Mes lectures

Rentrée littéraire 2016, les polars

Ainsi fleurit le mal, Julia Heaberlin

 

À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Presque vingt ans ont passé le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son  » monstre  » serait-il toujours en cavale ? 

Ainsi fleurit le malEncore un roman qui m’intriguait. On est cette fois sur un roman policier au résumé original. On découvre l’histoire à travers le récit de la seule survivante d’un tueur en série. Vu l’intrigue ça pouvait aussi bien être génial que complètement raté. J’ai très vite accroché avec cette histoire au parti pris assez inhabituel. On alterne entre la vie du personnage plusieurs années après les faits et son récit juste après le traumatisme. Le côté un peu névrosé du personnage est particulièrement intéressant et très réussi, ça la rend plus humaine tout en créant par moments un doute quant à la véracité de son récit. On soupçonne assez rapidement une partie de la vérité (disons que mes doutes ont commencé vers la moitié du roman) mais on n’en reste pas moins pris dans cette histoire tortueuse. Ca fonctionne très bien, avec un aspect psychologique soigné. Le style est plutôt simple mais soigné et l’auteur ne va pas chercher de développement extravagant à son histoire qui se suffit amplement à elle-même. Une fois ce roman entamé, je l’ai lu d’une traite, comme ça m’arrive trop peu souvent en ce moment. Une lecture extrêmement prenante.

Ce que ce passage dans cette tombe m’a appris de plus précieux ? À relativiser.

Les anges sans visage, Tony Parsons

 

Max Wolfe, enquêteur au coeur tendre, doit faire face de nouveau à la noirceur et la violence du Londres des beaux quartiers. Une famille aisée est retrouvée massacrée dans sa demeure du nord de la ville. On retrouve les corps du père, de la mère, et de deux adolescents. Mais le plus jeune enfant manque à l’appel. A-t-il été enlevé ?

Les anges sans visageJe n’avais pas lu le précédent roman de Tony Parsons, dont on avait pourtant beaucoup parlé. C’est donc avec ce roman que j’ai découvert l’auteur et je dois dire que j’ai de suite été conquise ! Le style est efficace et on plonge de suite au cœur d’une intrigue policière des plus sombres. L’ensemble reste assez classique avec son héros fort et fragile à la fois (le flic en plein divorce est une valeur sure) et son enquête à rebondissements. Pourtant, s’il n’y a rien de bien original tant sur la forme que sur le fond, la vieille recette fait ici des miracles. Le style est agréable à lire et la construction redoutablement efficace. On est pris dès les premières lignes dans la violence de cette enquête et on n’a qu’une hâte : connaître la suite ! Là encore, j’ai lu ce roman à une vitesse folle, y consacrant même avec délices une nuit d’insomnie. Encore un livre qui m’a donné envie de lire plus de polars. L’auteur sait nous rendre sympathiques ses personnages et éveiller notre curiosité. Il manie avec brio les codes du genre. Un roman plutôt classique à l’univers très noir qui parvient à nous tenir en haleine de bout en bout. Le polar dans ce qu’il a de meilleur.

Vintage, Grégoire Hervier

 

Un jeune musicien, employé chez un vendeur d’instruments réputé, est chargé de livrer une guitare ancienne chez un excentrique collectionneur anglais. Là, dans un manoir sur les rives du Loch Ness, il accepte une improbable mission, retrouver le prototype d’une guitare mythique et maudite, la Moderne.

VintagePour être tout à fait franche, je n’attendais rien de ce roman. Je ne connaissais pas l’auteur, je n’en avais absolument pas entendu parler, ça ne m’évoquait pas grand chose. Le sujet me tentait assez mais je suis loin d’être calée en musique, j’étais donc assez circonspecte. Finalement, si ça n’a pas été le gros coup de cœur comme pour les deux précédents, j’ai quand même plutôt accroché et j’ai pris un certain plaisir à cette lecture. Si le roman a bien une réelle trame policière, elle tourne en revanche quasi exclusivement autour de la guitare, sujet que ne suis malheureusement guère en mesure d’apprécier étant données mais faibles connaissances en la matière. L’auteur décrit la guitare électrique avec un enthousiasme assez contagieux et bien que tout cela ne m’évoque pas grand chose, dans l’ensemble, ça ne m’a pas trop empêché d’apprécier le roman, ce qui est un tour de force étant donné que ça ne parle à peu près que de ça (avec beaucoup de références au vieux rock où là je suis un peu moins paumée). L’histoire est efficace et on a envie de connaître la suite. L’écriture fonctionne plutôt bien également, elle possède une certaine fraîcheur et pas mal d’énergie. Bien que je n’aie pas été en mesure d’apprécier pleinement les connaissances que l’auteur met en œuvre, j’ai trouvé ce roman divertissant et agréable à lire. Prometteur.

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Rentrée littéraire 2016, les premiers romans

Quelques premiers romans sont arrivés jusqu’à moi en cette rentrée littéraire 2016 qui m’aura décidément apporté beaucoup de bonnes surprises (et quelques mauvaises quand même…). En voici donc quelques uns, dans des styles très différents. Deux d’entre eux seront à découvrir dans des articles à venir, d’une part parce que je n’ai pas encore eu le temps de les lire, d’autre part pour équilibrer un peu le contenu de mes articles consacrés à cette rentrée littéraire.

Une nuit, Markovitch, d’Ayelet Gundar-Goshen

 

1939. Zeev et Yacoov quittent leur petit village de Palestine, direction l’Allemagne, où ils ont pour mission d’épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l’intention de retrouver la femme qu’il aime, Yacoov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella.

Une nuit, MarkovitchLe résumé de ce livre me semblait assez amusant et m’intriguait beaucoup. Je dois avouer que je suis loin d’avoir été déçue ! J’ai de suite accroché avec le style très particulier de ce roman. C’est enlevé, drôle, et souvent plus profond qu’il n’y paraît ! Les personnages sont assez stéréotypés et c’est étrangement là que réside tout le charme de ce roman assez cocasse. On s’attache à ces personnages qui possèdent tous leur part de démesure et on se délecte de leurs aventures. J’ai dévoré ce livre avec une boulimie que je n’avais plus connue depuis longtemps. Un petit regret sur la toute fin, qui est en trop à mes yeux mais après une lecture si agréable, ce n’est qu’un infime détail. Sous couvert d’humour et d’une histoire quelque peu farfelue, l’auteur nous raconte aussi un peu son pays et sa culture ; un aspect de ce livre que j’ai particulièrement apprécié. Ce roman mêle habilement les genres, grave et léger à la fois, il parle aussi bien de l’intimité de ses personnages que d’un pays en pleine mutation. L’espoir y est omniprésent, et souvent déçu. Une lecture atypique qui, bien que moins légère qu’il n’y paraît, m’a franchement donné le sourire. Une des plus belles découvertes de cette rentrée !

Pourquoi ruminer quand on peut mordre dans les rondeurs pulpeuses de l’avenir ? À trop évoquer ses souvenirs, on les use, exactement comme les lessives répétées finissent par ternir le linge.

The girls, d’Emma Cline

 

Evie Boyd, adolescente rêveuse et solitaire, vit au nord de la Californie à la fin des années 1960. Au début de l’été, elle aperçoit dans un parc un groupe de filles. Interpellée par leur liberté, elle se laisse rapidement hypnotiser par Suzanne et entraîner dans le cercle d’une secte.

The girlsJe ne savais pas trop qu’attendre de ce roman dont je ne savais rien avant d’entamer ma lecture. Je n’avais même pas lu la quatrième de couverture avant de l’ouvrir. Je suis un peu indécise sur ce que je dois en penser même si dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture. L’adolescente au centre du récit n’a pas grand chose de l’héroïne traditionnelle. Introvertie, peu sure d’elle, elle a peu d’amis et serait prête à tout pour se sentir aimée. C’est ce qui va la pousser vers des fréquentations peu recommandables et changer sa vie. On alterne entre son adolescence et sa vie d’adulte. La première tient la plus grande partie du récit, j’ai trouvé la seconde moins intéressante même si elle a le mérite de mettre l’accent sur les conséquences des mauvais choix fait par le personnage. On assiste à la transformation de la petite fille sage et timide en une adolescente rebelle. Les sentiments sont très bien décrits, on ressent sans peine son malaise adolescent, ce qui a un côté assez dérangeant. C’est d’ailleurs inspiré d’une histoire vraie, celle du célèbre criminel américain Charles Manson et de sa « famille ». Un roman perturbant qui met en scène les sentiments ambigus avec un certain brio.

Mais j’aurais dû savoir que quand des hommes vous mettent en garde, ils vous mettent en garde contre le film sombre qui défile dans leur propre cerveau.

Un travail comme un autre, de Virginia Reeves

 

Roscoe est fasciné par l’électricité. Il en fait son métier mais doit y renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, il a l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie.

Un travail comme un autreEn débutant ce livre, je m’attendais à un polar pur jus. Surement à cause du titre assez sombre (ça fait un peu tueur en série je trouve, mais j’ai dû trop regarder Dexter) et de la couverture avec son ciel d’orage sur un paysage désolé. J’ai donc été assez surprise de constater que si le style est noir, ce n’est pas à proprement parler une intrigue policière, même si elle emprunte parfois au thriller. Après un petit moment de flottement, cela s’avère toutefois sans importance. Je serais d’ailleurs bien incapable de cataloguer ce roman à la frontière entre plusieurs genres. J’ai bien aimé le personnage principal, qui possède une forme de poésie et il est intéressant de voir son évolution au fil de son séjour en prison. J’ai trouvé que la peinture des caractères était très réussie. Une certaine forme de suspens se met en place sur ce qui attend le personnage mais aussi un questionnement sur ce qui l’a amené là. De ce point de vue la construction, pourtant assez classique, fonctionne à merveille. J’ai beaucoup aimé l’aspect historique du roman, avec notamment la place accordée aux noirs dans la société. On pourrait craindre que le côté technique sur l’électricité ne soit un peu soporifique mais il reste discret et les explications ne manquent pas de clarté. J’ai trouvé ce roman aussi intéressant que bien écrit et j’ai eu le plus grand mal à le lâcher une fois entamé. Une belle découverte.

On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi, un puissant courant électrique.

Voici venir les rêveurs, d’Imbolo Mbue

 

A New-York Jende, un immigrant illégal d’origine camerounaise, est en passe de réaliser son rêve : après avoir été plongeur et chauffeur de taxis, il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour un riche banquier. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, sa femme, la vie dont elle rêve.

Voici venir les rêveursJe ne sais pas trop que dire sur ce roman qui m’a quelque peu déroutée. Dans l’ensemble, je l’ai aimé. C’est bien écrit, c’est un sujet qui m’intéresse, on se prend d’affection pour les personnages, globalement, c’est donc plutôt bien (voire plutôt très bien même), en tout cas sur toute la première moitié, la suite m’ayant laissée un peu plus perplexe, sans que je sache bien si c’était une bonne chose ou non, malgré à présent un certain recul. La bonne nouvelle, c’est que c’est plutôt bien écrit et que le sujet est solide. Les personnages sont bien construits, en revanche j’ai parfois trouvé ce qui leur arrivait moyennement crédible. Mais bon, rien de trop extravagant non plus, dans l’ensemble, ça se tient. Durant la première moitié du livre, une certaine tension se met en place que j’ai trouvée assez réussie. La deuxième moitié m’a un peu moins convaincue, notamment parce que la relation tendue entre les personnage m’a plus mise mal à l’aise qu’autre chose et m’a même parfois agacée. La fin est assez surprenante (même si on la sent venir) et je ne suis pas sure de bien comprendre le message que l’auteur souhaitait véhiculer. La place donnée au personnage féminin m’a aussi un peu déçue. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de bonnes choses dans ce roman même si je suis restée un peu sur ma faim.

Les gens refusent d’ouvrir les yeux et de voir la vérité parce qu’ils préfèrent rester dans l’illusion. Du moment qu’on les abreuve des mensonges qu’ils veulent entendre, ils sont contents.

Muse, de Jonathan Galassi

 

Paul est obsédé par la poète Ida Perkins. Mais si ce jeune éditeur travaille dans une maison indépendante renommée, elle est éditée par une maison concurrente. Il en faudra bien plus pour calmer ses ardeurs et l’empêcher de tenter de s’approcher malgré tout de celle qu’il admire.

MuseEncore un premier roman qui avait tout pour me plaire. Ayant fait des études d’édition, je suis friande d’histoires qui s’y rapportent. Malheureusement la magie n’a cette fois pas opéré. Si je lis un peu de littérature américaine, je suis loin d’être une spécialiste de la question et je connais avant tout les grands classiques, n’en ayant même pas lu tant que ça. J’ai été totalement paumé au milieu de ces constantes références à des auteurs que je ne connaissais pas. Je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants et je n’ai pas bien vu où le récit voulait en venir, ne semblant pas avoir d’autre but que la peinture du monde de l’édition new-yorkaise. La trame n’a pas assez de consistance pour donner envie de lire tous ces auteurs de moi inconnus et donne plutôt l’impression d’un catalogue mondain. Je m’y suis sentie aussi déplacée que dans un cocktail de remise de prix littéraire : sur le papier ça a l’air sympa mais ça s’avère mortel… Le style m’a guère plus convaincu, pas franchement mauvais mais guère enthousiasmant. Malgré mon envie de m’intéresser à ce roman, il m’a profondément ennuyée. Extrêmement frustrant !

A mesure qu’il apprenait les ficelles du métier, Paul s’apercevait qu’il perdait peu à peu une partie du respect admiratif qu’il vouait aux auteurs dont il était responsable.

La tentation d’être heureux, de Lorenzo Marone

 

Cesare Annunziata a 77 ans et il a l’impression d’avoir raté sa vie : il n’a pas réussi à aimer sa femme, et les relations avec sa fille Sveva et son fils Dante sont compliquées. Une scène de violence conjugale a lieu dans son immeuble et Cesare secourt la victime, la belle Emma, sa voisine.

La tentation d'être heureuxJe ne sais pas bien pourquoi j’ai demandé à recevoir ce livre. Ca reste pour moi un mystère étant donné que ni sa couverture, ni encore moins son titre ne me tentaient. Ca sentait le roman mièvre ponctué de conseils de développement personnel. Pas du tout ma tasse de thé. Heureusement, le résumé était déjà plus vendeur. Toujours est-il que je ne regrette pas cette étrange décision. J’ai immédiatement été séduite par cet univers. Un petit vieux cynique qui s’évertue à éviter les autres, ça avait tout pour me plaire ! Je m’imagine assez facilement avoir aussi mauvais esprit à son âge. Passé la découverte du personnage, j’ai eu un moment peur que ça tourne un peu en rond. L’arrivée de cette histoire de femme battue permet de relancer le récit, après un petit temps de flottement. Il y a quelques passages qui tombent un peu dans les bons sentiments mais dans l’ensemble c’est beaucoup bien mièvre que ce que le titre laissait craindre. C’est même plutôt drôle dans l’ensemble. Il y a quelques réflexions bien vues sur les relations familiales et la manières d’aborder la vie, même si ça ne verse jamais dans la leçon de morale. Je me suis vraiment prise au jeu et j’ai lu ce roman avec un réel plaisir. Souvent drôle, parfois triste, toujours optimiste et largement cynique, une lecture qui redonne le sourire.

On ne s’habitue à rien,on renonce à changer les choses. Ce n’est pas pareil.

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Rentrée littéraire : sorties attendues

          La rentrée littéraire est de retour avec ses 560 romans dont une soixantaine de nouveaux écrivains (66 précisément) et sa course aux prix littéraires. Cette année, beaucoup d’auteurs que j’aime sont au rendez-vous. J’avais trouvé la rentrée dernière un peu tristounette, m’y intéressant très peu (vous pouvez toutefois la retrouver ici), mais j’avoue faire preuve cette fois d’une certaine excitation à l’idée de retrouver mes chouchous. La rentrée littéraire pour moi c’est un peu un an sur deux… Je suis loin d’avoir parcouru la liste de toutes les sorties mais voici ce que j’ai retenu des sorties des prochaines semaines.

Les auteurs que j’attends :

          Serge Joncour, un auteur que j’affectionne particulièrement pour son humour noir et qui publie avec une régularité de métronome au rythme d’un roman tous les deux ans. Les retours sont très positifs (j’ai la vague impression que toute la bloguosphère l’a reçu sauf moi, snif) et j’ai hâte de le lire. Andréï Makine, un de mes auteurs préférés depuis La musique d’une vie et La vie d’un homme inconnu. Même si son œuvre oscille entre des demies réussites et des romans bouleversants, on n’est jamais réellement déçu. Laurent Gaudé, j’ai lu peu de choses de lui mais j’ai chaque fois été très convaincue. Sa plume poétique sort du lot, je ne sais pas encore si j’aurai l’occasion de l’acheter mais il fait partie des sorties que j’attends. Jean-Claude Lalumière, j’avais adoré son premier roman, détesté le deuxième et moyennement le troisième, qu’en sera-t-il du dernier ? Sophie Daull, il y a un an, elle était la révélation de la rentrée littéraire avec un roman bouleversant sur la mort de sa fille. Elle revient avec un texte sur sa mère qui je l’espère aura la même force. Jim Fergus, l’auteur de La fille sauvage. Fervent défenseur de la culture amérindienne, il signe une œuvre de qualité et ses romans sont bien trop rares à mon goût, la parution d’un nouvel opus, la suite de l’excellent Mille femmes blanches est un petit événement littéraire. J’ai découvert Joyce Maynard, il y a deux ans et j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Des polars psychologiques assez sombres et diablement efficaces, je suis impatiente de découvrir le dernier. Jim Harrison, un maître de la littérature des grands espaces américaine. Il est mort il y a quelques mois et ceci est un roman posthume. Je préfère les œuvres achevées mais je serais quand même curieuse d’y jeter un œil.

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Les livres lus ou à lire :

          Déjà dans ma bibliothèque, des livres reçus en service de presse. J’en ai lus certains, d’autres pas encore. Pour la plupart, je n’en connaissais pas les auteurs. J’y ai déjà trouvé beaucoup de bonnes surprises dont je vous parlerai bientôt (d’ici la fin du mois, histoire qu’on ait un peu plus avancé dans les sorties).
Yaak Valley Montana, Voici venir les rêveurs, La légende, Vie prolongée d’Arthur Rimbaud, Un travail comme un autre, Une nuit Markovitch, M pour Mabel, Muse, The girls, La suture, L’indolente, La tentation d’être heureux, Ainsi fleurit le mal, Watership down, Vintage. Et qui sait, peut-être que d’autres viendront.

Mais aussi :

          Laurent Mauvignier, Philippe Forest, Véronique Ovaldé, Amélie Nothomb, Yasmina Khadra, Yasmina Reza, Jonathan Coe, Sophie Adriansen, Jean-Paul Dubois, Karine Tuil, Eric-Emmanuel Schmitt, Audur Ava Olafsdottir, Antonio Muñoz Molina, Jean-Michel Guenassia, Amos Oz, Tonino Benacquista, Eric Faye, Laurence Tardieu, Philippe Delerm, Chloé Delaume, Philippe Sollers, Marie Ndiaye, Fannie Flagg, Pascal Quignard, Salman Rushdie, Nathacha Appanah, Jean d’Ormesson, Catherine Cusset, Jean Teulé. Liste non-exhaustive, cela va sans dire.

         Et vous, vous avez fait vos repérages pour la rentrée ? Lesquels prévoyez-vous de lire pour bien finir l’été ?

Mes lectures

Rentrée littéraire de janvier : littérature étrangère

          Je viens enfin à bout des sorties de janvier et février, avec comme vous pourrez le constater pas mal de retard. Après la littérature française, voici à présent ce que j’ai lu en littérature étrangère. Il est rare que j’en lise autant et je dois avouer que si je n’ai pas tout aimé, ça fait un bien fou d’y revenir !

          Après la guerre civile, la survie est compliquée pour Manolita qui à 18 ans doit s’occuper de ses quatre frères et sœurs pendant que sa belle-mère en prison et son grand frère dans la résistance. Pour l’aider elle va faire des choses dont elle ne se serait pas crue capable.

Les trois mariages de Manolita

Voilà un roman dense qui mérite un temps de digestion avant de pouvoir en parler. En partie parce qu’il est long, relativement complexe, et que ses différents aspects m’ont inégalement séduite, demandant un temps de réflexion pour faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas afin de vous donner un avis un minimum clair et cohérent. Je peux déjà dire que ce n’est pas un gros coup de cœur mais que l’histoire est passionnante, le style un peu lourd, les péripéties nombreuses et que le tout fait un très bon roman. Je connais assez mal l’histoire de la guerre d’Espagne. J’ai lu plusieurs romans sur le sujet, mais je les ai souvent trouvé trop compliqués. Je connais les grandes lignes de l’histoire espagnole mais les détails du contexte politique m’ont toujours échappé. Je craignais donc un peu de me lancer dans cette lecture même si le sujet m’intéresse. J’ai trouvé ici que le contexte était très bien posé et je n’ai pour une fois eu aucune difficulté à comprendre comment les chose s’étaient déroulé (enfin !). Même si c’est forcément un peu ardu, j’ai apprécié la clarté dans la description des événements, qui se fait de manière chronologique. Ca fait un texte parfois un peu lourd mais qui au moins à le mérite de ne pas perdre son lecteur. Le roman commence par la guerre d’Espagne puis on passe au règne de Franco pour s’arrêter un peu après. Ca permet de bien appréhender la période à travers des personnages qui l’ont vécu. Contrairement à ce que le titre laisse penser, c’est bien plus un roman historique qu’un roman d’amour, ce qui n’est pas pour me déplaire ! J’ai bien aimé les relations entre les personnages et leur histoire est intéressante. J’ai simplement trouvé dommage une certaine lourdeur aussi bien dans la structure que dans le rythme. Le tout est un peu pesant et peut sembler indigeste. Un roman qui manque de rythme mais dont l’histoire est passionnante et qui mérite qu’on s’accroche pour la découvrir.

Ils ne le tueront pas, pensais-je, ils ne le tueront pas, même si je ne voulais pas le penser, il est trop jeune, mais ils en avaient tué d’autres d’aussi jeunes, il est trop innocent, mais ils en avaient tué d’autres aussi innocents, il n’a assassiné personne, n’a volé personne, il a juste imprimé des tracts, c’est tout, de l’encre et du papier, mais ils en avaient tué d’autres, aussi, pour leurs mots.

          Déterminée à combattre sa phobie de l’avion pour obtenir le poste dont elle rêve, Sara décide de recourir à l’hypnose. Au fil des séances, la jeune femme est victime d’hallucinations chaque fois plus terrifiantes… D’où viennent-elles ? Face aux terribles découvertes auxquelles elle est confrontée et grâce à l’aide du docteur, Sarah va se lancer dans une quête d’identité effrénée.

Fermez les yeuxJe n’étais particulièrement enthousiaste en commençant ma lecture. J’avais peur de tomber sur de grosses ficelles et un roman manquant de subtilité. D’un autre côté, le sujet lui me tentait bien. Je suis assez fascinée par l’hypnose. J’ai même tenté d’en faire mais il se trouve que je suis tombée sur quelqu’un qui essayait de faire passer de la simple relaxation pour de l’hypnose et en plus était la pire psychologue de tous les temps. Pas très concluant donc mais je retenterai peut-être ma chance un jour. Bref, j’étais donc partagée en entamant cette lecture. Le style n’est pas exceptionnel mais pas mauvais non plus, c’est plutôt agréable à lire. J’ai beaucoup aimé la construction. Le récit se construit de manière parcellaire. Les points de vue se croisent. L’histoire avance à travers le point de vue de très nombreux personnages – liés de plus ou moins près à la victime – qui parlent à un journaliste qui veut écrire sur l’affaire. Chacun ne possède pas le même degré d’information et ne veut pas nécessairement les dévoiler. Des récits croisés, incomplets et qui ne se recoupent pas toujours, ils rendent l’histoire nébuleuse et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce roman ! Le fond de l’intrigue est bien senti mais finalement assez convenu, même si ça fonctionne. Il y a quelques longueurs et ça manque parfois un peu de finesse mais l’originalité de la construction rend cette lecture agréable. Un premier roman prometteur.

Je m’allongeais sur le canapé et j’écoutais les programmes de la journée sans ouvrir les yeux, calculant le nombre d’heures qu’il me fallait encore tenir avant de revoir Stephen.

          Le 31 décembre 1976 à New-York certains habitants s’apprêtent à vivre un réveillon mouvementé. Des ados paumés, des artistes désabusés, de riches héritiers : autant de destins qui s’entremêlent dans une ambiance punk survoltée.

City on fireJe n’avais pas entendu que du bien sur ce livre dont j’avais oui dire qu’il possédait tous les travers du premier roman. Pourtant, je suis assez vite rentrée dans l’histoire même si je n’ai pas trouvé le style exceptionnel (pas mauvais non plus d’ailleurs) et j’ai lu les cinq cents premières pages rapidement, ce qui est en soi un exploit. L’histoire est un peu compliquée, avec pas mal de ramifications, et il est assez difficile de savoir qui en sont les protagonistes principaux – si tant est qu’il y en ait – parmi la dizaine qui reviennent de manière récurrente. C’est un peu déroutant. Passé la première moitié, j’ai trouvé que ça commençait à patiner un peu… Ca tourne en rond, l’histoire peine à avancer, bref, on ne s’ennuie pas vraiment mais presque. J’ai eu le sentiment que l’auteur voulait trop en dire à la fois, y mettre tous les personnages et les idées qui lui avaient un jour traversé l’esprit et qu’il s’y permet un peu. Je me suis même demandé à un moment s’il savait où il allait. Il y a des choses intéressantes par-ci par-là et quelques personnages forts mais c’est parfois un peu confus. Je l’ai lu en version numérique et les nombreux documents annexes qui sont insérés entre les différentes parties étaient illisibles, dommage (même si ça m’a fait gagner pas mal de temps à vrai dire). Un roman qui n’est pas dépourvu de qualités mais qui en voulant trop de choses à la fois perd en clarté. Le tout reste plutôt agréable mais aurait mérité un écrémage sérieux.

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

          Tina, malheureuse auprès de son mari violent, découvre une lettre jamais arrivée à son destinataire. Elle se donne pour mission de lui faire parvenir envers et contre tout.

Il était une lettreLa grosse déception de cette rentrée littéraire de janvier. Je me doutais à la lecture de la quatrième de couverture que ce ne serait pas le coup de cœur de l’année mais j’ai toujours une tendresse particulière pour les histoires de lettres ou de romans (mettez-moi les mots « lettre », « livre » ou « bibliothèque » dans un titre, je cours presque à tous les coups, fut-ce à la déception). Et puis un peu de légèreté de temps en temps ne peut pas faire de mal n’est-ce pas ? Sans m’attendre à grand chose, je me disais que ça ferait une pause sympathique entre deux lectures plus ardues. Dès les premières pages, j’ai su que j’allais souffrir. Le style est assez pauvre – même s’il faut admettre que souvent les traductions de l’allemand ne sont pas terribles – et truffé d’images plus éculées les unes que les autres. Du côté de l’histoire, des personnages stéréotypés et des bons sentiments à la pelle. Tout ce que j’aime ! Le personnage qui trouve la lettre en particulier m’a horripilée, le type même de la femme battue qui trouve des excuses à son mari à tout bout de champ. Pourtant, il y aurait pu y avoir des choses intéressantes, notamment sur la vie dans la campagne irlandaise et les couvents ou finissaient les filles-mères mais autant vous dire qu’on est bien loin de Magdalene Sisters. Je suis allée au bout parce que c’est très court (et que ça se lit particulièrement vire) mais j’aurais pu m’épargner cette peine. Un roman sans grande originalité, mièvre et mal écrit, cette lecture fut le calvaire de cette rentrée.

Elle s’émerveilla de la quantité de choses que pouvaient vous apprendre les enfants, de cette sagesse qui était la leur et que si souvent on sous-estimait, ou même ignorait.

          Des loups qui terrorisent un villages indien dans les années 20, une hôtesse de l’air enceinte et la mort d’un jeune enfant maltraité par sa famille : trois histoires cruelles sur ce que l’humanité engendre de pire.

AnomaliaJ’ai demandé ce roman essentiellement parce que je trouvais sa couverture très belle. Le résumé, assez mystérieux, a fini de me convaincre. Je ne savais pas trop s’il s’agissait d’un roman jeunesse, finalement, ce n’est pas le cas. C’est assez loin de ce que j’avais pu imaginer… Ce roman est extrêmement particulier. Je crois qu’on peut dire que le fil conducteur est l’abandon et/ou la maltraitance des enfants, à travers des histoires très différentes. J’ai beaucoup aimé le style que j’ai trouvé très beau, élégant. Les histoires m’ont toutes marqué à leur manière. Elles ne se ressemblent pas (il y en a trois, dont une en deux parties distinctes) mais possèdent toutes une forme de violence. La première reste relativement classique, on commence doucement si on peut dire, mais elle commence à nous initier un peu à la thématique. La deuxième m’a beaucoup plu. On change totalement d’univers et j’ai été fascinée par son étrangeté – je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. La troisième est de loin la plus traumatisante. C’est d’une très grande violence et pourtant je l’ai trouvée belle à sa manière. Nécessaire en tout cas. Elle a le mérite d’aborder un sujet difficile sous un angle particulier que j’ai trouvé intéressant. On revient ensuite à la deuxième histoire – qui n’est plus tout à fait la même avant une petite conclusion. Les différentes histoires peuvent sembler assez disparates, ce qui donne un côté très bizarre à ce livre. Ca pourrait presque être pris comme trois (ou quatre) nouvelles autour d’un même thème. Un roman un peu décousu qui m’a plutôt fait penser à des variations autour de l’abandon. L’écriture est belle et je pense que la force de ces histoires n’a pas fini de me hanter.

Si l’homme découvre ses obligations morales dans le code civil, il lui manquera l’amour, l’imagination et la volonté.

          A Arepa, le maréchal Belaunzarán arrive au terme de son 4° mandat et ne peut plus se représenter. Il va tenter par tous les moyens de conserver le pouvoir pendant que Pepe Cussirat rentre au pays pour l’en empêcher.

Le tyran meurt au quatrième coupVoilà un texte qui m’avait l’air complètement barré. Eh bien, c’est le cas ! Par le biais d’un humour qui ne fais pas toujours dans la dentelle, l’auteur démasque la dictature. Je dois avouer que je connais très mal (voire pas du tout) l’histoire mexicaine, je ne saurais donc dire à quel point y faut y reconnaître des personnages ayant existé ou même étant encore en activité. Toutefois globalement ça rappelle sans conteste à peu près n’importe quel dictateur sud-américain. J’avais peur de ne pas trop accrocher avec cette histoire mais il y a un côté roman d’aventure complètement déjanté que j’ai bien aimé. Les personnages sont tous plus antipathiques les uns que les autres et j’ai beaucoup l’humour avec lequel ils sont dépeints. Ce côté décalé et loufoque m’a séduite. Si l’ensemble est finalement assez prévisible, les rebondissements s’enchaînent à une telle vitesse qu’on n’a clairement pas le temps de s’ennuyer avec cette lecture. L’auteur n’y va pas de main morte sur la critique sociale à travers ses personnages qui réunissent bon nombre de défauts. Si je n’ai pas saisi toute la portée de ce texte faute d’assez bien connaître la culture mexicaine, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture qui ne manque pas de caractère.

Nous ne pouvons pas lui donner notre cou à couper comme ça, dit don Ignacio Redondo, qui ne pense pas à son cou, mais aux revenus que lui procurent les magasins qui portent son nom.

          Un livre qui raconterait l’Amérique et ses dévorantes mythologies : la vitesse qui permet de traverser un paysage sans fin, le désir tenu en laisse comme un chien enragé par une Lolita d’un bled perdu, le succès toujours inattendu et hors de proportion, et toute cette bondieuserie qui dégouline de la bouche des pasteurs noirs et des politiciens blancs.

Mythologies américainesJ’avais hâte de m’attaquer à ce livre, un de ceux de la rentrée littéraire qui me tentait le plus. Le résumait me semblait très alléchant. A vrai dire je n’avais pas saisi qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles (souvent longues) mais ça tombe plutôt bien puisque j’aime beaucoup ça et que ça change agréablement après avoir enchaîné pas mal de romans ces dernières semaines. Je n’avais jamais rien lu de Dany Laferrière mais j’ai entendu des interviews de lui et il est passionnant. De plus, le titre d’un des textes « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » m’avait interpellée par son humour et son côté très politiquement incorrect. Pourtant, ça n’a pas été le coup de foudre que j’aurais cru. Le style est agréable, très léger, avec une pointe de dérision que j’ai beaucoup aimée, mais il m’a manqué quelque chose. Tout semble trop léger, il y a une espèce de nonchalance dans ces textes qui m’a un peu déroutée, je m’attendais à des textes plus forts, plus engagés. Pourtant, il y a bien des réflexions intéressantes qui se cachent sous cette apparente désinvolture. Ce n’est pas aussi futile que ça en a l’air. L’air de rien, il se cache souvent au détour d’une phrase une critique de la société ou une réflexion bien sentie sur le genre humain. C’est terriblement intelligent. Difficile de dire alors pourquoi je n’ai pas trop aimé. C’est agréable à lire mais ça manque de mordant à mon goût. Il faut dire aussi que la subtilité n’est pas trop mon fort… Ce n’est finalement qu’une bête histoire de goûts. J’ai pour le moment laissé ce livre inachevé mais je pense que je le reprendrai à l’occasion pour en lire une nouvelle entre deux textes plus ardus. Une écriture agréable et des textes qui ne manquent ni d’humour ni d’intelligence mais qui m’ont parus malgré tout un peu fade.

L’aube est arrivée, comme toujours, à mon insu. Gracile. Des rayons de soleil à fleurets mouchetés. Comme des pattes de saint-bernard. Le roman me regarde, là, sur la table, à côté de la vieille Remington, dans un classeur rouge. Il est dodu comme un dogue, mon roman. Ma seule chance. Va.

          À douze ans, Gulwali fuit l’Afghanistan. Il traverse l’Europe, surmonte la faim, la maladie, la corruption, la cruauté des passeurs, la noyade à laquelle il échappe de justesse… Mais il fait aussi quelques rencontres formidables, glanant un peu de lumière dans ce cauchemar qui durera près de treize mois.

Moi, Gulwali, réfugié à 12 ansCe témoignage ce lit comme un roman d’aventure des plus haletants. Ca semble totalement irréel tant les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné. J’ai beaucoup aimé la distance que le narrateur mettait avec le petit garçon qu’il était avant son départ pour l’Europe. Il ne s’épargne pas franchement dans la description qu’il fait de son caractère au début du livre et si cela le rend un peu agaçant, ça le rend aussi plus humain. J’ai beaucoup aimé voir son évolution, même si elle est assez tragique et que ce sont des épreuves incroyables qui font de ce petit garçon tyrannique un homme ouvert d’esprit et sage bien avant l’heure. Difficile de rester insensible au sort des migrants après un récit pareil ! C’est très bien écrit mais justement le niveau de langue et le style très littéraire semblent en décalage avec l’âge et la condition de l’auteur. Toutefois ça n’a pas grande importance, et c’est aussi ce qui fait que ça se lit avec grand plaisir, plus comme un roman que comme un témoignage – et après tout, il est peut-être tout simplement un excellent conteur (finalement, ça s’explique vers la fin, en partie par la présence d’un co-auteur). Si je craignais au début un témoignage larmoyant (fut-ce à raison) et mal écrit, je me suis bien vite détrompée. Ce témoignage est d’une rare intelligence. Une histoire absolument incroyable et très bien écrite dont il me tardait de connaître le dénouement. Un texte Magnifique qui donne envie de faire plus pour ceux qui sont dans le besoin.

J’étais en train de comprendre que les agents sont les représentants de commerce du monde des passeurs. Ils doivent vous vendre de gros mensonges et de minces espoirs pour vous convaincre de continuer à avancer, ce qui est dans leur intérêt parce que s’ils ne vous emmènent pas jusqu’à votre prochaine destination, ils ne sont pas payés. Ils vous diront n’importe quoi pour vous convaincre.

          Voilà pour les sorties des deux premiers mois de 2016. Des choses très différentes qui m’ont dans l’ensemble plutôt convaincue. J’espère que vous y aurez trouvé un peu d’inspiration. Je vous prépare un article avec les sorties de mars-avril. A paraître si tout va bien d’ici une dizaine de jours, le temps de venir à bout de mes lectures.