Cinéma

Un amour de jeunesse, de Mia HANSEN-LOVE

          Comédie dramatique française avec Lola Creton, Sebastian Unzerdowsky et Magne Harvard Brekke.

          Camille aime Sullivan. Quand il décide de partir faire un long voyage en Amérique du Sud sans elle, elle sombre dans la mélancolie. Quand au bout de quelques mois il arrête de lui écrire, elle fait une tentative de suicide. Elle mettra longtemps à tomber de nouveau amoureuse, mais cet amour résistera-t-il au retour de Sullivan ?

          Admettons-le, le titre annonçait déjà la couleur : pas un film pour moi. Pourtant j’y suis allée optimiste face aux critiques élogieuses. Finalement, je me suis ennuyée à périr. C’est convenu. Les acteurs sont terriblement mauvais (surtout celui qui joue Sullivan), ou au mieux c’est leur personnage qui est insupportable. L’histoire est classique. Plutôt bien menée. C’est vu et revu mais ça marche assez bien (bon, pas mon genre du tout, mais pourquoi pas, on s’y retrouve tous un peu au fond). En revanche, le film ne brille pas par la profondeur de ses dialogues : c’est creux, ça sonne faux (à moins que ce ne soit la faute au jeu d’acteurs justement…).

          Quand on est comme moi aussi émue par les élans romantiques que par le bruit du camion-poubelle le matin, il est difficile de s’intéresser un tant soit peu à cette histoire somme toute banale. Toutefois, je comprends le charme qu’on peut trouver à ce film : ça rappelle l’adolescence (la mienne ne doit pas être assez loin, point encore de nostalgie de cette époque), les premiers amours, les vacances au soleil, tout ça. Quelques belles images, heureusement. Pas que du mauvais donc mais rien de bien intéressant, ça m’a beaucoup rappelé D’amour et d’eau fraîche, histoire approchante, titre dans le même goût, même manière de filmer… Le commentaire pourrait être le même : insipide.

Cinéma

Tous les soleils, de Philippe CLAUDEL

          Comédie française de Philippe Claudel avec Stefano Accorsi, Clothilde Courau, Neri Marcoré.

          Alessandro est italien, il est professeur de musique baroque à l’université de Strasbourg. Veuf depuis des années, il vit avec sa fille de 15 ans et son frère, un anarchiste qui fuit l’Italie de Berlusconi. Entre sa vie de famille et sa bande de copains, il n’a jamais reconstruit sa vie amoureuse. Pourtant, il va rencontrer une femme qui va l’aider à faire son deuil.

          Un film intelligent, d’une rare bonne humeur. Une vraie bonne comédie à l’italienne. Les personnages sont savoureux, les dialogues enlevés, l’histoire touchante. La BO est à elle seule un concentré de bonne humeur. On se délecte des engueulades en italien. Ce papa poule lui-même plus gamin que sa propre fille est attachant. Les personnages sont très réussis, y compris les personnages secondaires (dont une factrice particulièrement drôle) et les acteurs excellents. 

          Le petit fond politique ne gâche bien sûr rien à l’affaire. Seul petit bémol, une dernière scène qui tombe un peu dans la facilité mais devant une partition aussi impeccable, on en oublie ce léger contretemps. Une très bon film. Les rapports humains y sont décrits avec une grande justesse. On rit beaucoup, on est un peu émus, aussi. Un véritable rayon de soleil. À voir absolument !

Cinéma

Le complexe du castor, de Jodie FOSTER

           Drame américain de et avec Jodie Foster, Mel Gibson, Anton Yekchin.

           Walter est en pleine dépression. Depuis 2 ans, il passe le plus clair de son temps à dormir et ne parle, même à ses proches. Sa femme décide donc de le mettre dehors. Un soir, il trouve une marionnette de castor dans une poubelle qu’il va adopter. Peu à peu, il va recommencer à parler à travers elle et sa vie va se remettre sur les rails. Du moins au début…

          Un film de la sélection cannoise qui m’intriguait, avec un sujet assez peu traité au cinéma. Si je devais le décrire en un mot, je crois que je dirais « déconcertant ». On prend plaisir à voir le personnage remonter la pente peu à peu. Et puis tout se complique à nouveau, loin du schéma de base du film hollywoodien. On rit souvent, on est émus parfois. Les personnages secondaires sont assez réussis aussi. Mention spéciale au petit garçon, particulièrement attachant. Une base assez stable donc.

           J’ai trouvé que cependant le propos s’obscurcissait par moments, je ‘nai pas toujours très bien compris où on allait, même si le problème se règle de lui-même avant la fin, ce qui n’est déjà pas si mal. Quelques longueurs aussi, notamment dans les scènes (un peu trop nombreuses à mon goût) réservées à l’histoire d’amour que vit le fils du notre anti-héros. Scènes qui ont tendance à tourner au discours pseudo-philosophique sur le sens de la vie, ce qui est un rien agaçant. Mais dans l’ensemble, on est face à un film réussi, original et intelligent malgré quelques faiblesses. Pas exceptionnel mais plutôt réussi.

Cinéma

La défense Lincoln, de Brad FURMAN

          Thriller américain de Brad Furman avec Matthew McConaughey, Marisa Tomei, Ryan Philippe.

          Michael Haller est un brillant avocat aux dents longues, prêt à tout pour gagner les procès des petits criminels qu’il défend. Il semble passer son temps à l’arrière de sa Lincoln avec chauffeur, son téléphone rivé à l’oreille. Un jour, une grosse affaire se présente à lui : un riche play-boy est accusé de tentative de meurtre sur une prostituée. Une affaire en apparence facile qui va se révéler dangereuse.

 

          Ce film est l’adaptation d’un célèbre roman de Micheal Connely que je n’ai pas lu mais qu’il faudra quand même que j’ouvre un jour. Les acteurs ne sont pas très connus. L’acteur principal a joué dans un certain nombre de comédies romantiques pour adolescents et était jusque-là apprécié essentiellement pour la perfection de ses abdominaux. Un choix en apparence risqué donc. C’est pourtant un pari réussi. Il est absolument parfait. Le chauffeur est également très bon et on retrouve avec joie Katherine Moening dans un second rôle. Pas de grosse tête d’affiche donc mais un casting qui s’avère d’une rare efficacité.

 

          L’histoire est extrêmement bien ficelée (il faut dire qu’elle n’a pas été écrite par n’importe qui non plus). On se laisse totalement embarquer par cette affaire pour le moins tordue. Un vrai régal. Les images sont belles, c’est dans l’ensemble très bien filmé. Un résultat très propre, un film bien mené, on aimerait avoir affaire à une telle qualité technique plus souvent. Il n’y a rien à redire à ce très bon thriller. Les amateurs du genre apprécieront un film « à l’ancienne », plus basé sur la psychologie des personnages que sur l’action. Le personnage principal est très intéressant, plus méchant que gentil, pas clair du tout comme garçon, plutôt un vrai connard prétentieux qui va se découvrir une conscience un peu malgré lui. J’aime beaucoup ses personnages obscurs, loin de l’image de héros à laquelle nous habituent les films américains. Une belle réussite donc, un film que je vous recommande chaudement.

 

Cinéma

Very bad trip 2, de Todd PHILLIPS

Comédie de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis.

          Dans le 1, Stu s’apprêtait à se marier et avait enterré sa vie de garçon à Las Vegas. Une fête qui avait mal tourné et avait entraîné l’annulation de son mariage. Cette fois c’est en Thaïlande qu’il décide de se marier. La veille, il se contentera d’un brunch avec ses amis, ni drogues, ni alcool, c’est plus sûr. Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu…

           L e principe est le même que pour le 1. Mais si le premier épisode fonctionnait plutôt bien, celui-ci tombe totalement à plat. Les situations les plus improbables s’enchaînent, à la fois totalement tirées par les cheveux et prévisibles, ce qui tient tout de même de l’exploit. Côté humour, ce ne sont même plus des gros sabots mais des pattes d’éléphant atteint de phlébite. Je n’ai pas ri une seule fois, tout juste souri, et encore, de dépit.

          Je ne m’attendais certes pas à un grand film mais j’espérais au moins retrouver la fraîcheur du 1°. Résultat, un film sans le moindre intérêt, qui m’a ennuyée au possible. Ne vous déplacez pas.