Expositions

Georges Braque est pour quelques jours encore au Grand Palais

          Georges Braque fut l’une des grandes figures de l’avant-garde du début du XX° s. : l’initiateur du cubisme et l’inventeur des papiers collés. Le Grand Palais propose la première grande rétrospective consacrée à l’artiste depuis plus de 40 ans. Elle propose un regard nouveau sur son œuvre, en la mettant en perspective avec le travail d’autres grands artistes de son temps dans différents domaines.

affiche_expobraque          Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai vu cette exposition. J’ai posé plusieurs fois les mains sur mon clavier pour tenter de vous en parler mais rien à faire, les mots ne viennent pas. Toutefois, elle ferme bientôt et il est donc temps de d’écrire quelque chose, inspiration ou pas. Si c’est si difficile pour moi de trouver que vous dire sur cette exposition c’est qu’elle m’a laissé une impression plus que mitigée. Mon problème est simple : je n’aime pas l’œuvre de Georges Braque. Tout comme je n’aime pas celle de Pablo Picasso. Des artiste trop modernes pour moi, qui heurtent mon amour pour une certaine harmonie. Toutefois, je reconnais leur génie, tout comme leur importance dans l’histoire de la peinture, et il arrive même au détour d’une salle qu’une de leurs toiles me touche. Je me laisse donc parfois entraîner dans une exposition qui leur est consacrée, par curiosité ou pour élargir ma culture, même si je sais que ce ne sera sans nul doute pas mon coup de cœur de l’année.

g_GrandPalais13GeorgesBraque03B          Je savais donc en passant les portes du Grand Palais que ce serait pour moi un moment un peu difficile. Et ce fut le cas. On a parfois des bonnes surprises, des révélations. Les œuvres de jeunesses au moins sont souvent plus accessibles que les autres et nous réconcilient quelque peu avec un artiste. Mais là, il n’en fut rien. J’ai trouvé une certaine unité au travail de George Braque, même s’il évolue clairement au fil du temps, ce qui ne m’a guère aidé à y trouver une porte d’entrée. Pourtant, on ne peut le nier, cette exposition est magnifique. Elle présente de manière très claire le travail de Georges Braque et met en avant sa place de choix dans l’histoire de la peinture, comparant son travail à celui d’autres artistes de son temps que ce soit dans le même domaine ou dans d’autres, complémentaires comme la littérature ou la musique. Cela permet de mieux comprendre l’artiste, sa manière de penser et son besoin de toujours innover, d’aller toujours plus loin dans la nouveauté.

braque130919s          Si cette puissance créatrice et ce génie créateur font avancer l’art, ses techniques et sa théorie, j’avoue préférer une approche plus sensible des choses, comme je vous le disais dans mon article sur Félix Vallotton, touche à tout qui ne paraît avoir eu pour objectif que le plaisir de peindre et dont les toiles (plus ou moins réussies) m’ont profondément touchée. Georges Braque est au contraire un visionnaire, il m’a semblé en voyant ses toiles qu’une ligne directrice assez nette se détachait de son œuvre. Je crois bien qu’en plus d’avoir des goûts classiques en matière de peinture j’apprécie bien plus la poésie des tâtonnements. Toutefois, non seulement l’exposition aide à comprendre le travail de l’artiste mais elle le met largement en avant avec un incroyable nombre d’œuvres exposées (plus de 200 sont réunies pour l’occasion !), représentant toutes les périodes de sa peinture : impressionnant !

dsc08544          Certains tableaux sont assez spectaculaires et bien sûr, les plus célèbres sont de la partie (on en a même un sur l’affiche). N’aimant pas particulièrement l’artiste, j’ai trouvé l’exposition – quoique passionnante – très très longue, et j’ai un peu décroché sur la fin. Toutefois, même dans la période cubiste que je goûte pourtant fort peu, certaine toiles sortent du lot par une délicatesse et un équilibre assez remarquable (il faut bien le reconnaître). Je n’ai pas noté les noms mais je me souviens notamment de natures mortes avec des jeux de cartes et des bouteilles de rhum dans des tons bruns qui m’auraient presque réconciliée avec le genre. Les oiseaux passent toujours bien aussi bien sûr même si je ne suis pas une inconditionnelle. L’utilisation de verre pilé dans certaines toiles vient leur donner du relief, ainsi, un très beau vase semble lancer des reflets dorés de toute beauté.Mais, les toiles qui m’ont éblouie sont peu nombreuses et rassemblées tout à la fin de l’exposition. Ce sont parmi les dernières peintes par l’artiste. Des paysage dans de petits formats tout en longueur mais qui tous dégagent une grande force. Ils illustrent bien cette phrase de leur auteur « L’art est une blessure qui devient lumière ». J’avoue être restée un long moment sans voix dans cette petite salle. Une exposition bien conçue, intéressante et riche qui ravira sans doute les amoureux de cet artiste et devrait aider les plus réticents à s’initier à cette œuvre très dense.

braqueGeorges Braque

Galeries Nationales du Grand Palais

Place Clémenceau – 75008 Paris

Du 18 septembre 2013 au 06 janvier 2014

Entrée 12€, tarifs réduit 8€

Expositions

Masculin/Masculin au musée d’Orsay

          Si le corps féminin est souvent mis à nu et placé sous le feu des projecteurs, le corps masculin est plus souvent délaissé. Le Musée d’Orsay a choisi de le remettre sur le devant de la scène en lui consacrant une grande exposition cet automne. Venez découvrir l’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours.

affiche_orsay_masculinmasculin          On avait beaucoup parlé de cette exposition et j’étais curieuse de la découvrir étant donné que j’ai toujours beaucoup aimé le nu (même si j’ai sans aucune originalité une préférence pour le nu féminin). Pourtant, amère fut ma déception. Dès les premières salles, j’ai ressenti comme un problème de cohérence dans l’accrochage. Impossible de déterminer selon quelle logique il avait été réalisé : visiblement, il n’a rien de chronologique puisque des toiles du XIX° s. se retrouvent confrontées à des travaux bien plus contemporains sur la photographie ; thématique alors ? c’est ce qu’il semblerait, pourtant, si je n’avais pas lu les panneaux explicatifs, je ne suis pas sure que j’aurais compris de moi-même et je n’aurais en tout cas jamais pu dégager de près ou de loin les grands thèmes abordés. Un gros raté du côté de la conception donc.

coup-de-grisou_4050373          Mais une exposition peut-elle plaire malgré un tel problème de cohérence ? Si les toiles exposées avaient été vraiment merveilleuses, peut-être. Il m’est sans doute arrivé d’aller voir des expositions thématiques et d’y voir des toiles sans lien apparent, de les trouver juste belles et de m’en contenter très largement. Seulement là, c’est très loin d’être le cas ! Il y a un peu de tout, quelques grands noms représentés bien sûr (on est à Orsay tout de même !), aussi bien en peinture qu’en photographie ou sculpture, avec des choses classiques et d’autres plus contemporaines. Cependant, malgré une grande variété dans les œuvres, bien peu m’ont touchée. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de redites dans les choix qui étaient faits et que ceux-ci n’étaient pas toujours très judicieux et représentatifs de la production artistique. Une exposition qui manque de cohérence et de force mais aussi et surtout de belles œuvres à présenter.

552038-orsayMasculin / Masculin. L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours

Du 24 septembre 2013 au 02 janvier 2014

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

12€

Expositions

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

          Félix Vallotton est un peintre de la fin du XIX° – début XX° s. proche des nabis. Son oeuvre est moderne et son style très personnel, inclassable. Parmi ses travaux, des huiles, des gravures mais aussi des sculptures, des critiques d’art et même des romans. Il a peint aussi bien des portrait que des paysages, des nus que des natures mortes. Un artiste prolifique et surprenant à découvrir en ce moment au Grand Palais.

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Site_mail_femme-nue-assiseSi je connaissais Vallotton de nom, je dois bien admettre que c’est à peu près tout. Je situais vaguement l’époque et le style mais j’aurais été incapable de citer une seule de ses toiles et je ne sais même pas si j’en avais déjà vu une auparavant. Etant assez férue de cette période j’étais curieuse d’en découvrir un peu plus et j’avais donc hâte d’inaugurer ma carte Sésame pour aller voir de plus près de quoi il retournait. Dès les premières salles, j’ai été agréablement surprise. En effet, la diversité des styles est assez incroyable : du portrait le plus classique à des paysages proche de l’impressionnisme ou des scènes d’intérieur qui ne sont pas sans rappeler Hopper ; une grande richesse dans les sujets et les formes d’expression qui m’a ébahie.

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pastoureau-vallottonNé en 1865, l’artiste Suisse a étudié à Paris, à l’Académie Julian où se sont formé de nombreux artistes de l’époque. Il a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses gravures sur bois qui rencontrent un vif succès dans l’avant-garde parisienne et lui permettent d’intégrer le groupe des nabis. A partir de 1899, il préférera la peinture et laissera à sa mort en 1925 plus de 1700 tableaux. Il s’est essayé à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte, sujet mythologique, peinture d’histoire… Mais s’il a peint des choses très diverses, ses toiles se distinguent toujours par un dessin précis aux formes bien découpées, des tons recherchés et un aspect lisse. Le cadrage et le perspective s’inspirent souvent de l’estampe ou de la photographie dans une réappropriation de différentes techniques qui est intéressante. Une oeuvre qui peut sembler un peu fourre tout et de laquelle se dégage pourtant un semblant d’unité. Le toiles sont réunies autours de 10 thèmes tels que l’esthétique, la politique, le double féminin… Cette exposition est la première d’envergure consacrée au peintre à Paris depuis près de 50 ans.

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felix-vallotton-feu-sous-glace-grand-palais-L-Sa8CLEJe dois avouer que j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet artiste. Bien sûr, étant donnée la variété de la production, c’est un peu inégal mais ses nus sont de toute beauté, certains m’ont vraiment sidérée. Il y en a un notamment qui m’a clouée sur place. Je suis restée plusieurs minutes figée à l’admirer. Rien pourtant d’exceptionnel dans ce tableau, pas de débauche de technique : c’est simple et beau. Certains paysages sont également très intéressants, avec de belles lumières et des perspectives inattendues. Comme souvent lors des expositions, j’ai noté les tableaux dont je voulais me souvenir et rarement la liste avait été aussi longue ! J’ai par moment eu peine à croire que c’était le même homme qui avait peint des choses si différentes, et parfois à la même époque, pour revenir ensuite vers ce qu’il faisait avant. Même si en cherchant bien, un petit quelque chose dans le trait demeure toujours, qui n’appartient qu’à lui.

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289111_vallotton-le-feu-sous-la-glace-entree-simple-paris-08J’ai trouvé que ce côté touche à tout correspondait finalement assez à la manière dont j’envisageais les choses, bien plus en tout cas que celle qui consiste à choisir une voie et de la pousser à l’extrême, comme Braque (dont je venais justement d’aller voir l’exposition monumentale juste à côté) ou Picasso, même si c’est cela sans doute qui fait des révolutions artistiques. Malgré quelques ratés – dont les sujets mythologiques, franchement sans intérêt – l’exposition m’a dans l’ensemble séduite. Une débauche de formes, de couleurs, de sujets en tous genres qui m’a laissée sous le charme. Quelques réels moment d’émotion et déjà l’envie de retourner voir si la magie opérera une seconde fois.

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Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Galeries Nationales du Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75 008 Paris

Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

Tlj sauf le mardi de 10h à 20h

12€

A lire pour prolonger le plaisir de la visite :

 – Le catalogue de l’expositionFélix Vallotton, Le feu sous la glace. 250 tableaux assortis d’un texte riche. Le hic, le prix et l’encombrement. Ca reste toutefois un joli cadeau de Noël à offrir ou se faire offrir. RMN, 45€.

– Vallotton, L’expoUne sorte de mini catalogue. 170 œuvres et leur cartel ainsi que les panneaux pédagogiques, soit très exactement le contenu de l’exposition : ni plus, ni moins. RMN, 18€.

 Le petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions : en une centaine de pages et 80 illustrations l’auteur présente l’oeuvre de l’artiste à travers ses complexes, ses désirs, ses névroses. Un livre qui est une bonne introduction à l’univers de ce peintre pour le néophyte et s’avère très agréable à lire comme à feuilleter, selon l’envie du moment. Laurence de Cars, RMN, 12€.

Expositions

Photoquai

        La biennale de la photographie « Photoquai » s’installe pour sa 4° édition sur les quais de la Seine et dans les jardins du musée du quai Branly. Pendant 2 mois, 40 photographes non européens s’exposent et vous pouvez les découvrir gratuitement.

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          Je ne connaissais pas Photoquai et à vrai dire ne me suis pas déplacée spécialement pour l’occasion. J’étais dans le quartier et venait voir ce qu’il se passait au musée du quai Branly : à savoir rien puisque nous étions avant l’ouverture de l’exposition Kanak (dont je vous parlerai bientôt) et après la fermeture de la précédente. Voyant ces grands panneaux en face, je me suis donc dit que j’allais en profiter pour aller voir de quoi il s’agissait. Il faisait beau le jour où je m’y suis rendue et il y avait pas mal de monde. Certains semblaient venus pour les photos, d’autres étaient visiblement des passants arrivés là par hasard. Un public hétéroclite comme on en voit finalement assez rarement.

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          A chaque bout de l’exposition, des agents du musée distribuaient les dépliants sur l’exposition et en expliquaient le principe. J’ai trouvé très bien qu’ils soient là pour répondre aux questions du public qui finalement va beaucoup plus vers eux qu’au sein même du musée et n’hésite pas à se renseigner. Les grands panneaux sur lesquels sont exposés les photographies en grand format forment comme un chemin sur lequel le promeneur peut déambuler tout en découvrant les univers des différents artistes, venus du monde entier. Cette année, le thème était la figure humaine, un sujet qui a donné naissance à beaucoup de portraits, mais pas seulement. Il est intéressant de voir comment ces 40 artistes ont traité ce même thème de manière souvent totalement différente, ou avec des ressemblances au contraire parfois. Des photos qui se répondent et se complètent pour un parcours dépaysant.

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Photoquai

Jardin du musée du quai Branly et quais de Seine

Du 17 septembre au 17 novembre

Gratuit

Expositions

Lorna Simpson et Ahlam Shibli au Jeu de Paume

Lorna Simpson : Pour la première fois en Europe, une exposition d’envergure était consacrée cet été à l’oeuvre de l’artiste américaine. Née en 1960 à Brooklin, elle allie son travail photographique ou ses vidéos à de courts textes, sur les thèmes des origines, du genre, de la culture ou de l’identité. La représentation du corps est très présente, presque toujours en noir et blanc, dans un jeu de contraste. Elle se prend également parfois comme propre sujet, travaillant sur le souvenir. Les quelques images que j’avais vu de l’exposition me faisaient envie et je m’étais dit que pour une fois j’allais aller voir ce qu’il se passait du côté du jeu de Paume. S’il y a en effet quelques très belles images, je dois avouer être restée dans l’ensemble plutôt hermétique au travail de l’artiste, assez conceptuel dont le sens m’a souvent échappé. Mis à part quelques beaux tirages, seul l’incroyable montage d’autoportraits m’a impressionnée voire touchée. Dans l’ensemble, une exposition qui m’a laissée un peu perplexe malgré des aspects intéressants et une indéniable esthétique.

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Ahlam Shibli : Le Jeu de Paume a consacré une exposition a cette photographe palestinienne née en 1970 qui travaille surtout sur la notion de foyer et ses contradictions. Six séries de photographies étaient proposées sur les territoires palestiniens occupés, le souvenir de la 2nde Guerre Mondiale en France ou encore la place de corps travesti dans la société orientale. Si tout ne m’a pas emballé dans ce travail, les scènes de guerre notamment me laissant assez froide, certaines choses m’ont toutefois interpellée. Certaines photographie des orphelins dans un internats polonais sont intéressantes et j’ai beaucoup aimé la série sur les travestis, que j’ai trouvé particulièrement belle. Si j’ai apprécié certains aspects du travail de cette photographe, j’ai trouvé qu’on était plus proche du reportage que d’une vision artistique à proprement parler, me laissant un peu sur ma faim malgré quelques beaux clichés.

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