Mes lectures

Le voleur d’ombres : j’ai lu (et aimé !) mon premier Marc Lévy

          Enfant, il vole les ombres des gens qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir…? 

           Je dois avouer que je n’avais jamais lu de Marc Lévy avant ça et franchement, ça ne me tentait pas des masses. Les grands succès populaires sont une source quasi-inépuisable de déception pour moi, j’ai donc tendance à les fuir. Pas que je me sente à part ou au dessus du lot mais c’est vrai que j’ai toujours aimé une littérature assez exigeante (je n’ai peut-être pas un Bac +5 en la matière pour rien non plus hein) et qui donc peine souvent à rencontrer son public. Plus un roman a de succès, plus il a de chance d’être moyen. Pas mauvais non. Juste fade. Il y a fort heureusement quelques exceptions mais elle sont rares. Et puis c’est vrai que je prends plus de plaisir à découvrir un auteur qui doit avoir à peine 500 lecteurs qu’à passer après 200 000 autres mais ça c’est juste un petit délire personnel. Bref, Marc Lévy n’était donc pas arrivé dans ma bibliothèque jusque-là. Parce qu’on ne peut pas dire du mal d’un auteur avant de l’avoir lu et que des fois c’est très tentant, une année, j’avais décidé de lire un titre des chaque gros vendeur du moment qui étaient grosso modo Lévy, Pancol, Gallay, Pancol et Musso – et Nothomb mais elle je connais déjà. Je me suis arrêtée après le premier titre. Encore une résolution mise au placard, même si je n’ai pas dit mon dernier mot.

9782266216760FS

           Mon papa qui est un gros lecteur, aime bien Marc Lévy mais je ne lui en avais jamais emprunté. Il y a peu, je me suis rendue chez une amie prof de lettre sans rien à lire, je lui demande de me prêter quelques chose et pof, elle me sort un Marc Lévy, que voulez-vous, je ne pouvez quand même pas refuser. J’ai été très surprise de constater que le style n’était pas si mauvais. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est bien écrit mais franchement, ça passe tout seul : à aucun moment je ne me suis dit que c’était moyen. Ce n’est pas un style recherché mais c’est simple et efficace et c’est déjà pas mal ! L’histoire est assez sympa. Le petit héros est très attachant. Je dois avouer que j’ai un peu eu l’impression d’être face à un roman jeunesse. Ca n’a rien de péjoratif, simplement, la sobriété du style et le côté un peu fantastique de l’histoire m’ont fait penser aux romans que j’adorais quand j’avais 10 ou 12 ans. Etant donné que, si je ne m’abuse, l’auteur a commencé à écrire pour son fils, ça ne paraît pas totalement illogique non plus. Ce n’est pas dénué de quelques niaiseries mais c’est assez bien amené pour être plus mignon qu’agaçant.

           Bien sûr, je comprends les critiques négatives. On ne va pas parler de grande littérature, il n’aura pas le prix de l’Académie française pour la pureté de sa langue (quoi que quand on voit que Joël Dicker l’a eu avec un style franchement pourri en l’occurrence, tout est possible), il n’entrera probablement pas dans la postérité à part comme plus gros vendeur de ce début de XXI° s. mais honnêteté, c’est loin d’être ce qu’on fait de plus mauvais dans le genre. J’en ai lu des torchons mais là, on a juste affaire à un roman gentillet. Pas de quoi en dire ni du bien ni du mal, sauf si on est agacé par son succès. Si on veut du Balzac, c’est raté mais ça se laisse lire avec un certain plaisir, même pas tellement coupable. Je crois que c’est le genre de livre que je recommanderais typiquement à quelqu’un qui m’aime pas lire : c’est assez facile et court pour ne pas décourager mais c’est écrit dans un français tout à fait acceptable et on prend vraiment plaisir à suivre cette histoire. Franchement, je me suis surprise à vouloir connaître et à le finir très rapidement. Un roman sans grande prétention mais qui ne manque pas d’une certaine poésie et s’avère au final assez efficace. Contre toute attente, un bon moment de lecture.

8382

C’est drôlement dangereux de s’attacher à quelqu’un, c’est incroyable ce que ça peut faire mal. Rien que la peur de perdre l’autre est douloureuse. Sans nouvelles d’elle ; tout s’écroulait autour de moi. C’est moche de guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux .

_______________

Il ne faut jamais comparer les gens, chaque personne est différente. L’important est de trouver la différence qui vous convient le mieux.

Mes lectures

Crime et châtiment, un roman troublant du grand Dostoïevski

           Rodion Romanovitch Raskolnikov est un étudiant sans le sou, âgé de vingt-trois ans. Rongé par la pauvreté, il s’isole du reste du monde. Alors qu’il vend son dernier bien, la montre de son père, à une usurière, une idée lui vient à l’esprit : un meurtre est-il moralement tolérable s’il conduit à une amélioration de la condition humaine ?

â>ionYG?#ç>¾ˆ¿-Âî^ç7Á?„Õ;Œ«é

           J’ai découvert Dostoïevski à la faculté, ç’a été une vraie révélation : les portes de la littérature russe s’ouvraient à moi. Je n’en lis pas autant que je voudrais mais j’essaie de m’en tenir au moins à un classique russe par an (à ce rythme-là, vers 50 ans je commencerai à être relativement calée en la matière). J’ai lu pas mal de romans de Dostoïevski mais je ne m’étais jamais attelée à Crimes et Châtiments, pourtant souvent considéré comme un de ses meilleurs ouvrages. Je suis tombée amoureuse de cet auteur en lisant Les démons. Les frères Karamazov m’avaient un peu moins séduite mais le sujet de ce roman-ci me tentait beaucoup. Et puis un titre pareil avait tout pour me plaire. Mon professeur d’université nous avait prévenus – et j’avais déjà pu constater à quel point son conseil était judicieux : toujours lire Dostoïevski  dans la traduction d’André Markowicz chez Babel.

           Un ami m’a donné ce roman en Folio et je me voyais mal lui dire « non merci, ce n’est pas la bonne traduction ». J’ai hésité à le racheter dans la version adéquate mais je trouvais ça un peu bête, ma bibliothèque croulant déjà sous les livres. J’ai donc tenté le coup. On ne m’y reprendra plus. C’est confirmé, ne jamais lire Dostoïevski dans ailleurs que chez Babel ! Jamais, sous aucun prétexte. Je peux vous expliquer en deux lignes pourquoi (oui, je ne suis pas juste une fétichiste de la traduction, il y a des raisons à cela). Dostoïevski n’est pas connue pour sa prose raffinée. Beaucoup on d’ailleurs dit qu’il avait un style épouvantable. Ca peut paraître étrange mais c’est justement pour cela qu’il faut une traduction fidèle. Longtemps, les traducteurs ont voulu lisser ce style impétueux pour le rendre plus honorable. Le résultat est d’un mortel ennui. La force de l’auteur tient dans la richesse de la langue qu’il emploi et ses dialogues savoureux. André Markowicz a redonné vie à ces romans et a révélé toute leur modernité. Un vrai régal.

1310272-Fedor_Dostoïevski

           Comme on pouvait s’y attendre puisque j’ai voulu tenter le diable en renonçant à mes principes, j’ai trouvé ce roman franchement insipide pour ne pas dire carrément assommant pendant une bonne partie de ma lecture. Pourtant, l’histoire avait tout pour me passionner. Le personnage principal est complètement siphonné, on se demande toujours à quel moment ça va mal finir. L’auteur dépeint la folie mieux que personne et j’étais enchantée de le retrouver sur ce terrain-là (je sais, j’ai des centres d’intérêt particuliers, on me le dit souvent). L’histoire est assez simple mais très intéressante et surtout assez avant-gardiste puisqu’il y est question de psychologie de bout en bout, bien avant les thèses de Freud (oui bon, juste un peu avant,d ‘accord). Dostoïevski n’a pas son pareil pour créer des personnages aussi tordus que réalistes, avec toutes leurs bizarreries qui les rendent si humains.

           Même si on sait dès le départ qui est le coupable, on est très proche d’une trame policière. On se demande de bout en bout à quel moment il va se faire prendre ou craquer et aller se dénoncer. De là naît un certains suspens parfois un rien agaçant (« mais il va se décider à parler ou se taire oui ! ») mais franchement réussi. C’est sans nul doute la raison pour laquelle malgré une traduction d’une platitude sans nom, je suis quand même allée au bout de ce roman avec un certain plaisir. J’ai regretté qu’il y ait un semblant de morale, ce qui ne me semblait pas absolument nécessaire, mais ça reste suffisamment léger pour ne pas déranger outre mesure. La première chose que j’ai pensée en refermant ce livre c’est qu’il ne me restait plus qu’à le lire dans une traduction un peu plus moderne. Je vais quand même attendre un peu pour ça, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Un roman d’une grande modernité sur le pouvoir de la psyché.

Mes lectures

Conception, vous ne verrez plus jamais la maternité de la même façon…

          Alex et Leslie ont tout pour être heureux : ils s’aiment, ils sont riches et ils ont un travail qui leur plaît. Il ne leur manque qu’un enfant pour les combler. Après avoir tout essayer, ils se tournent vers l’énigmatique docteur Kis qui leur donnera des jumeaux. Mais 10 ans après, de terribles effets secondaires ont fait leur œuvre et menacent sérieusement le bonheur familial.

101576122_o

          Quand j’ai reçu ce livre, je m’attendais à un polar. Je dois avouer que j’ai été assez surprise de constater que je m’étais complètement trompée. Mis à part quand c’est extrêmement bien fait (comme un Stephen King, je n’ai pas d’autre exemple je crois), je ne suis vraiment pas une adepte du roman « d’horreur ». Je trouve que ça fonctionne rarement et que ça peut très vite tourner au ridicule. J’ai quand même tenté ma chance. J’avoue que j’ai trouvé l’écriture assez moyenne, pour ne pas dire franchement banale. Comme il semblait y avoir de bonnes critiques américaines, je me suis demandé si la traduction n’y serait pas un peu pour quelque chose quand même. Je ne pense pas qu’elle puisse tout expliquer mais disons qu’on va laisser à l’auteur le bénéfice du doute. Cela dit, ce n’est pas mal écrit non plus, juste un peu plat.

          L’histoire m’a laissée perplexe. C’est étrange, je n’ai à ma connaissance rien lu de comparable et pourtant j’ai eu comme un air de déjà vu. J’ai trouvé qu’on voyait arriver la plupart des rebondissements de très très loin. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis dit « non, il ne va pas se passer ça quand même, c’est trop gros ! …ah, ben si… » Mais bon, il faut dire aussi que je suis une spécialiste pour voir venir les trucs improbables (ce qui ne fonctionne absolument pas pour les meurtriers dans les romans policiers), j’arrive même à m’auto-spoiler Games of Throne. Bref, l’histoire donc m’a semblé à la fois improbable et convenue, ce qui assez étrange. En même temps, on n’attend pas de ce type de roman qu’il soit réaliste, ce n’est donc qu’à moitié un problème. J’ai surtout été gênée par le fait de ne pas arriver à m’attacher aux personnages, je pense que ça m’aurait aidé à mieux rentrer dans cette histoire et à mieux l’apprécier.

jpbook-articleInline

          L’idée de départ n’est pas inintéressante mais l’aspect psychologique est un peu délaissé à mon goût. Le roman étant déjà relativement long, difficile de dire qu’il aurait mérité de voir certains de ses aspects étoffés mais une construction différente, qui occulterait le première partie pour y revenir par flash-back, aurait certainement donné plus de suspens. Malgré tout, pour une raison qui m’échappe totalement, j’ai quand même été relativement accrochée par ce roman que j’ai lu très rapidement. C’est un grand mystère. Parfois, un livre bien écrit nous ennuie à périr, et parfois quelque chose de beaucoup plus moyen nous fait passer un assez bon moment. Je ne trouvais pas cette lecture désagréable et j’étais curieuse de voir jusqu’où ça allait aller alors comme ça se lisait très bien, je suis allée jusqu’au bout. Je pense que j’aurais beaucoup aimé ce livre à 15 ans, quand j’avais encore un certain goût pour le fantastique. Bien que je ne sois clairement pas la cible, ce roman assez moyen sur la forme s’avère contre toute attente être un assez bon divertissement. Les amateurs du genre apprécieront sans aucun doute ce roman mi-thriller mi-horreur signé Chase Novak.

Jeunesse·Mes lectures

La nuit du visiteur, le petit chaperon rouge comme vous ne l’avez jamais vu

          Si ce n’est pas son gentil petit chaperon rouge, qui donc frappe à la porte de Mère-Grand à cette heure de la nuit ? II vous faudra des nerfs d’acier pour ne pas abandonner cette lecture éprouvante en cours de route et risquer ainsi de louper la clef de l’énigme.

image-3

          Je dois avouer que quand on m’a mis ce livre dans les mains en me forçant presque à le lire, j’étais moyennement emballée. Il faut dire que je ne savais pas trop à quoi j’avais affaire. Le titre me parlait moyennement, les dessins faisaient un peu peur et ne me plaisaient pas outre mesure, je ne savais même pas si c’était destiné aux enfants ou aux adultes. Bref, je rechignais un peu. Et puis, comme je n’avais que ça sous la main et que je fais confiance à l’amie qui me l’a prêté, je me suis décidée à l’ouvrir. Il m’a fallu quelques pages pour comprendre où l’auteur voulait en venir (il y a des fois où je ne suis pas très vive, que voulez-vous…) et à partir de là, j’ai été conquise.

Page-24-25

          Pour vous résumer l’histoire, la mère-grand de notre petit chaperon est dans sa chaumière et le loup frappe à sa porte. Il tente de la persuader par tous les moyens de le laisser entrer mais la vieille dame est loin d’être sénile et trouve toujours un moyen de le repousser. S’en suit une joute verbale franchement truculente. Les dessins qui rappellent le théâtre d’ombres complètent admirablement ce texte plein de malice. Je n’accroche pas spécialement au style des illustrations mais il est adapté au récit et on s’habitue si bien qu’on y prendrait presque goût.

benoit_jacques11-248x300

          J’ai beaucoup ri en lisant ce livre. J’ai même relu certains passages plusieurs fois tellement je les trouvais drôles. Chaque double page est consacrée à une nouvelle réplique des deux protagonistes, comme autant de saynètes. Certaines répliques sont vraiment très bien trouvées et c’est un plaisir de suivre cet échange rythmé. Le livre est assez court et se lit rapidement. Si j’avais des enfants, j’adorerais leur lire cette histoire. Benoît Jacques nous emmène dans son univers pour une adaptation très réussie. Un livre plein d’humour et de fantaisie qui ravira les enfants et leurs parents.

Mes lectures

Retour en absurdie, quand le langage devient un art

          Vous avez raté les chroniques de Stéphane de Groodt sur Canal+ et vous le regrettez amèrement ? Ce livre est fait pour vous ! Après Voyage en absurdie, le truculent humoriste belge revient avec le second tome de ses chroniques. Hilarant.

9782259227971           Bon, je n’ai jamais eu l’occasion de vous en parler mais voilà, je suis une grande fan des chroniques de Stéphane de Groodt dans le Supplément de Canal+. Chaque samedi ou presque a été l’occasion de rire aux larmes et j’ai été très très triste d’apprendre qu’il quittait le navire. J’aime ses jeux de mots à tiroir, la finesse de son humour et son esprit incroyable. Je rêverais d’être capable d’en faire autant. Bref, j’arrête là ma déclaration d’amour à cet homme hors du commun. Après avoir vu une bonne partie de ses chroniques, j’ai eu envie de les lire (parce que des fois on ne suit pas tout du premier coup, il faut bien l’admettre) et j’ai donc acheté le second tome, le premier n’ayant pas croisé mon chemin. Je ne sais pas pourquoi mais en partant en vacances, c’est LE livre que j’avais envie d’amener avec moi.

          J’avais beau connaître une grande partie de ces chroniques, ça ne m’a pas empêché de me choper des fous rires toute seule en les lisant. D’ailleurs c’est assez marrant comme ce ne sont pas les mêmes jeux de mots que je saisis à l’écrit et à l’oral, c’est assez déroutant. Stéphane de Groodt a été un excellent compagnon de voyage. Dans une ville dont on ne parle pas la langue, retrouver dans un livre un français aussi riche, ça fait un bien fou. Et quand une femme seule rit sous cape devant son livre dans un bar en essayant désespéramment d’être discrète, forcément, on la remarque et on lui demande ce qu’il lit. Croyez-moi, c’est l’occasion de lier connaissance. Bon, certaines chroniques sont évidemment plus drôles que d’autres et je recommande une lecture à petite dose pour éviter la saturation. Le « courrier des lecteurs » à la fin m’a un peu moins emballée mais n’en reste pas moins divertissante. Une lecture qui ravira tous les amoureux de la langue française. A éviter quand on veut rester discret : fou rire garanti !

fddf

Plutôt que demander de l’aide à un vil-saint dont je n’ai pas-l’estime, je-ruse-allez… et tente un sauve Kippour.

_______________

Vous ne le savez sûrement pas, et si vous le saviez vous auriez pu me prévenir, mais la semaine dernière nous avons mois, ou zomis si vous aimez les liaisons dangereuses, ou Romy si vous préférez Delon discours à de courtes intros, d’évoquer la dis-parution de Victor Hugo qui aurait eu, s’il ne s’était tu un 22 mai, 129 ans et des poussières, surtout des poussières d’ailleurs puisqu’il fut un grand inspirateur.

          Juste pour le plaisir, je vous met le lien de sa chronique le jour de la venue sur le plateau de Nabilla. J’en ris toujours autant à chaque fois, un régal ! C’est par-là !