Cinéma

A bout portant, de Fred CAVAYE

          Film policier de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin.

          Samuel est aide soignant. Un jour, pendant sa garde, quelqu’un essaie de tuer un patient. Il réussit à lui sauver la vie. Les ennuis commencent : le lendemain, on enlève sa femme enceinte et lui demande pour la récupérer de faire sortir le mystérieux patient de l’hôpital.

          Bon, l’histoire est classique. C’est un peu du vu et revu. Evidemment, on n’échappe pas au problème majeur du genre : un terrible manque de crédibilité servi par quelques clichés. Personnellement, je doute très fortement qu’il soit possible de sauter d’un immeuble à l’autre, d’échapper à une bande de flics et de courir tel Hussein Bolt sans un certain entraînement. Bien sûr, la crédibilité n’est pas essentielle à ce genre de film. On peut même avancer qu’elle nuirait au genre. Le problème c’est que côté : t’y-crois-pas-une-seconde-mais-je-te-scotche-au-fauteuil les américains sont super forts. Ils s’aident certes un peu avec de méga effets spéciaux et des cascades impressionnantes mais n’empêche, au final, ils nous feraient gober n’importe quoi. Alors pourquoi – mais pourquoi ? – faire la même chose en moins bien ?

          Seconde récrimination : pourquoi une femme enceinte ? Rien ne me tape plus sur le système que cette manie d’employer de grosses ficelles pour faire pleurer dans les chaumières. Qu’est-ce que ça peut bien apporter à l’histoire à part une bonne dose de miévrerie ? C’est un détail, certes, mais n’empêche, ça manque de finesse.

          Alors comme ça, on ne dirait pas, mais j’ai bien aimé ce film. Sans plus. J’ai trouvé que ça fonctionnait plutôt bien. Même si on sait que ça finit forcemment bien, on se laisse plutôt prendre au jeu. Un thriller assez efficace malgré quelques lourdeurs. Les acteurs sont pas mal, particulièrement Lellouche qui se voit ici confier son premier premier rôle. Bref, si vous êtes un amateur du genre, je vous conseille d’aller y jeter un oeil.

Cinéma

No et moi, de Zabou BREITMAN

          Drame de (et avec) Zabou Breitman. Avec Bernard Campan, Nina Rodriguez, Julie-Marie Parmentier.

          Lou doit faire un exposé pour le lycée, elle choisit de retracer le parcours d’une jeune SDF. Peu à peu, la confiance s’installe et une amitié va naître mais sortir de la rue va s’avérer difficile.

Un film agréable à regarder. On ne tombe pas trop dans les clichés qu’on pouvait craindre dans ce genre de films. Certaines scènes sont drôles ou touchantes. Cependant, le film ne décolle jamais vraiment. A aucun moment je n’ai vu où la réalisatrice voulait en venir. On s’égare assez vite. Pas de réelle piste de réflexion, pas d’engagement, ce qui me semble dommage étant donné le sujet. Une fin en queue de poisson qui m’a laissée perplexe. Bref, assez plat, un film plaisant mais qui ne va pas au bout de sa démonstration et m’a laissée sur ma faim.

Le film est tiré d’un roman de Delphine de Vigan, que je n’ai pas lu mais qui n’est paraît-il pas mal. Si vous voulez y jeter un oeil, il est paru en poche et tous les libraires l’ont ressorti du fond des placards à l’occasion de la sortie du film.

Cinéma

Fair game, de Doug LIMAN

          Thriller, drame, de Doug Liman, avec Naomi Watts et Sean Penn.

          L’histoire de Valérie Plame, agent de la CIA chargée de travailler sur l’existence éventuelle d’armes de destruction massive en Irak. Ce qu’elle va découvrir va mettre sa carrière et sa famille en danger.

          L’histoire est connue (car vraie, on en a entendu parler aux infos jusqu’ici) mais intéressante : celle d’une femme qui voit sa carrière brisée car elle a refusé les conclusions du gouvernement sur un dossier majeur, l’Irak. Le film est plutôt bien mené. Les acteurs sont bons, particulièrement Sean Penn (pour changer !). Cependant, ça traîne un peu en longueur, si on ne s’ennuie pas franchement, un peu plus de rythme n’aurait pas été de trop. Ce qui m’a réellement gênée, c’est le compromis fait entre documentaire et fiction. Ca laisse supposer que tout ce qui nous est montré est vrai. La plupart des faits le sont peut-être, en effet, mais ils ont été « arrangés » pour le besoin du film ce qui lui nuit assez gravement je trouve. Ce film dénonce la manipulation de l’état et n’hésite pas pour ça à manipuler le spectateur. Un documentaire aurait été plus percutant, ou un film sans images d’archives moins dérangeant, ce refus de choisir est la plus grande faiblesse de ce film qui sans ça aurait pu être assez bon.

Cinéma

L’homme qui voulait vivre sa vie, d’Eric Lartigau

          Thriller, drame. Avec Romain Duris, Marina Foïs, Catherine Deneuve, Niels Arestrup.

          Paul est avocat, marié, deux enfants. Il est destiné à reprendre l’entreprise dans laquelle il travaille. Il paraît avoir tout pour être heureux. Mais ce n’est pas la vie qu’il voulait. Quand sa femme le quitte, l’occasion de changer de vie et de réaliser ses rêves se présente.

          Un film qui manque parfois un brin de crédibilité. Cela mis à part, il n’y a pas grand chose à lui reprocher. Les acteurs sont très bons, particulièrement Romain Duris. L’histoire se tient. Les images sont splendides. Un film noir qui nous tient en haleine. On regrette presque qu’il ne dure pas plus longtemps. Filez vite le voir !

Cinéma

Vénus Noire, d’Abdellatif Kechiche

          Drame historique d’Adbellatif Kechiche, avec Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet, Elina Löwensohn.

          A la fin de XVIII° siècle et au début du suivant, Saartjie Baartman participait à un « spectacle », en Angleterre puis en France, dans lequel elle était présentée au public comme une bête de foire. Elle rencontrera un grand succès mais se lassera peu à peu de cette humiliation quotidienne. L’anatomiste Georges Cuvier entend parler d’elle et de son physique particulier et va l’observer, avant de récupérer son corps à sa mort et de l’exposer au public.

          Un film dans lequel le spectateur est en permanence posé dans la position du voyeur. On n’a pas accès à l’intériorité de Saartjie Baartman à laquelle n’est conférée aucune humanité. Le film est de plus en plus malsain au fur et à mesure que l’humiliation du personnage augmente, de spectacle en spectacle. On reste là sans pouvoir compatir. Si le film nous montre une partie de l’histoire méconnue (de moi du moins) et ne nous prend pas par la main pour nous dire que penser, il ne procède non plus à aucune analyse ce qui est à déplorer. Certains disent qu’il met le « blanc » dans une position de coupable. Je ne l’ai pas ressenti comme cela. Tout le monde est coupable dans ce film, y compris la victime. Un film perturbant, pas dénué d’intérêt dans le traitement du sujet mais extrêmement dérangeant, voyeur, malsain.