Bars, restaurants

Les deux magots

          Cette institution du quartier Saint-Germain a vu passer les plus grands noms du XX° siècle. La célèbre photo de Camus lisant son journal a été prise à sa terrasse. Un lieu mythique où je me devais de m’arrêter.

          La café ne semble pas avoir bougé depuis le siècle dernier. Brasserie populaire, la décoration est sobre, loin des dorures de ses voisins. La grande salle a échappé aux modes. Un café populaire qui a su traverser les années sans changer de décor, un fait suffisamment rare pour être noté. Les Deux Magots a vu le jour en 1885 et doit son nom de l’enseigne d’un magasin de nouveautés qui se trouvait à son emplacement avant sa création. Deux statues sont restées de cette époque. Verlaine, Rimbaud et Mallarmé avaient l’habitude de s’y retrouver. Depuis 1933, le café organise son propre prix littéraire et de très nombreux artistes y sont passés en plus d’un siècle.

          Un café qui ne semble pas avoir subi l’effet de mode suivi par le reste du quartier depuis bien longtemps. Cependant, si le décor n’a pas bougé, on ne peut pas en dire autant des prix. Le café à 4€ n’est pas le moins cher de Paris… Dommage car les plats (croques-monsieur, sandwichs, salades) sont à des tarifs assez abordables pour le coin et plutôt copieux. Les desserts sont hors de prix, mais viennent de chez Hermé, alors on leur pardonne (à ce sujet, j’ai enfin goûté ses pâtisseries après des mois à baver devant et ça vaut sacrément le détour !). La prochaine fois, je m’attaquerai sans doute à leur plateau de pâtisseries à l’heure du goûter, tant pis pour le porte-monnaie ! Un lieu agréable où le service impeccable, dans la plus pure tradition, dénote de la traditionnelle grise-mine parisienne. Un lieu à découvrir.

Les Deux Magots

6 place Saint-Germain-des-Prés

75006 Paris

http://www.lesdeuxmagots.fr

Bars, restaurants

La bonne heure

          La bonne heure est un petit restaurant du quartier des Batignolles. La décoration est sans conteste son plus gros point fort : des nappes à carreaux rétro et des horloges partout, absolument partout. Un décor vieillot pour le moins accueillant qui fait tout le charme de l’endroit.

          La carte est assez classique, on est dans de la cuisine de bistrot traditionnelle. Vous pourrez y manger, boudin, tartare, purée et autres incontournables. Le menu à l’ardoise est assez intéressant pour le quartier : 15€ entrée/plat ou plat/dessert. A la carte, c’est 25€ et là, c’est un brin excessif tout de même. Dans l’assiette, c’est plutôt bon. Les portions sont copieuses et si ce n’est pas très original, c’est bien réalisé. Rien à y redire. Une assez bonne adresse mais tout de même un peu chère.

La bonne heure

11 rue Brochant

75017 Paris

http://www.la-bonneheure.fr

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Un jour un chef

          Un jour un chef est un restaurant au concept original, au coeur de Bastille. Vous rêvez de partager vos talents de cuisinier avec vos amis ou de parfaits inconnus mais vous n’avez pas la place ou manquez d’assurance pour vous lancer ? Ce lieu est fait pour vous. Un jour un chef met ses cuisines à votre disposition. Vous choisissez votre menu et l’équipe vous aide à le réaliser. Le tout gratuitement. Qu’attendez-vous pour vous lancer ?

          Côté chef, vous prenez rendez-vous, vous proposez votre menu et l’équipe se charge des commandes nécessaires. Tous est préparé à partir de produits frais. Le jour même, vous venez prendre possession des cuisines et on vous aide dans la réalisation. L’occasion de se glisser dans la peau d’un chef pour une journée. Vous pouvez pour l’occasion inviter vos amis. Le restaurant permet aussi d’organiser des évènements.

          Côté client, rien d’inhabituel. Vous venez, vous regardez ce qu’il y a au menu du jour (disponible sur internet, pas besoin de vous déplacer pour savoir si le plat du jour vous tente) et vous n’avez plus qu’à déguster. Plusieurs formules sont proposées à des tarifs un brin chers mais pas inhabituels pour le quartier. Lorsque j’y suis allée, le repas était classique mais bon et assez copieux. Le dessert était particulièrement réussi. L’accueil fort sympathique est clairement un des points forts du lieu. Une idée originale qui mérite le détour.

Un Jour Un Chef

4 rue Biscornet

75012 Paris

 01 43 43 00 08

http://www.1jour1chef.com/

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Le clan des Jules

          Je vais bientôt déménager et pars d’un à la découverte d’un nouveau quartier. C’est en nous promenant aux alentours des Batignolles la faim au ventre par la journée la plus froid de l’hiver, que nous sommes tombés sur Le clan des Jules. Premier restaurant sur lesquels nous sommes tombés qui avait l’air accueillant et n’étais pas encore complet. Nous sommes donc entrés nous mettre au chaud avec soulagement.

          La décoration est particulièrement réussie. C’est très rétro. Un beau bar, des tables et des chaises de bistrot et une grande bibliothèque (qui comme vous le savez, est un atout séduction majeur à mes yeux). Une grande attention est portée aux détails avec un vieux phono sur le comptoir et des bouteilles de limonade comme carafes d’eau. Même les toilettes sont belles, tapissées de photos en noir et blanc extraites de vieux films !

          Côté nourriture, rien à redire non plus. C’est une cuisine de bistrot assez traditionnelle mais impeccable. On se régale. La côte de boeuf était une vraie merveille… j’en salive encore rien que d’y penser. Dommage que ce soit un peu cher. Pour quelques euros de moins, ça serait mieux. Cependant, si les prix sont un peu excessifs les soirs et week-end (enfin, comme dans les 3/4 des restos parisiens…), les menus proposés le midi en semaine sont intéressants (entrée + plat + dessert à 17€). Une bonne adresse, sympathique et animée, à visiter plutôt en semaine.

Le clan des Jules

7, rue Brochant

75017 Paris

http://www.leclandesjules.com/

L’équipe propose d’autres adresses dans Paris qui semblent tout aussi sympathiques. A découvrir.

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Tarim Ouighour

          La cuisine ouighour (province chinoise) est un drôle de mélange entre saveurs chinoises et turques avec une petite touche de tibétain. Je sais, c’est dur à imaginer, étant donné qu’il n’y a aucun rapport entre les deux. Pourtant, au Ouighour, vous pouvez manger aussi bien une soupe au raviolis aux saveurs de coriandre qui rappellent les soupes traditionnelles chinoises, que des brochettes marinées dignes des meilleurs restaurants turcs. Le tout à des prix raisonnables et en quantités généreuses. 

          L’histoire du peuple ouighour est pour le moins mouvementée. Je n’ai pas étudié la question de près et espère donc ne pas vous dire trop de bêtises en tentant de la résumer. Les ouighours étaient un peuple nomade d’origine turque installé en Mongolie. Dès le 4° siècle, on constate des migrations vers le Turkestan, mais c’est en 840 qu’aura lieu un exode massif, après que les ouighours aient été chassés de Mongolie (avec laquelle les relations seront toutefois nombreuses par la suite). La région du Turkestan a connu une influence chinoise dès le II° siècle avant JC, des colonies militaires s’installent dans la région mais malgré de nombreuses tentatives, l’autorité chinoise a du mal à s’affirmer. Le pouvoir est repris par les tibétains à la fin du VIII° siècle avant de passer aux mains des ouighours 50 ans plus tard. Parallèlement, la région connaît une turquisation progressive de sa population. On considère qu’elle est totalement effective au XIII° siècle avec l’usage de la langue turque dans la région. La région fut de nouveau soumise par la Chine en 1759. Au début de XX° siècle, le Turkestan oriental connût quelques années d’indépendance, quelque peu régentée toutefois pas l’URSS. Depuis 1950, le Ouighour est redevenu chinois, c’est l’actuelle province de Xinjiang.

          Ainsi donc s’explique ce curieux mélange de saveurs. La cuisine ouighour est fine et savoureuse. Elle joue beaucoup sur les condiments, sans être très piquante (en comparaison aux autres cuisines asiatiques tout du moins), tout comme la cuisine chinoise. De la Turquie, elle hérite d’un amour inconditionnel pour l’ail qui viendra relever les plats de pâtes traditionnels. Une cuisine surprenante mais dans laquelle on retrouve finalement des saveurs familières et qui semble mêler des traditions universelles. Je ne saurais que trop vous recommander la soupe de raviolis et les excellentes pâtes maison (en photo ci-dessous, ça ne paye pas de mine mais qu’est-ce que c’est bon !). Leur fabuleuse odeur me revient à cette simple évocation et me donne envie de me jeter dans le premier métro pour aller les déguster. Dépaysement assuré.

Restaurant Tarim

74 rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris