Cinéma

Les amours imaginaires, de Xavier DOLAN

Comédie dramatique québécoise de et avec Xavier Dolan, avec Monia ChoKri et Niels Schneider.

          Francis et Marie sont amis et colocataires. Lors d’une soirée, ils rencontrent Nicolas, dont ils vont tomber tous les deux follement amoureux. Une situation avec laquelle va jouer le jeune, entraînant le trio dans une relation toujours plus malsaine.

          Un film pour le moins surprenant ! Il a d’ailleurs été sélectionné à Cannes dans la catégorie « Un certain regard » en 2010. Tenues, déco, coiffures, musiques, on est propulsé dans les années 60. Ca frise parfois le ridicule, les couleurs ultra saturées surprennent, on est un peu perdus dans le décor. Côté histoire, on alterne celle de ce trio assez hérissant et des témoignages face à la caméra de jeunes sur leurs propres histoires d’amour foireuses. Ca semble partir un peu dans tous les sens et pourtant, petit à petit, on s’habitue à cet étrange mélange (et à l’accent, aussi).

          L’ambiance que crée le réalisateur est très particulière. L’aspect malsain de cette relation se ressent tout au long du film. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai adoré mais ce film m’a interpellée. C’est surprenant, plein d’idées, dérangeant souvent. Les acteurs aussi sont étonnants. On a parfois l’impression d’un film tourné à la va vite sans moyens et pourtant en y regardant de plus près, le tout reste très construit. Xavier Dolan a sans le moindre doute un immense talent et je suis curieuse de savoir comment va évoluer son cinéma. Au final l’ambiance de ce film m’a séduite et j’y ai repensé longtemps après son visionnage. Un OVNI cinématographique.

Cinéma

La guerre est déclarée, de Valérie DONZELLI

        Comédie dramatique française de et avec Valérie Donzelli, avec Jérémie Elkaïm et César Desseix.

     Roméo et Juliette s’aiment, ils nagent dans le bonheur et la naissance de leur fils, Adam, les comble tous les deux. Mais rapidement, Adam semble avoir un comportement inquiétant. Une tumeur au cerveau est diagnostiquée, un long combat s’engage.

         L’histoire est autobiographique, c’est celle des deux acteurs principaux. L’idée de départ est intéressante, il s’agit de ne pas montrer que l’aspect dramatique, mais aussi les moments de joie au milieu de la détresse, parce que même quand tout va mal, la vie continue. Une approche de la vie qui me correspond assez et en tout cas m’attire. Ca et une très belle bande-annonce, ce film avait tout pour me séduire. Le film a été présenté en ouverture du Festival de Cannes.

            J’ai vite déchanté (oui, encore !). Je n’ai pas du tout trouvé ce que j’attendais dans ce film. Pour commencer, je n’ai pas tellement vu le côté drôle, si j’ai bien ressenti une volonté de légèreté, je trouve que le résultat n’est pas là, l’effet tombe un peu à plat. Ensuite, les deux acteurs me sont insupportables. Ils m’ont agacée au plus haut point. Impossible de m’y identifier un tant soit peu. Et chose étrange, bien qu’il s’agisse de leur propre histoire (simplement agrémentée de prénoms ridicules), j’ai trouvé qu’ils jouaient incroyablement faux.

          L’aspect technique laisse également à désirer. Les intentions sont bonnes, il y a une vraie volonté de faire un film original qui mêle les genres, mais là encore, le manque de maîtrise se fait sentir et ce qui aurait pu être un plus devient un désavantage et donne un aspect brouillon. Il y a un passage chanté particulièrement gratiné, avec des paroles de haut vol… (« j’aime ton cul quand tu as bu », je vous laisse admirer la poésie du texte).

          Un résultat décevant. Un film trop décousu qui manque de tenue. Sans doute peut-on voir là tant un manque d’expérience que de recul face à une expérience vécue. Il a sans doute manqué à ce film un regard extérieur et neutre sur l’histoire. Dommage.

Cinéma

Un amour de jeunesse, de Mia HANSEN-LOVE

          Comédie dramatique française avec Lola Creton, Sebastian Unzerdowsky et Magne Harvard Brekke.

          Camille aime Sullivan. Quand il décide de partir faire un long voyage en Amérique du Sud sans elle, elle sombre dans la mélancolie. Quand au bout de quelques mois il arrête de lui écrire, elle fait une tentative de suicide. Elle mettra longtemps à tomber de nouveau amoureuse, mais cet amour résistera-t-il au retour de Sullivan ?

          Admettons-le, le titre annonçait déjà la couleur : pas un film pour moi. Pourtant j’y suis allée optimiste face aux critiques élogieuses. Finalement, je me suis ennuyée à périr. C’est convenu. Les acteurs sont terriblement mauvais (surtout celui qui joue Sullivan), ou au mieux c’est leur personnage qui est insupportable. L’histoire est classique. Plutôt bien menée. C’est vu et revu mais ça marche assez bien (bon, pas mon genre du tout, mais pourquoi pas, on s’y retrouve tous un peu au fond). En revanche, le film ne brille pas par la profondeur de ses dialogues : c’est creux, ça sonne faux (à moins que ce ne soit la faute au jeu d’acteurs justement…).

          Quand on est comme moi aussi émue par les élans romantiques que par le bruit du camion-poubelle le matin, il est difficile de s’intéresser un tant soit peu à cette histoire somme toute banale. Toutefois, je comprends le charme qu’on peut trouver à ce film : ça rappelle l’adolescence (la mienne ne doit pas être assez loin, point encore de nostalgie de cette époque), les premiers amours, les vacances au soleil, tout ça. Quelques belles images, heureusement. Pas que du mauvais donc mais rien de bien intéressant, ça m’a beaucoup rappelé D’amour et d’eau fraîche, histoire approchante, titre dans le même goût, même manière de filmer… Le commentaire pourrait être le même : insipide.

Cinéma

Le gamin au vélo, Jean-Pierre et Luc DARDENNE

          Comédie dramatique franco-italo-belge. Avec des frères Dardenne avec Cécile de France, Jérémie Renier, Thomas Doret. Cyril est placé dans un foyer pour enfants, il attend que son père vienne le chercher mais celui-ci semble avoir disparu. Un jour, en partant à sa recherche, il rencontre Samantha, une coiffeuse qui va le prendre sous son aile. Elle va l’accueillir les week-end et lui donner l’amour dont il manquait.

          Après The tree of life et Minuit à Paris, on continue dans la série « je m’attaque aux projections cannoises ». Les frères Dardenne sont des grands du cinéma francophone. Chaque fois qu’ils sont présents à Cannes (chaque fois qu’ils sortent un film soit à peu près tous les deux ans), ils repartent avec une récompense. Après deux Palmes d’or, ils raflent cette fois le Grand prix. J’aime en général beaucoup leur cinéma, sombre et exigeant, tout en sobriété. Les premières critiques ne tarissaient pas d’éloges sur leur nouveau chef-d’oeuvre, un film jugé « lumineux » et « accessible ». Serait-ce une autre manière de dire « gnangnan à souhait » ? Méfiance donc…

          Alors ? Suis-je totalement parano ? Il fallait que je me déplace pour aller en juger. Eh bien non ! Ce film a répondu à mes pires frayeurs. Pour commencer l’histoire ne tient pas debout. Pas crédible pour deux sous. Le gamin tombe sur une bonne femme qu’il n’a jamais vu, il fait une crise monumentale, la rencontre dure à peine deux minutes et, on ne sait pourquoi elle décide de le retrouver, de lui racheter le vélo qu’il a perdu et de le prendre chez elle le week-end alors qu’il ne s’est même pas fendu d’un merci. Certes, on ne peut pas tout expliquer, mais quand même… Tous les personnages semblent odieux, sauf l’ange tombé du ciel, dégoulinante de gentillesse. Pas du tout manichéen… On est de loin de Verlaine qui préconisait la nuance « rien que la nuance ». Le seul personnage qui m’a paru crédible est le père : Jérémie Renier (que je n’apprécie pourtant guère), parfait en salaud qui se défile face à ses responsabilités.

          Après ce début sur les chapeaux de roues (de vélo,évidemment !), tout est à l’avenant. Tant de bons sentiments m’ont laissée au bord de la nausée. A aucun moment je n’ai cru à cette histoire. C’est bien filmé, bien monté, bien joué, mais le principe de départ est tellement gros que tous ces efforts m’ont paru vains. La tension dramatique est à peu près aussi intense que dans une pub pour spaghetti. L’histoire m’a rappelé les nanards du samedi soir sur la 3. Certes, on est en plein dans les thèmes fétiches des frères Dardenne : l’amour et le pardon. Mais d’habitude ils semblent voler au dessus des écueils propres au sujet : point de mièvrerie chez eux. D’habitude… On pourrait parler pendant des heures de chaque bon sentiment poussé à l’excès, de la scène finale qui rappelle ni plus ni moins que la sortie du tombeau (oui oui, rien que ça) mais cela n’apporterait rien. Je n’ai pas cru un instant à cette belle histoire, voilà tout, la conséquence directe en est que tout m’a semblé faux, dépourvu de profondeur et mièvre par dessus le marché. Une grande déception.

          Comme je reste toutefois persuadée que les frères Dardenne sont de grands cinéastes, je vous conseille un film autrement plus puissant. Le thème est sensiblement le même. Mais on est très loin de l’espèce de mauvais téléfilm qu’ils nous ont ici livré : Le fils. Un menuisier qui travaille avec un centre de réinsertion va aider le meurtrier de son fils à réintégrer dans la société. Un film sombre, dur, d’une sobriété extrême. Un cinéma exigeant qui vous remue les tripes et vous donne à réfléchir pendant un certain temps. On me dira sans doute que moi qui reproche à L’enfant au vélo son manque de réalisme, je choisis là un film qui l’est bien moins. Oui, mais ce film-là, j’y ai cru. Je suis entrée dans la tête des personnages, j’ai ressenti ce qu’ils ont ressenti, et je me suis interrogée sur ce qu’est le pardon. Au delà de mes convictions, ou de mes préférences esthétiques, un film qui a juste posé pour moi le doigt sur des questions essentielles. Un film qui semble en permanence en équilibre et réalise le miracle de rester toujours d’une grande justesse. J’espère retrouver bientôt ces frères Dardenne-là.

Cinéma

Somewhere, de Sopia COPPOLA

          Comédie dramatique américaine de Sophia Coppola avec Stephen Dorff et Elle Fanning.

          L’histoire d’un acteur célèbre et un peu paumé et totalement déconnecté de la réalité, qui va apprendre à découvrir sa fille de 11 ans.

          Parlons peu mais parlons bien, ce film n’a aucun intérêt majeur mis à part 2 très bons acteurs qui ne peuvent rien face à l’incroyable vide intersidéral du scénario. Un film sur l’ennui paraît-il et donc réussi dans la mesure où il assomme le spectateur. Je ne suis pas convaincue, je ne me suis pas tellement ennuyée, j’ai juste trouvé ça sans intérêt. La musique est pas mal mais les plans interminables sont inesthétiques au possible. Pas la peine d’en parler pendant 3 heures, il n’y a rien à en dire. Chiant comme du Coppola.