Mes lectures

Annie SAUMONT, Moi les enfants j’aime pas tellement

          Dans ce recueil de nouvelles, Annie Saumont brosse un portrait tendre de l’enfance. Une succession de portraits d’enfants (ou de plus grands à vrai dire, ce qui contredit l’idée d’unité entre les textes…), plus ou moins sages, plus ou moins attachants. Autant d’histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître.

          Que dire de ce livre ? A vrai dire, je n’ai pas tellement aimé. Les nouvelles se veulent écrites avec un regard d’enfant. En ressort une écriture bancale qui m’a prodigieusement agacée, je n’ai pas bien compris le besoin de martyriser ainsi la langue française, pas compris ce que ça apportait au texte en dehors d’une lourdeur indigeste. Les histoires m’ont assez peu intéressée. Je n’ai pas eu l’envie d’aller lire toutes les nouvelles et me suis arrêtée à mi-chemin. Un recueil qui présente un concept original, dont le titre annonçait un humour féroce et qui finalement, ne tient pas ses promesses.

Trop petit pour se pencher au-dessus de la rampe il recule. Il met une main contre son ventre. Puis les deux mains. Et encore redit pour personne, René lui il a un vélo.

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Le grand il était pas paralysé des bras. On se tenait vraiment tout près.

Il avait plus qu’à lever la main.

Mes lectures

Antoine VOLODINE, Ecrivains

          Encore un excellent ouvrage de cette rentrée littéraire décidément réjouissante. Un auteur dont j’avais entendu parler et que je pensais difficile, quoique de qualité, trop proche des thèses arides du formalisme. Verdict après lecture : une écriture peut-être pas très grand public en effet, mais pas réellement obscure non plus. Une littérature exigente qui reste toutefois accessibe. Je regrette de n’avoir pas avoir osé sauter le pas plus tôt !

          Ecrivains est un recueil de nouvelles dans lequel Antoine Volodine nous livre sa vision de l’auteur. Bien loin des clichés habituels, ni poètes maudits, ni figures médiatiques. Ici l’écrivain est un personnage qui oeuvre dans l’ombre. Il n’est pas toujours publié, pas nécessairement cultivé non plus. Les personnages de Volodine sont des femmes politiques, des fous et des ouvriers, ils ne sont personne et tout le monde à la fois. Loin de la figure romantique et fantasmée de l’auteur.

          Sept nouvelles et autant de personnages forts, autant de styles aussi. Dans l’ensemble on retrouve dans les textes une certaine noirceur, un univers très sombre. Tous ne m’ont pas emballée. Pourtant, on ne peut que s’incliner devant pareille écriture. Dans Comancer, j’ai trouvé une phrase de plus de deux pages d’une limpidité sans pareille, un vrai petit miracle littéraire, le tout assorti d’une grande poésie. Remerciement est la nouvelle la plus lumineuse du recueil, avec un humour féroce, Volodine nous livre des remerciements fictifs extrêmement drôles. Enfin, le début de Demain aura été un beau dimanche est splendide, avec une réflexion sur la mémoire et la quête des origines très intéressante.

          Ce livre n’est sans doute pas de ceux dont j’ai le plus apprécié la lecture en cette rentrée, trop sombre à mon goût, déroutant parfois ; mais je pense pouvoir affirmer que c’est pourtant le meilleur. Un livre comme on en croise trop peu. Une voix à part, loin des clichés, loin de la mode. En quelques lignes, Antoine Volodine sait créer un univers et nous emporter loin des sentiers battus. Il fait partie des Grands, de ceux dont on ne peut que reconnaître la valeur et à qui la Postérité fera sûrement une place.

          Une petite note pour la fin. J’ai fait une recherche rapide sur les sites internet des grands journaux littéraires. Tous ont parlé de la sortie de ce recueil. Tous parlent de roman (comme indiqué contre toute logique sur la couverture), ce qui laisse supposer qu’ils ne l’ont pas réellement lu ou n’ont en tout cas pas pris la peine de faire leur travail et de noter cette contradiction. Pas un n’a fait de critique de ce livre. Certes, il a eu des étoiles à la pelle (pour ceux qui utilisent ce mode de notation), mais pas un seul article qui parle de son contenu. Non, parce que tous étaient trop occupés par un sujet bien plus vendeur. En effet, Antoine Volodine a marqué cette rentrée littéraire par un exploit : 3 romans, parus chez 3 éditeurs, sous 3 noms différents. Tous de qualité visiblement. Pour ceux que ça intéresse, les deux autres sont Les aigles puent de Lutz Bassmann chez Verdier et Onze rêves de suie de Manuela Draeger à L’Olivier. Le débat de la rentrée a donc porté sur l’éventuelle schizophrénie de l’auteur (dont Volodine n’est également qu’un pseudonyme), oubliant totalement l’oeuvre pour se consacrer au potentiel scandale. Volodine, également connu pour ses travaux formalistes, souhaitait à travers l’emploi simultané de plusieurs pseudonymes démontrer que l’oeuvre est indépendante de la biographie. Le message a visiblement du mal à passer. Espérons qu’en dépit de ce lamentable raté journalistique, ce livre rencontrera non pas le succès, ce dont je ne doute pas, mais l’attention qu’il mérite.

Une ultime palabre qui répondrait au premier mot de la toute première histoire, à ce « comancer » […], clore son édifice littéraire […] sur le verbe « finir » ou « terminer » […], puis il se dit que son projet était puéril […], et que de n’avoir pas pu écrire « finir » ou « terminer » sur une dernière page avant sa mort n’est qu’une défaite de plus.

Pardon d’avoir dénaturé cette phrase splendide mais sa longueur hors norme, passée inaperçue à la lecture, m’a forcée à faire quelques coupes, je vous conseille d’aller la lire en intégralité dans l’ouvrage.

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Il semblerait injuste de ne pas mentionner, en bonne place parmi les personnes à qui je veux exprimer ici ma gratitude, le chien Ramsès de ma soeur Brigit, qui plusieurs fois m’a averti de l’approche d’importuns, et, avec une intelligence rare, les a tenus à distance, le temps que je me cache dans la chambre d’amis pour y faire le mort.

Qui eut crû que 20 pages de remerciements pussent être drôles ? Merci à Monsieur Volodine pour cette expérience unique et le plaisir inattendu qu’elle m’a procuré.

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Il n’avait rien d’un écrivain, et d’ailleurs le niveau d’éducation qu’il avait atteint aux alentours de vingt ans ne l’aurait guère aidé s’il avait voulu se livrer aux activités fallacieuses et arrivistes que l’on regroupe habituellement sous le terme pompeux de littérature.

Mes lectures

Serge JONCOUR, Combien de fois je t’aime

          Un très beau recueil de nouvelles, tendres et sensibles. Dix-sept histoires d’amour, ou de désamour. De quoi me donner envie de fuir. Pourtant, la plupart sont très réussies. Le seul bémol (auquel l’auteur n’est pour rien) : l’impression dégueulasse de J’ai lu qui ne donne absolument pas envie de se plonger dans la lecture ; ce qui serait un tort.

Dans le fond elle n’a pas tort de me laisser seul ainsi, de me laisser savourer le manque, un amour ça se vit aussi chacun de son côté, aimer c’est aussi une partition de soliste, aimer c’est un mouvement de l’intérieur, aimer c’est vivre des tas de petites choses rien que pour soi, aimer c’est rayonner de l’éclat intime d’une lumière qu’on s’invente à deux et qui est là même s’il n’y a que soi.

Mes lectures

Rainer Maria RILKE, Au fil de la vie

          Des nouvelles de Rilke sur différents moments de la vie : deux vieilles amies liées par un secret, une femme à la fin de sa vie, une enfant maltraitée. Des textes courts, ciselés, le plus souvent sans réelle chute. Une parenthèse poétique et surprenante.

Qu’est-ce que la piété ? Le plaisir qu’on prend à des églises sombres et à des arbres de Nöel illuminés, la gratitude que l’on éprouve pour un quotidien tranquille que ne vient troubler aucune tempête, l’amour qui a perdu son chemin et qui cherche, qui tâtonne dans l’infini sans rivages. Et une nostalgie qui joint les mains au lieu de déployer ses ailes.

Mes lectures

VOLTAIRE, Ce qui plaît aux dames et autres contes galants

          Un reccueil de textes « galants » de Voltaire. Des contes, en vers ou en prose, sur la femme et le désir.

          Malheureusement, ces textes souvent méconnus, ne sont pour la plupart pas très bons.

          Sans grand intérêt.

Ainsi Cosi-Sancta, pour avoir été trop sage, fit périr son amant et condamner à mort son mari, et, pour avoir été complaisante, conserva les jours de son frère, de son fils et de son mari. On trouva qu’une femme pareille était fort nécessaire dans une famille ; on la canonisa.