Archives de Tag: roman policier

Les thrillers du printemps

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La promesse, de Tony Cavanaugh

Le roman qui va vous donner des sueurs froides

Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces.

Couverture de La PromesseLe choc de ce printemps côté roman noir. Je ne dirais pas forcément qu’il est meilleur que les autres quant à l’écriture ou l’originalité de l’histoire mais c’est celui qui m’a le plus amenée dans son univers. Un peu trop même… Un flic qui fuit la ville pour prendre sa retraite à la campagne et se tenir éloigné des ennuis. Jusque-là la trame est classique, tout comme le personnage de flic solitaire. Quant à l’intrigue, des jeunes filles qui disparaissent sans laisser de traces : encore une valeur sure. Simple et efficace en somme. Mais ce qui déroute vraiment dans ce roman, c’est le « méchant ». Certains passages sont écrits avec son point de vue et franchement, ça fait froid dans le dos. Il y a avait longtemps que ça ne m’étais plus arrivée mais je n’ai pas pu fermer l’œil avant de 1/ connaître la fin et 2/ savoir ce taré hors d’état de nuire. Une nuit blanche à dévorer ce roman parfois dérangeant, comme je le faisais adolescente avec les plus tordus des Stephen King. J’ai adoré retrouver cette sensation, cette immersion totale dans l’univers de l’auteur. Un univers sombre et dérangeant pour ce thriller terriblement efficace.

Un tombeau sur l’île rouge, de Jean Eli Chab

Plongée dans les traditions malgaches

À Ambotemena, petit village au sud de Madagascar, un tombeau a été profané. Les os ont été retrouvés dans une décharge, une trentaine de kilomètres plus loin. Alors que le jeune inspecteur Monza est chargé de les ramener à bon port, il comprend qu’une jeune femme a déjà été accusée à tort.

Couverture d'Un tombeau sur l'île rougeAprès un roman aussi fort que La promesse, je dois avouer que le reste a eu tendance à me sembler bien fade, et c’est un peu le cas de ce roman. J’ai bien aimé que l’intrigue ait pour base les fondements de la culture malgache que ça m’a ainsi permis d’un peu découvrir. En revanche j’ai trouvé l’écriture plutôt moyenne, elle manque de rythme et de personnalité. C’est un peu plat. Sans compter quelques lourdeurs de style : l’auteur balance en boucle du « le jeune policier » alors qu’il doit avoir la quarantaine (à ce qu’il m’a semblé, mais je me trompe peut-être) et paraît bien désabusé, ce manque de vocabulaire pour le désigner s’est avéré terriblement agaçant. Heureusement qu’il s’avère assez sympathique quoique parfois un peu balourd. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait beaucoup d’originalité dans ce texte qui a un peu de mal à envoûter le lecteur malgré un contexte intéressant. Il reste toutefois agréable à lire et permet au moins de découvrir quelques bribes de la culture malgache.

Le pensionnat des innocentes, d’Angela Marsons

Victimes, ou capables ?

Kim Stone, inspectrice rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes.

Le pensionnat des innocentesJe ne sais pas trop quoi penser de ce roman que j’ai pourtant pris un certain plaisir à lire. La personnage principale est assez attachante dans son genre même si elle s’avère un peu trop caricaturale pour convaincre totalement, la jeune flic manque encore un peu de relief. L’intrigue est plutôt prenante et j’ai bien aimé qu’elle mette en scène des jeunes filles vivant dans un foyer (encore du déjà vu, je sais, mais c’est plutôt bien fait en l’occurrence). Dans l’ensemble c’est assez agréable à lire malgré quelques maladresses, notamment avec des tentatives d’intégrer des passages « émotion » qui ne collent pas du tout avec le caractère de l’héroïne et donnent l’impression de pièces rapportées. Quant à l’intrigue, s’il y a une bonne base, elle aurait mérité d’être un peu plus corsée. La fin est pas mal tirée par les cheveux mais le tout fonctionne à peu près. S’il y a de bonnes idées dans l’ensemble, je suis plus mitigée sur la mise en œuvre, toutefois la nervosité du style empêche de trop s’arrêter sur les lourdeurs. Pas parfait mais plutôt efficace.

Sous nos yeux, de Cara Hunter

Une famille pas si parfaite

Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu.

Couverture de Sous nos yeuxPlus encore que le précédent, ce roman m’a laissée mitigée. Ca se lit très bien, avec une trame là encore pas très originale – une petite fille disparaît, la famille est accusée et les méchants secrets ressortent. C’est simple et efficace avec un style pas franchement flamboyant mais qui se laisse oublier (c’est déjà ça…). La première partie est un peu lente, ça met du temps à se mettre en place, ça manque de rythme. Et puis ensuite au contraire ça s’emballe un peu. Vers la moitié du roman, j’ai soudainement eu l’impression que l’auteur cherchait à brouiller les pistes à tout prix, en ne lésinant pas sur la péripétie improbable au besoin : ça en devient assez brouillon pour un résultat pas terrible terrible puisqu’au final on continue à soupçonner les parents malgré tout. Bien que la trame tienne à peu près la route, l’auteur se perd un peu en chemin en voulant trop en faire. On sent un petit manque d’inventivité. Pas désagréable à lire mais tout à fait dispensable.

Principes mortels, de Jacques Saussey

Temps d’orage à la ferme

Franck fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu’il connaissait pourtant depuis son enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches.

Couverture de Principes mortelsCe roman m’a étonnée. En le commençant, j’ai eu l’impression d’un roman régionaliste, avec le parisien qui débarque chez sa tante à la ferme. D’autant plus que le style est assez classique (et pas mal du tout d’ailleurs). Mais on sent poindre bien vite le drame familial. La mort du cousin de Franck a laissé des plaies ouvertes dans sa famille mais aussi quelques zones d’ombres qu’il compte bien éclairer. Le tout sur fond de travaux à la ferme et d’amour de vacances. Un mélange plus original qu’il n’y paraît. D’autant plus qu’on se rend compte assez vite que tout n’est pas rose dans la famille Servin et que le front uni se fissure rapidement… Si tous les indices sont mis en place au fur et à mesure de l’histoire, le dénouement m’a tout de même surprise. J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’intrigue et l’ambiance que l’auteur parvient à mettre en place. Une jolie surprise.

Romans : les sorties de l’automne

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On continue avec les nouveautés littéraires qui auront décidément été à l’honneur sur le blog cette année. Je vous propose six romans sortis cet automne. Essentiellement de thriller et polar. Une sélection bien sombre mais qui m’aura réservé quelques jolies surprises.

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi

 

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort, elle doit fuir. Elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Si la lune éclaire nos pas, couvertureLe titre de ce roman ne laissait pas vraiment supposer une histoire qui allait m’emballer outre mesure. Je me méfie des titres très poétiques, ça sent toujours un peu le romantisme outrancier, mais en même temps, ça m’attire toujours au fond, parce qu’une belle histoire qui marche, c’est rare mais ça fait du bien. Bref, je me suis donc retrouvée avec ce livre entre les mains sans bien savoir pourquoi ni même de quoi ça parlait. Finalement, ç’a été une bonne surprise. J’avais lu en début d’année le témoignage d’un jeune garçon qui avait fui l’Afghanistan pour l’Angleterre. Cette version romancée d’une histoire similaire m’a beaucoup touchée. On suit la jeune femme qui est au cœur du récit bien avant qu’elle ne songe à quitter son pays. On apprend ainsi à la connaître, à se familiariser avec sa culture, à comprendre les raisons profondes de ce choix. C’est un peu mélo comme histoire, cette pauvre fille enchaîne sacrément les galères. Pourtant, étrangement, on y croit et ça fonctionne plutôt bien. L’écriture est agréable et on se prend d’affection pour cette famille au destin tragique. Un joli texte, sans doute un peu trop mélo parfois mais émouvant. Une belle surprise.

Peut-être qu’il vaut mieux mourir sur sa propre terre, plutôt qu’être chassé comme un chien errant partout où on passe.

Cognitum, de Stefan Palk

 

Dans un appartement parisien, un jeu sexuel en ligne tourne mal ; au fond d’une forêt africaine, une section de paras est anéantie sauvagement ; dans un réduit djihadiste de Syrie, on teste des produits redoutables. Yann Braque, lieutenant à la PJ, et Maxime Barelli, une capitaine des forces spéciales, vont se retrouver côte à côte face à une terrible épidémie technologique : Cognitum.

Cognitum, couvertureLe reste de mon automne aura été très noir. Et ça a commencé avec Cognitum. Un roman dystopique assez flippant. J’avoue ne pas trop savoir par quel bout prendre les choses pour en parler. On est dans un futur proche (très proche même je dirais) où la nanotechnologie infiltre le corps pour « l’améliorer ». Évidemment, ça ne se passe pas aussi bien qu’on pourrait s’y attendre, il y a des accident, des abus, des morts. Le sujet est pour le moins porteur, et plutôt d’actualité. La mise en œuvre m’a un peu moins convaincue, même s’il y a pas mal de bonnes choses dans ce roman. On alterne entre plusieurs personnages. En soi c’est un procédé que j’ai tendance à apprécier, malheureusement là les chapitres sont très courts (ce qui est également appréciable généralement) et c’est difficile de s’attacher aux personnages en passant aussi vite de l’un à l’autre. D’autant plus que l’histoire est quand même très compliquée. J’ai trouvé qu’il y avait trop de choses, trop de ramifications pas toujours parfaitement maîtrisées pour que l’histoire reste percutante. Malgré certaines faiblesses dans la construction du récit, le sujet traité est intéressant et l’enquête policière plutôt prenante. Une lecture singulière.

Évanouies, de Megan Miranda

 

Nicolette s’était pourtant juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, sa ville natale. Dix ans plus tôt, sa meilleure amie Corinne a disparu, et son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, Nic doit rentrer chez elle pour s’occuper de son père. Mais Nic n’a pas sitôt posé le pied à Cooley Ridge qu’une nouvelle jeune femme disparaît. Le piège se referme.

Evanouies, couvertureBon, ma mémoire me joue des tours. Je me souviens de la couverture, du nom de l’auteur, très vaguement d’une disparition, d’avoir bien aimé ce livre mais… mais… de rien d’autre, aucun détail. Il va falloir que j’aille faire un sérieux tour dans mes notes. C’est rare que j’oublie un roman que j’ai bien aimé mais que voulez-vous, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. La trame n’est pas particulièrement originale : une jeune fille qui disparaît sans laisser de traces, sa meilleure amie qui revient chez elle 10 ans après encore hantée par le drame, rien de bien exceptionnel jusque-là. En revanche, la construction elle n’est pas banale. En effet, on commence 15 jours après le retour de la jeune femme dans la ville de son enfance et on remonte le temps jusqu’à son arrivée. J’ai bien aimé l’idée qui crée une tension intéressante. C’est assez étrange pour le lecteur d’avoir de plus en plus d’informations au fil de la lecture alors que le personnage lui en a de moins en moins. Je me suis parfois demandé si à la relecture je ne trouverais pas des failles dans cette chronologie inversée, j’ai eu par moments l’impression de l’auteur s’y perdait un peu. Malgré quelques faiblesses, ce roman fonctionne plutôt bien et parvient à mettre en place un beau suspens. Pas parfait mais assez prenant tout de même.

Ma mère n’est pas morte chez elle. Elle en avait l’intention mais je crois qu’à un moment donné elle avait aussi eu l’intention de vivre. C’est bien beau, une intention, mais ça repose parfois davantage sur l’espoir que sur la réalité.

On se souvient du nom des assassins, de Dominique Maisons

 

1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables et invente le divertissement de masse. Mais aussi inventer le crime moderne et sa médiatisation. La foule va prendre gout au sang, aux aventures immorales, au frisson bon marché.

On se souvient du nom des assassins, couvertureVoilà un roman assez surprenant. A la fac j’avais un cour (où j’ai été assez peu assidue, avouons-le) sur le roman populaire : on est en plein dedans. On croirait à s’y méprendre un roman du début du XX° s. Le style est enlevé et très agréable. Ajoutez à ça une bonne vieille enquête policière dans les rues de Paris avec un auteur de romans-feuilleton comme héros et vous aurez un mélange détonnant. Bien que j’aie beaucoup apprécié cette lecture, je n’ai pas avancé très vite, ce qui m’a un peu empêché de rester dans la dynamique nécessaire pour l’apprécier pleinement. L’enquête est pleine de rebondissements, plus ou moins farfelus mais qui dans l’ensemble ne fonctionnent pas si mal. Ca traîne peut-être un peu en longueur mais les personnages sont attachants et le style enlevé ne manque pas de charme. Dommage que la résolution de l’enquête aille chercher une explication tarabiscotée qui aurait sans doute être pu mieux amener, on peine un peu à y croire. Un roman rocambolesque qui en fait parfois trop mais reste sympathique.

Sacrifice, de Joyce Carol Oates

 

1987, dans un quartier noir délabré d’une ville du New Jersey, une mère cherche partout sa fille, Sybilla, disparue depuis trois jours. L’adolescente sera retrouvée, ligotée, le corps barbouillé d’excréments et d’injures racistes, dans les sous-sols d’une vieille usine abandonnée. Emmenée aux urgences, elle accuse des « flics blancs » de l’avoir enlevée, battue et violée.

Sacrifice, couvertureJ’ai découvert Joyce Carol Oates il y a peu (oui, je ne suis pas en avance sur ce coup-là) et j’ai de suite beaucoup aimé sa plume précise et les thèmes très sombres qu’elle aborde. Après avoir lu d’elle un roman sur une disparition pour un autre sur un enlèvement et un viol d’enfant, on reste dans la même veine avec cette fois une jeune fille qui accuse des policiers blancs de kidnapping et de viol. L’écriture est très dure, imitant l’accent rocailleux de la rue. C’est très très sombre. Certains passages sont un peu difficiles à encaisser et l’évolution de l’histoire ne redonne pas exactement foi en l’espèce humaine. Mais l’auteur a le mérite dans ce roman de taper à la fois sur le racisme, la religion, l’administration et ceux qui exploitent les faibles qu’elle qu’en soit la manière. Elle n’est franchement pas tendre avec ses concitoyens mais ça sonne terriblement juste. Le récit s’inspire d’ailleurs de faits réels. C’est d’une violence inouïe mais je dois avouer avoir été totalement fascinée par ce roman que j’ai dévoré. Un roman engagé et fort qui ne laisse pas indifférent.

La victime d’un traumatisme ressemble à un animal blessé. En cherchant à l’aider, on risque d’exacerber sa souffrance.

Que le bête s’échappe, de Jesse et Jonathan Kellerman

 

Traumatisé par ses exploits récents, l’inspecteur Jacob Lev s’est remis à boire et passe ses journées à réviser des dossiers de cold cases dans un entrepôt désaffecté de Los Angeles. Un double meurtre non résolu retient son attention et l’amène à enquêter à Paris sur un cas similaire : les corps d’une mère et de son fils, retrouvés dans le Bois de Boulogne.

Que la bête s'échappe, couvertureQuand j’ai reçu ce livre, rien qu’à la couverture, je n’étais pas très inspirée. Quand j’ai commencé ma lecture, mes craintes se sont en partie trouvées fondées. Ça joue beaucoup sur le fantastique et je n’aime pas franchement les romans qui y ont recours. Je suis assez terre à terre et je n’aime pas trop qu’on mêle le monde « réel » et des éléments surnaturels. Je trouve que fonctionne rarement. Je préfère à la limite un univers créé de toutes pièces, mes attentes en matière de réalisme ne sont pas les mêmes. Pourtant, contre toute attente, je n’ai pas détesté ce roman et honnêtement, je me demande bien pourquoi. Il y a des rebondissements improbables, c’est tiré par les cheveux au possible et pourtant j’ai trouvé que ça se laissait lire. Je suppose que c’est dû à l’écriture, qui est agréable et dynamique, on est pris dans l’enquête et on ne nous laisse pas trop le temps de nous poser des questions sur sa crédibilité. C’est une suite mais on peut la lire sans problème sans avoir lu le premier volet. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai vraiment aimé, trop de thèmes abordé qui me laissent de marbre, trop tarabiscoté, mais ça reste étrangement une lecture plutôt plaisante. Le genre de roman où on trouve un plaisir un peu coupable.

Un mois d’horreur, sur la totalité d’une existence… ce n’est rien. Un simple hoquet.

L’homme de Lewis – Peter May

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          Après la mort de son fils, Fin divorce et quitte la police. Il part démarrer une nouvelle vie sur son île natale, Lewis. A peine arrivé, il se trouve mêlé à une enquête pour meurtre. Un corps est retrouvé dans la tourbe et c’est Tormod Macdonald, le père de son amour de jeunesse qui est le principal suspect. Mais Tormod perd la mémoire et il est impossible de l’interroger.

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          Bien que j’en entende parler depuis bien longtemps, je n’avais jamais rien, lu de Peter May dont la série chinoise sommeille dans ma bibliothèque depuis des années. Finalement, ce n’est pas par elle que j’ai commencé mais par L’homme de Lewis, deuxième tome d’une trilogie. Certes, le premier tome aurait été plus approprié pour se lancer (d’autant qu’il traîne quelque part) mais j’avais besoin d’une lecture pour le train et j’ai pris le premier livre tentant qui me tombait sous la main. Finalement, même si on sent que les personnages étaient plutôt brossés dans le premier, cela ne gène pas la compréhension de l’histoire. Si les personnages évoluent sans doute d’un récit à l’autre, les enquêtes sont bien distinctes. Il est sans doute préférable de les lire dans l’ordre mais si comme moi vous vous y prenez mal, pas de panique, vous arriverez à suivre.

          Le style est assez classique mais efficace. L’originalité de ce roman tient plutôt à son intrigue, très bien ficelée. Elle est assez surprenant, le jeu e la mémoire ajoutant au suspens. Il y a surtout dans ce livre de nombreuses références culturelles au mode de vie sur l’île de Lewis qui j’ai trouvé absolument passionnantes ! Un contexte culturel qui est pour beaucoup à mon sens dans la qualité du roman. Les personnages sont également intéressants. Chacun possède une part d’ombre qui le rend terriblement humain. Il y a une ambiance très particulière dans ces pages que j’ai beaucoup aimée. Je crois qu’elle est due tant aux lieux décrits qu’à ceux qui les peuplent. On oscille constamment entre présent et passé dans cette histoire, ajoutant au mystère. Des personnages attachants, un contexte passionnant et une histoire qui tient très bien la route sont les ingrédients de cet excellent thriller.

PeterMayAyr

Quand on entre dans une maison de retraite, on voit un tas de vieux, simplement assis là. Le regard dans le vide, le sourire triste… Et pourtant, derrière chacun de ces regards, il y a une vie, une histoire qu’ils pourraient nous raconter. De douleur, d’amour, d’espoir et de détresse. Toutes ces choses que nous ressentons, nous aussi.Devenir vieux ne fait pas de toi quelqu’un qui vaut moins que les autres, quelqu’un de moins réel. Et un jour ce sera notre tour. Assis là à regarder les jeunes nous mettre de côté parce que nous sommes vieux. Et à ton avis, tu crois que nous allons le vivre comment ?

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Les parents sont le roc sur lequel on construit sa vie. C’est vraiment un choc de se rendre compte que ce roc n’est qu’une illusion.

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Fin s’émerveilla de cette faculté humaine qui pouvait transformer les pires choses que la vie vous impose en événements teintés de légèreté. C’est une question de survie, pensa-t-il. Si vous laissez tomber, ne serait-ce qu’un moment, vous vous retrouvez happé par les ténèbres.

Grand maître- Jim Harrison

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          L’inspecteur Sunderson est sur le point de prendre sa retraite. Il rêve déjà des longues parties de pêche à la truite près de Lac Supérieur, dans son Nord natal. Mais une affaire le tracasse, un gourou qui se fait appeler Grand Maître et qu’il soupçonne de s’intéresser d’un peu trop près aux très jeunes filles. Tant qu’il n’aura pas arrêté le vieux fou, Sunderson ne trouvera pas le repos.

          La trame est un classique du polar et n’offre pas de réelles surprises. D’ailleurs, l’histoire est presque secondaire. Une fois encore, en prenant pour prétexte cette traque, c’est l’Amérique que nous raconte Jim Harrison. Il nous parle de ce pays si varié, tant par les paysages que par les hommes qui les peuplent. Entre exaspération face à la bêtise ambiante et amour pour sa patrie, l’auteur nous livre un portrait sans concession mais pourtant plein de tendresse des Etats-Unis. Du Michigan à l’Arizona, on découvrira de grands espaces dignes des plus belles cartes postales et des modes de vie que tout oppose. La nature tient une place de choix dans les romans de Jim Harrison, ses personnages y font de longues excursions et il prend plaisir à nous décrire ces lieux qu’il aime, nous donnant envie d’aller à notre tour les découvrir.

          Il est moins tendre avec les hommes. Le personnage principal de ce roman est un homme vieillissant, un peu paumé, assez pathétique au fond, mais tout de même attachant. Il est en est de même pour ceux qui l’entourent : ce sont les failles de chacun qui sont mises en avant, ses blessures. Ce qui donne au roman un note un peu triste qui fait aussi son charme. L’écriture est comme les hommes dont elle parle, brute, sans apprêt. Du côté de l’histoire, on se laisse porter par cette traque, je reprocherais simplement une fin un peu bâclée, ce qui est très dommage et gâche quelque peu ce roman qui eût pu être excellent. Toutefois, on prend grand plaisir à cette lecture, à découvrir une Amérique loin des clichés, pleine de contradictions et qui attire autant qu’elle fait peur. Jim Harrison ne signe sans doute pas ici son meilleur roman mais reste une valeur sure : des personnages nuancés, un amour des grands espaces et un esprit critique aiguisé qui en font un auteur incontournable de la littérature américaine. 

La religion était un fait de la vie, comme l’huile de foie de morue, les impôts, la rentrée scolaire.

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J’en suis venu à m’intéresser de près aux rapports entre la religion, l’argent et le sexe.

– Eh bien vous êtes un crétin ou un érudit, ou encore les deux à la fois. Tout ça ne fait qu’un. On ne peut pas les dissocier.

Club lecture 5°, avril : Henning MANKELL, Les chiens de Riga

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          Ce mois-ci nous avons échangé autour d’un roman policier, Les chiens de Riga, d’Henning Mankell. Il s’agit d’une des premières enquêtes du commissaire Kurt Wallander. Deux corps sont retrouvés dans un canot de sauvetage. Le double meurtre semble lié à un trafic de drogue de grande ampleur en Europe de l’Est. L’enquête amènera le commissaire jusqu’à la capitale lettone, Riga.

          Nous étions (très) peu nombreux hier. Nous avons été à peu près du même avis, ce qui va me faciliter la tache. Dans l’ensemble, on peut dire que nous avons moyennement aimé ce livre. J’avais déjà lu plusieurs romans policiers d’Henning Mankell et celui-ci est loin d’être le meilleur. Si le style reste plutôt agréable (quoique moins bon que dans les autres opus), et l’ensemble facile à lire, l’intrigue semble un peu tirée par les cheveux. Le contexte social, politique et historique fait beaucoup à l’intérêt du livre, c’est l’aspect que nous avons préféré. En revanche, nous avons trouvé dommage qu’une grande partie du roman repose sur une histoire d’amour improbable. Toutefois, j’ai été heureuse d’apprendre enfin d’où sortait Baiba, personnage récurent (bien que toujours absent) des enquêtes de Wallander. On sent que ce livre date un peu, le style Mankell s’est grandement amélioré depuis, les intrigues ont gagné en finesse. Une lecture que dans l’ensemble j’ai quand même appréciée.

          Je ne sais pas encore ce que nous lirons la prochaine fois mais je vous en tiendrai bien sûr informés. Peut-être même que je vous demanderai votre avis pour le choix… Et vous, avez-vous déjà lu Mankell ? Avez-vous aimé ? Et ce mois-ci, qu’avez-vous lu ?