Archives de Tag: littérature anglaise

Oliver Twist

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          Dans un orphelinat de l’Angleterre victorienne, Oliver Twist survit au milieu de ses compagnons d’infortune. Mal nourri, exploité, il est placé dans une entreprise de pompes funèbres où, là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu’au jour où une provocation de trop le pousse à s’enfuir vers Londres. Epuisé, affamé, il est recueilli par une bande de jeunes voleurs.
Couverture d'Oliver Twist de Charles Dickens

          Je continue mon exploration de la littérature classique avec cette fois une histoire réputée sordide. Les premières pages d’Oliver Twist sont un vrai régal. Charles Dickens y fait preuve d’un humour noir qui m’a ravie au plus au point. C’est du grand art. Je ne m’attendais pas à trouver autant de dérision et de mauvais esprit dans ce livre. Cet homme est un génie. Malheureusement, plus l’histoire avance et plus le style prend un tour sérieux. Le second degré pointe bien encore parfois le bout de son nez mais de plus en plus timidement jusqu’à disparaître tout à fait. Cruelle désillusion… J’ai toutefois continué ma lecture, non sans plaisir.

          L’histoire est donc celle d’un petit orphelin, comme chacun sait, placé chez une horrible femme et qui après s’être enfui doit trouver le moyen de survivre seul à Londres. Pas très joyeux, vous en conviendrez. Les rebondissements se succèdent à un rythme effréné avec une crédibilité de plus en plus douteuse. Et surtout, plus ça avance et plus ça vire mièvre… J’ai également trouvé que les personnages étaient bien souvent trop stéréotypés (même si à vrai dire ça leur confère un certain charme). Malgré tout, on se lasse prendre par l’histoire de ce petit garçon si touchant. Si dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture, ce sont toutefois les premières pages qui m’ont le plus convaincue par leur ton grinçant.

Charles Dickens

Le fait est qu’on eut beaucoup de peine à décider Olivier à remplir ses fonctions respiratoires, exercice fatigant, mais que l’habitude a rendu nécessaire au bien-être de notre existence.

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Ton lit est sous le comptoir. Tu n’as pas peur de coucher au milieu des cercueils, je suppose ? D’ailleurs qu’importe que cela te convienne ou non ? Tu ne coucheras pas ailleurs.

Changement de décor, David LODGE

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          Morris et Philipp, tous deux professeurs d’anglais échangent leurs postes pour 6 mois. Le premier est un américain brillant et sûr de lui qui vient d’une faculté réputée où le soleil brille toute l’année ; le second est un homme effacé qui semble toujours chercher sa voie et enseigne dans une université qui manque de prestige, dans une ville grise et pluvieuse d’Angleterre. Deux univers que tout oppose et qui vont devoir cohabiter. 6 mois qui s’annoncent difficiles…

          Changement de décor est un des premiers romans de David Lodge, écrit à la fin des années 60. On y retrouve son humour si délectable et toute la finesse de sa plume. Ce livre m’a rappelé Pensées secrètes, en peut-être plus déjanté et immoral encore. Ce livre est totalement fou, improbable, et ne ce soucie pas le moins du monde des basses questions de crédibilité. Le fond de l’histoire est assez simple et terriblement efficace. L’échange universitaire est bien sûr l’occasion de découvertes et de grands bouleversements. On assiste à travers les yeux de ces deux professeurs à l’éclosion du mouvement hippie des deux côtés de l’Atlantique. La naissance d’une époque qui n’est bien sûr pas étrangère au côté un peu farfelu de ce roman.

          J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a franchement fait rire. David Lodge a un humour grinçant qui fait mouche à tous les coups. Il y a dans ce roman un dynamisme et une énergie qui peuvent parfois manquer à certains ds ouvrages de l’auteur. Les scènes cocasses s’enchaînent et le lecteur se délecte des nombreux malentendus dans lesquels se fourrent les personnages. La fin est très frustrante et donne terriblement envie de se jeter sur la suite (2 autres tomes). Une lecture extrêmement plaisante, drôle et divertissante. Un livre intelligent comme on aimerait en croiser plus souvent. Du grand David Lodge.

 Si, en revanche, ç’avait été elle qui était partie en Amérique et lui qui était resté s’occuper des enfants, elle lui aurait beaucoup manqué, évidemment. En fait, s’il n’u avait pas les enfants, il ne saurait dire à quoi lui sert une femme.

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Il avait été question d’une expérience démontrant que les rats se portaient mieux quand on les nourrissait avec les emballages plutôt qu’avec les corn flakes.

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Depuis son départ, elles étaient d’une telle pagaille que le Thé du Chapelier four de Carroll apparaissait en comparaison comme un système modèle dans l’art de prendre des décisions.

William SHAKESPEARE, Hamlet

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          Hamlet ne se remet pas de la mort de son père, le roi du Danemark, et moins encore du mariage de sa mère avec le frère de celui-ci. Le spectre du roi défunt se pour réclamer vengeance ce qui va plonger le jeune homme dans un état proche de la folie. 

          Pour ma dernière lecture de 2011, j’avais décidé de m’attaquer à un classique. Et en plus, ça colle avec le thème du club-lecture de décembre, qui a été reporté à janvier. J’ai vu quelques pièces de Shakespeare au théâtre et c’est un auteur que j’aime beaucoup. En revanche, je n’ai lu quasiment aucune de ses pièces, je me suis donc dit qu’il fallait arranger ça.

          Terrible déception ! Je sais que c’est un sacrilège mais je me suis ennuyée à périr. Certes, on perd beaucoup à la traduction et je soupçonne de plus la traduction d’être particulièrement mauvaise, mais tout de même, le résultat est là, j’ai dû me faire violence pour arriver à la fin de la pièce (et encore, en survolant certains passages).

          Le premier point perturbant est qu’il n’y a pas d’unité de temps, de lieu et d’action, contrairement au théâtre classique du siècle suivant, ce qui m’a quelque peu déroutée. L’intrigue en revanche fonctionne plutôt bien. Mais malgré quelques passages brillants, j’ai trouvé le tout assez inégal. Je refaire bien sûr des tentatives, pas question de baisser les bras si vite, mais je pense que Shakespeare fait partie de ces auteurs qui confirment l’idée selon laquelle, le théâtre il ne faut pas le lire, il faut le voir.

La carpe de la vérité se prend à l’hameçon de nos mensonges.

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Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix, et me regarder comme le roi d’un espace infini, si je n’avais pas de mauvais rêves.

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Nous engraissons toutes les autres créatures pour nous engraisser ; et nous nous engraissons nous-mêmes pour les vers. le roi gras et le mendiant maigre ne sont que variété dans le menu : deux plats pour la même table.

Jonathan COE, La pluie avant qu’elle tombe

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          Juste avant de mourir, Rosamond décide de raconter son histoire à travers 20 photographies. Elle l’enregistre sur des cassettes. Quand sa nièce l’écoutera, elle y découvrira un parcours riche dont il ignorait tout ou presque. L’histoire de trois générations de femmes au passé douloureux.

          Je ne connaissais pas Jonathan Coe dont j’avais bien sûr entendu dire le plus grand bien. C’est le premier roman que je lis de lui. J’ai trouvé le style clair et agréable et l’histoire assez intéressante. Cependant, le procédé narratif (cette histoire dans l’histoire à travers la description de photos) ne m’a pas paru d’un intérêt majeur. J’ai trouvé que ça alourdissait quelque peu le texte et que ça manquait de finesse. La trame est assez classique, rien de révolutionnaire. Je n’ai pas particulièrement accroché. J’ai trouvé le tout plutôt bien mais un peu lisse. Ca manque de caractère à mon goût. J’ai pris plaisir à cette lecture mais ce texte ne sera pas de ceux qui m’auront marquée. Une lecture agréable, une expérience que je compte renouveler.

Ce soir-là, nous avons attendu que la maison se taise, qu’Ivy et Owen s’installent au salon pour prendre un digestif, que les garçons montent jouer dans leur chambre. Alors on a mis nos manteaux, on a ouvert laborieusement le verrou de la grande porte, et on s’est glissées dehors.

Elle avait onze ans. J’en avais huit. Je l’aurais suivie n’importe où.

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C’était impossible. Ce qu’elle espérait trouver n’était qu’une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu’elle tombe.

Henry JAMES, Le Tour d’écrou

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          Une perceptrice est embauchée par un homme aussi étrange que séduisant pour s’occuper de son neveu et de sa nièce dans une propriété reculée. La seule condition est que la jeune femme se débrouille seule et ne le contacte sous aucun prétexte. Arrivée dans la sombre demeure, elle va être confrontée à des apparitions mystérieuses…

          Il semblerait que la critique considère Le Tour d’écrou comme le chef-d’oeuvre d’Henry James. Je n’avais jamais rien lu de ce grand nom de la littérature, vu de loin, son oeuvre m’avait l’air pour le moins austère. Eh bien ce court roman n’a guère démenti mes préjugés. Le sujet m’a surprise. Je ne m’attendais pas à un récit fantastique, genre que je n’apprécie que très moyennement. Le style est très ampoulé, vieilli. J’ai trouvé cela un peu laborieux. Je n’ai pas réussi à accrocher ni à l’histoire, ni à l’écriture. Tant et si bien que je n’ai pas réussi à le finir. Cependant, pour les fervents XIX° que le style poussiéreux ne dérange pas, par moment, on laisse l’angoisse nous submerger en même temps que le personnage, l’ambiance est bien rendue et c’est sans doute cela qui fait la force de ce texte. Si quelqu’un venait à le lire (ou l’avait lu), je veux bien qu’il me raconte la fin…

Non, ce n’était qu’une grande maison, vieille et laide mais confortable, qui englobait les restes d’un bâtiment encore plus vieux, à moitié délaissé et à moitié utilisé, dans laquelle je nous voyais presque aussi perdus qu’une poignée de passagers sur un grand bateau à la dérive. Et, chose étrange, c’est moi qui tenait le gouvernail !