Mes lectures

Animal lecteur, On peut pas tout lire !, de Sergio LAMA et LIMON

          Cette bande dessinée retrace la vie d’un libraire spécialisés en BD (justement). Entre nouveautés, envois au pilon et clients difficiles, autant de saynètes loufoques qui feront rire plus d’un amoureux des livres.

          Le 3° tome d‘Animal lecteur, dont on peut aussi découvrir les planches dans Spirou. Libraires, éditeurs et passionnés de BD se retrouveront dans celle-ci. Des scènes du quotidien croquée avec humour. Un humour un peu grinçant qui rappelle la dure réalité du quotidien des libraires indépendants. Une lecture divertissante.

Mes lectures

Petit traité sur l’immensité du monde, Sylvain TESSON

          Traité à l’usage du voyageur, essai sur les manières de parcourir le monde, en essayant de dompter le temps et cette perpétuelle envie de renouveau. Sylvain Tesson a durant ces dernières années parcouru l’Eurasie en long en large et en travers, par tous les moyens possibles : à pied, à cheval, à moto, en train, en vélo… Mais toutes les manières de voyager ne se valent pas. L’auteur dresse ici un condensé de son expérience, un précis de vagabondage.

          Bon, vous le savez, grand est mon amour pour Sylvain Tesson. Sa vie me fascine, son esprit m’éblouit, sa culture m’enchante. Bref, je suis sous le charme. Mais là, malgré toute la mauvaise foi dont je suis capable et un a priori des plus positifs, eh bien je me suis ennuyée ferme. Voilà pourquoi : ce que j’aime chez les écrivains voyageurs, c’est le voyage (aucune originalité, je sais). L’aventure, les expériences uniques, les rencontres, le vent de liberté, les anecdotes de la vie sur les grands chemins. La part de rêve quoi. Ici, comme le titre le suggérait d’ailleurs, c’est bien à un essai que nous avons affaire. En matière d’essai, je suis difficile. Je n’aime que : ceux écrits comme des romans (du style enquête à la Aubenas), l’ethnologie/anthropologie/sociologie (à faible dose) ou la littérature (assez peu, j’en ai assez mangé pendant mes études)/métiers du livre (seul domaine qui me passionne vraiment). Celui-ci avait une chance de se trouver dans la première catégorie : suspens…

          Non, rien à faire, les essais me font bailler. Qui dit essai dit généralités et j’aime justement le particulier (en matière d’aventures en tout cas). Aussi bien je ne compte pas partir avec mon sac à dos demain matin, il m’importe assez peu de connaître les différents types de voyageurs ou de savoir quel moyen de transport facilite le plus la méditation (réponse évidente de plus : la marche à pied, pour la contemplation, plutôt le cheval). Je me suis donc très peu intéressée à ces réflexions par lesquelles je ne me suis à aucun moment sentie concernée. Et qui m’ont un brin agacée en prime. Après tout, chacun voyage à sa guise, pourquoi vouloir hiérarchiser les raisons et manières de le faire ? Petite déception donc que ce livre que j’ai trouvé un peu  suffisant. J’aurais préféré moins de palabres et plus d’action et de rêve. Je m’en veux terriblement de faillir ainsi à mon amour inconditionnel pour l’écrivain-voyageur. Promis, je me rattraperai avec le prochain.

Mes lectures

Beignets de tomates vertes, de Fannie FLAGG

          En 1986, Evelyn, une femme d’une cinquantaine d’année, rencontre en rendant visite à sa belle-mère une vieille femme avec qui elle va nouer une belle amitié. Celle-ci va lui raconter son histoire, qui court tout au long du siècle, dans une famille nombreuse du coeur des Etats-Unis. L’histoire surtout d’un café au bord de la voie ferrée où se concentrait la vie du hameau.

          La narration oscille entre la maison de retraite, une gazette tenue par une habitante du village au coeur de l’histoire et le présent des personnages eux-mêmes. Ce va et vient m’a par moment un peu gênée. L’histoire en elle-même est plutôt intéressante, la plupart des personnages sont attachants. Je n’ai pas trop aimé les passages qui se déroulent en 1986, la partie dans les années 30 à 60 m’aurait suffit. L’écriture est assez simple, j’aurais apprécié un texte plus travaillé.

          Il y a un côté un peu naïf dans ce texte qui m’a parfois exaspérée. On est en pleine apartheid et les gens semblent à peine s’en rendre compte. Sans parler des deux personnages principaux : deux jeunes femmes homosexuelles à qui personne ne semble chercher des noises. Etrange… Enfin, si le côté historique m’a semblé faiblard, la romance est belle et on prend plaisir à cette lecture. J’aurais apprécié un peu plus de consistance mais j’ai tout de même passé un bon moment avec ce livre entre les mains. Les évènements se succèdent rapidement, empêchant le lecteur de trouver le temps de s’ennuyer. La diversité des personnages et de leurs caractères est un peu  difficle à suivre parfois mais donne à ce livre une fraîcheur et un dynamisme qui en font oublier les faiblesses. Un bon divertissement.

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Gwendo, vous pouvez voir son avis ici.

Ce best-seller a aussi été adapté au cinéma :

Mes lectures

Une vie inutile, Maxime Gorki

           Un jeune orphelin grandit avec son oncle et sa tante. Chétif et disons-le, franchement moche, il est la risée de ses camarades. Quand il se verra obligé d’aller en ville commencer un apprentissage chez un libraire, les choses ne vont pas vraiment changer. Une vie solitaire qui va par hasard le mener à devenir un mouchard. Si cela va vaguement arranger ses relations avec autrui, ça ne va pas sans lui amener un certain nombre de problèmes.

           J’ai beaucoup aimé le début de ce livre, l’enfance assez malheureuse chez un oncle pourtant bienveillant. Le personnage principal est franchement antipathique mais sa souffrance est touchante. Après ce début des plus prometteurs, la suite m’a moins convaincue. L’arrivée en ville a fini de m’ôter toute compassion pour cette espèce de têtard sur pattes (je sais, je m’attache trop à l’histoire…). Je me suis donc un peu ennuyée dans la deuxième partie de ce roman. Heureusement, vers les 2/3 du livre, la révolte à commencer à gronder dans les classes populaires, ce qui a donné bien du travail à nos mouchards. Un peu d’action bienvenue.

           A partir de là, le livre se fait plus politique et a de nouveau capté mon attention. On est en 1905 et les différentes mouvances politiques sont ici représentées. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un ouvrage politique. Le personnage principal n’ayant pas vraiment d’avis propre et défendant l’ordre établit, on a l’impression de suivre ce bouillonnement d’idées du point de vue de quelqu’un qui les observe sans vraiment les comprendre. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre, ce point de vue si particulier qui rend peut-être la situation plus forte encore, allant jusqu’à perturber les esprits les plus obtus. La fin est surprenante et très très sombre mais ne fait qu’augmenter la valeur de ce texte. Une belle découverte.

Culture en vrac

Pourquoi je ne suis pas allée au Salon du livre

          Et voilà, il fallait bien que ça finisse par arriver, cette année je ne suis pas allée au Salon du livre. Mais pourquoi me direz-vous ? Eh bien, je trouve que c’est surtout un évènement grand public qui vise à attirer un public qui n’ouvre pas un livre durant le reste de l’année. Bien sûr, une librairie géante est très attirante mais n’ayant plus la moindre place dans ma bibliothèque, j’ai décidé d’attendre de pouvoir l’agrandir avant de continuer à la remplir. En attendant, autant lire quelques uns des livres qui n’attendent que ça (une bonne centaine tout de même). Car oui, sachant que je ne peux résister à cette fièvre acheteuse, la solution n’est-elle pas de ne pas y aller ?

          D’habitude, outre les livres, 2 raisons me poussent au salon. La première est la présence de petits éditeurs. J’aime découvrir de nouvelles maisons et c’est l’occasion ou jamais. Mais ils se font rares en raison du prix des stands et une fois perdus dans ce grand hangar, on se dirige vers les seuls stands visibles, à savoir, les très très gros. En gros, on oscille entre Actes Sud et Gallimard, avec un éventuel détour par Flammarion ou Bayard et les seuls petits éditeurs qu’on voit sont ceux qui sont sur le chemin, à condition qu’il n’y ait pas trop de monde devant qui les cache. La deuxième bonne raison de se déplacer c’est pour les conférences. Malheureusement, les conférences grand public sont souvent d’un piètre niveau (trop grand public justement). Je m’incruste donc de préférence aux conférences pro. Malheureusement cette année les thèmes étaient essentiellement le numérique (qui me laisse assez froide), la jeunesse (bof bof) et le Japon (qui d’un point de vue professionnel n’est pas palpitant). Les seules interventions qui m’intéressaient tombaient sur mon temps de travail, vraiment pas de bol.

          Les livres anciens ont failli me convaincre de me déplacer. Finalement, j’ai pensé que c’était surement le pire endroit pour faire une bonne affaire et dénicher la perle rare alors autant reprendre les bonnes habitudes et aller flâner dans les librairies spécialisées. N’ayant que faire des dédicaces et ayant plus ou moins invalidé toutes les bonnes raisons de me déplacer, je me suis aperçue que je n’avais pas franchement envie d’y aller cette année. Le site internet assez peu fonctionnel ne m’a pas aidée à me décider. Rien qui ne me fasse réellement envie donc, juste beaucoup, beaucoup de monde, bien trop à mon goût. Ainsi, pour la première fois, je suis restée chez moi. Que m’arrive-t-il ? Serai-je blasée ? Où est passé l’enthousiasme des débuts ? Peut-être mes attentes ont-elles juste évolué et après avoir écumé les allées du Salon du livre, j’ai fini par préférer les rendez-vous plus confidentiels ou plus spécialisés. Peut-être la prochaine édition m’enthousiasmera-t-elle plus ? Et vous, en avez-vous bien profité ?