleur des mondes

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          Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un ouvrage lu dans le cadre du club lecture avant que celui-ci ne se tienne. Nous avons choisi 3 livres au choix pour ce mois-ci, et il me semble difficile de les présenter tous à la fois. Je vais donc en parler au fur et à mesure de mes lectures et je m’attacherai aux considérations plus générales et aux avis de chacun pour le compte rendu de novembre.

         Le monde a changé, les hommes ne sont plus vivipares mais se reproduisent en éprouvettes (mis à part quelques sauvages parqués dans des réserves). Ils sont répartis en castes et conditionnés en fonction de leur place dans la société. Dans les couches les plus basses, les groupes de « jumeaux » jusqu’à 80 individus sont privilégiés pour accomplir le travail, quand les dirigeants sont eux uniques et capables de réflexion (dans une certaine mesure). Chacun apprend quelle est sa place dès son plus jeune âge grâce à l’instruction pendant le sommeil. Un conditionnement qui rend chacun heureux…

         J’avais lu ce livre il y a fort longtemps et, si j’avais trouvé le style un peu sec, j’avais adoré l’histoire. Eh bien, à la deuxième lecture c’est plus où moins pareil. Avec en plus une conscience du contexte d’écriture que je n’avais pas du tout lors de ma précédente lecture. Aldous Huxley était sans nul doute un grand visionnaire, ce qui est à la fois fascinant et terrifiant. Bien éléments de ce livre se sont vus réalisés (l’omniprésence de la télévision par exemple) et il semble incroyable qu’il ait été rédigé en 1932 tant il est criant de modernité. Ce classique de l’anticipation mérite sa renommée. Un livre politique qui pose des questions aussi dérangeantes qu’essentielles. A lire absolument.

Et c’est là, dit sentencieusement le Directeur en guise de contribution à cet exposé, qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper.

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L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir (sous une forme plus douce, et symbolique), les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.

Club-lecture novembre

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          En novembre, nous abordons un genre que nous avions pour le moment laissé de côté : la science-fiction. Nous avons choisi de lire au choix trois grands classiques du roman d’anticipation. Trois contre-utopies qui ont marqué l’histoire de la littérature :

1984 de George Orwell,

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury,

Le meilleur des mondes d’Aldus Huxley.

          Beaucoup d’entre nous lisent peu ou pas de science-fiction, c’est donc l’occasion de découvrir un genre quelque peu délaissé. Pour ma part, je vais tenter de lire les trois. J’ai lu il y a fort fort longtemps Le meilleur des monde et Fahrenheit 451, deux livres que j’avais beaucoup aimé. Ce sera donc pour moi l’occasion de les redécouvrir et de lire celui que je ne connais pas encore.

          Rendez-vous fin novembre pour le compte-rendu. Bonne lecture à tous.

Club-lecture 9°, octobre : Michel Folco

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          Notre club lecture s’est réuni mardi soir, avec deux nouvelles recrues. Nous nous réunissions non pas autour d’un livre mais d’un auteur : Michel Folco, auteur de roman historiques humoristiques. Deux titres au choix : Dieu et nous seuls pouvons, l’histoire d’une lignée de bourreaux ; et Un loup est un loup sur une famille de quintuplés dont un décide de partir vivre avec des loups. Deux histoires improbables donc, mais au contexte hautement documenté. Un mélange inhabituel.

          La grande majorité d’entre nous a choisi Dieu et nous seuls pouvons. Celle qui a choisi l’autre roman l’a trouvé long à démarrer, avec beaucoup de descriptions (de lignées notamment) et de références historiques obscures (que ce soit par le vocabulaire ou les noms de personnages) qui empêchent de comprendre de suite l’humour de l’auteur et surtout où il veut en venir. Un démarrage un peu longuet donc, qui lui a moyennement donné envie de continuer.

           Concernant Dieu et nous seuls pouvons, un démarrage sur les chapeaux de roues au contraire (un infanticide dès la 3° page). Quelques digressions mais dans l’ensemble un rythme très soutenu qui demande une lecture active (pas question de sauter un paragraphe sous peine de ne plus retrouver le fil de l’histoire). Le sujet semble sombre mais est traité avec beaucoup de légèreté et d’humour. C’est cynique, cruel parfois, un rien malsain de temps en temps. On hésite entre dégoût et franche rigolade. 

        Pour ma part, je suis une inconditionnelle ! J’adore cet humour grinçant. Le style léger cache une profonde assise historique. On est loin de l’image poussiéreuse du genre ! Si les personnages sont totalement farfelus, le contexte est lui bien réel, tout comme les lois s’appliquant aux bourreaux. On se cultive donc tout en se délectant de scènes un peu sordides et en souriant aux déboires des personnages. J’ai visiblement fait une nouvelle adepte, prête à son tour à convertir la moitié de son entourage. Mission réussie donc (oui oui, je fais du prosélytisme, j’assume totalement). Les autres n’avaient pas fini leur lecture et s’ils semblaient moins débordants d’enthousiasme, ils appréciaient toutefois leur lecture. Cette lecture me tenait vraiment à coeur étant donné mon amour inconditionnel pour cet auteur qui à mes yeux frôle la perfection et je suis enchantée que dans l’ensemble ces livres aient été plutôt appréciés. J’espère que ça aura donné envie à ceux qui ne le connaissent de découvrir cet auteur à part. 

        Dans quelques jours, vous découvrirez ce que nous lisons le mois prochain. Nous avons choisi 3 classiques de la science-fiction que vous découvrirez ici-même dans quelques jours. En attendant, je voudrais remercier tous les participants du club-lecture pour cette soirée vraiment sympathique. Nous étions nombreux et la conversation a été aussi animée qu’intéressante, un vrai plaisir. Vivement le mois prochain qu’on recommence !


Il préférait se consacrer aux chevaux et aux femmes qu’il sélectionnait sur des critères identiques (pour être bonne, une jument ou une femme se devait de posséder une poitrine large, une croupe remplie et le crin long).

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C’était l’époque où la justice faisait combattre à mort les accusés sous prétexte qu’il était impensable que Dieu puisse bailler la victoire à un coupable. D’ailleurs, tant de gens croyaient en Lui qu’il eût été messéant qu’Il n’existât point.

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Suivant un rythme identique à celui de l’agriculture, le cycle annuel du brigandage rural s’accélérait au printemps et en été pour se ralentir à la morte-saison et hiberner en temps de neige.