Cinéma

A bout portant, de Fred CAVAYE

          Film policier de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin.

          Samuel est aide soignant. Un jour, pendant sa garde, quelqu’un essaie de tuer un patient. Il réussit à lui sauver la vie. Les ennuis commencent : le lendemain, on enlève sa femme enceinte et lui demande pour la récupérer de faire sortir le mystérieux patient de l’hôpital.

          Bon, l’histoire est classique. C’est un peu du vu et revu. Evidemment, on n’échappe pas au problème majeur du genre : un terrible manque de crédibilité servi par quelques clichés. Personnellement, je doute très fortement qu’il soit possible de sauter d’un immeuble à l’autre, d’échapper à une bande de flics et de courir tel Hussein Bolt sans un certain entraînement. Bien sûr, la crédibilité n’est pas essentielle à ce genre de film. On peut même avancer qu’elle nuirait au genre. Le problème c’est que côté : t’y-crois-pas-une-seconde-mais-je-te-scotche-au-fauteuil les américains sont super forts. Ils s’aident certes un peu avec de méga effets spéciaux et des cascades impressionnantes mais n’empêche, au final, ils nous feraient gober n’importe quoi. Alors pourquoi – mais pourquoi ? – faire la même chose en moins bien ?

          Seconde récrimination : pourquoi une femme enceinte ? Rien ne me tape plus sur le système que cette manie d’employer de grosses ficelles pour faire pleurer dans les chaumières. Qu’est-ce que ça peut bien apporter à l’histoire à part une bonne dose de miévrerie ? C’est un détail, certes, mais n’empêche, ça manque de finesse.

          Alors comme ça, on ne dirait pas, mais j’ai bien aimé ce film. Sans plus. J’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Même si on sait que ça finit forcemment bien, on se laisse plutôt prendre au jeu. Un thriller assez efficace malgré quelques lourdeurs. Les acteurs sont pas mal, particulièrement Lellouche qui se voit ici confier son premier premier rôle. Bref, si vous êtes un amateur du genre, je vous conseille d’aller y jeter un oeil.

Mes lectures

Romain GARY

          Le 2 décembre, on célébrait le 30° anniversaire de la mort de Romain Gary. A cette occasion, je vous propose une petite présentation de cet auteur.

          Romain Gary est né le 8 mai 1914 à Wilno, en Lituanie. Il est élevé par sa mère, avec qui il s’installe à Nice à l’âge de 13 ans. Il fait des études de droit à Paris et s’engage dans l’aviation. En 1940, il rejoint la « France libre » aux côtés du Général de Gaulle et sera fait commandeur de la Légion d’honneur. En 1945, il entre au Quai d’Orsay et publie son 1° roman, Education européenne, qui recevra le prix des critiques. Il aura des postes dans des pays lointains mais continuera à publier en France. Il reçoit le Prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Il quitte la diplomatie en 1961. Il réalise 2 films, en 1968 (Les oiseaux vont mourir au Pérou) et 1972 (Kill).

          En 1974, Emile Ajar publie son 1° roman, Gros Câlin, dans un style totalement novateur. En 1975, La vie devant soi reçoit le Prix Goncourt. Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Quelques mois plus tard, Paul Pavlovitch, le cousin de Gary, qui avait prêté ses trait à Emile Ajar pour la presse, dévoile la supercherie : Gary et Ajar ne sont qu’un seul homme. Gary est donc le seul écrivain à avoir eu 2 fois le prix Goncourt. En 1981 paraît Vie et mort d’Emile Ajar, un testament dans lequel il annonce être Ajar et s’en explique. Il conclut de la sorte : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. »

          Si vous voulez en savoir plus sur Romain Gary, une exposition a lieu au Musée des lettres et des manuscrits. Delphine est allée la voir et la commente.

Vous pouvez également aller voir jusqu’à la fin de la semaine l’émission de la grande librairie consacrée intégralement à l’auteur.

          Enfin, Folio propose un joli coffret avec La promesse de l’aube et un marque-page en métal ciselé qui est à gagner sur Grim’livres.

Cinéma

No et moi, de Zabou BREITMAN

          Drame de (et avec) Zabou Breitman. Avec Bernard Campan, Nina Rodriguez, Julie-Marie Parmentier.

          Lou doit faire un exposé pour le lycée, elle choisit de retracer le parcours d’une jeune SDF. Peu à peu, la confiance s’installe et une amitié va naître mais sortir de la rue va s’avérer difficile.

Un film agréable à regarder. On ne tombe pas trop dans les clichés qu’on pouvait craindre dans ce genre de films. Certaines scènes sont drôles ou touchantes. Cependant, le film ne décolle jamais vraiment. A aucun moment je n’ai vu où la réalisatrice voulait en venir. On s’égare assez vite. Pas de réelle piste de réflexion, pas d’engagement, ce qui me semble dommage étant donné le sujet. Une fin en queue de poisson qui m’a laissée perplexe. Bref, assez plat, un film plaisant mais qui ne va pas au bout de sa démonstration et m’a laissée sur ma faim.

Le film est tiré d’un roman de Delphine de Vigan, que je n’ai pas lu mais qui n’est paraît-il pas mal. Si vous voulez y jeter un oeil, il est paru en poche et tous les libraires l’ont ressorti du fond des placards à l’occasion de la sortie du film.

Cinéma

Fair game, de Doug LIMAN

          Thriller, drame, de Doug Liman, avec Naomi Watts et Sean Penn.

          L’histoire de Valérie Plame, agent de la CIA chargée de travailler sur l’existence éventuelle d’armes de destruction massive en Irak. Ce qu’elle va découvrir va mettre sa carrière et sa famille en danger.

          L’histoire est connue (car vraie, on en a entendu parler aux infos jusqu’ici) mais intéressante : celle d’une femme qui voit sa carrière brisée car elle a refusé les conclusions du gouvernement sur un dossier majeur, l’Irak. Le film est plutôt bien mené. Les acteurs sont bons, particulièrement Sean Penn (pour changer !). Cependant, ça traîne un peu en longueur, si on ne s’ennuie pas franchement, un peu plus de rythme n’aurait pas été de trop. Ce qui m’a réellement gênée, c’est le compromis fait entre documentaire et fiction. Ca laisse supposer que tout ce qui nous est montré est vrai. La plupart des faits le sont peut-être, en effet, mais ils ont été « arrangés » pour le besoin du film ce qui lui nuit assez gravement je trouve. Ce film dénonce la manipulation de l’état et n’hésite pas pour ça à manipuler le spectateur. Un documentaire aurait été plus percutant, ou un film sans images d’archives moins dérangeant, ce refus de choisir est la plus grande faiblesse de ce film qui sans ça aurait pu être assez bon.

Cinéma

L’homme qui voulait vivre sa vie, d’Eric Lartigau

          Thriller, drame. Avec Romain Duris, Marina Foïs, Catherine Deneuve, Niels Arestrup.

          Paul est avocat, marié, deux enfants. Il est destiné à reprendre l’entreprise dans laquelle il travaille. Il paraît avoir tout pour être heureux. Mais ce n’est pas la vie qu’il voulait. Quand sa femme le quitte, l’occasion de changer de vie et de réaliser ses rêves se présente.

          Un film qui manque parfois un brin de crédibilité. Cela mis à part, il n’y a pas grand chose à lui reprocher. Les acteurs sont très bons, particulièrement Romain Duris. L’histoire se tient. Les images sont splendides. Un film noir qui nous tient en haleine. On regrette presque qu’il ne dure pas plus longtemps. Filez vite le voir !