Jeunesse·Mes lectures

La révolte des animaux, l’écologie à la portée des enfants

          Un jour qu’il regarde la télévision, Sha le chat prend soudain conscience de la cruauté de l’homme. Il décide alors d’en alerter tous les animaux. La révolte gronde dans le règne animal, les humains sauront-ils les entendre ?

          Un livre sur l’écologie destiné aux enfants ? une idée assez maligne. Encore faut-il que ce soit bien fait ; et je dois admettre que c’est plutôt réussi. J’ai souvent un peu de mal avec ce genre d’idée, les romans qui donnent la parole aux animaux ou aux objets. Je trouve que c’est assez difficile de rendre ça crédible, même s’il y a quelques exemples très réussis (La ferme des animaux, à tout hasard). Je suis rentrée facilement dans cette histoire que j’ai trouvée plutôt mignonne.

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          On suit cette histoire du point de vue des animaux et leur exaspération est touchante. Ils sont sans doute le meilleur moyen de sensibiliser les enfants à leur cause. J’ai parfois eu un peu l’impression au cours de ma lecture de perdre le message de vue. Au final, il m’a semblé que c’était avant tout un appel à devenir végétarien. Une position que je peux tout à fait comprendre mais que je ne cautionne pas vraiment pour des enfants. Je pense qu’on peut les sensibiliser à cette cause, qu’on n’est pas non plus obligé de les gaver de viande, mais que ce choix de vie est important et doit à mon sens se faire à l’âge adulte. Je suis pour consommer plus intelligemment plutôt que pas du tout.

          Il est vrai aussi que je lis ça avec un regard d’adulte assez sensible à ce sujet, les enfants perçoivent sans doute ce texte de manière assez différente. C’est en tout cas une invitation à faire plus attention aux animaux et à les respecter, ce qui ne peut pas faire de mal. Les enfants sont souvent très proches des animaux, je me demande pourquoi la plupart des gens perdent ça en devenant adulte. Malgré quelques réserves sur le fond, qui manque peut-être un brin de clarté (je comprends mieux pourquoi les contes finissent toujours par une morale, aussi lourde soit-elle), j’ai trouvé ce petit livre très séduisant. Bien écrit, plein d’humour et de poésie, un conte pour apprendre à nos enfants à protéger les animaux.

Mes lectures

Le dernier gardien d’Ellis Island, un roman passionnant de Gaëlle Josse

          « New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d’Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d’Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l’immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent. »

9782882503497          Voici un des (nombreux) livres de la rentrée littéraire qui me tentait vraiment. J’en avais entendu parler ici et là et le thème me semblait intéressant. Je dois avouer qu’en le voyant en librairie, j’ai été très surprise de constater qu’il est extrêmement mince. Ca m’a d’ailleurs fait hésiter à l’acheter mais j’ai finalement cédé à l’envie de le lire. Je n’ai pas été déçue même si je dois avouer que je m’attendais à autre chose, même si je ne sais pas à quoi au juste. Comme le titre l’indique, on suit le parcours du dernier gardien d’Ellis Island au moment de la fermeture du site. La narration se concentre sur les dernières heures de ce bâtiment, même si les retours en arrière sont fréquents.

          La manière dont est construit le texte est intéressante, elle montre en parallèle la vie de cet endroit et sa fin. J’ai simplement regretté que ce ne soit pas un peu plus fouillé même si cette brièveté ajoute une notion d’urgence imposée par la forme. L’histoire des immigrés qui ont transité par cette île est passionnante et j’aurais aimé avoir plus d’exemples, avoir le temps de me plonger plus longtemps dans leur univers. Une fois n’est pas coutume, j’aurais sans doute préféré quelque chose d’encore plus proche de l’essai en somme. Toutefois, j’ai beaucoup apprécié ce texte simple et efficace mais surtout très bien documenté. Une écriture sobre pour une histoire forte. Un beau roman, tout simplement.

Gaelle JosseIl faut croire que les mots creusent parfois des galeries souterraines, mystérieuses, et que ce que l’on croit enfoui, oublié ou perdu à jamais, ne demande qu’à ressurgir au moment le plus inattendu. Ils nous saisissent au col, et on n’y peut rien.

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Il faut avancer, s’adapter à une autre vie, à une autre langue, à d’autres gestes, à d’autres habitudes, à d’autres nourritures, à un autre climat. Apprendre, apprendre vite et ne pas se retourner.
Mes lectures

Ces instants-là

          « Elle grandit dans le nord de la Norvège, entre une mère insaisissable mais présente, une petite sœur qu’elle protège, un père qu’elle méprise avant de le haïr. Elle n’est pas coupable du mal qu’il lui fait. Puis elle aime le rock, la danse, les mains de l’apprenti électricien. Elle surnage face à la honte, part à la ville étudier. Son père est loin, c’est bien, mais son jeune fils aussi est loin. Elle lit, et brave son silence dans l’écriture. Elle se marie, publie, devient écrivain. »

ces-instants-la          J’ai reçu ce live dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de PriceMinister qui propose chaque année un livre en échange d’une critique et une note. Beaucoup, beaucoup de romans me tentaient dans la sélection de cette année. Finalement,j’ai choisi ce roman parce que je ne connais pas du tout la littérature norvégienne et que les romanciers nordiques réservent souvent de bonnes surprises. L’année dernière, La lettre à Helga, reçu dans le cadre de ces mêmes matchs, avait été un de mes gros coups de cœurs de la rentrée. J’ai donc décidé de rester dans la même veine pour cette année en espérant avoir une aussi heureuse surprise. Si ça n’a pas été le même coup de foudre que pour le roman de l’année dernière, j’ai quand même bien aimé celui-ci qui sort assez de ce que j’ai l’habitude de lire.

           Le style est très déroutant. On est dans une narration à la 3° personne et en même temps plus ou moins dans la tête du personnage (point de vue interne et narrateur hétérodiégétique pour ceux qui veulent la version technique). Ca crée un mélange de proximité et de distanciation assez étrange. Il se dégage une certaine froideur de cette écriture. On sait ce que pense le personnage, on suit ses actes, et pourtant il reste assez énigmatique et ne suscite pas une sympathie folle (pas chez moi en tout cas). Ca m’a beaucoup désarçonnée. Le résultat c’est que je n’ai pas trop su quoi penser de ce livre. D’un côté, je ne pouvais que saluer la singularité du style et en même temps, je trouvais ça très froid et avais du mal à m’y attacher. Assez étrange comme sensation. Toutefois, j’ai trouvé que peu à peu l’histoire prenait une tournure intéressante.

          Le personnage semble constamment plongé dans une profonde dépression, comme totalement hermétique au bonheur. Pourtant, peu à peu, elle construit sa vie, se marie, a un travail intéressant, devient même écrivain. C’est alors qu’on se rend compte au détour d’une phrase qu’elle qui se sent si introvertie, inadaptée, est perçue comme un modèle de réussite, comme une femme indépendante et sure de ses choix. J’ai trouvé ça très juste. Il y a parfois un fossé entre ce que l’on pense être et la manière dont les autres nous perçoivent. J’ai toujours été très mal à l’aise avec ça, l’idée de passer pour quelqu’un d’autre, et je me rends compte que je ne l’ai que très rarement rencontré dans la littérature ou le cinéma. C’est ici décrit avec une grande justesse. Un roman roman sur l’intime et les sentiments qui étonne par sa froideur mais s’avère assez juste quant aux relations humaines. Surprenant et plutôt réussi.

Herbjørg-WassmoLe pire, ce sont les mots qui ne pourront jamais être dits, et donc jamais écrits.
C’est la destruction même. Ce qui jamais ne passe.

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Probablement suis-je ainsi faite que je glisse le bonheur dans ma poche quand je mets la main dessus, mais oublie de le ressortir pour le regarder.

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Si elle avait été un homme, elle aurait pu se vanter de ses exploits. Surtout le sang. Un homme a un sang de héros quelle que soit la façon dont il s’échappe. Mais elle est une femme infanticide, et ne tombe pas sous les lois du sang héroïque.

Loin dans le millénaire suivant, on va lui faire sentir cette étiquette. Femme. Femme Premier ministre, femme prêtre, femme boxeuse, femme détenue, femme recrue, femme chasseuse et femme écrivain. Littérature féminine. Sans parler du phénomène tout à fait peu naturel de la femme génie.

          Dans le cadre de l’opération des matchs de la rentrée littéraire, Priceminister demande de donner une note sur 5 au roman en fonction de 3 critères : qualité de l’écriture, plaisir à la lecture et originalité du livre. Je donnerais la note de 3/5. L’écriture est assez simple, j’ai bien aimé ce livre, sans plus, en revanche, l’originalité est au rendez-vous pour un résultat un peu fade peut-être mais assez réussi.

Mes lectures

Hérétiques, un beau roman de Leonardo Padura

          En 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 Juifs qui avaient réussi à fuir l’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Daniel attend sur le quai, l’arrivée de ses parents et de sa sœur. Ils ne débarqueront jamais.

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          Ce livre m’avait été vivement conseillé par mon libraire. A première vue, il en impose. Plus de 600 pages en très grand format (pas du tout pratique dans le sac à main). Sans compter que l’histoire n’est pas des plus joyeuses. On s’attend à quelque chose d’un peu lourd quand même. Je me suis quand même lancée. Dès les premières pages, j’ai bien aimé ce roman. L’écriture est assez agréable et l’histoire prenante. L’aspect historique est vraiment passionnant et très poignant. L’histoire est un peu compliquée (même si à la lecture, ça passe bien) et un peu difficile à résumer. La première partie se passe à Cuba. Un homme part à la recherche d’un tableau de Rembrandt qui a appartenu à sa famille et revient ainsi sur les traces parfois tragiques du passé des siens. Dans la seconde partie, c’est l’histoire de la création de ce tableau qu’on découvre. Enfin, la dernière partie revient à Cuba.

          Ce roman mélange pas mal les genres, entre roman historique et policier, ce que j’ai beaucoup apprécié. J’ai particulièrement aimé la partie sur la naissance du tableau. Une incursion à Amsterdam auprès de Rembrandt que j’ai adorée. J’ai appris beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman ! En revanche, je me suis demandé si l’auteur ne se dispersait pas un peu trop. Même si on a comme fil conducteur le tableau et à travers lui l’histoire de la persécution des juifs, ça fait beaucoup de strates et d’informations à assimiler. Vient un moment où c’est presque trop. C’est surtout dans la troisième partie que j’ai ressenti cet espèce de trop plein et que j’ai trouvé le rapprochement entre les différents aspects du livre peut-être un peu artificiel. En voulant à la fois parler de l’histoire juive et du présent de Cuba, l’auteur perd parfois un peu de vue l’essentiel.

          Malgré tout, la fluidité de l’écriture et l’intérêt de l’histoire rendent la lecture agréable même si un peu plus de simplicité n’aurait sans doute pas été de trop. Surtout sur la fin où je commençais à saturer avec encore une nouvelle histoire et de nouvelles informations à assimiler. Mais je chipote un peu, car dans l’ensemble, ce roman est de très bonne qualité et il n’y a pas grand chose à y redire. Le personnage principal est attachant et ça m’a donné envie de lire ses autres enquêtes. J’ai beaucoup aimé découvrir Cuba à travers ses yeux. Un roman riche et complexe (un peu trop ?) qui est passionnant par bien des aspects et souvent émouvant. Il se lit avec grand plaisir. Une bonne initiation à la littérature cubaine. A découvrir.

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Si depuis l’enfance, certaines histoires de la relation de Dieu avec son peuple élu lui avait semblé excessive, à partir de ce moment-là, il osa se demander de façon obsessionnelle pourquoi le fait de croire en un Dieu et de suivre ses commandements de ne pas tuer, ni voler, ni convoiter, pouvait faire de l’histoire des juifs un enchaînement de martyrs.

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Un pays sans putes, c’était comme un chien sans puces : tout ce qu’il y a de plus chiant au monde.

Mes lectures

Terminus radieux, Antoine Volodine

          Dans un monde où l’explosion des centrales nucléaires a rendu inhabitable une grande partie du territoire, alors que la 2° Union Soviétique s’effondre, trois amis fuient au milieu des terres désolées. En chemin, ils rencontreront un président de kolkhoze tyrannique et ses trois filles. A leurs côtés, ils vont errer entre la vie et la mort.

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          D’Antoine Volodine, je n’avais lu que le splendide Ecrivains, un récit qui se présente comme un recueil de nouvelles, publié il y a 4 ans. La découverte de son style a été une décharge, une illumination, un éblouissement. Je crois bien que jamais je n’avais rien lu d’aussi beau. Il est vrai que le sujet me parlait mais surtout, quel style : riche, dense poétique. Rien n’est facile dans cette écriture-là, elle se mérite et pourtant elle m’a semblé couler d’elle-même. Je me souviens d’une phrase de 2 pages lue sans m’en rendre compte, comme dans un souffle. Une évidence. J’avais rarement trouvé un texte aussi dense et aussi beau.

          Je l’ai prêté autour de moi, mes amis l’ont abandonné les uns après les autres. Je crois que c’est le moment où j’ai compris à quel point cette lecture pouvait être ardue si on ne tombait pas sous le charme de son style. Cette année-là, Antoine Volodine publiait en même temps 3 romans, sous 3 pseudonymes différents. Je les ai tous achetés. Le 2° auquel je me suis attaquée m’a paru, sombre, compliqué voire carrément sordide (ma critique ici, d’ailleurs à la relire, j’avais adoré le style alors que je ne me souviens que de l’univers ultra glauque, comme quoi). J’ai abandonné au bout de 50 pages d’une lecture laborieuse. Le 3° est resté à sommeiller dans ma bibliothèque et attend encore que je l’en déloge. J’étais donc très curieuse de voir ce que celui-ci aller donner. D’autant plus que quand j’en ai parlé à une libraire fan de l’auteur elle m’a dit « c’est aussi sombre que tous les autres », comme je n’en avais lu que deux qui n’avaient pas le moindre rapport, je n’étais pas sure d’aimer cette réponse.

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          La 4° de couverture fait un peu peur, il y est question de soldats fantômes, de morts vivants et d’inquiétantes princesses dans un monde dévasté par des accidents nucléaires. Pas joyeux et surnaturel en prime. Pourtant, dès les premières pages, j’ai retrouvé cette écriture si particulière qui m’avait charmée la première fois. Quant au côté surnaturel, il est assez peu présent (au début surtout). On est dans un futur où de vastes zones sont rendues inhabitables par les accidents nucléaires successifs ce qui est quand même on ne peut plus crédible. On plonge doucement aux frontières de fantastique peu à peu, mais comme on a 600 pages pour s’habituer, la transition se fait en douceur.

          J’ai beaucoup aimé cette lecture même s’il faut dire qu’il y a tout de même quelques longueurs. Toutefois, rares sont les passages où je me suis ennuyée. C’est surtout sur la fin que j’ai un peu décroché par moments, quand ça devient un peu plus étrange. Je trouve très difficile de parler de ce roman riche, complexe et à mes yeux assez indéfinissable. En général, quand j’aime un livre, j’ai envie de le partager avec la terre entière. Celui-ci a beau être considéré comme l’un de plus réussis de Volodine (et des plus accessibles par la même occasion), je ne vois vraiment pas qui autours de moi pourrait bien l’apprécier. Et je suis entourée de grands lecteurs ! Il me semble que malgré ses qualités nombreuses et indéniables Terminus Radieux s’adresse tout de même à un public assez restreint et disons-le plutôt intello.

          J’ai toujours aimé la littérature russe. Je ne sais pas pourquoi l’évocation de la taïga et de la toundra me fait autant rêver. Toujours est-il que ça fonctionne à tous les coups ! Je trouve toujours dans la lenteur des traversées de ces grands espaces une poésie qui me ravit. Etant donné que tous le roman ou presque ce déroule dans des espaces vierges, j’ai été comblée. J’ai beaucoup aimé cette lecture que j’ai d’ailleurs trouvée moins ardue que ce que je pensais du point de vue du style. Il est certes complexe mais pas retors et on avance dans cette épopée futuriste rapidement. L’histoire est sans doute un peu moins évidente mais là aussi, je m’attendais tellement à un univers apocalyptique que je l’ai finalement trouvé assez abordable. Ce texte interroge sur la société et l’avenir de l’humanité tout en virant parfois au mystique. Un roman, dense, complexe, intelligent, terriblement bien écrit : à la fois sombre et lumineux.

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Le vent de nouveau s’approcha des herbes et il les caressa avec une puissance nonchalante, il les courba harmonieusement et il se coucha sur elles en ronflant, puis il les parcourut plusieurs fois, et, quand il en eut terminé avec elles, leurs odeurs se ravivèrent, d’armoises-savoureuses, d’armoises-blanches, d’absinthes.
Le ciel était couvert d’une mince laque de nuages. Juste derrière, le soleil invisible brillait. On ne pouvait lever les yeux sans être ébloui.

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Nous n’avions aucune explication quand nous nous interrogions sur les mauvais choix de I’humanité. L’optimisme marxiste nous interdisait d’y voir les preuves de graves défauts dans le patrimoine génétique de notre espèce. Une attirance imbécile pour I’autodestruction, une passivité masochiste devant les prédateurs, et peut-être aussi et surtout une inaptitude fondamentale au collectivisme. Nous pensions cela au fond de nous, mais, comme la théorie officielle balayait ces hypothèses d’un haussement d’épaules, nous n’abordions pas le sujet, même entre camarades. Même dans les plaisanteries entre camarades.

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Quand on progresse dans la vieille forêt, quand on écrase sous ses bottes des branchettes perdues par les arbres, les sapins centenaires, les mélèzes noirs, quand on a le visage caressé ou battu par les mousses ruisselantes, on se trouve dans un univers intermédiaire, dans quelque chose où tout existe fortement, où rien n’est illusion, mais, en même temps, on a l’inquiétante sensation d’être prisonnier à l’intérieur d’une image, et de se déplacer dans un rêve étranger, dans un bardo où l’on est soi-même étranger, où l’on est un intrus peu sympathique, ni vivant ni mort, dans un rêve sans issue et sans durée.