Mes lectures

David LODGE, L’auteur ! L’auteur !

          Quel écrivain de théâtre n’a pas rêvé d’entendre à la fin de la représentation cet appel du public : L’auteur ! L’auteur. Henry James, le grand Henry James, n’échappe pas à la règle. Lui aussi ne rêve que de succès et de reconnaissance. Car si aujourd’hui tout le monde connaît son nom et salue son oeuvre, il n’en fut pas de même de son vivant.

          Dans ce roman, David Lodge retrace le parcours d’Henry James : ses espoirs, ses désillusions. Un livre d’une extrême richesse, écrit avec brio. Un peu trop peut-être. Je ne connais ni Henry James, ni l’Angleterre dans laquelle il a vécu et je me suis un peu noyée dans le flot des références culturelles. La critique a salué ce roman comme le meilleur signé par cet auteur. Le plus sérieux sans doute, le plus difficile, c’est certain. Pour ma part, ce n’est pas celui qui m’a le plus touchée, qui m’a le plus fait rire, malgré l’humour subtil Je l’ai trouvé un peu trop ardu pour réellement y prendre du plaisir. Au final, je suis quand même heureuse d’en être venue à bout et en suis ressortie avec l’impression d’avoir sérieusement amélioré ma culture générale. Un livre intelligent qui mérite qu’on prenne la peine de s’y arrêter.

Lorsque Henry James se tourna face à l’auditoire, s’apprêtant avec bonne grâce à saluer, un déluge de huées déferla du dernier balcon sur sa tête sans défense. « Hou ! Hou ! Hou ! » Il y avait aussi des lazzis, des sifflements et autres bruits, mais c’était cette longue diptongue, « ououou » qui dominait. « Hou ! Hou ! » James parut abasourdi, terrassé, totalement incapable de comprendre ce qui lui arrivait et de réagir. […] Il ouvrit et ferma la bouche une ou deux fois, lentement, silencieusement, tel un poisson dans un aquarium. « Hou ! Hou ! »

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Pour ceux qui ne liront pas ce livre, ou n’auront pas la patience d’en venir à bout, voilà son magnifique final :

Voilà un agréable fantasme : l’esprit d’Henry James planant quelque part dans le cosmos, sachant tout ce que j’aurais voulu qu’il sût avant de mourir, observant avec une satisfaction légitime la manière dont sa réputation croissait après sa mort, additionnant les chiffres de vente, lisant les critiques, regardant les films et les feuilletons télévisés sur un magnétoscope ou un lecteur DVD célestes, et écoutant notre babillage à son propos et au sujet de ses livres à travers les espaces intersidéraux comme une ovation prolongée

Henry, où que vous soyez, saluez votre public.

Mes lectures

Stefan ZWEIG, Lettre d’une inconnue

          Un homme reçoit un jour une lettre d’une inconnue qui, sur son lit de mort, lui déclare son amour. Elle l’a aimé toute sa vie durant, sans que lui ne la connaisse.

          A la première lecture de ce texte, j’avais été bouleversée. Tant d’amour sans jamais le moindre retour m’avait révoltée. J’étais exaltée par cette jeune fille si entièrement dévouée à une cause perdue. J’en avais eu les larmes aux yeux. On peut raisonnablement supposer que je devais moi-même être empêtrée dans une grande histoire d’amour impossible à ce moment-là (pour ceux qui l’ignorent, c’est un genre de spécialité « maison ») et que ce texte trouvait donc un écho tout particulier en moi. Depuis je me suis visiblement endurcie parce que si j’ai aimé ce texte, qui est évidemment toujours aussi remarquablement écrit, il n’a pas franchement déclenché en moi de bouleversement majeur. Je sais que c’est beau, je sais que je devrais pleurer, être touchée au moins mais non, impossible, mon romantisme semble s’être totalement évaporé. Toutefois, ceux qui ont un coeur en état de fonctionnement ne pourront qu’aimer ce très beau texte.

Extrait à venir

Mes lectures

Octave MIRBEAU, Les 21 jours d’un neurashténique

          Dans Les 21 jours d’un neurasthénique, Octave Mirbeau suit à travers des anecdotes un « malade » en cure thermale dans les Pyrénées, le tout avec un humour décapant.

          J’ai bien cru que j’allais m’étouffer de rire à la lecture du premier chapitre. Malheureusement la construction du roman est pour le moins obscure (les mauvaises langues diraient inextistante) et les tribulations de notre neurasthénique deviennent un peu dures à suivre. J’ai dû rater au passage quelques références historico-littéraires. Le livre est assez daté et sorties du contexte dans lequel elles ont été écrites (et dont j’ignore presque tout), certaines anecdotes perdent de leur intérêt. Ce livre vaut quand même le détour pour l’écriture savoureuse et l’humour tranchant. A ne pas lire comme un roman mais à petite dose, comme cure de rire.

Citation à venir

Mes lectures

Jean TEULE, Mangez-le si vous voulez

          Mangez-le si vous voulez raconte l’horrible mise à mort d’Alain de Moneys, en 1870, dans un petit village du Périgord. Alors que ce jeune homme aimé de tous se rend à la foire, la foule est prise de folie. Elle le rue de coups, le torture et finit par le brûler vif avant de manger sa graisse en tartine sur du pain.

          Aussi invraissemblable que cela puisse paraître, il s’agit d’une histoire vraie (qui donc serait aller inventer une histoire aussi peu crédible pour un roman, je vous le demande). Il y avait là à l’évidence un sujet digne ce ce nom. Cependant, si le livre s’avère plutôt agréable à lire, on ne peut pas franchement dire qu’il soit bien écrit. On cherche ses qualités littéraires sans en trouver une seule (à part une certaine légèreté peut-être mais certains parleraient plutôt de futilité). L’histoire est traité avec autant de profondeur que l’aurait fait un magazine people. Certes ça fait vendre mais moi, ça me laisse sur ma faim.

Pour la citation, il va falloir attendre quelques jours que je retrouve ma bibliothèque.

Cuisine·Mes lectures

Jean-Luc RABANEL, L’atelier du vivant, une leçon de cuisine

          Pour continuer le plaisir de la dégustation, un livre de cuisine qui reprend certaines des recettes que le chef propose dans son restaurant.

          Je n’ai pas encore eu l’occasion de les tester mais les recettes semble relativement abordables. Elles demandent un peu de pratique de la cuisine mais pas de matériel sophistiqué apparemment.

          Je reviendrais dessus quand j’aurai testé la raviole de tomate à la tomate et son bouillon d’oignon doux, le streusel/tiramisu à la framboise ou le lait glacé thim citron/tuile au romarin. En attendant voici quelques unes des superbes photos qui illustrent ce livre…