Jeunesse·Mes lectures

Top ten thuesday

          Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste nos 10 livres préférés en fonction d’un thème défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture. Je n’aime pas beaucoup les classements, étant incapable de m’en tenir à une liste, mais Gwen m’a demandé de répondre à celui de cette semaine sur

Les 10 livres qui ont bercé votre enfance

1 ) Hansel et Gretel : un classique que mon grand-père me lisait le soir au coin du feu et qui me terrifiait autant qu’il me fascinait. Sans doute l’une des histoires lues et relues le plus souvent.

2 ) Los bons amics : une belle histoire d’entre-aide, bien plus connue sous son titre français, Les bons amis, mais que ma maman m’a toujours lue dans sa version occitane, ce qui lui donnait tout son charme.

3 ) La vache orange : parce que j’aime les vaches, que mon premier mot a même été « meuh » et qu’en orange c’est encore plus beau.

4 ) Pierre et le loup : un magnifique livre pop-up qui s’ouvrait comme un petit théâtre. Et bien sûr, la découverte au passage de la très belle musique de Prokofiev.

Photo : Ribambinelles

5 ) La Princesse fine-mouche : LE livre de mon enfance qu’aujourd’hui encore je lis et relis avec plaisir. Une princesse indépendante qui ne se laisse pas compter fleurette par le 1° venu !

6 ) Ernest et Célestine : parce que les personnages sont mignons et que j’aimais beaucoup la douceur des aquarelles.

7 ) La totalité des albums Caroline : ses aventures avec sa bande de chiens sont poilantes, je ne m’en lassais pas ! Mon préféré reste sans doute Caroline aux sports d’hiver, sorte de Bronzés revisités pour enfants. Bien plus drôle que sa célèbre cousine Martine.

8 ) Arc-en-Ciel : parce qu’il brille, que les dessins sont magnifiques et que l’histoire est mignonne (eh oui, j’ai eu un coeur un jour !)

9 ) Les lettres de mon moulin : j’ai toujours eu une peur bleue de La chèvre de Monsieur Seguin mais Le secret de maître Cornille est resté très longtemps une de mes histoires préférées.

10 ) Les contes de la rue Brocard : je les aimais tous ! Tellement que je les connaissais presque par coeur. Rien que d’y penser, j’ai envie de les relire sur le champ !

          Bien sûr, la liste est non-exhaustive et fournie dans un joyeux désordre. Je me suis contentée des livres de ma petite enfance, ceux qu’on m’a lus plus que je ne les ai lus de moi-même. Bien d’autres livres m’ont marquée : Monsieur chien, entres autres (un livre ayant appartenu à ma maman quand elle était petite), et beaucoup beaucoup de contes. Et je ne vous parle que de ceux que j’ai découverts avant mes 7 ans !

      J’ai un énorme regret, c’est de les avoir presque tous donnés lors de mon déménagement. Faute de place, je me suis défait de ces livres dont je ne pensais plus avoir l’usage. Rares sont les survivants. Aujourd’hui, bon nombre sont désormais introuvables. Et je regrette de ne pas avoir gardé quelques uns de ces trésors pour les transmettre à mon tour à mes hypothétiques enfants. En espérant qu’au moins ils auront fait beaucoup d’autres petits heureux et auront déclenchés de nouvelles vocations pour la lecture.

Jeunesse·Mes lectures

Alain SERRES et PEF, Travailler moins pour lire plus

          Sur l’île Turbin, on fabrique des livres mais personne n’a le temps de les lire. Le roi Dontontairalenom exige qu’on travaille toujours plus. Mais un jour le révolte gronde, un rêve est né : « travailler moins pour lire plus ».

          Un petit livre dont le titre a de suite piqué au vif ma curiosité. Bon, honnêtement, je n’ai pas grand chose à en dire. Tout est dans le titre. J’avoue avoir été un peu déçue. J’ai beaucoup aimé l’idée mais le contenu reste finalement assez classique. Il y manque un sans doute un brin de finesse ou d’érudition pour me plaire. Ca reste léger et sans surprises. Une bonne idée tout de même et un livre qui a le mérite de défendre la lecture auprès des petits. Et pour les grands, affiches et badges se chargent de faire passer le message.

Sur le troisième mont, le mont Pin-Pon, on fabrique de la bonne santé : des médicaments calmants, des sirops anti-rots, des vaccins anti-piqûres… et surtout les redoutables suppositoires-aux-orties qui permettent  à tous les habitants de courir comme des lapins quand ils vont au travail le matin !

Mes lectures

Florence AUBENAS, Le quai de Ouistreham

          En 2009, Flaurence Aubenas décide de s’immerger dans le quotidien d’une femme sans diplôme et sans expérience à la recherche d’un emploi. Elle s’invente une histoire : après son bac, elle a rencontré un homme qui l’a entretenue des années durant avant de la quitter. Elle se retrouve donc sans ressources et à la recherche d’un travail. Le Pôle Emploi lui propose de faire des ménages. La journaliste décide d’arrêter l’expérience le jour où elle décrocherait un CDI. Une immersion dans le monde de la précarité qui durera de longs mois.

          Ce livre est vraiment très prenant. Il est assez impressionnant de voir Flaurence Aubenas, journaliste célèbre, se fondre dans un milieu précaire. Dès les premiers jours, elle semble oublier totalement le milieu dont elle vient et se livre corps et âmes dans cette grande bataille qu’est la recherche d’emploi. Elle enchaîne les petits boulots, plus ingrats les uns que les autres, acceptant même le pire. Son quotidien devient celui de toute femme de ménage, courant après la moindre heure de travail, ne dormant pas assez, galérant avec les moyens de transport. Bien sûr, on savait déjà comment ça se passait, mais ça fait quand même du bien de voir cette réalité écrite noir sur blanc, et elle est encore pire que ce qu’on croyait.

          Cette histoire se lit comme un roman, on attend avec impatience chaque réponse pour un emploi, on se réjouit de chaque bonne rencontre, on croit presque ressentir la même fatigue. L’histoire est racontée de l’intérieur, ce qui lui donne bien plus de force que n’importe quel reportage qu’on a déjà pu lire sur le sujet. On voit l’auteur se transformer au fur et à mesure de son expérience, oublier qu’elle a eu une autre vie où tout était plus facile. Un livre poignant à faire lire à tous ceux qui pensent encore qu’il y a toujours du travail pour ceux qui en veulent.

Voilà des jours que je n’ai pas vu passer une proposition d’emploi à plein temps, pour un contrat à durée indéterminée ou un salaire au dessus du Smic. Un agent de Pôle Emploi m’a expliqué que c’était normal. « Ce type d’emploi n’existe tout simplement plus dans votre circuit à vous. Bientôt, il n’existera peut-être plus nulle part. »

_______________

Caissière, ça a toujours été bien. La caissière a un trône, elle règne. À mon époque, elle représentait déjà l’aristocratie.

________________

Il n’y a plus rien, y compris les déménagements qui se font rares, sauf peut-être pendant la période des expulsions locatives, et encore.

_______________

Pourquoi se sont les salariés qui pleurent leur usine ? Ce sont les patrons qui devraient être tristes.

Culture en vrac

Concours d’illustrations pour le Salon du Livre de Paris

          Comme vous le savez sans doute, le Salon du Livre de Paris se tient chaque année au milieu du mois de mars. C’est un évènement majeur dans le petit monde des livres et sa portée est internationale. D’illustres noms de la mode ou de la BD ont signé les cartons d’invitation les années précédentes : Lacroix, Rykiel, Geluck… Et si cette année c’était votre tour ?

          Pour la première fois, un grand concours est ouvert à tous. Il est doté de 3000 € et le gagnant verra son oeuvre trôner sur les cartons d’invitation pour la soirée d’inauguration si convoitée. Vous avez jusqu’au 31 décembre pour donner votre vision de cet évènement ou de la lecture de manière plus générale. Professionnels ou amateurs, le concours est ouvert  tous ! A vos crayons !!!

          Pour les détails du concours, www.salondulivreparis.com ou pour plus d’informations concoursillustration@salondulivreparis.com

Club lecture·Mes lectures

Ray BRADBURY, Fahrenheit 451

          Guy Montag est pompier. Dans un monde où les livres sont interdits, les pompiers n’éteignent plus les incendies mais les allument. 451 degrés Fahrenheit, c’est la température à laquelle le papier s’enflamme. Dans une société où le questionnement et la réflexion sont découragés, il va peu à peu commencer à rêver à un monde différent, mettant en péril sa sécurité.

          J’avais lu ce livre il y a très longtemps. Il avait été pour moi une vraie révélation. Je me souviens avoir tremblé face au sort incertain du pompier pyromane qui m’inquiétais quelque peu. J’avais adoré cette histoire et s’il me semblait en garder des souvenirs assez nets, j’avais peur qu’ils soient faussés par le temps. Et plus encore, j’avais peur de ne pas y retrouver ce que j’avais tant aimé la première fois.

          J’ai vite été rassurée. J’ai retrouvé la même émotion qu’à la première lecture, et j’en ai sans doute bien plus apprécié le style. Je trouve ce texte d’une modernité déconcertante et l’écriture est limpide et agréable, ce qui vient encore renforcer ce sentiment de modernité. Je pense que j’aurais été bien incapable de dire à quelle date a été écrit ce texte si je n’avais pas lu la 4° de couverture. On y retrouve les ingrédients classiques des romans d’anticipation, notamment les réflexions sur le bonheur, la place de l’individu dans la société, l’importance de la culture, etc ; avec en plus une manière de traiter le sujet novatrice et une fraîcheur qui rend la lecture agréable.

          Le sujet me parle bien sûr tout particulièrement, ce qui ajoute à mon enthousiasme. J’aime aussi le côté ambivalent du personnage principal, qui est bien loin d’être un héros. L’action se déroule rapidement, on n’a absolument pas le temps de s’ennuyer, et je trouve cette histoire particulièrement prenante. Parmi les 3 grands classiques de l’anticipation au programme du club-lecture de novembre, celui-ci est mon préféré. Un roman qui mérite largement son titre de chef-d’oeuvre de l’anticipation et qui restera pour moi un grand moment de ma vie de lectrice.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous laisse tranquilles. Nous avons besoin de vrais tourments de temps en temps.

_______________

Nous ne naissons pas libres et égaux., comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l’image de l’autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison.

_______________

Je ne parle pas des choses, avait dit Faber. Je parle du sens des choses. Là, je sais que je suis vivant.