Mes lectures

Et puis, Paulette…

          Ferdinand vit seul dans sa ferme. Même s’il s’occupe à l’occasion de ses petits-enfants, il s’ennui un peu sans compagnie. Quand le toit de sa voisine s’effondre, il lui propose donc de venir s’installer dans cette maison devenue trop grande pour lui. Peu à peu, la vie va revenir dans la maisonnée.

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          J’avais beaucoup entendu parler de ce livre. Je savais que ce n’était le genre de roman qui me passionnent mais je m’attendais à une histoire légère et agréable que je me réservais pour un jour où j’aurais envie de quelque chose de facile à lire. Pourtant, malgré mes attentes très limitées, j’ai trouvé le moyen d’être déçue… Ce que j’aime dans ce genre de livres, c’est leur côté léger : une écriture simple, une histoire efficace, des livres facile d’accès qui, s’ils ne correspondent pas trop à mes goûts, font souvent d’excellentes moments de détente. Pourtant, là, ça n’a pas fonctionné.

          Le problème avec la simplicité, c’est qu’elle est parfois difficile à doser et la limite entre simple et simpliste est mince. Elle est ici largement franchie. Le style est, il faut bien le dire, franchement mauvais. J’ai parfois eu l’impression que c’était digne d’une rédaction de collégien. Ce n’est certes pas très charitable comme description mais ça définit assez bien la richesse du vocabulaire… Passons à l’histoire maintenant. Elle est particulièrement longue à démarrer. Pleine de bons sentiments, on voit venir les rares rebondissements à 2 km, ce qui gâche considérablement le plaisir de la lecture. A aucun moment je n’ai réussi à m’intéresser à ce qui allait se passer et j’ai fini par abandonner faute d’avoir envie d’aller plus loin dans l’histoire et de prendre le moindre plaisir à cette lecture.

          Ce roman avait pourtant une assez bonne critique. Si j’avais parfois lu qu’il était moyen, je n’en avais jamais entendu dire du mal. Je savais qu’aimant quand même la littérature un peu exigeante j’étais loin de ma zone de confort mais même si je lis très peu de littérature « grand public » cela ne m’empêche généralement pas d’y prendre un certain plaisir quand je me penche dessus. Là ce fut très loin d’être le cas. J’ai eu l’impression d’un roman écrit par-dessus la jambe et qui prenait le lecteur pour un imbécile. Je me demande si avec le temps et la multiplication des lectures je ne deviens pas tout simplement plus difficile à satisfaire. Je suis sensible au style mais surtout, j’ai l’impression que plus le temps passe et plus l’histoire est essentielle à mes yeux. J’ai besoin d’être embarquée, surpris, émue. Rien de tout ça ne s’est passé avec ce livre-là. Une écriture incroyablement pauvre et une histoire sans grand intérêt ont eu raison de ma patience. Encore un succès qui m’échappe et me désespère.

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Roland ne va pas très bien, en ce moment. Il n’arrive pas à se remettre de sa séparation d’avec Mireille. Au début, il avait l’air de bien supporter. Il faisait le gars qui prenait les choses avec philosophie. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, qu’à cela ne tienne, il apprendrait à pagayer.

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C’était tout simplement triste d’avoir perdu autant de temps. Pour lui, Ferdinand , de se rendre compte seulement maintenant que son fiston n’était pas juste un p’tit con. Et pour Roland, que son père n’était pas qu’un vieux naze.

Mes lectures

Comment voler une banque ?

          John Dormuntder, habitué des vols en tous genres, en est réduit à vendre des encyclopédies pour gagner péniblement ça vie. Une situation qui n’a rien pour le réjouir. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu de son ami Andy Kelp est sur un gros coup. Il ne propose rien moins que de voler une banque. Oui oui, la banque entière. Mais parviendront-ils à mener à bien cette opération des plus périlleuses ?

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          J’aime beaucoup les romans de Donald Westlake et son humour désopilant. Les aventures de son héros favori, John Dormuntder sont l’assurance de passer un agréable moment de lecture aux côtés de ce voleur raté qui joue systématiquement de malchance. Ce roman-ci ne déroge pas à la règle. L’histoire ne manque pas de sel. Nos compères veulent voler une banque installée dans un mobil-home ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes d’organisation : des repérages au vol d’un camion en passant par la recherche d’une planque, les questions à régler ne vont pas manquer et les complices auront parfois bien du mal à se mettre d’accord.

          Le style de Donald Westlake est très agréable : très fluide et avec un humour qui me ravit. J’adore retrouver Dortmuntnder d’un livre à l’autre et cette histoire-ci est particulièrement réussie, pleine de rebondissements, on se demande de bout en bout comment ça va bien pouvoir finir. Les personnages sont très attachants, une bande d’anti-héros assez touchante qu’on aime suivre et voir évoluer. On est loin du polar traditionnel et cette manière de le revisiter est aussi originale que réussie. Donald Westlake est un auteur avec une pâte vraiment particulière qu’on retrouve ici. Un roman plein d’humour et très agréable à lire qui confirme si besoin était mon amour pour cet auteur.

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Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l’entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l’impression de vivre là toute l’histoire de sa vie. Sa chance n’était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d’un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement.

Mes lectures

La compagnie noire – 7 – Saisons funestes de Glen COOK

          Pour ce septième tome de la géniale série fantasy, c’est Murgen qui reprend le rôle d’annaliste. Toubib est mort et la Compagnie, assiégée à Dejagore, se déchire entre les vieux de la vieille et l’équipe de Mogaba. La scission est proche et la tension à son comble. Pendant ce temps, Tisse-Ombre rôde toujours.

          J’avais adoré les 6 premiers tomes de cette série, même si j’avais trouvé celui relaté par Madame un peu en dessous. J’ai eu plus de mal à entrer dans celui-là. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, la Compagnie Noire est une bande de mercenaires qui offre ses services au plus offrant. L’originalité de cette série fantasy (une aventure dans un monde inventé où la magie fait généralement irruption) est que le rôle du narrateur peut varier d’un tome à l’autre, avec par la même occasion des changements de ton et de point de vue intéressants. La tradition tient un rôle important dans la Compagnie et elle est consignée dans des annales tenues par un annaliste. Il s’agissait en bonne partie de Toubib dans les premiers tomes – un personnage très attachant. Toutefois, Madame, sa compagne a également tenu ce rôle, tout comme Murgen, le successeur de Toubib, dans ce tome-ci. Ceci étant dit, revenons-en donc à nos moutons.

          Jusqu’ici, j’avais été une inconditionnelle de la Compagnie Noire. Dès les premières lignes, je replongeais avec délices dans leurs aventures truculentes. Pourtant, cette fois, j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans cet univers. Le style « Murgen » est moins coulant que celui de ses prédécesseurs et j’ai un peu peiné à m’y faire. Quant à l’histoire, dans un premier temps la plus grande partie m’a échappée et je la trouvais tirée par les cheveux. Je sais que la crédibilité est forcément relative dans un monde plein de sorciers mais là je trouvais qu’avec des espèces de voyages dans le temps pour le moins étranges, on sombrait franchement du côté obscur de la fantasy. Et puis, vers la moitié du roman, tout s’est éclairé dans mon esprit et j’ai enfin pu l’apprécier à sa juste valeur. Bon, j’avoue que je n’ai pas été très réactive sur ce coup-là. Au final, ce tome assez complexe tient tout à fait la route et offre un point de vue intéressant sur certains événements ou sur les relations entre différentes factions. Une série qui décidément réserve bien des surprises.

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Si c’était juste un gagne-pain, juste louer son épée au plus offrant, alors la Compagnie noire ne se trouverait pas dans cette région du monde. Du boulot il y en avait à foison dans le Nord. Le monde ne manque jamais de potentat désireux de brimer leurs sujets ou leurs voisins. La Compagnie est une famille pour ses membres. La Compagnie est un foyer. La Compagnie est une nation de parias, seule, défiant le monde entier.

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Sûr que le monde ne fait pas de cadeaux à ceux qui s’efforcent d’être doux et réfléchis.

Mes lectures

Né pour être sauvage – Alexis Aubenque

          Ryan est un membre des Hells Angels. Il est de retour à Seattle après quinze ans d’absence avec de noirs desseins et retrouve de vieux amis. Pendant ce temps, la police enquête sur l’agression de la petite amie de l’un d’entre eux. Une affaire tortueuse qui va les mettre sur la route de Ryan. 

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          Quand MyBoox a proposé de gagner ce roman d’un auteur que je ne connaissais pas, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai été très heureuse de faire partie des gagnantes. J’avoue que j’étais assez enthousiaste avant de commencer cette lecture. J’aime beaucoup les polars, même si j’en lis beaucoup moins depuis quelques années déjà, et j’étais ravie de découvrir un auteur que je ne connaissais pas. Malheureusement, je n’ai pas trop accroché avec ce roman. Le style est assez banal et ne m’a pas emballée outre mesure. Quant à l’histoire, elle est très alambiquée et franchement tirée par les cheveux. A tel point que j’ai même à un moment hésité à abandonner.

          J’ai finalement poursuivi ma lecture, sans grande conviction. Si elle ne me passionnait pas, elle n’était pas pénible non plus et j’étais vaguement curieuse de savoir où cette histoire allait mener. J’ai trouvé que les personnages auraient mérité d’être plus fouillés, ils manquent un peu de nuances. L’histoire tient la route dans l’ensemble mais en fait un peu trop et, étrangement, en voulant faire dans l’originalité, l’auteur se disperse sans parvenir à sortir réellement des sentiers battus. Dans l’ensemble, ce roman n’est pas mauvais, il manque simplement un peu d’envergure. Une lecture qui n’est pas désagréable mais ne m’a pas passionnée. 

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Jamais il n’avait accordé crédit aux théories des Hommes en Noir qui travaillaient dans l’ombre, pour l’intérêt de l’Etat fédéral, du Vatican ou encore des Martiens! Et pourtant telle était la réalité. Il pensa à un héros de série télé, et se souvint de son leitmotiv : la vérité est ailleurs !

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Une vraie folie. Il avait passé le samedi soir à boire, et à intervalles réguliers, à sniffer de la cocaïne. Il avait dansé comme un zombie au milieu du salon, remuant la tête en tous sens comme pour faire valdinguer une tignasse imaginaire, jouant de la “air guitar” en compagnie d’autres poivrots semblables à lui. On avait bien essayé de lui mettre une vraie guitare entre les mains, mais il était trop défait pour en sortir un seul accord valable. Pourtant Dieu sait qu’il avait été un authentique guitar hero en son temps.

Mes lectures

Comme un karatéka belge qui fait du cinéma

          Galeriste parisien, homme mondain et raffiné, le narrateur se voit replongé dans son passé par l’arrivée d’une lettre de son frère. L’homme qui a renié ses racines et tout fait pour faire oublier d’où il vient est troublé par cette incursion de ceux qu’il a rejetés dans sa vie bien rangée. Il se souvient de son enfance et de son rêve de faire du cinéma. 

          J’avais beaucoup ri avec Le front russeen revanche, La campagne de France m’avait beaucoup déçue. J’attendais donc avec ce nouveau roman de voir de quel côté allait pencher la balance concernant mon amour pour Jean-Claude Lalumière. La libraire qui me l’a vendu m’avait dit qu’on retrouvait ici l’humour truculent du premier, j’étais donc très enthousiaste en commençant ma lecture. Et c’est vrai qu’il y a une certaine finesse dans ce roman, avec quelque chose de l’humour si particulier qui m’avait tant séduite quand j’ai découvert cet auteur. Pourtant, point de fous rires à la lecture cette fois. Le sujet est beaucoup plus grave, on est moins dans l’auto-dérision qui dans un ton doux-amer. Le sujet des origines me touche toujours beaucoup, étant moi-même très attachée à mes racines mais exilée bien loin des miens. Etre « à la capitale » est toujours presque comme une trahison vu des rudes montagnes ; un autre monde.

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         Ce sujet qui me parle m’a ici pourtant presque gênée parfois : on est du côté de celui qui renie les siens, ce qui m’a rendu le personnage profondément antipathique, d’autant plus qu’il ne semble éprouver aucun remords, n’être rongé par aucun doute. Quelque chose de presque inimaginable à mes yeux. J’ai donc regardé ses agissements avec un regard assez froid, pour ne pas dire hostile. L’écriture est fluide et agréable même s’il m’a manqué un petit quelque chose pour vraiment rentrer dans cet univers. Jean-Claude Lalumière accorde une grande place à l’humour dans ses textes même si ici il se fait plus discret. Il n’est plus au centre du texte mais est distillé par petites touches – parfois superflues d’ailleurs, donnant par moment l’impression d’en faire trop – ce qui donne un ton particulier à ce roman que je ne saurai pas trop définir, un peu nostalgique ou désabusé peut-être. L’auteur pose un regard assez lucide sur le monde et sur son personnage qui renforce cette impression.

          J’ai trouvé le début de l’histoire un peu lent. Je dois avouer que voir le galeriste en plein vernissage ne me passionnait guère. Vers le milieu du roman, Jean-Claude Van Damme fait une apparition totalement saugrenue qui m’a laissée plus que dubitative. Ce très long passage – qui donne d’ailleurs le titre au roman – quoique pas totalement dénué d’intérêt (si l’on peut dire) en y réfléchissant bien, a mis mes nerfs à dure épreuve. Je l’ai trouvé d’un ennui mortel et ai même failli abandonner là ma lecture. J’ai finalement continué et j’ai bien fait ! Le dernier tiers du livre est de bien meilleure qualité, beaucoup plus sensible et touchant. La fin est particulièrement réussie, très touchante et très juste. On ne peut s’empêcher à la lecture, devant la justesse de certaines réflexions, de se demander quelle est la part d’autobiographie dans ce texte. Une lecture en demi-teinte avec un personnage froid et une histoire assez anecdotique mais une jolie fin qui vient clore en beauté un roman qui sinon aurait été un peu fade. Jean-Claude Lalumière gagne en maturité avec ce livre, laissant présager de belles choses pour la suite.

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Les mains témoignent des origines sociales. Elles se transmettent par les gènes, en héritage, comme se transmettent, chez nous, les outils du grand-père.

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Parler sans accent est une condition incontournable pour accéder à la classe supérieure. Garder un parler régional, c’est passer pour un bouseux, c’est arborer un titre de séjour dans un milieu où vous n’êtes toléré qu’à titre temporaire, considéré comme de passage.

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Etre homosexuel m’aurait sans doute facilité les choses. Combien ont dû quitter leur village natal pour la simple raison qu’ils aimaient les hommes et que leur entourage ne pouvait l’accepter ? Je n’ai pas connu ce confort d’être rejeté. J’ai dû endosser le mauvais rôle de celui qui coupe les ponts sans pouvoir me retrancher derrière l’homophobie de mes parents.