Mes lectures

Jonathan COE, La pluie avant qu’elle tombe

          Juste avant de mourir, Rosamond décide de raconter son histoire à travers 20 photographies. Elle l’enregistre sur des cassettes. Quand sa nièce l’écoutera, elle y découvrira un parcours riche dont il ignorait tout ou presque. L’histoire de trois générations de femmes au passé douloureux.

          Je ne connaissais pas Jonathan Coe dont j’avais bien sûr entendu dire le plus grand bien. C’est le premier roman que je lis de lui. J’ai trouvé le style clair et agréable et l’histoire assez intéressante. Cependant, le procédé narratif (cette histoire dans l’histoire à travers la description de photos) ne m’a pas paru d’un intérêt majeur. J’ai trouvé que ça alourdissait quelque peu le texte et que ça manquait de finesse. La trame est assez classique, rien de révolutionnaire. Je n’ai pas particulièrement accroché. J’ai trouvé le tout plutôt bien mais un peu lisse. Ca manque de caractère à mon goût. J’ai pris plaisir à cette lecture mais ce texte ne sera pas de ceux qui m’auront marquée. Une lecture agréable, une expérience que je compte renouveler.

Ce soir-là, nous avons attendu que la maison se taise, qu’Ivy et Owen s’installent au salon pour prendre un digestif, que les garçons montent jouer dans leur chambre. Alors on a mis nos manteaux, on a ouvert laborieusement le verrou de la grande porte, et on s’est glissées dehors.

Elle avait onze ans. J’en avais huit. Je l’aurais suivie n’importe où.

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C’était impossible. Ce qu’elle espérait trouver n’était qu’une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu’elle tombe.

Cinéma

Le discours d’un roi, de Tom HOOPER

          Drame historique britanico-américano-australien de Tom Hooper avec Colin Firth, Helena Bonham Carter, Derek Jacobi.

          Le prince Albert d’York n’était pas destiné à devenir roi, pourtant, quand son frère choisit d’abdiquer pour épouser une américaine 2 fois divorcée, il accepte de lui succéder sur le trône, sous le nom de Georges VI (père de l’actuelle reine d’Angleterre). Le jeune roi est bègue et devra pour faire face à sa fonction surmonter ce handicap. Avec l’aide de sa femme et d’un thérapeute du langage aux méthodes bien peu conventionnelles, il tentera de surmonter sa peur des mots pour unir le peuple face à la montée du nazisme.

          J’avais ouï dire le plus grand bien de ce film. Je m’étais renseigné sur l’histoire, avais vu la bande-annonce, je m’attendais à un chef-d’oeuvre. Eh bien c’en est bien un ! Et pourtant j’ai été pour le moins surprise, car si je m’attendais à une histoire poignante, des acteurs brillants et une mise en scène impeccable, je n’avais pas le moins du monde envisagé que ce film pusse être drôle ! Et pourtant il l’est sans conteste ! Drôle souvent, émouvant parfois, juste toujours.

          Je connaissais mal (ou pas d’ailleurs…) l’histoire de ce souverain qui a pourtant joué un rôle majeur dans l’histoire contemporaine en s’opposant fermement à la montée du nazisme. Un personnage complexe, brillant et torturé, non dépourvu d’une arrogance princière. Il est très intéressant de voir dans le film évoluer conjointement le personnage public et l’homme privé, souvent en opposition. Les 3 rôles principaux sont magnifiques et magistralement interprétés. Ce film tout en finesse, filmé avec élégance et sobriété est de toute beauté.

          On pourrait disserter longtemps sur pareille perfection. Rien de clinquant, d’impressionnant ni même de tragique, simplement un merveilleux équilibre. On pourrait continuer à vanter le scénario, les acteurs, la mise en scène. On pourrait remplir des pages et des pages sur le rôle qu’a joué cet homme en Europe et son incroyable courage. On ne se lasserait pas de parler de ce film mais rien ne pourrait égaler le plaisir simple de son visionnage. Alors je n’ai qu’un conseil, filez vite le retrouver dans les salles obscures.

Pour en savoir plus, le site internet dédié au film.

Cinéma

Another year, de Mike LEIGH

          Drame de Mike Leigh, avec Jim Broadbent, Lesley Manville, Ruth Sheen.

          On suit dans ce film un vieux couple, elle psychologue, lui géologue. Un couple parfait qui nage dans le bonheur. Autour d’eux, des amis et une famille aux vies moins bien rangées, avec leurs défauts et surtout leur détresse.

          Pour le commentaire intelligent du film et son analyse, je vous renvoie à la critique qu’en a fait Carmadou. Elle est très juste, je ne vais donc pas paraphraser. Maintenant passons à ce que j’en ai passé d’un point de vue tout personnel. Je ne suis jamais vraiment rentrée dans ce film. Si j’en ai bien saisi les tenants et les aboutissants, je me suis ennuyée à périr. J’ai passé plus de temps à penser à l’entrecôte que j’allais m’enfiler en sortant qu’à m’intéresser à ce qui se passait sur l’écran. Le film étant relativement long, il n’y avait plus d’entrecôte quand nous sommes sortis, terrible déception… Passons. Pour en revenir à nos moutons donc (et non pas à nos boeufs…), ce film m’a laissée perplexe. Je ne sais même pas quoi en dire tellement ça m’a ennuyée. Encore une rencontre cinématographique ratée en ce mois de janvier, décidément, l’année commence mal !

Cinéma

No et moi, de Zabou BREITMAN

          Drame de (et avec) Zabou Breitman. Avec Bernard Campan, Nina Rodriguez, Julie-Marie Parmentier.

          Lou doit faire un exposé pour le lycée, elle choisit de retracer le parcours d’une jeune SDF. Peu à peu, la confiance s’installe et une amitié va naître mais sortir de la rue va s’avérer difficile.

Un film agréable à regarder. On ne tombe pas trop dans les clichés qu’on pouvait craindre dans ce genre de films. Certaines scènes sont drôles ou touchantes. Cependant, le film ne décolle jamais vraiment. A aucun moment je n’ai vu où la réalisatrice voulait en venir. On s’égare assez vite. Pas de réelle piste de réflexion, pas d’engagement, ce qui me semble dommage étant donné le sujet. Une fin en queue de poisson qui m’a laissée perplexe. Bref, assez plat, un film plaisant mais qui ne va pas au bout de sa démonstration et m’a laissée sur ma faim.

Le film est tiré d’un roman de Delphine de Vigan, que je n’ai pas lu mais qui n’est paraît-il pas mal. Si vous voulez y jeter un oeil, il est paru en poche et tous les libraires l’ont ressorti du fond des placards à l’occasion de la sortie du film.

Cinéma

Fair game, de Doug LIMAN

          Thriller, drame, de Doug Liman, avec Naomi Watts et Sean Penn.

          L’histoire de Valérie Plame, agent de la CIA chargée de travailler sur l’existence éventuelle d’armes de destruction massive en Irak. Ce qu’elle va découvrir va mettre sa carrière et sa famille en danger.

          L’histoire est connue (car vraie, on en a entendu parler aux infos jusqu’ici) mais intéressante : celle d’une femme qui voit sa carrière brisée car elle a refusé les conclusions du gouvernement sur un dossier majeur, l’Irak. Le film est plutôt bien mené. Les acteurs sont bons, particulièrement Sean Penn (pour changer !). Cependant, ça traîne un peu en longueur, si on ne s’ennuie pas franchement, un peu plus de rythme n’aurait pas été de trop. Ce qui m’a réellement gênée, c’est le compromis fait entre documentaire et fiction. Ca laisse supposer que tout ce qui nous est montré est vrai. La plupart des faits le sont peut-être, en effet, mais ils ont été « arrangés » pour le besoin du film ce qui lui nuit assez gravement je trouve. Ce film dénonce la manipulation de l’état et n’hésite pas pour ça à manipuler le spectateur. Un documentaire aurait été plus percutant, ou un film sans images d’archives moins dérangeant, ce refus de choisir est la plus grande faiblesse de ce film qui sans ça aurait pu être assez bon.