Cinéma

The lost city of Z

Film d’aventure américain de James Gray avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Tom Holland
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne.

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Je suis assez friande de récits d’aventures. Je suis d’ailleurs un inconditionnelle de Sylvain Tesson et Jack London, un amour qui se retrouve bien sûr aussi au cinéma. Un film sur un explorateur du début du siècle dernier, ça ne pouvait que me parler. J’avais entendu dire que ce film était très esthétique mais pauvre en émotions mais il en fallait plus pour me décourager. Alors, convaincue ou pas par cette petite balade dans la jungle ? Je ne ferait peut-être à ce film les mêmes reproches que ceux que j’ai pu lire mais je ne le trouve pas exempt de défauts pour autant. 2h20 parfois un peu éprouvantes qui m’ont laissée mitigée.

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On m’avait dit que c’était très esthétisant mais franchement (pas très étonnant venant de James Gray), je ne m’attendais pas à cette lumière d’un jaune douteux façon photo sépia qui aurait mal vieilli. Même si je ne les retrouve pas sur les photos – un problème d’écran peut-être ? Honnêtement j’ai trouvé ça perturbant, voire dérangeant, même si on finit par s’y habituer peu ou prou. En tout cas, même si je note un énorme travail sur la lumière, c’est plus raté qu’autre chose. En même temps, ce n’est pas pour ça que j’y allais, moi ce qui m’intéressait, c’est l’histoire. Alors ? on part à l’aventure, on a des sueurs froides face aux cannibales, on est surexcités à l’idée de partir à la recherche de cités perdues ? Bah… oui, non, bof. Bon, déjà, notre héros part à contre-coeur, il faut un peu de temps pour que lui même rentre dans sa propre histoire. On le comprend, aller faire des relevés à l’autre bout du monde dans la jungle alors qu’il a une femme super, ça n’avait pas l’air palpitant. C’est donc un peu long à démarrer mais ça permet de se familiariser avec le personnage.

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Ce qui est plus surprenant, c’est que même une fois qu’il est lancé dans l’aventure, on reste un peu au bord de la route. Pourtant, j’ai été réellement intéressée par ce qu’il se passait. L’histoire a un énorme potentiel que j’ai finalement trouvé assez mal exploité. Il faut dire que l’histoire court sur plusieurs décennies, difficile donc de traiter le sujet en profondeur, on a l’impression que les évènements sont survolés, ce qui n’aide pas trop à rentrer dans le film, aussi intéressante que soit cette histoire. Ce n’est malheureusement pas très axé aventure dans la manière de traiter l’histoire, le parti pris est plutôt scientifique : juste les faits. Cet aspect clinique donne une certaine impression de froideur. On est loin des frasques d’un Indiana Jones. Pas que je me sois attendue à beaucoup d’action mais quand même, c’est un peu mou du genou.

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C’est d’ailleurs à mon sens l’un des gros points faibles de ce film : ça se traîne un peu. Ca manque sérieusement de rythme alors même que ça semble passer trop rapidement sur les évènements. Étrange paradoxe. De plus j’ai trouvé qu’on ne s’attachait pas trop au personnage. Il a certes quelques bons côtés mais il n’est pas particulièrement sympathique. Pourtant, contrairement aux apparences, j’ai plutôt bien aimé ce film. Parmi les points positifs, la musique notamment, assez réussie. Je me suis intéressée à l’histoire, ça m’a même donné envie d’en apprendre plus sur cet homme. C’est juste qu’étant donné le potentiel je m’attendais à quelque chose d’un peu moins lisse, plus nerveux. D’un autre côté, pour une fois, on ne pourra pas dire que ça en fait trop dans le sentiment ! Un film dont l’esthétique léchée ne m’a pas convaincue et au rythme inégal mais dont l’histoire parvient tant bien que mal à nous faire voyager.

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Cinéma

Lion, cinéma émotion

Biopic, drame américain de Garth Davis avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman
A 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul à Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, avec ses bribes de souvenirs, il part à la recherche de sa famille.

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Encore une critique de film, j’ai l’impression de les enchaîner en ce moment. Je ne sais pas si c’est parce que je vais vaguement plus au cinéma ou – plus probablement – parce que je lis moins, ce qui fait augmenter les proportions. Peu importe. J’avais pas mal entendu parler de ce film au moment de sa sortie. J’avoue que je n’étais pas très sure d’aller le voir. C’était vendu comme une histoire vraie teeeellement émouvante, j’avais peur que ce soit trop pour moi. Et puis l’occasion s’est présentée, j’en ai donc profité. Rien que l’affiche vendait ça comme le tire-larmes de l’année, j’étais donc circonspecte, même si l’histoire semblait avoir un fort potentiel. Alors ? combien de paquets de kleenex prévoir ?

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Eh bien on va encore dire que je suis sans cœur mais je n’ai pas pleuré – et pourtant j’ai plutôt la larme facile au cinéma. Bon, d’accord, sur la fin, c’était limite, c’est quand même touchant, mais j’ai tenu bon. C’est plutôt une bonne nouvelle donc, bien que l’histoire s’y prête assez, ce n’est pas si larmoyant que ça même s’il y a quelques passages (assez rares il faut l’admettre) un peu riches en violons. Pourtant, bien que ce soit plus sobre que ce que je craignais, je n’ai pas accroché tant que ça. La mise en scène est très classique et j’ai trouvé que ça manquait un peu de rythme. D’habitude ça ne me dérange pas plus que ça que les choses soient présentées dans l’ordre chronologique et avec sobriété mais là je trouvais que ça aurait mérité un peu plus.

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Bon, et sinon, à part le fait que je sois sans cœur, est-ce que c’est bien ? Ben… Pas si mal. J’ai trouvé que le petit garçon était super bien choisi. Il est trop mignon. Mais pas mignon genre poupon, mignon du style : il a l’air tellement intelligent que je voudrais le même. Et en plus il joue bien. Franchement, des fois tout ce qu’il lui arrive donne vraiment l’impression que c’est trop mais c’est filmé avec suffisamment de pudeur pour ne pas faire misérabiliste. Presque pas assez, j’ai eu du mal à compatir par moments. Adulte, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement sympathique, ce qui étrangement est un plus, ça évite de faire sombrer ce film dans le pathos. Même si pour ma part je n’ai pas été submergée par l’émotion (les parents d’adoptions sont super flippants), il faut reconnaître que cette histoire est absolument incroyable et force l’admiration. Un film que je n’ai pas trouvé exceptionnel qui ne manque pas de qualités pour autant.

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Cinéma

Fences et Loving : deux couples dans la tourmente

Fences

afficheDrame américain de et avec Denzel Washington avec Viola Davis, Stephen Henderson et Russel Hornsby
Troy aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

Pourquoi suis-je allée voir ce film ? Voilà une excellente question. Je ne me rappelle plus. Denzel Washington, une envie d’aller au cinéma, je ne sais pas, je suppose que ça suffit. En tout cas sachez que je regrette. Amèrement. Je vais avoir du mal à vous parler de ce film tant c’est creux, je n’ai pas grand chose à en dire. C’est d’un ennui… L’histoire n’a à peu près aucun intérêt. Le personnage principal, incarné par Denzel Washington est parfaitement imbuvable et l’acteur en fait des caisses, hurlant plus fort que tout le monde et écrasant totalement le film. J’ai fini par m’endormir et je n’ai pas eu l’impression d’avoir raté quoi que ce soit à mon réveil. Ca manque cruellement de subtilité, c’est bourré de clichés et parfaitement soporifique. Totalement raté.

Loving

afficheDrame américain de Jeff Nichols avec Joel Edgerton, Ruth Negga, Marton Csokas
Mildred et Richard s’aiment et décident de se marier mais il est blanc et elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux.

On reste dans les problèmes de couple avec Loving, dont l’histoire est autrement plus intéressante. Je dois avouer que je ne connaissais pas le parcours de ce couple et j’ai été ravie de le découvrir. J’avais peur que ce soit un peu trop mièvre à mon goût mais j’ai été agréablement surprise. Il faut dire que le réalisateur avait déjà démontrer son talent avec Mud. Dans le genre, ils sont assez brut de décoffrage, assez loin du pathos qu’on aurait pu attendre. La mise en scène est classique mais efficace. Il y a peut-être quelques longueurs mais ça reste raisonnable. Pas de change, je me suis une fois de plus endormie, juste au moment du dénouement, vous n’imaginez pas ma frustration (j’ai quand même vu l’épilogue, ça va, je n’ai pas tout perdu). J’ai trouvé vraiment touchante l’histoire de ces héros malgré eux et le réalisateur parvient à traiter ce sujet brûlant avec une belle pudeur. Le film aurait peut-être mérité un peu plus de rythme mais j’ai passé un bon moment et j’ai été ravie de découvrir cet incroyable destin.

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Rock’n Roll de Guillaume Canet

          Comédie de et avec Guillaume Canet avec Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Camille Rowe
Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été. Une prise de conscience douloureuse.

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         Je ne comptais pas réellement aller voir ce film, même si j’étais relativement curieuse. Et puis, comme souvent, le hasard des horaires de séances en auront décidé autrement. Bon, je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai adoré, ce serait grandement exagéré. Mais je n’ai pas détesté non plus, ce qui est déjà énorme. Je ne suis généralement pas très bon public pour les comédies. A tel point que je me demande parfois pourquoi je continue à aller en voir ! Mais bon, j’avais plutôt bien aimé les précédents films de Guillaume Canet (enfin, ceux que j’ai vus) même si les sujets ne me parlent pas outre mesure et je me demandais ce qu’il allait faire avec son couple tourné en dérision.

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         Disons-le carrément, on ne peut pas parler d’un grand film. En même temps, ça tombe bien, ce n’est non plus ce qu’on en attendait. Le point de départ est très crédible et ça fonctionne plutôt bien. Le moins qu’on puisse dire c’est que Guillaume Canet n’y va pas de main morte sur l’auto-dérision. Franchement, il y a quelques passages très drôles. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas en faire assez ! Il parvient assez bien à détricoter son image un peu ringarde, et celle bien plus glamour de sa femme. Il ne lésine pas sur le stéréotype mais ça ne fonctionne pas trop mal.

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         Malheureusement, si le début m’a fait sourire, sur la longueur sa fonctionne un peu moins bien. C’est parfois pathétique avant de virer au grand n’importe quoi. Le propos se tient pourtant et la fin a le mérite d’être originale mais je n’ai pas trop accroché avec la tournure que prennent les évènements. Sur le papier, ce film n’avait pas grand chose pour me plaire mais malgré des défauts certains, on sent que Guillaume Canet s’est fait plaisir et c’est plutôt contagieux. Un film sans surprise très moyen mais dans lequel tout n’est pas à jeter et qui fait passer un assez bon moment. C’est tout ce qu’on lui demande.

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The Birth of a Nation

Biopic, film historique, drame américain de et avec Nate Parker avec Armie Hammer, Aja Naomi King, Penelope Ann Miller.
Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, connaît des difficultés financières et accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

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          Bien que je sois très loin de maîtriser le sujet, je m’intéresse aux films (et livres) sur l’esclavage. En grande partie par besoin de « comprendre » je crois. Besoin de comprendre les causes, les conséquences et de me rappeler à quel point c’est proche de nous finalement. Pourtant, si dans la littérature il y a quelques réussites sur le sujet – notamment l’excellent No home sorti en cette rentrée de janvier et dont je vous parlerai bientôt – au cinéma je suis souvent bien plus mitigée. On peine encore à trouver le bon équilibre, le sujet est encore trop brûlant pour être traité avec le recul nécessaire. J’avais bien aimé Twelve years a slave sans y voir le chef d’œuvre attendu malgré d’indéniables qualités. Je ne désespère tout de même pas de trouver la perle rare. Je suis donc allée voir ce film pour voir de quoi il retournait.

The Birth of a Nation

          Je ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme qui a décidé de se rebeller contre la profonde injustice du système et j’ai trouvé le personnage passionnant, il n’a pas été sans me rappeler Spartacus (esclave, révolte, je ne suis pas allée chercher la référence très loin). On suit son évolution et on voit la naissance de la rébellion. C’est qui plus est plutôt bien interprété. Ce personnage assez atypique et méconnu – me concernant du moins – est le point fort de ce film. Il y a également une certaine attention portée à l’esthétique. Il faut admettre que c’est assez beau, il y a quelques jolis plans durant lesquels on se surprend à trouver de la poésie dans les champs de coton, ce qui s’avère plus dérangeant qu’autre chose. De bonnes bases tout de même avec un personnage intéressant, de bons acteurs et une photo léchée. Malheureusement le film n’est pas pour autant exempt de défauts, loin s’en faut.

The Birth of a Nation

          La réalisation reste très classique, voire franchement convenue, tous les efforts de Nate Parker ne parviennent qu’à un formalisme désespérant. Sans surprise, c’est violent, même si la violence est plus psychologique que physique dans l’ensemble mais ce n’en est pas particulièrement plus facile à regarder. Histoire d’en rajouter une couche, la musique en fait des tonnes avec force violons tire-larmes, particulièrement dans la seconde moitié où c’est à la limite du supportable. Sur le fond, je suis plus mitigée. Je suis toujours fascinée par les grandes figures de la révolte mais j’avoue que le côté religieux m’a parfois mise profondément mal à l’aise, bien que certains passages possèdent une beauté particulière. En revanche l’insertion de rêves mystiques m’a laissée perplexe. Ce film en fait souvent trop : trop scolaire, trop complaisant, trop trop quoi. Au final, malgré de bonnes intentions et un sujet en or, un résultat en demi-teinte, même si je serai un peu plus indulgente que l’Express selon qui « The Birth of a Nation est une défaite paradoxale de la pensée et du cinéma : nécessaire et raté, volontaire et déprimant. »