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Calvary, un film noir très réussi

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Comédie dramatique, policier irlando-britannique John Michael McDonagh avec Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La vie du père James bascule le jour où il entend une confession bouleversante. Sa fille revient au même moment dans sa vie et il va commencer à voir les choses sous un nouveau jour.

140894.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La fin d’année 2014 a été riche en bonnes surprises cinématographiques parmi lesquelles Calvary. Un film pour le moins austère mais extrêmement fort. Dès les premières minutes, on entre dans le vif du sujet quand le prêtre reçoit une confession très particulière. Suite à ça, sa vie va se trouver bouleversée et il va commencer à envisager les choses sous un autre angle. Sans compter l’arrivée de sa fille après une tentative de suite qui va venir perturber ses habitudes. Difficile je trouve de parler de ce film. Impossible de parler du scénario sans en dévoiler le ressort essentiel, ce qui serait un peu dommage. La trame est très simple et tout tient sur la psychologie des personnages qui est particulièrement réussie. Si certains portraits peuvent sembler caricaturaux, j’ai trouvé qu’ils fonctionnaient à merveille, amenant souvent une touche d’humour à cet univers très sombre.

517168.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           Calvary, c’est ce genre de film où il ne se passe rien et beaucoup de choses à la fois. L’intérêt du film tient surtout dans l’évolution du personnage. Un homme à la personnalité complexe qui est partagé entre ses ouailles dont il semble proche, et sa (grande) fille, qu’il délaisse. Il va peu à peu être amené à se poser des questions sur le pardon. Le doute est au centre de cette histoire poignante. Je n’ai pas toujours trouvé les cadrages très convaincants mais le récit est filmé de manière très frontale, sans concession, ce qui lui donne une certaine rudesse qui contribue à sa force. L’interprétation de Brendan Gleeson est magistrale et le reste du casting tient également bien la route. Le résultat est un genre de thriller intimiste sur fond de religion. Vraiment surprenant. Si dans l’ensemble le film est assez lent, la fin est à la hauteur du début, ce qui n’est pas peu dire. Un film dur et austère qui n’est pas dénué d’une certaine beauté.

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand signe un premier roman agréable

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         Quand Diane perd sa fille et son mari dans un accident de voiture, son monde s’arrête de tourner. Elle finit par fuir en Irlande la compassion de ses proches trop prévenants. Dans l’espoir de pouvoir s’adonner tout entière à son chagrin, loin des regards. Mais un jour ou l’autre, la vie finit toujours par reprendre ses droits.

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          Voilà un roman dont la couverture et le titre me tentaient depuis bien longtemps. Pourtant, je n’en avais pas entendu dire que du bien et son grand succès populaire m’avait rendue quelque peu méfiante (oui, je fais partie de ces gens qui se méfient des succès fulgurant en littérature). Et puis j’avais entendu dire qu’il s’agissait d’une histoire d’amour et les histoires d’amour et moi ça se termine mal, en général… Mais quand même, ce titre, il me tentait vraiment, je m’y retrouvais un peu dedans (même si je préfère le thé, mais on s’en fiche). J’en étais donc là de mes hésitations quand j’ai gagné le concours de l’été chez Pocket et reçu les 34 titres de la sélection estivale, dont celui-ci. Voilà qui réglait mon problème et me donnait une bonne occasion de le lire. Un peu par hasard, c’est d’ailleurs le premier roman de la sélection que j’ai lu et j’ai été plutôt agréablement surprise.

          J’ai eu beaucoup de mal avec les premières pages. Je trouvais ça terriblement mal écrit. Pas que le style soit incorrect mais fade, convenu. Des phrases toutes faites qui sonnaient creux, le genre qui me repousse d’emblée. Et puis le personnage, enfermée chez elle et fumant clope sur clope, m’a té immédiatement antipathique. J’ai quand même un peu insisté, le livre et court, ça ne valait pas vraiment le coup de le lâcher. J’ai plutôt bien fait d’être patiente. Après les 10 ou 20 premières pages, ça s’arrange. L’histoire devient plus intéressante, le personnage reprend un peu vie et devient plus sympathique par la même occasion, et j’ai même trouvé l’écriture plus fluide. Pas exceptionnelle certes mais plutôt agréable. J’ai également bien aimé la galerie de personnages qui entrent en scène. On peut leur reprocher d’être sans doute un peu stéréotypés mais j’ai trouvé que ça fonctionnait bien.

          On pourrait trouver certains aspects de l’histoire convenus, toutefois, ça ne m’a pas trop dérangée dans la mesure où tout est plausible et où l’auteur n’en fait pas trop. L’air de rien, on ne tombe pas dans les gros clichés et c’est appréciable. Finalement, j’ai pris plaisir à cette lecture qui n’est pas franchement le style que j’apprécie habituellement. Trop léger à mon goût, j’ai toujours aimé les choses plus denses, moins attendues. Le décor m’a fait rêvé et m’a beaucoup aidé à m’intéresser à l’histoire. Ca m’a donné envie d’aller découvrir l’Irlande illico (les livres me font souvent ça, j’avoue) ! J’ai également apprécié la brièveté de ce texte, qui lui évite de s’enliser dans des lieux communs qui l’auraient alourdi. Si ce livre ne sort pas vraiment du lot, il est loin d’être ce que j’ai lu de plus mauvais dans le genre, dommage que l’écriture ne soit pas un peu plus forte pour donner du corps à l’histoire. Un roman léger, sans grande prétention, mais agréable à lire. Une bonne détente.

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J’étais simplement capable de profiter des petits bonheurs simples. C’était déjà ça, c’était déjà mieux.

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Je devais réussir à m’échapper, lui couper l’herbe sous le pied, le rassurer tout en me débarrassant de lui. Rester chez moi était exclu. Partir, quitter définitivement Paris, c’était finalement la solution. Trouver un coin perdu où il ne me suivrait pas.

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Retour à la case départ. Rien n’avait changé; les citadins pressés, la circulation infernale, l’agitation des commerces. J’avais oublié à quel point les Parisiens faisaient la gueule en permanence. Un stage de chaleur humaine irlandaise devrait être obligatoire au programme scolaire? Je pensais ça, mais je savais pertinemment que, dans moins de deux jours, j’aurais le même visage blafard et peu avenant qu’eux.

Jimmy’s Hall, un Ken Loach en demie-teinte

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Drame historique britannique de Ken Loach avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott

          Après 10 ans passés aux Etats-Unis, Jimmy revient en Irlande pour aider sa mère. Les jeunes le poussent à rouvrir le « Hall », un lieu où ils pourraient se retrouver pour étudier, discuter ou danser. Mais l’Eglise et les propriétaire terriens pourraient bien se montrer réfractaires aux idées progressistes du jeune homme.

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          Je n’aime pas toujours le cinéma souvent très austère de Ken Loach mais cette histoire-là me tentait beaucoup. Pourtant, je n’ai pas été aussi emballée que je l’aurais espéré. J’ai bien du mal à m’expliquer pourquoi. Pourtant j’ai bien aimé ce film, l’histoire est intéressante, c’est bien joué, bien filmé, il n’y a pas grand chose à y redire si ce n’est que j’aurais peut-être souhaité ressentir encore plus l’aspect politique qui m’a semblé un peu effacé par une certaine légèreté entre vie du dancing et romance naissante. Je sais, d’habitude je trouve Ken Loach trop sérieux et là je me plains que ça ne le soit pas assez, que voulez-vous, on est tous pleins de contradictions !

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          Je dois admettre que je ne sais trop que dire de ce film dont on a tellement parlé ! Esthétiquement et techniquement parlant, c’est impeccable. Il y a de très belles images, la musique est sympa, les acteurs sont très convaincants. Aucun reproche à lui faire ni sur la mise en scène, ni sur le rendu final. L’histoire quant à elle est bien menée et plutôt convaincante, avec en toile de fond les problèmes politiques irlandais. La romance est peut-être en trop de mon point de vue mais elle reste suffisamment discrète pour ne pas desservir le propos. De plus, il y a quelques très jolies scènes particulièrement plaisantes. Le tout en fait un film sympathique et agréable à regarder. Mais on en attend un peu plus d’un Ken Loach, un engagement un peu plus prononcé que ne doit pas masquer la légèreté du ton. Et j’ai trouvé que c’est par-là que le film pêchait un peu : il peine à trouver un équilibre entre le fond et la forme.

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           C’est vrai que j’ai toujours eu un gros faible pour le cinéma engagé, je suis donc sans doute assez exigeante en la matière. Je dois même avouer que je préfère sans doute les messages un peu appuyés quitte à ne pas toujours faire dans la subtilité. Ici on ne peut pas dire que l’aspect politique soit absent, loin de là, mais c’est vrai que j’aime les prises de positions un peu plus tranchées, les messages forts. Je crois que c’est tout simplement ce qui m’a manqué dans ce film auquel je n’ai pourtant rien à reprocher. Je l’ai trouvé très agréable, j’ai passé un bon moment mais je ne pense pas qu’il me marquera outre mesure. Malgré son sujet intéressant et instructif, il reste pour moi plutôt de l’ordre du divertissement. Un film agréable et très bien réalisé qui manque sans doute un peu de verve pour marquer les esprits.