Cinéma

Moonrise Kingdom, de Wes ANDERSON

          Comédie-dramatique américaine de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray

          Suzy et Sam sont amoureux et décide en cet été 1965 de s’enfuir ensemble pour vivre leur amour. Suzy est une jeune fille de bonne famille pour le moins torturée, pouvant se montrer violente sous le coup de la colère, Sam est un jeune scout orphelin hai de tous. Pourtant, il va bien falloir partir à leur recherche. La tempete qui approche va encore compliquer la tache à leurs poursuivants.

          J’avais entendu des avis très mitigés sur ce film : un public assez réceptif qui semblait apprécier un peu de légèreté dans une sélection cannoise pour le moins sérieuse (et un peu tristounette) et une critique plus réticente, paraissant trouver que le tout manquait quand meme un peu de consistance. Une fois n’est pas coutume, je suis plutot de l’avis général et populaire et ai apprécié ce film qui n’avait pourtant a priori pas grand chose pour m’enchanter. Une histoire d’amour chez les scouts, je dois admettre que ça m’inspirait assez moyennement. Je suis quand meme allée voir par curiosité. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Les scènes cocasses s’enchainent à un rythme effréné et on se régale de cet humour tendre et décalé.

          Cette histoire est filmée avec une incroyable tendresse pour l’Amérique des années 60. Les couleurs un peu jaunies, la musique d’époque, le vent de folie qui semble souffler sur chaque scène : ce film est un concentré de bonne humeur et de fraicheur enfantine. Les critiques qui lui sont faites sont pourtant justifiées. On pourrait attendre plus de profondeur, quelque chose d’un peu moins conventionnel. Si on est face à un bon film, ce n’est pas un grand film, nuance qui en a déçu certains. Pour ma part, j’ai juste regardé ça les yeux écarquillés, suivant les péripéties avec enthousiasme. J’aurais sans doute préféré une fin plus originale mais j’ai pris un réel plaisir à suivre cette histoire, aussi prévisible soit-elle. Pour une fois, l’absence de surprise ne m’a pas dérangée tant la forme m’a emballée. Les personnages sont attachants et la brochette d’acteurs franchement convaincante. Il y a un rythme intéressant dans ce film, un humour touchant et une esthétique un peu rétro très réussie. En un mot, une très bonne comédie familiale comme on aimerait en voir plus souvent.

Cinéma

De rouille et d’os, de Jacques AUDIARD

          Drame français de Jacques Audiard. Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure.

          Ali arrive à Antibes avec son fils de 5 ans. Sans boulot, il s’installe chez sa soeur. Il vit de petits boulots et de combats de boxe. Il rencontre Stéphanie dans une boîte de nuit où il est videur. Elle est dresseuse d’orques et aura un accident quelques jours plus tard. Leur relation va alors prendre une nouvelle tournure. Ensemble ils réapprendront à vivre.

          Bon, soyons honnête, le résumé à lui seul me donne la nausée tant ça dégouline de bons sentiments. Mais, et c’est un gros, un ééééénorme MAIS, c’est Audiard, Audiard est un génie, et il peut faire de n’importe quelle histoire neuneu sur le papier un vrai chef d’oeuvre. C’est du moins ce que je croyais. Je ne sais trop que dire de ce film. J’ai entendu partout des critiques élogieuses : « c’est un chef d’oeuvre », « tellement émouvant », « le meilleur Audiard », j’en passe et des meilleures. Malgré une petite réticence quant au sujet, j’étais donc confiante et ne demandais qu’à me laisser convaincre.

Dès le début j’ai senti que ç’allait être difficile pour moi. J’ai eu beaucoup de mal avec l’univers mis en place par le cinéaste. Il y a trop de tout, on nage dans l’excès. Le personnage principal est trop paumé et trop vulgaire, on frôle la caricature, j’ai peiné à le supporter. Ensuite tout est improbable, que la fille rappelle un parfait inconnu 6 mois après son accident, qu’il rapplique à l’instant, qu’elle retrouve instantanément le sourire, qu’elle accepte les combats de boxe illégaux, et j’en passe… Après une demi-heure où il ne se passe rien, voilà qu’Audiard se précipite, ne prenant pas la peine de poser correctement son sujet et en faisant trop en permanence. Petite note positive tout de même, la prestation de Marion Cotillard dans le film a créé un vif débat ; moi qui ai le plus grand mal à la supporter d’habitude, pour une fois elle ne m’a pas exaspérée malgré un personnage pas facile.

          Le film aurait mérité d’être recentré sur le coeur de l’histoire : la difficulté d’assumer le handicap. Au lieu de ça il se disperse, voulant en montrer trop. Tout ce qui aurait pu susciter un peu d’émotion est escamoté. A la place on enchaîne les péripéties plus douteuses les unes que les autres. Honnêtement, ce film frôle la vulgarité. On dirait qu’Audiard est en démonstration avec ses personnages brisés et leurs histoires improbables. Un peu de décence que diable ! Quel dommage de gâcher son talent en voulant ainsi en faire des tonnes. Un film qui ne trouve pas le ton et m’a laissée de glace. C’est Audiard tout de même, on supporte donc, pensant même par moment trouver enfin cette grâce qu’on recherchait, mais la catastrophe est évitée de peu et si on ne sombre pas dans le mélo, on reste sur sa faim.

Cinéma

Sur la route, de Walter SALLES

           Drame américain de Walter Salles avec Garrett Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart .

           Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la  séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

           Je n’ai pas lu le livre de Kerouac, je ne peux donc pas juger de la qualité de l’adaptation. Ce qui quand on s’attaque à ce genre de monuments est plutôt mieux d’ailleurs : difficile de ne pas être déçu quand on a déjà son propre film en tête. On a reproché à cette adaptation de faire un peu carte postale. J’étais donc méfiante en entrant dans la salle. Finalement, j’ai bien aimé ce film. On y retrouve bien l’esprit de Carnets de voyage (en un peu moins abouti sans doute). Certes, l’aspect carte postale est bien présent, le tout est un peu lisse. Ce qui est assez étrange étant donné que les personnages sont en perpétuel mouvement et en quête d’expériences nouvelles.

           Un film qui ne trouve pas vraiment de ton pour accrocher son spectateur. J’ai passé un très bon moment, sans pour autant réellement rentrer dedans. Je suis restée spectatrice tout au long de l’histoire, sans réelle implication. Cela paraît sans doute négatif, ce côté peut-être trop policé, une attention trop grande portée à l’esthétique (si si, c’est possible, les paysages sont trop beaux tout le temps, ça manque un peu de vie), pourtant j’ai trouvé ce film vraiment agréable à regarder. Il y manque toutefois un peu de vie, un petit supplément d’âme qui aurait pu en faire un grand film. 

Cinéma

Cannes 2012, le palmarès

          En ce 65° festival de Cannes, le jury présidé par Nanni Moretti a récompensé un cinéma plutôt classique et visiblement assez austère. Un retour à une certaine sobriété que pour ma part j’apprécie après l’originalité débordante des années précédentes. Extrait des récompenses :

  • Palme d’Or

    AMOUR réalisé par Michael HANEKE

  • Grand Prix

    REALITY réalisé par Matteo GARRONE

  • Prix de la mise en scène

    Carlos REYGADAS pour POST TENEBRAS LUX

  • Prix du scénario

    Cristian MUNGIU pour DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES)

  • Prix d’interprétation féminine

    Cristina FLUTUR dans DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé par Cristian MUNGIUCosmina STRATAN dans DUPÃ DEALURI (AU-DELA DES COLLINES) réalisé parCristian MUNGIU

  • Prix d’interprétation masculine

    Mads MIKKELSEN dans JAGTEN (LA CHASSE) réalisé par Thomas VINTERBERG

  • Prix du Jury

    THE ANGELS’ SHARE (LA PART DES ANGES) réalisé par Ken LOACH

          La plupart de ces films me tentent, vous les retrouverez donc surement bientôt sur ce blog. Et tpour le reste du palmarès, c’est par là.

Cinéma

The avengers, de Joss WHEDON

          Film d’action, aventure, science-fiction américain de Joss Whedon avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo.

          Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l’organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents (parfois malgré eux). Les Avengers ont beau être chacun des pointures dans leur domaine, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble pour former  une équipe qui tienne la route, d’autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité…

          Bon, parlons peu mais parlons bien. On est dans le film de super héros classique. Après nous avoir présenté chaque personnage dans des films séparés, on les retrouve tous ensemble, pour sauver le monde évidemment. Je ne vais donc pas me pencher outre mesure sr ce film qui ne prétend pas à une profondeur abyssale et répond aux attentes du genre. J’ai par ailleurs bien aimé ce film. Un bon vieux film de super héros comme on les aime, avec suffisamment d’auto-dérision pour éviter le ridicule.Rien de bien original : des super-héros, des méchants, on mélange le tout et ça se tape dessus dans tous les sens. Evidemment, on n’est pas au comble de la philosophie mais ça fait tellement de bien de temps en temps ! On en a pour son argent, on voit exactement ce pour quoi on est venu. C’est même plutôt une bonne surprise : le tout est bien ficelé est assez drôle. En bref, du film d’action haut de gamme, on se régale.