Expositions

Le Japon au Jardin d’acclimatation

          Durant tout le mois d’avril, le Japon s’est invité au Jardin d’acclimatation. Un petit vent d’exotisme qui souffle sur ce très chic jardin parisien. Des animations culturelles (cérémonie du thé, musique traditionnelle, défilé en costumes…) et des stands de produits japonais qui promettaient le dépaysement. Je suis donc allée voir ce qu’il se passait.

          Dès l’entrée, j’ai été très déçue par ce « jardin japonais » : de petits stands alignés le long d’une allée. La décoration n’atteint pas des sommets, ça reste somme toute assez neutre. Je m’attendais à plus de dépaysement. Sur les stands en question, beaucoup de babioles : carrés de tissus, bijoux fantaisie vus et revus, poterie… Tout ce qui était un peu attrayant comme les estampes ou certaines boîtes à thé étaient absolument hors de prix (400€ le dessin à l’encre de chine de petit chat c’est légèrement excessif…).

          Finalement, la moitié des produits présentés sont disponibles dans n’importe quel bon magasin de déco (pour les bols, dont le choix était ridiculement limité, ou les bijoux en tissus par exemple), pour le reste, la maison du Japon est mieux fournie. Les commerçants étaient de plus extrêmement peu aimables. Ils parlaient entre eux en japonais sans accorder le moindre intérêt au potentiel client, ne serait-ce que pour répondre à son bonjour. Côté nourriture, un choix désespérément pauvre. J’avais hâte de m’attaquer à de bonnes brochettes boeuf/fromage, que nenni ! Il y avait essentiellement des boulettes à l’oeuf à prix d’or. Une sortie qui ne valait même pas les 3 malheureux euros de l’entrée.

Culture en vrac

Avril, le bilan

           J’ai totalement oublié mon rendez-vous du 1° du mois pour faire un petit point sur les évènements culturels du mois passé. Le voici donc avec quelques jours de retard.

           Aucune hésitation pour ce mois-ci. Il y a eu un livre, sans hésiter, celui qui a occupé une large partie de mon mois, Les mille automnes de Jacob de ZoetCôté cinéma, je boude toujours les salles obscures, n’étant pas très inspirée et me trouvant mille autres occupations. Le film du mois est toutefois un très bon cru avec Artemisia

           Pas d’exposition forte ce mois-ci. Du travail supplémentaire et un déménagement m’ayant grandement occupée et réduit considérablement le nombre de mes sorties. mais promis, je me rattraperai le mois prochain !

Théâtre

Hiroshima mon amour

          Texte de Marguerite Duras. Mise en scène, Christine Letailleur. Avec Valérie Lang et Hiroshi Ota.

          Le théâtre de la ville propose dans son annexe de la rue des Abbesses une adaptation du célèbre texte de Marguerite Duras. Deux acteurs seuls en scène dans la pénombre, une mise en scène à la fois épurée et imaginative et le texte scandée. Une pièce pour le moins surprenante.

          Voir Duras au théâtre, c’est toujours une expérience déroutante. Ses textes, qui s’apparente souvent à de longs monologues décousus, sont particulièrement difficiles à adapter, ce qui laisse le champ aux meilleures surprises… comme au pire. J’ai donc eu envie d’aller voir cette pièce, histoire de voir ce que ça donnait. Deux acteurs seuls en scène, nus, dans une obscurité presque totale. Seuls les visages sont éclairés, ils sont sur un lit et parlent d’Hiroshima.

          La manière dont le texte est récité est assez gênante au début, le débit est haché et plutôt agaçant. Les premières minutes laissent assez mal présager de la suite… Heureusement, on s’habitue peu à peu à ce jeu inhabituel. Au fur et à mesure qu’on avance dans le texte, le jeu se fait plus naturel et plus vivant. Des images du film sont projetés, ainsi que du bombardement d’Hiroshima. Une mise en scène très forte et par moment extrêmement perturbante.

          J’ai eu du mal à la sortie du théâtre à décider si j’avais ou non aimé cette pièce. Je crois que l’expérience dépasse ces banales considérations tant elle est intense. La performance d’acteurs est indéniable et la mise en scène époustouflante. Sans doute l’une des plus belles mises en scènes qu’il m’ait été donné de voir, sophistiquée et épurée à la fois. Les images projetées sont très fortes et l’intensité de la  pièce est parfois à la limite du supportable. Éprouvant et intense, un moment de théâtre hors normes.

Hiroshima mon amour

Théâtre de la Ville (annexe des Abbesses)

31, rue des Abbesses

75018 Paris

Théâtre

Canteloup n’arrête jamais

          L’imitateur qui couvre la campagne des présidentielles pour TF1, commente l’actualité tous les matins sur Europe 1 et anime le plateau de Michel Drucker le dimanche, monte sur scène aux Folies Bergères. Il y reprend certains de ses sketchs phare et nous présente également quelques nouveautés. L’occasion de découvrir toute l’étendue de son talent.

          Pour commencer, découverte des Folies Bergère (sans « s » car il s’agit des folies de la rue Bergère, pas d’accord donc). La salle est impressionnante, le hall immense. C’est dans cette salle qu’est né il y a plus de 130 ans la première revue de music-hall. Un lieu chargé d’histoire où sont passés les plus grands. La salle en elle-même est assez imposante, toutefois, on regrettera la mauvaise vue depuis le balcon, due au manque de déclivité. Au prix de la place, c’est pour le moins fâcheux. Voilà un spectacle qui eût pu commence sous de meilleurs auspices (on regrettera d’ailleurs d’avoir dû se contorsionner 2h durant pour tenter d’apercevoir ce qu’il se passait sur scène).

          L’entrée en scène de l’artiste est fracassante. On nage en plein show à l’américaine. Malgré ce démarrage sur les chapeaux de roues, j’ai trouvé que le spectacle peinait un peu à démarrer. Heureusement, après 2/3 boutades un peu faciles pour se mettre en jambe, Nicolas Canteloup se montre rapidement sous un jour meilleur avec l’humour corrosif qu’on lui connaît. Tout y passe : politique, actualité des médias, faits divers, chanson… Le rythme est assez soutenu, pas le temps de s’ennuyer, (d’autant que la scénographie est pour le moins impressionnante) et la plupart du temps, le comique fait mouche. Bien sûr, c’est un peu inégal, ce qui est plus ou moins inévitable en 2h de spectacle mais l’ensemble est bien ficelé et plutôt convaincant.. L’énergie qu’il déploie sur scène fait largement oublier les quelques petites faiblesses du spectacle. Je trouve Nicolas Canteloup particulièrement bon quand il s’agit de politique et j’ai franchement ri devant ce spectacle où je ne me suis pas ennuyée une minute. Un bon moment de franche rigolade.

 

Théâtre

Les liaisons dangereuses

          Mise en scène de John Malkovich. Avec Sophie Barjac, Rosa Bursztejn, Jina Djemba, Lazare Herson-Macarel, Mabô Kouyaté, Yannik Landrein, Pauline Moulène, Julie Moulier, Lola Naymark.

          Les liaisons dangereuses est un de mes romans préférés. J’ai beau le lire et le relire, je ne m’en lasse pas et y découvre toujours des choses nouvelles. La modernité du texte ne cesse de me surprendre. Du grand art. L’adaptation cinématographique avec John Malkovich en Valmont était particulièrement réussie (même si aucun film ne saurait avoir le sel de la littérature) et il me semblait donc raisonnable de penser qu’il pourrait en faire une bonne adaptation théâtrale. Grave erreur.

          Déjà, le casting : Valmont est trop jeune, bien trop jeune. La Merteuil est plutôt bien dans son rôle en revanche. La petite Volange en fait des tonnes et la Présidente de Tourvel, si elle n’est pas mauvaise, est particulièrement mal dirigée (et fagotée). Le texte est mal adapté. Le parti pris est celui de l’humour : on tombe vite dans la farce. Disparues la légèreté et la précision de l’original. Valmont veut nous faire rire et abuse de bons mots (ou de mauvais) pour cela. De plus, l’adaptation fait preuve d’une certaine vulgarité. Pas que le texte ne se distingue par sa pudeur mais il était autrement plus raffiné (bien que ce point là ne soit pas celui qui me gêne le plus en l’occurrence).

          Les lettres sont remplacées par Iphones et Ipads, ce qui est tout à fait superflu. On ne retrouve que très peu le texte de départ, et bien souvent modifié avec excès et sans raison (ainsi la lettre de rupture entre Valmont et Madame de Tourvel , si belle au naturel, est méconnaissable…). Si la première partie est une farce de mauvais goût, la deuxième est d’un ennui mortel. Comment d’un pareil monument de délicatesse peut-on faire une telle platitude ? Malkovich est visiblement bien meilleur acteur que metteur en scène. Une pièce sans le moindre intérêt.

Pour le plaisir, voici la lettre originale de rupture entre ce cher Vicomte et sa pauvre victime :

On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une Loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute. »

Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute.

Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute.

Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute.

Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute.

Je sens bien que voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la Nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute.

Crois-moi, choisis un autre Amant, comme j’ai fait une autre Maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute.

Adieu, mon Ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute.

Les liaisons dangereuses

Jusqu’au 30 juin

Théâtre de l’Atelier

1 place Charles Dullin

75018 Paris

http://lesliaisonsdangereuses.fr/