Cinéma

Le gamin au vélo, Jean-Pierre et Luc DARDENNE

          Comédie dramatique franco-italo-belge. Avec des frères Dardenne avec Cécile de France, Jérémie Renier, Thomas Doret. Cyril est placé dans un foyer pour enfants, il attend que son père vienne le chercher mais celui-ci semble avoir disparu. Un jour, en partant à sa recherche, il rencontre Samantha, une coiffeuse qui va le prendre sous son aile. Elle va l’accueillir les week-end et lui donner l’amour dont il manquait.

          Après The tree of life et Minuit à Paris, on continue dans la série « je m’attaque aux projections cannoises ». Les frères Dardenne sont des grands du cinéma francophone. Chaque fois qu’ils sont présents à Cannes (chaque fois qu’ils sortent un film soit à peu près tous les deux ans), ils repartent avec une récompense. Après deux Palmes d’or, ils raflent cette fois le Grand prix. J’aime en général beaucoup leur cinéma, sombre et exigeant, tout en sobriété. Les premières critiques ne tarissaient pas d’éloges sur leur nouveau chef-d’oeuvre, un film jugé « lumineux » et « accessible ». Serait-ce une autre manière de dire « gnangnan à souhait » ? Méfiance donc…

          Alors ? Suis-je totalement parano ? Il fallait que je me déplace pour aller en juger. Eh bien non ! Ce film a répondu à mes pires frayeurs. Pour commencer l’histoire ne tient pas debout. Pas crédible pour deux sous. Le gamin tombe sur une bonne femme qu’il n’a jamais vu, il fait une crise monumentale, la rencontre dure à peine deux minutes et, on ne sait pourquoi elle décide de le retrouver, de lui racheter le vélo qu’il a perdu et de le prendre chez elle le week-end alors qu’il ne s’est même pas fendu d’un merci. Certes, on ne peut pas tout expliquer, mais quand même… Tous les personnages semblent odieux, sauf l’ange tombé du ciel, dégoulinante de gentillesse. Pas du tout manichéen… On est de loin de Verlaine qui préconisait la nuance « rien que la nuance ». Le seul personnage qui m’a paru crédible est le père : Jérémie Renier (que je n’apprécie pourtant guère), parfait en salaud qui se défile face à ses responsabilités.

          Après ce début sur les chapeaux de roues (de vélo,évidemment !), tout est à l’avenant. Tant de bons sentiments m’ont laissée au bord de la nausée. A aucun moment je n’ai cru à cette histoire. C’est bien filmé, bien monté, bien joué, mais le principe de départ est tellement gros que tous ces efforts m’ont paru vains. La tension dramatique est à peu près aussi intense que dans une pub pour spaghetti. L’histoire m’a rappelé les nanards du samedi soir sur la 3. Certes, on est en plein dans les thèmes fétiches des frères Dardenne : l’amour et le pardon. Mais d’habitude ils semblent voler au dessus des écueils propres au sujet : point de mièvrerie chez eux. D’habitude… On pourrait parler pendant des heures de chaque bon sentiment poussé à l’excès, de la scène finale qui rappelle ni plus ni moins que la sortie du tombeau (oui oui, rien que ça) mais cela n’apporterait rien. Je n’ai pas cru un instant à cette belle histoire, voilà tout, la conséquence directe en est que tout m’a semblé faux, dépourvu de profondeur et mièvre par dessus le marché. Une grande déception.

          Comme je reste toutefois persuadée que les frères Dardenne sont de grands cinéastes, je vous conseille un film autrement plus puissant. Le thème est sensiblement le même. Mais on est très loin de l’espèce de mauvais téléfilm qu’ils nous ont ici livré : Le fils. Un menuisier qui travaille avec un centre de réinsertion va aider le meurtrier de son fils à réintégrer dans la société. Un film sombre, dur, d’une sobriété extrême. Un cinéma exigeant qui vous remue les tripes et vous donne à réfléchir pendant un certain temps. On me dira sans doute que moi qui reproche à L’enfant au vélo son manque de réalisme, je choisis là un film qui l’est bien moins. Oui, mais ce film-là, j’y ai cru. Je suis entrée dans la tête des personnages, j’ai ressenti ce qu’ils ont ressenti, et je me suis interrogée sur ce qu’est le pardon. Au delà de mes convictions, ou de mes préférences esthétiques, un film qui a juste posé pour moi le doigt sur des questions essentielles. Un film qui semble en permanence en équilibre et réalise le miracle de rester toujours d’une grande justesse. J’espère retrouver bientôt ces frères Dardenne-là.

Cinéma

Minuit à Paris, de Woody ALLEN

          Comédie romantique américaine de Woody Allen avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Michael Sheen.

          Un couple d’américain sur le point de se marier vient passer quelques jours à Paris. Il est écrivain et rêve du Paris des années 30, elle est écervelée et ne s’intéresse qu’aux magasins de chaussures. Bientôt, la magie de la ville va transformer leur vie…

         Je m’étais promis de ne pas aller voir ce film : je suis souvent déçue par Woody Allen et Carla Bruni et Marion Cotillard (elle est vraiment partout celle-là, elle n’en fini plus de polluer les films outre-Atlantique…) dans un même film, ça me semblait au-dessus de mes forces, et pourtant, j’ai fini par me laisser convaincre.

          Alors ? alors ? le résultat ? ben comme prévu hein, je me suis emmerdée du début à la fin. L’histoire est totalement abracadabrante (sans l’aspect magique, bien sur). On accumule les clichés sur Paris, sur la France, sur l’art, sur le sens de la vie… bref, sur tout et n’importe quoi. Les images ressemblent à une vieille carte postale défraîchie. A aucun moment on ne voit le Paris vivant qui a tant de charme, seulement des images mortes et sans âme, souvent mal cadrées qui plus est (non mais sérieusement, comment on peut se rater sur des images carte-postale de Paris ?). Un film sans intérêt, du vu et revu sur le fond, avec un peu de fantastique par dessus qui m’a laissée pantoise. D’un ennui mortel…

Cinéma

Tree of Life, de Terrence MALICK

          Drame américain de Terrence Malick avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain.

          D’après le synopsis, c’est l’histoire de Jack, qui alors qu’il va devenir père, repense à son enfance : un père autoritaire, une mère aimante et deux frères avec qui il a fallu partager l’amour de celle-ci. Un drame va venir tout bouleverser et remettre en cause son existence. Arrivera-t-il à ne pas reproduire le modèle de ce père trop dur avec lui ? Une réflexion sur la famille avec en toile de fond de belles envolées lyriques sur la naissance de l’humanité.

          Et dans la dure réalité ? Si vous cherchez une histoire, vous risquez de la chercher longtemps. Je ne sais pas où les journalistes sont allés chercher que la femme de Jake était enceinte, elle passe tellement vite à l’image que c’est à peine si on a le temps de la voir. D’ailleurs, on ne voit guère plus Jack adulte. Je serais curieuse de savoir combien a touché Sean Penn pour ses 5 minutes d’apparition à l’écran.

          On nous laisse entendre que le pauvre petit a été martyrisé par un père tyrannique. Finalement, c’est plutôt un type bourru qui veut le meilleur pour ses enfants et ne sait pas comment les emmener vers la réussite autrement qu’en les élevant « à la dure ». Un père aimant à sa manière mais qui ne sait pas le montrer. Dans l’Américaine des années 50, celui qu’on nous présente comme un monstre d’autorité devait plutôt passer pour un coeur d’artichaut. Il y a bien un drame, mais il n’est qu’évoqué au début et on ne revient jamais dessus. Le film tourne autour du pot sans jamais en venir au but. Voilà pour la partie vie de famille : une histoire d’une banalité sans nom dont le seul aspect intéressant est à peine esquissé.

          L’envolée lyrique sur la création du monde maintenant. Eh bien elle on ne peut pas la rater ! C’est indéniable, elle est bien là. On se demande bien ce qu’elle y fait d’ailleurs. Pendant une bonne demie-heure, les images de coulées de lave, brins d’herbes, fonds sous-marins, cosmos et dinosaures dans une forêt (!!!!) se succèdent sur fond de chants religieux. C’est beau, certes, mais ça n’a rien à faire dans une histoire qui a déjà bien du mal à convaincre toute seule.

          La première demi-heure du film est d’un ennui mortel : à peine 10 phrases prononcées. Tout est décousu, on passe du coq à l’âne (dans ce cas précis, respectivement Sean Penn et Brad Pitt) en permanence, seules des bribes de pensées des personnages nous parviennent, souvent sous forme de prière. Bref, c’est fatigant.

          Ensuite, on passe au fameux passage sur les merveilles de la nature et les grands dinosaures. Jusque là la moitié de la salle somnolait, ça a au moins eu le mérite d’attirer l’attention de la foule. Attention qui s’est vite transformée en agacement, puis en effarement croissant. Quelques personnes ont quitté la salle à ce moment-là. Les autres sont restées pour voir jusqu’où on allait bien pouvoir sombrer dans la connerie. Et là, il s’est passé une chose incroyable. Une expérience cinématographique intense. Terrence Malick a réussi à perdre tous les spectateurs en même temps. Nous étions encore physiquement présents mais pas un n’était encore dans le film. Les gens ont commencé à discuter, se lever pour aller chercher à manger, ont été pris de rires nerveux compulsifs. Il est si rare de sentir une telle osmose dans toute la salle ! Partager avec son voisin son ressenti sur le film sans que personne ne s’offusque de la gène occasionnée. Et puis ce sentiment d’être en train de vivre ensemble quelque chose de fort : le visionnage (mot qui soit dit en passant ne semble pas exister ; d’après le tlfi, qui a toujours raison, on dit visionnement, je me permets donc volontairement un néologisme) d’un des pires films de tous les temps.

          Après les dinosaures sont partis, il y a eu un moment qui ressemblait presque à un film pas trop raté (voire même plutôt réussi) : l’histoire d’une famille avec un gamin insupportable et un père un peu con. Mais le mal était fait. Il n’y avait plus de retour en arrière possible. On est ensuite repartis dans un délire mystique histoire de bien finir. On a tous regretté que les dinosaures ne refassent pas leur apparition pour clôturer en beauté. Je trouve qu’il y a eu un léger manque de créativité de ce côté-là…

          A ça s’ajoute la soupe religieuse qu’on nous sert au passage : tous les gens sont gentils au fond d’eux et il faut tous les aimer. Dieu est grand, la vie est belle. Il faut souffrir pour accéder au bonheur. Je vous en passe, et des meilleures. Le seul personnage sympathique de ce film est une pub à elle toute seule pour la nouvelle édition de la Bible. Je n’ai pas compris où il voulait en venir avec son film sous forme de prière hallucinatoire. J’ai bien peur que ce soit à prendre au premier degré : du bourrage de crâne religieux. C’est fait de manière tellement ridicule qu’on se demande même comment c’est possible d’en arriver là.

          Un petit tour d’horizon rapide des points positifs tout de même. Le choix des acteurs est excellent. Je suis une inconditionnelle de Sean Penn, que ce soit en tant qu’acteur ou que réalisateur, difficile de juger de sa prestation ici tellement ses apparitions sont brèves. Brad Pitt, pas au summum de son élégance, est également très bon, comme à son habitude. Il écope d’un assez beau rôle. Je me demande toutefois si tous deux ont accepté le projet de leur plein gré, si on les a drogués avant ou s’ils avaient une arme braquée sur la tempe. Mais que sont-ils donc allé faire dans cette galère ? Jessica Chastain, dont c’est le premier rôle, est une découverte prometteuse. Une belle femme qui semble être doublée d’une bonne actrice. Elle a tourné dans 7 ou 8 autres films depuis le tournage de celui-ci et nous aurons donc l’occasion de la voir souvent à l’écran prochainement, en espérant que son talent se confirme.

         La musique, issue du répertoire religieux, est souvent très belle et impressionnante apposée aux images de chaos. De belles images également dans l’ensemble. Quant à ce qui est du semblant « d’histoire », l’idée d’un homme se questionnant sur ce qu’est la famille avant de devenir père à son tour était bonne. On aurait pu en faire un grand film, à la fois dur et émouvant. Les acteurs sont excellents. Félécitations aussi à celui qui a fait la bande-annonce qui donnait teriblement envie, ç’a a dû être dur de trouver 2 minutes de potables dans tout le film et d’en faire quelque chose.

          En résumé, une Palme d’or bien peu méritée. Un film incompréhensible sur fond d’obscurantisme religieux. Un délire digne d’un schizophrène qui aurait fumé un champ entier de pavot avant de se plonger dans une cuve d’absinthe (j’en profite pour signaler que la boisson de poètes maudits est à nouveau autorisée à la vente en France, après un siècle d’interdiction). Comme toujours, quand on ne comprend pas, on est tenté de crier au génie, voie qu’a visiblement choisie le jury cannois. D’autres ont parlé de nanard. Ce n’est pas non plus le terme que j’emploierais. Ce film n’est pas à proprement parler un navet. Il est foisonnant, les acteurs sont bons, il regorge d’idées – bonnes ou moins bonnes. Non, ce film n’est pas un navet, c’est simplement un énorme plantage. On attendait avec impatience le dernier chef-d’oeuvre du grand Terrence Malick, réalisateur si peu prolifique. Eh bien cette fois il est allé trop loin. Le génie ne suffit pas, et ce n’est pas parce qu’on est un grand nom du cinéma qu’on peut se permettre n’importe quoi. Il a perdu son public en route. La Palme du plus gros ratage de l’histoire du cinéma et de film le plus inutile de tous les temps.

          Fait rarissime : le film (qui dure 2h15, rappelons-le), a été abondamment sifflé à la fin de la projection.

           Pour aller plus loin, les critiques de la presse (surprenant, même quand elles se veulent bonnes elles sont quand même mauvaises. Et celles des spectateurs. Mes préférées, juste pour le plaisir

 – « Le sublime s’épuise en gaga new-age inquiétant. » Libération

– « The Tree of Life, le cinquième film de l’Américain, attendu depuis si longtemps, est d’une présomption tour à tour effrayante, dérisoire et bouleversante. (…) Un objet d’une difformité cosmique (et parfois comique), qui peut diviser un public et même un spectateur, entre émerveillement et exaspération. » Le Monde

– « Terrence Mallick fidèle à lui-même, livre un film-monument qui s’égare dans un symbolisme fumeux. » Télérama

« Bel exercice de branlette cinématographique. »

– « J’ai eu envie de me pendre à « l’arbre de la vie » ! »

Cinéma

Festival de Cannes, Palmarès 2011

         

           Le Palmarès de Cannes est arrivé ! Cette année le jury était présidé par Robert de Niro.

           Parmi les films en compétition :

Tree of Life, le très attendu nouveau long métrage de Terrence Malick, obtient la Palme d’or. Génial pour les uns, pire navet de tous les temps pour les autres, une récompense décriée. Le film est déjà en salle, et je l’ai vu la veille de la remise des prix, mon avis très tranché ne tardera pas à faire l’objet d’un article.

Bir Zamanlar anadolu’da, de Nuri Bilge Ceylan et Le gamin au vélo des frères Dardenne se partagent le grand prix.

Le premier est un film turc qui se déroule dans une petite ville et dans lequel d’après le synopsis il ne se passe rien. Très probablement encore un film ennuyeux sur l’ennui. Je crois que je vais passer mon tour pour celui-ci.

Les frères Dardenne sont des habitués de la croisette dont ils reviennent régulièrement récompensés. Une valeur sure. Ce film sur une histoire d’amitié entre un enfant maltraité et une coiffeuse est selon la critique le plus accessible qu’ils aient jamais réalisé, et le plus lumineux. Et c’est bien ce qui me fait peur ! Moi qui aime leur univers austère et dépouillé, souvent très sombre, je ne suis pas sure d’apprécier ces bons sentiments nouveaux. J’irai toutefois sans doute le voir, pour voir justement.

Le prix de la mise en scène revient quant à lui à Nicolas Winding Refn pour Drive : le héros est cascadeur la journée et chauffeur la nuit pour le compte de la mafia, un jour son travail nocturne va l’entraîner dans une course-poursuite infernale sur fond de vengeance.

Joseph Cedar reçoit le Prix du scénario pour Hearat Shulayim. L’histoire d’une famille de chercheurs, la réussite du fils va faire éclater le désir de reconnaissance du père. Difficile de se faire une idée avec si peu d’informations, mais ça peut être pas mal.

Le Prix d’interprétation féminine revient à Kristen Dunst dans Melancholia de Lars Von Trier. Le jour de son mariage, une jeune femme sombre dans la folie alors que la planète Melancholia s’approche de la Terre. L’actrice donne ici la réplique à Charlotte Gainsbourg, qui avait été récompensée l’année dernière pour son interprétation d’Antechrist, du même réalisateur. Lars Von Trier quant à lui a fait scandale cette année et s’est fait renvoyer du jury pour avoir tenu des propos pro-nazis.

Le prix d’interprétation masculine a été décerné à… Jean Dujardin pour son rôle dans The artist de Michel Hazanavicius. Ce film muet en noir et blanc retrace l’histoire de George Valentin, vedette du cinéma muet que l’arrivée des films parlants va faire sombrer dans l’oubli. Une idée originale, je suis assez curieuse de voir le résultat. De plus, je trouve assez ironique que cet incorrigible bavard de Dujardin obtienne un prix pour un rôle où il n’ouvre pas la bouche…

– Enfin, le prix du jury a récompensé Polisse de la jeune Maïwenn. Une photographe vient faire un reportage dans une brigade de police, une intrusion que certains vont avoir du mal à supporter. Ma foi pourquoi pas, tout le monde en dit du bien, ça me semble pour être un bon film.

          Et pour les autres :

Cross de Maryna Vroda a obtenu la Palme d’or du court-métrage. Un film ukrainien sur un garçon qui court et regarde les autres courir.

Le Prix du jury pour un court-métrage est revenu à Maillot de bain 46 (j’ai choisi de vous livrer les traductions plutôt que les titres originaux) de Wannes Destoop. L’histoire d’un petite fille potelée qui n’a guère d’autre réconfort que la piscine (après le garçon qui court, la fille qui nage…). Ca m’a l’air plutôt bien, j’espère avoir l’occasion de le voir.

Le Prix « Un certain regard » récompense ex-aequo Arirang de Kim Ki-Duk et Arrêt en pleine voie d’Andreas Dresen. L’histoire d’un homme mourant qui fait ses adieux au monde. Dur de se faire une idée avec si peu d’informations, mais ça m’inspire assez. Un film que j’essaierai d’aller voir.

Arirang quant à lui semble en mesure de concurrencer Tree of life dans la catégorie « délire mystique ». Kim Ki-Duk a tout fait dans ce film, de la réalisation à la musique en passant par le montage, et y joue tous les rôles (oui oui, il est donc le seul acteur). Je vous passe le synopsis à rallonge (qui vaut pourtant le détour), sorte de long poème onirique. Si cela vous intéresse, vous pouvez le trouver ici. Un film sans doute très original mais que je ne pense pas être en mesure d’apprécier pleinement, je pense donc ne pas tenter l’expérience.

Le Prix spécial du jury « Un certain regard » a été attribué à Elena d’Andrey Zvyagintsev. Un homme riche et une femme modeste, chacun a eu un enfant d’une relation précédente. Suite à un malaise cardiaque, il réfléchit au sens qu’il souhaite donner à sa vie et décide qu’à sa mort, sa fille héritera de tout. Sa femme, effacée jusqu’alors, décide d’élaborer un plan pour que son fils aussi ait sa part, et une chance de réussir. Souvent, j’aime les films russes. L’intrigue de celui-ci m’inspire assez. J’irai donc le voir à sa sortie (en espérant ne pas oublier d’ici-là).

Le prix de la mise en scène « Un certain regard » revient à Mohammad Rasoulof pour Au revoir. L’histoire d’une famille qui cherche à fuir l’Iran par tous les moyens. Un film que je veux voir aussi. Le cinéma iranien est assez productif ces dernières années et souvent de bonne qualité.

Le 1° prix Cinéfondation revient à La lettre de Doroteya Droumeva. Une jeune femme apprend sa grossesse et raconte son ressenti dans une lettre. Le 2° prix a été décerné à Drari de Kamal Lazrak. A Casablanca, une histoire d’amitié entre deux hommes que tout oppose. Et le 3° prix a été attribué à Ya-Gan-Bi-Hang de Son Tae-gyum. Un homme qui n’a d’autre famille que son frère est obligé de se prostituer pour survivre.

– Enfin, la caméra d’or a été remise à Pablo Giorgelli pour Los acacias. Film et réalisateurs sur lesquels je n’ai strictement aucune information. Tant de mystère m’intrigue.

          Notons qu’un hommage à été rendu à Jean-Paul Belmondo pour l’ensemble de sa carrière.

          Voilà pour les résultats de cette année. Encore un palmarès sujet à controverse. Le moins qu’on puisse dire c’est que les films récompensés sont très éclectiques. Il y en a pour tous les goûts. Pour retrouver toutes les informations sur l’édition 2011, les photos, les films en lice, rendez-vous sur le site officiel.

Cinéma

Les couleurs de la montagne, de Carlos César ARBELAEZ

          Drame colombien de Carlos César Arbelaez, avec Hernan Ocampo, Genaro Aristizabal, Norbelto Sanchez.

          C’est l’histoire de Manuel, un petit garçon de 9 ans qui vit dans les montagnes colombiennes. Comme tous les enfants de son âge, il a des amis, avec qui il aime jouer au football, dès qu’il a un moment de libre. Pourtant, il a une enfance pas comme les autres. L’école est souvent fermée, les institutrices étant obligées de fuir les unes après les autres, chassées par les guérilleros. Les habitants aussi fuient, autant la guérilla que les militaires. Du haut de ses 9 ans, le petit Manuel, est surtout obsédé par son ballon neuf tombé au milieu d’un champ de mines, son seul but est d’aller le récupérer.

          Un film qui aurait pu ne pas être mal. On s’attendait à un fond social fort, de beaux paysages, de l’émotion. Eh bien que nenni ! Rien de tout cela. C’est incroyablement mal filmé, pas de belles images en vue. Pas de scénario tellement construit non plus, si on suit les grandes lignes de l’histoire, c’est un peu décousu. Aucune émotion ne passe. Quant à l’aspect politique, il passe un peu à la trappe. Guérilleros et militaires ne sont finalement présents qu’en toile de fond. C’est bien dommage. Il y avait là matière à faire quelque chose d’intéressant. Au final, cette histoire de gamins qui veulent récupérer un ballon dan sun champ de mine n’est pas d’un grand intérêt. Ca aurait pu être drôle à la rigueur, mais même pas, pas la moindre scène cocasse. Bref, on s’ennuie ferme et c’est bien dommage !