Mes lectures

Les hommes dans la prison, Victor SERGE

          Victor Serge, anarchiste proche de la bande à Bonnot, raconte dans ce livre son passage en prison. De son histoire personnelle, il tire des conclusions plus universelles. Un ouvrage qu’il présente comme un roman, souhaitant s’effacer pour mettre l’univers carcéral au centre de son propos.

         J’ai lu ce livre suite à la découverte de La mémoire des vaincus, du Michel Ragon, que j’ai beaucoup aimé et où Victor Serge tient justement une place importante. J’avais deux de ses ouvrages dans ma bibliothèque, j’ai donc profité de l’occasion pour m’y intéresser de plus près. Une manière de prolonger la lecture et améliorer ma connaissance de cette période.

          Les remarques de l’auteur sur la prison semblent toujours d’actualité, ce qui est assez inquiétant près d’un siècle après les faits. L’écriture, assez dépouillée, est plutôt agréable. Le découpage en courts chapitres thématiques facilite la lecture. Je ne suis pas du tout une spécialiste du milieu pénitentiaire ce qui fait que malgré l’intérêt des remarques, je me suis vite lassée du sujet. On est plus proche de l’essai que du roman et j’ai eu du mal à tenir sur la longueur. Un livre qui reste quand même très intéressant.

Culture en vrac

Salon du livre 2012

          Le salon du livre 2012 se tiendra porte de Versailles du 16 au 19 mars Porte de Versailles. Cette année, il se construit autour de 5 grands axes.

Le Japon est à l’honneur avec une vingtaine d’auteurs nippons présents sur le salon, notamment pour des séances de dédicaces. L’occasion de venir écouter le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oé

– Le concept de la ville invitée a également été reconduit, avec cette année Moscou en première ligne.

– Vous pourrez également retrouver des conférences « Du livre au film » sur l’adaptation de livres au cinéma.

« Le livre dans la cité » nous questionnera sur la place du livre dans la société et nos habitudes de lecteurs.

– En complément de la présentation de la littérature japonaise, « Culture manga » met en valeur ce genre hérité des estampes traditionnelles.


          Parmi les autres moments forts de cette année, un espace dédié aux livres de collection, anciens ou modernes, « Trésors de livres ». Bien sûr vous pourrez aussi retrouver de nombreux exposants, des expositions, des espaces jeunesse et un grand nombre de conférences et dédicaces. Le programme complet est disponible sur le site du salon. L’entrée est gratuite pour les étudiants du moins de 26 ans sur demande préalable ainsi que pour les moins de 18 ans. Bonne visite à tous ! 

Et voici le résultat du concours d’illustration dont je vous avais parlé ici.

Mes lectures

Mélanie FAZI, Serpentine

          Des nouvelles à l’univers sombre et fantastique. L’histoire d’un homme étrange qui hante le métro, celle d’une maison familiale bientôt vendue, ou encore celle d’un homme qui se fait tatouer avec une encre très spéciale. Autant de déclinaisons autour de l’étrange et du malaise.

          J’attaquais ce livre avec un petit a priori négatif. La science-fiction (même si ici on est plutôt du côté du fantastique) est un genre capable du pire comme du meilleur, surtout du pire. J’en lis assez peu et bien que ça me soit sympathique, me rappelant mon adolescence, j’en ressors souvent déçue. Je ne m’attendais donc pas vraiment à quelque chose d’exceptionnel. Finalement, je me suis assez vite laissée prendre dans cet univers particulier. Les nouvelles sont assez inégales, comme souvent. Cependant, un esprit se dégage de chacune de ces histoires qui donne une certaine unité au recueil.

          C’est bien écrit, et si certaines histoires sont meilleures que d’autres, le style reste assez constant. L’auteur sait faire naître le malaise rapidement et construire un univers en peu de mots. Certaines nouvelles sentent le vécu et sont d’ailleurs les plus réussies, la première notamment, sur le tatouage, retranscrit bien les émotions (enfin je suppose), de même pour celle se déroulant dans le métro. J’ai beaucoup aimé également celle sur la maison à vendre, assez touchante. Quelques unes possèdent des fins assez originales et réussies. Ma préférée reste je crois la nouvelle qui prolonge le mythe de Circée et Ulysse. Une idée originale et bien menée. Dans l’ensemble, on évite les clichés du genre. Un beau recueil qui présume bien de l’avenir de cet auteur. A suivre.

Le site internet de l’auteur.

http://www.melaniefazi.net

Librairies

Le livre écarlate

          Le livre écarlate est une petite librairie du 14° arrondissement, entre Pernety et Alésia. Son propriétaire accueillant sera vous prodiguer des conseils avisés et trouver LE livre qu’il vous faut et dont vous ignoriez même l’existence. On n’y croyait plus mais si, il reste encore quelques libraires qui connaissent le métier et le font avec amour.

          Cette petite librairie est un peu perdue dans le petite rue du Moulin vert. Elle n’est pas facile à repérer. On m’en avait dit le plus grand bien et j’ai décidé d’aller voir ce qu’il en était. Quand j’y suis allée pour la première fois (il y a déjà quelques mois), je cherchais le dernier livre de Michel Folco (encore et toujours…). Première bonne surprise : le libraire était lui aussi un adepte. J’ai vu son regard s’illuminer à cette simple demande et cet amour commun pour un auteur méconnu m’a emplie de joie. Il n’avait plus le livre et, seconde bonne surprise, il m’en a déconseillé l’achat, la sortie en poche ayant été annoncée. Un libraire qui ne cherche pas à vendre à tout prix, étrange.

          Ne voulant pas repartir sans rien acheter, ç’eut été dommage, je lui ai donc demandé conseil en romans historiques, genre que je connais peu et pour lequel j’étais entrée. Il m’a de suite avertie : l’humour et les romans historiques font rarement bon ménage, la réputation d’un genre quelque peu soporifique n’est pas totalement usurpée. Après une petite discussion autour de mes lectures pour tâter le terrain, il m’a finalement conseillé une biographie romancée sur l’histoire de l’anarchisme. Je ne me suis décidée à le lire que cette semaine, et je pense pouvoir dire que si je n’aurais jamais lu ce livre par moi-même, je suis contente de ce conseil. Dans cette librairie on trouve une sélection très intéressante, à l’image de son propriétaire. Un fonds qui mêle romans et essais, souvent assez engagés, mais aussi beaucoup de jeunesse. Je vous conseille d’aller y faire un tour pour voir. Une belle librairie généraliste qui propose également des rencontres régulières avec les auteurs. Une très bonne adresse où il fait bon s’arrêter ne serait-ce que pour le plaisir de parler littérature. 

Le livre écarlate

31, rue du Moulin Vert

75014 Paris

Mes lectures

Frédéric BEIGBEDER, Premier bilan après l’apocalypse

          Les 100 romans préférés de Frédéric Beigbeder. Triés sur le volet parmi les ouvrages du début du XX° s. à nos jours. Un condensé de littérature moderne dans lequel on trouve des choix parfois attendus (Gide ou Fitzgerald par exemple), parfois plus surprenants (pas d’exemples, il y en a trop que je ne connais pas). Un autoportrait de lecteur en 100 fragments amoureux. 

          Je dois l’admettre, je n’ai que feuilleté ce livre. J’ai lu l’introduction expliquant la démarche et les articles sur les livres que j’avais moi-même lus. Autant vous dire que ç’a été vite fait ! Je n’ai visiblement pas du tout les mêmes lectures que Frédéric Beigbeder. J’ai lu à peine 4 ou 5 livres de cette liste et s’il y en a quelques autres qui me tentent, il doit y en avoir une bonne moitié dont j’ignorais même l’existence. Ca limité mon intérêt pour la chose.

          L’introduction explique la naissance du projet. L’auteur avait déjà rédigé des commentaires sur les 100 livres préférés des français. La jugeant trop impersonnelle, il a choisi d’en faire une version qui lui corresponde. Si je trouve cela tout à fait louable et que j’aurais sans doute fait pareil si j’en avais eu l’occasion, de mon point de vue de lectrice, on échange une liste parlante contre une qui m’est totalement étrangère… Finalement, la version impersonnelle avait le bon goût de reprendre des livres qui nous évoquent quelque chose.

          Les résumés des ouvrages sont un peu légers à mon goût, on n’y apprend pas grand chose et ça ne donne pas vraiment envie d’en savoir plus. On aurait aimé une critique plus profonde. Ou plus de passion. Les extraits que j’ai lus restaient à la surface des choses et ne m’ont pas franchement convaincue malgré une belle preuve d’érudition (ce dont on ne doutait pas d’ailleurs). Heureusement, un peu d’humour vient arranger le tout, même si on a connu l’auteur plus incisif. Un essai égocentrique qui m’a laissée sur ma faim. Plutôt agréable mais conçu pour le seul amusement de l’auteur, le lecteur y est un peu laissé pour compte. Dommage.

Critères de notation pour établir cette liste :

1. Tronche de l’auteur (attitude ou manière de s’habiller)

2. Drôlerie (un point par éclat de rire)

3. Vie privée de l’auteur (par exemple, un bon point s’il s’est suicidé jeune)

4. Émotion (un point par larme versée)

5. Charme, grâce, mystère (quand tu te dis « Oh la la comme c’est beau » sans être capable d’expliquer pourquoi)

6. Présence d’aphorisme qui tuent, de paragraphes que j’ai envie de noter, voire de retenir par coeur (un point par citation produisant un effet sur les femmes)

7. Concision (un point supplémentaire si le livre fait moins de 150 pages)

8. Snobisme, arrogance (un bon point si l’auteur est un mythe obscur, deux s’il parle de gens que je ne connais pas, trois si l’action se déroule dans des lieux où il est impossible d’entrer)

9. Méchanceté, agacement, colère, éruptions cutanées (un point si j’ai ressenti l’envie de jeter le bouquin par la fenêtre)

10. Érotisme, sensualité de la prose (un point en cas d’érection, deux en cas d’orgasme sans les mains).

 

Ceux qui pensent qu’on ne doit pas lire Vian après 25 ans vont devoir aussi prévenir tous leurs amis d’éviter les excréments de Rabelais, les farces lourdes de Molière, les « hénaurmités » de Jarry, les niaiseries d’Andersen, les puérilités de Grimm, les sortilèges amoureux de Tristan et Yseult ou Shakespeare, les néologismes de Queneau, les absurdités d’Ionesco, les nouvelles infantiles de Marcel Aymé, l’argot vulgaire de Céline, les blagues scatologiques de San Antonio et les calembours mélancoliques de Blondin. Déjà que c’est pénible d’être vieux, je trouve que ce ne serait pas très gentil d’obliger les personnes âgées à ne lire que du Richard Millet.