Mes lectures

Anne PLANTAGENET, Pour les siècles des siècles

          Un recueil de nouvelles qui raconte des histoires d’amour, qui débutent ou qui finissent. Des histoires en cours, des histoires naissantes, de belles rencontres, ou des séparations, tragiques ou accueillies avec soulagement. En un mot, l’histoire de la vie. Du bonheur et des doutes, et la mort qui s’immisce parfois. Et toujours cette même question : « A quoi ça tient, une vie ? »

          Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les histoires d’amour et moi, ça fait deux ! J’ai tout de même tenté de me lancer dans celles-là parce que 1) je les avais dans ma bibliothèque, 2) j’en avais entendu dire le plus grand bien et 3) n’ayant pas lu la 4° de couverture je ne savais pas vraiment de quoi ça parlait. Je ne regrette pas du tout ce concours de circonstances plutôt heureux. Pour commencer, c’est bien écrit. L’écriture est agréable et fluide, premier bon point.

          Ces 7 nouvelles ont bon nombre de points communs. Ca pourrait presque être la même histoire répétée de manière différente, tant certains détails qui reviennent sont troublants (un brin d’autobiographie là-dedans peut-être ?). Pourtant, nulle répétition. Pour paraphraser Verlaine, « qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Il y a beaucoup de charme dans ces textes dans lesquels on se retrouve forcément un peu. Les questions que pose l’auteur sont universelles : peut-on aimer toujours ? est-il possible de ne pas sombrer ans l’ennui face au quotidien ? est-on plus heureux quand on aime ? Un recueil réussi qui donne envie de découvrir cette auteur prometteuse.

Qui aime la chère aime la chair. Qui est capable de passer trois heures à palper, pétrir, émonder, peler, râper, émincer, pour un plaisir aussi éphémère qu’un repas, est un jouisseur de premier ordre. Un obsédé sensuel.

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L’amour ça va ça vient, c’est pas pour toujours (…). Un feu il faut forcément qu’il s’éteigne à un moment ou à un autre (…). On a beau rajouter du petit bois, arrive une heure où on a épuisé ses réserves et puis c’est tout.

Mes lectures

Vladimir NABOKOV, Lolita

          Humbert Humbert est un homme dans la fleur de l’âge qui n’aurait bien de bien remarquable si ce n’était son amour des nymphettes : petites filles prébubères à la grâce ingénue. S’il n’est jamais passé aux actes, c’est par manque de courage mais quand il rencontre Lolita, toute sa vie bascule.

          En 2011 je n’ai pas lu mon traditionnel classique russe annuel (généralement un Dostoïevski). Je me rattrape donc début 2012 même si cette fois j’ai donné un peu plus dans la modernité. J’ai donc choisi Lolita comme première lecture pour cette nouvelle année. L’épaisseur du morceau explique l’absence de nouveauté sur le blog ces derniers jours. Après deux semaines de lecture intensive, verdict.

          J’ai adoré ce livre dès les premières lignes. L’écriture est tellement brillante ! C’est à la fois frais et érudit. Le style est vraiment magnifique. Et cette histoire de pédophilie tellement novatrice. Je me suis délectée de chaque ligne. Du moins pendant les 200 premières pages : la description du personnage, sa rencontre avec Lolita. La première partie est un chef-d’oeuvre. La deuxième m’a malheureusement bien moins emballée. Le temps de la séduction est passé et nous entrons dans le quotidien du personnage, fait de jalousies et de faits insignifiants.

          Si je comprends qu’on puisse y trouver un certain charme, ça a eu sur moi un effet lénifiant. Cependant, le personnage écrivant de prison, on attend une fin tonitruante, ce qui interdit d’arrêter sa lecture en route. Le roman retrouve de son dynamisme dans les dernières pages sans pour autant retrouver la fougue du début. Malgré ces petits bémols on ne peut que s’incliner devant le génie de Nabokov et son esprit si délicieusement torturé. Un grand roman et plus encore, un mythe.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta.

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J’y découvris, en effet, l’enchantement capiteux et inépuisable que l’on éprouve à mystifier les psychiatres. Le jeu consiste à les mener habilement en bateau, en leur cachant avec soin que l’on connaît toutes les ficelles du métier.

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Je suis assez fier de savoir quelques petites choses pour avoir la modestie d’admettre que je ne sais pas tout.

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Je présume que le lecteur parcourt cet ouvrage, sous sa forme imprimée; dans les premières années du troisième millénaire.

Lolita, c’est aussi 2 adaptations cinématographiques. L’une de Stanley Kubrick en 1962 avec James Mason et Sue Lyon, l’autre d’Adrian Lyne en 1997 avec Jeremy Irons et Melanie Griffith.

Culture en vrac

Les livres et la télé

          N’ayant pas de nouveau livre à vous présenter (eh oui, il faut le temps de les lire quand même !) et mon ordinateur refusant en ce jour de charger les images, je me vois dans l’impossibilité de vous écrire un bel article aujourd’hui. Toutefois, je vous ai prévu un peu de lecture. Le blog Marianne 2  a publié un article sur les émissions littéraires qui, s’il n’a rien de révolutionnaire, nous rappelle dans quel monde pathétique nous vivons. 

          Bien sûr, les livres présentés à la télé ne sont pas lus. Croyez-vous vraiment que les présentateurs liraient plusieurs livres par semaine ?!? Que nenni ! Et ces mêmes livres, ne sont pas choisis pour leur qualité mais bien pour la télégénie de leur auteur. S’il faut des phrases courtes, qu’il a de l’humour et qu’en plus il est pas mal de sa personne, notre auteur a tout bon. Ou alors il faut qu’il parle de sexe.

          Comment parler d’un livre que l’on a pas lu ? Eh bien tout d’abord en payant quelqu’un pour le feuilleter et nous faire des fiches. Ensuite, en évitant de parler du livre, bien sûr ! On lit la 4° de couverture, on présente l’auteur (sa vie, pas son oeuvre), et on brode autour du sujet principal. On évite les épineuses questions de style. Les maisons d’édition approuvent : tant que ça fait vendre… Bien sûr, on s’y attendait mais bon, une petite piqûre de rappel de temps en temps n’a jamais fait de mal. Et pour l’article complet, c’est par là.

Mes lectures

Jean-François DAUVEN, Le manuscrit de Portosera la rouge

          Une ville accablée de chaleur, où l’eau fraîche devient une rareté. Les canalisations sont vétustes et dans les quartiers les plus pauvres l’eau est contaminée par une bactérie. Pendant ce temps, l’élite bien protégée de ce genre de désagrément, continue à couler une vie paisible. 

          Je continue dans la série « livres lus en 2011 que j’ai oublié de vous présenter ». Un petit livre surprenant. Le personnage principal n’est pas un être humain mais bien la ville elle-même, avec tous ses habitants. Leurs histoires s’entrecroisent sans qu’on ne s’arrête jamais sur une seule. On passe de l’un à l’autre sans cesse. Pourtant, contre toute attente, ça semble former un tout : l’identité d’une ville.

          Je me suis assez vite lassée de ce texte, aimant les choses un peu moins décousues. Toutefois j’ai beaucoup aimé l’idée et la mise en oeuvre est magistrale. C’est très bien écrit. On se laisse emporter par se texte et on a l’impression de découvrir cette ville imaginaire aussi surement que s’y on était en train de s’y promener. Un très joli texte.

Mes lectures

Hervé GUIBERT, Fou de Vincent

          Un livre qui se présente comme un journal à rebours de l’histoire d’amour d’Hervé et Vincent. On commence par le mort fictive de l’amant pour revenir peu à peu jusqu’à la rencontre. Troublant. 

          Un de mes textes préférés d’Hervé Guibert que j’avais totalement oublié de vous présenter. Un tort enfin réparé. A part la mort de Vincent, tout dans ce récit est, d’après les dires de son auteur, extrait du journal qu’il tenait. Le texte se présente donc comme un vrai journal. Des paragraphes de longueurs variées, à la 1° personne et qui, toujours, parlent de la même histoire d’amour.

          Le fait de revenir en arrière est particulièrement troublant. C’est ce que j’aime dans ce livre. Les repères sont bouleversés. J’aime également beaucoup la mort fictive de Vincent que je trouve aussi imaginative que poétique. Une histoire particulièrement forte dont je ne me lasse pas.

L’être qui manque à ma vie : celui qui saura me battre ; j’ai cru un temps qu’il sortirait de T., que ce serait un être compris dans lui qui s’en dédoublerait, mais il n’en a rien été ; j’ai cru longtemps que ce serait Vincent, mais il n’en est rien.

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Le (un) travail de la littérature : apprendre à se taire.