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Cannes 2013, Le Palmarès

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          Après deux semaines de compétition, le jury du festival de Cannes, présidé cette année par Steven Spielberg, a rendu son verdict. Voici les heureux élus du côté des longs métrages :

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La Palme d’or revient à La vie d’Adèle d’Abdellatif KECHICHE. Ce film inspiré de la BD Le bleu est une couleur chaude raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes.

Le Grand Prix est pour les frères Cohen avec Inside Llewyn Davis. La vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961.

– Amat Escalante reçoit le Prix de la mise en scène pour Heli. Au Mexique, la famille d’Estela, une jeune fille de 12 ans est prise dans un engrenage de violence lorsqu’elle celle-ci tombe amoureuse d’un jeune policier impliqué dans un détournement de drogue.

Le Prix du Jury revient à Kore-Eda Hirokazu pour Soshite chichi ni naruLa vie de Ryoata et sa femme bascule le jour où ils apprennent que leur enfant a été échangé avec un autre bébé à la naissance.

Le Prix du scénario est pour Jia Zhangke avec Tian zhu dingQuatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Le Prix d’interprétation féminine a été remis a Bérénice Béjo pour sa prestation dans Le passé d’Asghar Farhadi. Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille.

Le Prix d’interprétation masculine a quant a lui été décerné à Bruce Dern pour Nebraska d’Alexander Payne. Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain. Sa famille, inquiète de ce qu’elle perçoit comme un début de sénilité.

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          Vous pouvez retrouver l’intégralité du palmarès, avec les prix du court métrage, le palmarès Un certain regard et les prix de la Cinéfondation ici.

La nostra vita

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          Drame franco-italien de Daniele Luchetti avec Elio Germano, Raoul Bova, Isabella Ragonese.

        Claudio est maçon dans la banlieue de Rome et travaille sur de gros chantiers. Il est très amoureux de sa femme, enceinte de leur troisième enfant. Proche de sa famille, il a toujours pu compter sur leur soutien. Mais un drame va venir rompre cet équilibre et bouleverser sa vie. Il va devoir se battre pour s’en sortir, et recommencer à vivre.

          J’avais raté ce filma sa sortie, j’ai donc profité de son passage sur Canal+ pour rattraper mon retard. J’en avais entendu le plus grand bien. Etrangement je ne saurais pas trop dire si j’ai aimé ce film ou pas. J’ai trouvé le drame moyennement bien amené. Un peu trop manichéen peut-être : trop de bonheur avant l’accident, trop de malheur après. Ensuite j’ai trouvé la réaction de personnage assez déroutante. Il a une manière de répondre aux évènements qui m’a laissée quelque peu perplexe. La fin m’a semblé également m’a un peu dérangée. En revanche, j’ai assez aimé la sobriété de ce film, sa violence. Il est filmé de manière très froide et ne se perd pas dans un sentimentalisme qui eut été mal venu. Toutefois, si le sujet est bien traité d’un point de vue technique, l’histoire reste un peu faible pour en faire un grand film. Ni vraiment bon, ni vraiment mauvais, un résultat assez mitigé.

Moonrise Kingdom, de Wes ANDERSON

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          Comédie-dramatique américaine de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray

          Suzy et Sam sont amoureux et décide en cet été 1965 de s’enfuir ensemble pour vivre leur amour. Suzy est une jeune fille de bonne famille pour le moins torturée, pouvant se montrer violente sous le coup de la colère, Sam est un jeune scout orphelin hai de tous. Pourtant, il va bien falloir partir à leur recherche. La tempete qui approche va encore compliquer la tache à leurs poursuivants.

          J’avais entendu des avis très mitigés sur ce film : un public assez réceptif qui semblait apprécier un peu de légèreté dans une sélection cannoise pour le moins sérieuse (et un peu tristounette) et une critique plus réticente, paraissant trouver que le tout manquait quand meme un peu de consistance. Une fois n’est pas coutume, je suis plutot de l’avis général et populaire et ai apprécié ce film qui n’avait pourtant a priori pas grand chose pour m’enchanter. Une histoire d’amour chez les scouts, je dois admettre que ça m’inspirait assez moyennement. Je suis quand meme allée voir par curiosité. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Les scènes cocasses s’enchainent à un rythme effréné et on se régale de cet humour tendre et décalé.

          Cette histoire est filmée avec une incroyable tendresse pour l’Amérique des années 60. Les couleurs un peu jaunies, la musique d’époque, le vent de folie qui semble souffler sur chaque scène : ce film est un concentré de bonne humeur et de fraicheur enfantine. Les critiques qui lui sont faites sont pourtant justifiées. On pourrait attendre plus de profondeur, quelque chose d’un peu moins conventionnel. Si on est face à un bon film, ce n’est pas un grand film, nuance qui en a déçu certains. Pour ma part, j’ai juste regardé ça les yeux écarquillés, suivant les péripéties avec enthousiasme. J’aurais sans doute préféré une fin plus originale mais j’ai pris un réel plaisir à suivre cette histoire, aussi prévisible soit-elle. Pour une fois, l’absence de surprise ne m’a pas dérangée tant la forme m’a emballée. Les personnages sont attachants et la brochette d’acteurs franchement convaincante. Il y a un rythme intéressant dans ce film, un humour touchant et une esthétique un peu rétro très réussie. En un mot, une très bonne comédie familiale comme on aimerait en voir plus souvent.

De rouille et d’os, de Jacques AUDIARD

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          Drame français de Jacques Audiard. Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure.

          Ali arrive à Antibes avec son fils de 5 ans. Sans boulot, il s’installe chez sa soeur. Il vit de petits boulots et de combats de boxe. Il rencontre Stéphanie dans une boîte de nuit où il est videur. Elle est dresseuse d’orques et aura un accident quelques jours plus tard. Leur relation va alors prendre une nouvelle tournure. Ensemble ils réapprendront à vivre.

          Bon, soyons honnête, le résumé à lui seul me donne la nausée tant ça dégouline de bons sentiments. Mais, et c’est un gros, un ééééénorme MAIS, c’est Audiard, Audiard est un génie, et il peut faire de n’importe quelle histoire neuneu sur le papier un vrai chef d’oeuvre. C’est du moins ce que je croyais. Je ne sais trop que dire de ce film. J’ai entendu partout des critiques élogieuses : « c’est un chef d’oeuvre », « tellement émouvant », « le meilleur Audiard », j’en passe et des meilleures. Malgré une petite réticence quant au sujet, j’étais donc confiante et ne demandais qu’à me laisser convaincre.

Dès le début j’ai senti que ç’allait être difficile pour moi. J’ai eu beaucoup de mal avec l’univers mis en place par le cinéaste. Il y a trop de tout, on nage dans l’excès. Le personnage principal est trop paumé et trop vulgaire, on frôle la caricature, j’ai peiné à le supporter. Ensuite tout est improbable, que la fille rappelle un parfait inconnu 6 mois après son accident, qu’il rapplique à l’instant, qu’elle retrouve instantanément le sourire, qu’elle accepte les combats de boxe illégaux, et j’en passe… Après une demi-heure où il ne se passe rien, voilà qu’Audiard se précipite, ne prenant pas la peine de poser correctement son sujet et en faisant trop en permanence. Petite note positive tout de même, la prestation de Marion Cotillard dans le film a créé un vif débat ; moi qui ai le plus grand mal à la supporter d’habitude, pour une fois elle ne m’a pas exaspérée malgré un personnage pas facile.

          Le film aurait mérité d’être recentré sur le coeur de l’histoire : la difficulté d’assumer le handicap. Au lieu de ça il se disperse, voulant en montrer trop. Tout ce qui aurait pu susciter un peu d’émotion est escamoté. A la place on enchaîne les péripéties plus douteuses les unes que les autres. Honnêtement, ce film frôle la vulgarité. On dirait qu’Audiard est en démonstration avec ses personnages brisés et leurs histoires improbables. Un peu de décence que diable ! Quel dommage de gâcher son talent en voulant ainsi en faire des tonnes. Un film qui ne trouve pas le ton et m’a laissée de glace. C’est Audiard tout de même, on supporte donc, pensant même par moment trouver enfin cette grâce qu’on recherchait, mais la catastrophe est évitée de peu et si on ne sombre pas dans le mélo, on reste sur sa faim.