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Les adieux à la reine, de Benoît JACQUOT

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          Film historique franco-espagnol de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen.

          14 juillet 1798. La prise de la Bastille crée un véritable vent de panique à Versailles. Pendant que chacun prépare sa fuite, Marie-Antoinette tente de sauver la jeune femme dont elle s’est amourachée et demande pour cela l’aide de sa jeune lectrice, qui lui voue un véritable culte et serait prête à tout pour lui être agréable.

          Une incursion au coeur de Versailles, au milieu des servantes des grands de ce monde. On est plongé dans cette ambiance survoltée. Entre amitiés et jalousies, les petites mains de la Cour sont les mieux placées pour suivre de près les évènements. Ce film est avant tout très esthétique, avec notamment de beaux costumes. La lumière y est également très belle. Malheureusement, bien qu’on soit au crépuscule de la monarchie, on ne peut pas dire qu’il y ait une action folle…

          J’ai trouvé un peu dommage que la politique soit quasiment absente du film. Les évènements sont vus de loin et restent finalement assez vagues. Le point intéressant était cette amitié pour le moins ambigüe qu’entretenait la reine. Je m’attendais à ce qu’elle soit très présente dans le film (après tout, c’est le sujet), pourtant, elle n’apparaît qu’au second plan. Ca manque de profondeur psychologique et d’émotion (je n’aime pas les violons mais tout de même, là, même la banquise est plus chaleureuse). Un film beau mais froid, qui reste à la surface des choses. J’ai passé un bon moment mais n’en garderai pas un souvenir impérissable.

Une vie inutile, Maxime Gorki

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           Un jeune orphelin grandit avec son oncle et sa tante. Chétif et disons-le, franchement moche, il est la risée de ses camarades. Quand il se verra obligé d’aller en ville commencer un apprentissage chez un libraire, les choses ne vont pas vraiment changer. Une vie solitaire qui va par hasard le mener à devenir un mouchard. Si cela va vaguement arranger ses relations avec autrui, ça ne va pas sans lui amener un certain nombre de problèmes.

           J’ai beaucoup aimé le début de ce livre, l’enfance assez malheureuse chez un oncle pourtant bienveillant. Le personnage principal est franchement antipathique mais sa souffrance est touchante. Après ce début des plus prometteurs, la suite m’a moins convaincue. L’arrivée en ville a fini de m’ôter toute compassion pour cette espèce de têtard sur pattes (je sais, je m’attache trop à l’histoire…). Je me suis donc un peu ennuyée dans la deuxième partie de ce roman. Heureusement, vers les 2/3 du livre, la révolte à commencer à gronder dans les classes populaires, ce qui a donné bien du travail à nos mouchards. Un peu d’action bienvenue.

           A partir de là, le livre se fait plus politique et a de nouveau capté mon attention. On est en 1905 et les différentes mouvances politiques sont ici représentées. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un ouvrage politique. Le personnage principal n’ayant pas vraiment d’avis propre et défendant l’ordre établit, on a l’impression de suivre ce bouillonnement d’idées du point de vue de quelqu’un qui les observe sans vraiment les comprendre. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre, ce point de vue si particulier qui rend peut-être la situation plus forte encore, allant jusqu’à perturber les esprits les plus obtus. La fin est surprenante et très très sombre mais ne fait qu’augmenter la valeur de ce texte. Une belle découverte.