Mes lectures

Vladimir NABOKOV, Lolita

          Humbert Humbert est un homme dans la fleur de l’âge qui n’aurait bien de bien remarquable si ce n’était son amour des nymphettes : petites filles prébubères à la grâce ingénue. S’il n’est jamais passé aux actes, c’est par manque de courage mais quand il rencontre Lolita, toute sa vie bascule.

          En 2011 je n’ai pas lu mon traditionnel classique russe annuel (généralement un Dostoïevski). Je me rattrape donc début 2012 même si cette fois j’ai donné un peu plus dans la modernité. J’ai donc choisi Lolita comme première lecture pour cette nouvelle année. L’épaisseur du morceau explique l’absence de nouveauté sur le blog ces derniers jours. Après deux semaines de lecture intensive, verdict.

          J’ai adoré ce livre dès les premières lignes. L’écriture est tellement brillante ! C’est à la fois frais et érudit. Le style est vraiment magnifique. Et cette histoire de pédophilie tellement novatrice. Je me suis délectée de chaque ligne. Du moins pendant les 200 premières pages : la description du personnage, sa rencontre avec Lolita. La première partie est un chef-d’oeuvre. La deuxième m’a malheureusement bien moins emballée. Le temps de la séduction est passé et nous entrons dans le quotidien du personnage, fait de jalousies et de faits insignifiants.

          Si je comprends qu’on puisse y trouver un certain charme, ça a eu sur moi un effet lénifiant. Cependant, le personnage écrivant de prison, on attend une fin tonitruante, ce qui interdit d’arrêter sa lecture en route. Le roman retrouve de son dynamisme dans les dernières pages sans pour autant retrouver la fougue du début. Malgré ces petits bémols on ne peut que s’incliner devant le génie de Nabokov et son esprit si délicieusement torturé. Un grand roman et plus encore, un mythe.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta.

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J’y découvris, en effet, l’enchantement capiteux et inépuisable que l’on éprouve à mystifier les psychiatres. Le jeu consiste à les mener habilement en bateau, en leur cachant avec soin que l’on connaît toutes les ficelles du métier.

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Je suis assez fier de savoir quelques petites choses pour avoir la modestie d’admettre que je ne sais pas tout.

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Je présume que le lecteur parcourt cet ouvrage, sous sa forme imprimée; dans les premières années du troisième millénaire.

Lolita, c’est aussi 2 adaptations cinématographiques. L’une de Stanley Kubrick en 1962 avec James Mason et Sue Lyon, l’autre d’Adrian Lyne en 1997 avec Jeremy Irons et Melanie Griffith.

7 commentaires sur “Vladimir NABOKOV, Lolita

  1. Salutations et merci d’aborder un tel texte.
    Petit détail en passant, il n’est pas vraiment russe, puisque écrit directement en anglais, avec l’envie de faire prononcer Lolita à la russe (selon les notes laissées par l’auteur)
    Rappelons également les trames superposées, les discours faussés: car le texte laissé par Humbert Humbert a été relu et « corrigé » par des relecteurs postérieurs plus ou moins moralistes…(notamment un juge!) et l’on n’est jamais sûr de qui est l’auteur de quelle phrase… (Nabokov, maître des échecs, aime ce genre de cache cache et d’embrouille avec ses narrateurs)
    chose très étrange : l’ouverture du roman, sur le nom de Lolita ; la clôture du roman, avec l’absence d’une VOIX… Finalement, HH ne fait que fantasmer autour du Verbe, du nom, de la parole…
    Et, honnêtement, la plus monstrueuse des figures du roman, reste tout de mère la mère de Lolita.
    Un commentaire sur le roman est dispo sur mon blog (regard sur Nabokov) pour justifier cette phrase célèbre de Nabokov : « tous les grands romans sont d’abord des contes de fées. »
    ps, pour l’adaptation de Kubrick, c’est Nabokov lui-même qui écrit le scénario.

    Bien à toi

    1. Merci beaucoup pour ces précisions. C’est vrai que « roman russe » est un peu exagéré. Un peu comme pour Makine côté français. Toutefois je reste convaincue que la culture russe façonne en partie ce roman, d’où cette désignation abusive.
      Je vais aller voir de suite ton commentaire sur le roman !

  2. Salut Madi!
    C’est vrai que les premières pages de ce roman sont très brillantes et obsédantes à la fois!
    J’en profite pour te laisser sur ce message ma nouvelle adresse mail, l’autre ayant été piratée par le vortex du web!

  3. Comme toi je me souviens que le début m’avait particulièrement marquée. Je l’ai lu il y a des années, j’étais encore une ado et ton article me donne très envie de le relire avec mon regard d’aujourd’hui.

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