The Birth of a Nation

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Biopic, film historique, drame américain de et avec Nate Parker avec Armie Hammer, Aja Naomi King, Penelope Ann Miller.
Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, connaît des difficultés financières et accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

The Birth of a Nation, affiche

          Bien que je sois très loin de maîtriser le sujet, je m’intéresse aux films (et livres) sur l’esclavage. En grande partie par besoin de « comprendre » je crois. Besoin de comprendre les causes, les conséquences et de me rappeler à quel point c’est proche de nous finalement. Pourtant, si dans la littérature il y a quelques réussites sur le sujet – notamment l’excellent No home sorti en cette rentrée de janvier et dont je vous parlerai bientôt – au cinéma je suis souvent bien plus mitigée. On peine encore à trouver le bon équilibre, le sujet est encore trop brûlant pour être traité avec le recul nécessaire. J’avais bien aimé Twelve years a slave sans y voir le chef d’œuvre attendu malgré d’indéniables qualités. Je ne désespère tout de même pas de trouver la perle rare. Je suis donc allée voir ce film pour voir de quoi il retournait.

The Birth of a Nation

          Je ne connaissais pas du tout l’histoire de cet homme qui a décidé de se rebeller contre la profonde injustice du système et j’ai trouvé le personnage passionnant, il n’a pas été sans me rappeler Spartacus (esclave, révolte, je ne suis pas allée chercher la référence très loin). On suit son évolution et on voit la naissance de la rébellion. C’est qui plus est plutôt bien interprété. Ce personnage assez atypique et méconnu – me concernant du moins – est le point fort de ce film. Il y a également une certaine attention portée à l’esthétique. Il faut admettre que c’est assez beau, il y a quelques jolis plans durant lesquels on se surprend à trouver de la poésie dans les champs de coton, ce qui s’avère plus dérangeant qu’autre chose. De bonnes bases tout de même avec un personnage intéressant, de bons acteurs et une photo léchée. Malheureusement le film n’est pas pour autant exempt de défauts, loin s’en faut.

The Birth of a Nation

          La réalisation reste très classique, voire franchement convenue, tous les efforts de Nate Parker ne parviennent qu’à un formalisme désespérant. Sans surprise, c’est violent, même si la violence est plus psychologique que physique dans l’ensemble mais ce n’en est pas particulièrement plus facile à regarder. Histoire d’en rajouter une couche, la musique en fait des tonnes avec force violons tire-larmes, particulièrement dans la seconde moitié où c’est à la limite du supportable. Sur le fond, je suis plus mitigée. Je suis toujours fascinée par les grandes figures de la révolte mais j’avoue que le côté religieux m’a parfois mise profondément mal à l’aise, bien que certains passages possèdent une beauté particulière. En revanche l’insertion de rêves mystiques m’a laissée perplexe. Ce film en fait souvent trop : trop scolaire, trop complaisant, trop trop quoi. Au final, malgré de bonnes intentions et un sujet en or, un résultat en demi-teinte, même si je serai un peu plus indulgente que l’Express selon qui « The Birth of a Nation est une défaite paradoxale de la pensée et du cinéma : nécessaire et raté, volontaire et déprimant. »

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    • Ce n’est pas siii mauvais mais ce n’est pas un bon film non plus. Le pire c’est que j’ai plutôt aimé mais il y a pas mal de choses dérangeantes dedans, ça manque terriblement de finesse.

  1. Tout est trop dans ce film… Beaucoup de complaisance, le souci de plaire au grand public… J’ai bien peur que l’on ne soit très loin des violences subies par ces pauvres esclaves: le code noir, les jambes coupées lors des tentatives de fuite… et j’en passe!

    • Disons que c’est la version avec un « bon maître », il y en avait aussi. Je serais curieuse d’en savoir plus sur le personnage, je suppose que le réalisateur a collé au plus près à la vérité, même si elle n’est pas toujours très vraisemblable.

  2. Pingback: Janvier, le bilan | Madimado's Blog

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